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Masters 2017: Dustin Johnson peut-il rester le maître du jeu ?

Masters 2017: Dustin Johnson peut-il rester le maître du jeu ? - Crédit photo : Mark Newcombe à Augusta

Chaque année, la première semaine du mois d’avril est particulière pour tout golfeur qui se respecte. C’est en effet, la semaine du Masters d’Augusta, le plus GRAND tournoi de golf de l’année et accessoirement le premier tournoi Majeur de la saison. Magnolia Lane, Bobby Jones, un parcours manucuré, la fameuse veste verte dévolue au vainqueur… Seuls les élus (Top 50 mondial et quelques autres golfeurs) bénéficient d’une invitation pour fouler les greens tourmentés de l’Augusta National, le parcours le plus fermé au monde. Cette édition 2017 se jouera sans Tiger Woods, quadruple vainqueur du Masters, mais elle sera loin d’être dénuée d’intérêt. Car un homme va débuter ce Masters 2017 avec tous les projecteurs braqués sur lui.

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Dustin Johnson favori N°1

Cet homme c’est Dustin Johnson, l’actuel numéro 1 mondial. Il faut dire que le grand Américain marche sur l’eau et sur la concurrence en ce moment. Dustin Johnson reste sur trois victoires consécutives et non des moindres depuis le début de l’année.

Le Genesis Open en février lui a permis de s’emparer de la place de N°1 mondial, puis il a enchaîné avec les deux épreuves des championnats du monde.

Des performances qui font de Johnson le favori naturel des bookmakers avant le début de ce Masters 2017. Mais a-t-il réellement le potentiel pour gagner le Masters ? C’est ce que nous allons essayer de voir.

Premièrement, Dustin Johnson a déjà gagné un tournoi Majeur, c’est quand même relativement important pour le souligner.

Avant sa victoire lors de l’US Open 2016, l’Américain était plus connu pour ses crises de panique lorsqu’il était tout près de gagner un Majeur (US Open 2010 et 2014, USPGA 2010, British Open 2011).

On dit qu’une première victoire en Majeur fait entrer le golfeur dans une nouvelle catégorie. C’est en train de se vérifier une nouvelle fois avec Dustin Johnson.

Le puissant Américain n’a pas vraiment d’adversaire à la hauteur de son talent en ce moment.

Mais lors du Masters, il faut bien plus qu’une place de N°1 mondial pour s’imposer. Ce n’est plus arrivé depuis un certain…Tiger Woods en 2002 !

Le puissant Américain n’a pas vraiment d’adversaire à la hauteur de son talent en ce moment.

Un jeu assez complet pour revêtir la veste verte ?

Dustin Johnson n’arrivera donc pas en terrain conquis à l’Augusta National.

Mais, il a tout de même quelques repères.

Deux places dans le Top 10 (6ème en 2015 et 4ème en 2016), ses deux meilleurs résultats en carrière jusqu’ici et aussi un jeu sans faille depuis le début de l’année.

Tout le monde connaît sa puissance driver en main (1er sur le PGA Tour actuellement avec près de 300 mètres de moyenne au drive).

Mais il a aussi considérablement progressé dans les autres compartiments du jeu.

Il est premier sur le PGA Tour pour la prise de green en régulation avec plus de 75%.

Également 1er au scoring et 1er du tee au green.

Bref, Dustin Johnson est devenu un golfeur complet, pas uniquement un gros frappeur.

Cette année, il est également devenu le troisième golfeur dans l’histoire du PGA Tour a remporté au moins un titre par saison lors de ses 10 premières années sur le circuit américain.

Les deux autres légendes qui ont réussi cette performance se nomment Jack Nicklaus (17 titres lors de ses 10 premières saisons sur le PGA Tour) et Tiger Woods (14 victoires). Ça place un peu le niveau du bonhomme actuellement.

Du draw au fade

Dustin Johnson envoie la balle à des kilomètres avec le driver.

Mais il y a une évolution qui a peut-être échappée au golfeur lambda.

Dustin Johnson envoie la balle à des kilomètres avec le driver.

Avant, il jouait en draw (effet de la droite vers la gauche pour un droitier) et maintenant il joue en fade.

