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Masters 2015: Quels sont les favoris pour la victoire dimanche?

Beaucoup d'appelés, un seul élu dimanche à Augusta!

Vous pensez sans doute qu’il est très difficile de déterminer à l’avance les favoris pour la victoire lors d’un tournoi majeur de golf, et en particulier, un tournoi aussi prestigieux et relevé que le Masters d’Augusta. Pourtant un statisticien américain a réussi à prédire le vainqueur de l’édition 2014 en se basant sur le croisement de différentes données. Intéressons-nous aux prédictions de 2015, et aux chances de Victor Dubuisson.

Sommaire de l'article sur les favoris du Masters d'Augusta 2015

  1. Les statistiques aident à prédire le vainqueur d’un tournoi de golf
  2. Les trous les plus difficiles
  3. La stratégie
  4. La méthode d’élimination
  5. La méthode se complexifie
  6. Les chances de Dubuisson…
  7. Manquer le cut une semaine avant…
  8. Une statistique clé : la zone rouge !
  9. Les 22 favoris ! 

Les statistiques aident à prédire le vainqueur d’un tournoi de golf

Rich Hunt est un statisticien américain qui s’est spécialisé autour des questions du golf, et en particulier des performances des golfeurs sur le PGA Tour, circuit professionnel de golf aux Etats-Unis.

Il s’inscrit dans la mouvance de prévision des résultats sportifs sur la base de faits purement mathématiques, et déjà vue dans le baseball avec le livre Moneyball au cours des années 90.

Tendance qui avait pour objet les prévisions des performances futures des athlètes de haut niveau sur la base de multiples critères statistiques, un concept éprouvé et repris dans d’autres sports, y compris le football, et notamment en Angleterre où un club de Premier League comme Liverpool a employé cette méthode pour vendre au prix le plus cher son attaquant vedette, Fernando Torres, plus de 40 millions d’euros à Chelsea.

Ce dernier a en fait été vendu à son pic de forme et a très rapidement derrière fortement décliné.

Dans le même temps, Liverpool a acheté un inconnu, Luis Suarez, qui a totalement éclaté chez les Reds, au point d’être à nouveau transféré au Barça pour une somme encore conséquente.

Rich Hunt a donc éprouvé son modèle statistique pour donner une liste de noms de potentiels vainqueurs du Masters 2014, et dans sa short-list se trouvait le nom du futur vainqueur, Bubba Watson.

Sur une centaine de participants, Hunt arrive à déterminer une liste d’une vingtaine de golfeurs réellement susceptibles de pouvoir l’emporter à Augusta.

Sa méthode se base sur les joueurs, mais aussi sur le parcours, et notamment la prise en compte des trous les plus difficiles.

Il est vrai qu’un tournoi majeur de golf se gagne ou se perd sur quelques trous critiques.

Ces fameux trous où le meilleur va en fait prendre un maximum de points, quant au contraire, les autres vont concéder des bogeys ou pire.

La difficulté dans le fait de prévoir des résultats au golf tient dans le fait que la plupart du temps, ces fameux trous critiques changent d’une édition à une autre !

Les conditions climatiques ou la préparation du parcours ne sont jamais rigoureusement identiques d’une année sur l’autre, et ce même quand le tournoi se dispute à la même période.

Un autre facteur change aussi la mesure statistique de difficulté d’un trou : la stratégie des joueurs !

En effet, eux-mêmes peuvent par leurs comportements influer sur le classement par difficulté des dix-huit trous d’un parcours.

Pour rappel, la difficulté d’un trou est en fait le résultat moyen comptabilisé pour chaque joueur sur ce trou.

Si sur un par-3, sur 100 golfeurs, vous avez 96 pars alors que pour un autre trou, un par-4, vous avez 75 pars, vous pouvez considérer que ce deuxième trou est plus difficile.

La position du drapeau ou un changement quelconque de configuration peut influencer la stratégie de jeu, et donc le résultat.

Prenez l’exemple du trou numéro 17 à Augusta, longtemps considéré comme l’un des plus difficiles, qui après la tempête de 2013 a perdu le fameux arbre d’Eisenhower.

Aujourd’hui, sans cet arbre sur le fairway, le niveau de difficulté du trou a quelque peu évolué.

Par le passé, les trous les plus critiques au Masters étaient justement les numéros 7, 12, 13, 17, et 18.

En 2015, ces trous seront d’ailleurs plus vraisemblablement, les trous 7, 12, 15 et 18.

La méthode d’élimination

Passé cet élément concernant le terrain, Rich Hunt s’est donc intéressé aux golfeurs qualifiés pour le Masters d’Augusta, et dressé plusieurs listes.

Des listes d’exclusion car pour déterminer les favoris, il procède essentiellement par élimination.