C’est une véritable évolution majeure dans son jeu. Il a mis du temps pour se familiariser avec cette trajectoire mais c’est chose faite désormais.

Cela explique une bonne partie de sa confiance actuelle. Il le déclarait d’ailleurs récemment : « Lorsque je drive bien, le reste de mon jeu est en place ».

Or, les spécialistes pensent que le parcours de l’Augusta National convient mieux à des joueurs qui jouent en draw.

L’Allemand Martin Kaymer a tenté de joué en draw à l’époque où il occupait la 1ère place mondiale pour être performant au Masters, mais il n’y est pas parvenu.

Claude Harmon III, l’entraîneur de Dustin Johnson a récemment été interrogé à ce sujet et sa réponse est sans appel : « Jack Nicklaus a gagné à 6 reprises ici et il jouait en fade donc non je ne pense pas que ce soit obligatoire ».

Pour lui, son poulain est le favori logique et il ne l’a jamais vu aussi serein : « Je ne l’ai jamais vu aussi confiant sur et en dehors des parcours. Il possède cette confiance depuis sa victoire à l’US Open l’année dernière. Il a gagné ce tournoi dans des conditions un peu rocambolesques, avec beaucoup de pression. Il peut affronter n’importe quelle situation sur un parcours désormais. Il sait que s’il joue son meilleur golf, il aura une réelle chance de s’imposer ».

Une bonne préparation

Le lendemain de sa victoire au championnat du monde de Match-Play face à l’Espagnol Jon Rahm, Dustin Johnson s’est retiré du Shell Houston Open, qui a eu lieu la semaine dernière.

Le numéro 1 mondial s’est excusé auprès des organisateurs de ce tournoi, mais il pense que c’était la plus sage décision pour bien préparer le Masters.

Johnson sera attendu à Augusta, et il le sait.

Il va falloir gérer cette pression et c’est certainement ce qui sera le plus dur durant toute la semaine.

D’autres golfeurs ont le potentiel pour gagner. Jordan Spieth, Rory McIlroy, Jason Day, Adam Scott, Rickie Fowler. Mais ils n’ont pas autant de certitudes dans leurs jeux que Johnson actuellement.

Johnson sera attendu à Augusta et il le sait.

Si l’Américain parvient à se mettre dans le rythme dès les premiers trous il aura vraiment une chance de revêtir cette fameuse veste verte dimanche soir.

Le chemin sera long et semé d’embûches.

Tout le monde se focalise sur la vitesse et les pentes des greens de l’Augusta National, c’est vrai mais ce n’est pas la difficulté majeure du parcours selon moi.

Il y a des endroits sur ce parcours où il ne faut surtout pas aller, sous peine de connaître de graves désillusions.

Les joueurs le savent et paradoxalement, cela peut les crisper encore un peu plus avant leurs coups (comme au départ du 12 par exemple, un coup trop long et c’est l’assurance de ne pas faire le par ni même le bogey).

Sur ce par 3 relativement court avec un green en forme d’haricot, c’est le vent parfois tourbillonnant qui est le principal problème à résoudre. Les joueurs ont du mal à apprécier la force et la trajectoire, ce qui peut rapidement les faire « dégoupiller ».

Plus que les greens souvent mis en avant comme difficulté, je dirai que c’est surtout la pression qui est difficile à gérer, et qui sera en fait le facteur déterminant pour la victoire.

La position des drapeaux a aussi une influence majeure sur le déroulement du tournoi.

C’est ce qui fait toute la difficulté de ce parcours.

Dustin Johnson a la confiance nécessaire, et tous les coups dans son jeu, pour déjouer les pièges de l’Augusta National.

Voilà pourquoi il est le principal favori du Masters 2017, mais aussi le mien.

Crédit photo : Mark Newcombe envoyé spécial à Augusta pour jeudegolf.org

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Auteur

Journaliste de golf depuis une quinzaine d'années, commentateurs des tournois du PGA et de l'European Tour pour Canal + puis Golf +. Jean-Louis a aussi été le directeur de GolfMoov, une chaîne 100% golf. Il intervient sur jeudegolf.org pour livrer son analyse pointue sur les tournois et le haut niveau.

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