Premièrement, il a dressé une liste de 18 golfeurs qui sont soit amateurs, soit sont loin du niveau de compétitivité qu’ils ont pu avoir dans le passé.

Rappelons que le Masters invite assez longtemps ses anciens vainqueurs comme Bernhard Langer, Ian Woosnam ou Ben Crenshaw.

Des golfeurs de grands talents qui peuvent encore faire illusion sur un tour, mais difficilement sur quatre !

Sont donc hors course, Antonio Murdaca, Crenshaw, Langer, Bradley Neil, Byron Meth, Corey Conners, Fred Couples, Gunn Yang, Woosnam, Olazabal, Larry Mize, Mark O’Meara, Sandy Lyle, Mike Weir, Scott Harvey, Tom Watson ou encore Trevor Immelman.

Fred Couples, souvent animateur, rarement vainqueur

Ensuite, notre statisticien retire de la liste des favoris, 13 golfeurs qui font leur première apparition à Augusta à l’occasion de l’édition 2015, partant du principe que depuis Fuzzy Zoeller en 1979, une éternité, aucun golfeur n’a réussi à s’imposer pour sa première participation !

Out, Lahiri, Wiesberger, Todd, Harman, Koepka, Tringale, Compton, Willett, Hahn, Hoffmann, Streb, Seung Yul Noh, et Shane Lowry.

De cette liste, on pourrait avoir deux doutes concernant Shane Lowry qui statistiquement pourrait avoir un jeu relativement adapté à Augusta, notamment parce qu’il est très fort sur les coups joués entre 160 et 200 mètres, et aussi le jeune talent Brooks Koepka qui s’il est en forme peut très bien faire quelque chose.

Cependant, on parle du favori pour la victoire finale !

Hunt continue son jeu d’élimination en sortant des favoris, cinq golfeurs non-américains pour lesquels, son système ne relève pas assez de datas à analyser.

L’an passé, il avait déjà procédé ainsi, et des cinq joueurs qu’il avait éliminé, un seul avait réellement créé la surprise en terminant huitième. Il s’agissait de Thomas Bjorn.

Cette année, sur le même principe, il élimine donc Thomas Bjorn, Darren Clarke, Stephen Gallacher, Branden Grace, et Mikko Ilonen.

Il fait de même pour des golfeurs américains qui n’ont pas joué suffisamment en 2015 pour avoir une réelle mesure de leurs performances.

Kevin Stadler, Steve Stricker, Ben Crane et Tiger Woods sortent de la liste !

A ces noms s’ajoutent ceux de golfeurs seront trop juste physiquement après un retour de blessure : Jim Furyk et Zach Johnson.

L’an passé, selon cette même logique, Hunt avait sorti cinq golfeurs, dont trois ont peiné pour passer le cut, et le meilleur s’était finalement classé 14ème (Jim Furyk).

Derrière ces éliminations diverses, le mode de calcul du statisticien se complexifie

Il prend en compte la statistique de la hauteur du vol de balle !

Basé sur le système de mesure des trajectoires Apex Height déterminé au Trackman, il retire des favoris, une dizaine de golfeurs qui ne frappent pas la balle assez haute pour espérer scorer à Augusta.

L’an passé, avec ce système, neuf des dix golfeurs qu’il avait éliminé n’ont tout bonnement pas passé le cut !

Le seul à s’en être sorti fut Miguel Angel Jimenez surnommé « La Machine » qui termina tout de même à la quatrième place…

Cette année, il élimine donc Camilo Villegas, Graeme McDowell, Jason Dufner, Kevin Na, Patrick Reed, et Thongchai Jaidee.

Dans ce groupe, on retrouve assez curieusement l’américain Patrick Reed qui se trouve seulement 183ème au classement Apex Height, signifiant que cette saison, il joue particulièrement bas.

C’est sans doute volontaire de sa part car il a déjà été plus haut classé dans un passé récent.

Comme Jimenez, Reed a sans doute la capacité de modifier la hauteur de ses trajectoires de balles. Pour autant, il part de loin au vue de ses statistiques.

The Mechanic

Si on ajoute à cela, le fait que Patrick Reed n’a encore jamais passé le cut à Augusta, ses chances de victoires sont quasi-nulles de toute façon.

Les chances de Dubuisson…

Dans l’histoire du tournoi depuis sa création, seuls deux golfeurs ont réussi à remporter une veste verte en ayant pourtant jamais réussi à passer le cut auparavant : Fuzzy Zoeller déjà cité et vainqueur en 1979, et Gene Sarazen…vainqueur en 1936.

Malheureusement pour nous français, c’est aussi le cas de Victor Dubuisson, tout comme Ben Martin et Sang-Moon Bae qui sont donc à leurs tours hors du pronostic pour la victoire au Masters.

Le mousquetaire est tout de même côté 100 contre 1 auprès des bookmakers.

Ses dernières sorties ont démontré une certaine irrégularité alors qu’il semble en mesure de jouer très bas au moins sur trois tours.

Contrairement à ce que l’on aimerait espérer, Dubuisson n’arrive pas à Augusta en pleine confiance.

Cependant, qui aurait parié sur lui en final des championnats du monde de match-play en 2014 ? C’est le facteur Dubuisson, il reste capable de tout…

Si les américains se plaisent à comparer Patrick Reed à John McEnroe pour son sale caractère sur le parcours, toute la question est de savoir si pour nous, Dubuisson est notre Henri Leconte, finaliste à Roland-Garros en 1988 ou éliminé au premier tour…

Manquer le cut une semaine avant…

En poursuivant sa liste d’élimination, Rich Hunt met de côté les golfeurs qui ont manqué le cut la semaine précédente au Shell Houston Open.

Historiquement, les chances de victoire d’un joueur ayant manqué le cut la semaine précédant le Masters, sont extrêmement minces.

Pire, les caractéristiques du parcours de Houston sont très similaires à celles d’Augusta.

L’an passé, sur neuf golfeurs qui ont manqué le cut au Shell Houston Open, seulement cinq ont réussi à passer le cut au Masters, et le meilleur n’a pas terminé plus haut que vingtième (Ian Poulter).

Les joueurs concernés cette année sont Angel Cabrera, Joost Luiten, Lee Westwood, Louis Oosthuizen, et Martin Kaymer.

Une statistique clé : la zone rouge !

Une autre statistique clé à Augusta concerne les longues approches comprises entre 160 et 200 mètres, appelées « zone rouge ».

L’an passé, Hunt a identifié neuf golfeurs qui n’étaient pas à l’aise dans ce compartiment de jeu. Le meilleur d’entre eux n’a pas pu finir mieux que onzième !

Cette saison, il dresse une nouvelle liste de quinze joueurs qui seront de toute façon en difficulté dans cet exercice :

Bill Haas, Charley Hoffman, Geoff Ogilvy, Hunter Mahan, Ian Poulter, Jamie Donaldson, John Senden, Jonas Blixt, Luke Donald, Marc Leishman, Matt Every, Phil Mickelson, Russel Henley et Sergio Garcia.

Vous serez sans doute surpris de retrouver Schwartzel et Mickelson dans cette liste.

Cependant, cette année, aucun de ses deux anciens vainqueurs à Augusta n’ont performé dans la zone rouge.

Idem pour l’excellent joueur d’approche Luke Donald ou le très bon frappeur de fers, Sergio Garcia…tout simplement hors de forme à ce stade de la saison.

Ce classement peut encore évoluer d’ici à la fin de l’année, mais aujourd’hui, ils semblent en trop grosses difficultés pour bien figurer.

Enfin, dernière statistique isolé par Rich Hunt, une innovation pour l’édition 2015 du Masters, ce dernier a noté une certaine corrélation entre les par-4 sans virages (hors les dog-legs) et l’issue du Masters.

Il a noté une relation entre la difficulté des trous et ce type de par, et isolé cinq noms qui ne sont pas à leur avantage dans cette situation : Ernie Els, Padraig Harrington, Justin Rose, Webb Simpson, et Gary Woodland.

Au final, il ne reste plus que 22 golfeurs en capacité réelle de pouvoir remporter le Masters 2015 :

  • Adam Scott (20/1)
  • Bill Horschel (70/1)
  • Brandt Snedeker (40/1)
  • Bubba Watson (10/1)
  • Chris Kirk (150/1)
  • Dustin Johnson (12/1)
  • Henrik Stenson (20/1)
  • Hideki Matsuyama (60/1)
  • Jason Day (12/1)
  • J.B. Holmes (35/1)
  • Jimmy Walker (18/1)
  • Jordan Spieth (8/1)
  • Keegan Bradley (60/1)
  • Kevin Streelman (150/1)
  • Matt Kuchar (30/1)
  • Miguel Angel Jimenez (150/1)
  • Paul Casey (70/1)
  • Rickie Fowler (30/1)
  • Rory McIlroy (8/1)
  • Ryan Moore (60/1)
  • Ryan Palmer (80/1)
  • Vijay Singh (125/1)

De ces 22 joueurs, dix semblent se dégager…

  • Rory McIlroy (8/1)
  • Jordan Spieth (8/1)
  • Bubba Watson (10/1)
  • Jason Day (12/1)
  • Dustin Johnson (12/1)
  • Adam Scott (20/1)
  • Jimmy Walker (18/1)
  • J.B. Holmes (35/1)
  • Hideki Matsuyama (60/1)
  • Paul Casey (70/1)

Nous verrons bien si ces prédictions se vérifieront dimanche…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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