Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Masters 2013 : Une affaire de pénalité ?

Tiger-Woods-Guang-Lian-Dustin-Johnson-Masters-2013.png

Entre le 2ème et le 3ème tour du Masters d’Augusta 2013, on a assisté à deux situations assez inédites sur un Majeur, avec la pénalité pour jeu lent infligé par John Paramore au jeune chinois Tianlan Guan, et surtout les 2 points de pénalités infligés à Tiger Woods !

Quoi qu’il arrive dimanche soir, et surtout si Tiger venait à s’imposer, ce Masters 2013 restera sans doute dans les mémoires, entaché par une très grosse polémique autour du cas Woods.

Pour avoir commis vendredi une infraction aux règles du jeu, Tiger Woods s’est vu infligé une pénalité de deux coups bien après avoir rendu sa carte de score.

Les critiques les plus virulentes contre Woods, et la décision des organisateurs est finalement venu des joueurs eux-mêmes, qui ne trouvaient aucune excuse, ni aucune circonstance atténuante au Tigre.

Sur Twitter, l’ancien rival de Woods, David Duval qui brille plus par ses tweets que par ses performances clubs en mains, en a appelé à l’abandon de Tiger pour son erreur de pupille.

Après la charge de Duval, rares vont êtes les professionnels à prendre la défense de Woods, mis à part Graeme McDowell qui tentera d’apaiser les esprits, alors que Greg Norman ou Hunter Mahan ont plongé dans la polémique pour insinuer que Woods serait mieux traiter que tout autre golfeur, avançant que si cela avait été un autre joueur, il aurait été tout simplement disqualifié.

Quel que soit la faute de Woods, et aussi grossière soit-elle, la pénalité de deux coups pèsera de toute façon très lourd dans la balance, quand on constate les très faibles écarts entre les principaux protagonistes : 17 golfeurs se tiennent entre -7 et -1 après 3 tours. 

D’autre part, la tension médiatique autour de la pénalité de Woods peut très nettement le gêner, et lui-même, sait dès à présent que s’il venait à gagner, il essuierait les pires critiques quant aux conditions d’attributions d’une cinquième veste verte.

Il est possible que cette faute et cette pénalité aient déjà changé le destin de ce majeur !

Le plus jeune golfeur présent sur ce Masters est pourtant le plus lent

Et dire que le chinois Tianlan Guan s’était lui aussi distingué en prenant la première pénalité pour jeu lent de l’histoire du Masters.

Averti à quatre reprises par l’arbitre européen, John Paramore, le jeune chinois ne rentre pas par une très belle porte dans l’histoire de ce majeur, et écope d’une pénalité pour jeu lent, difficilement contestable.

Dès le trou numéro 10, l’arbitre a signifié Guan qu’il sortait des limites de temps de jeu autorisé.

Woods-Guan-Lian-Masters-2013.png

Finalement, Paramore qui aura tout fait pour arriver à pénaliser le joueur, se verra dans l’obligation d’appliquer strictement le règlement au 17.

A un coup près, le chinois manquait le cut ! Cela aurait pu faire tâche dans son CV.

En dehors de ces affaires de pénalités qui ont fortement secoué le petit monde qui gravite autour du Masters, il y a bien eu un 3ème tour, et bien qu’on ne puisse pas encore distinguer un vainqueur potentiel. Certains sont déjà éliminés !

Les déceptions du Masters !

Dans le camp des battus qui ne peuvent même plus espérer un miracle, on retrouve avec beaucoup de déception, Phil Mickelson, pourtant souvent à l’aise en Géorgie, et qui avait l’air très enthousiaste après sa partie de jeudi.

+5 pour la journée, Phil se retrouve en +8 total à 15 coups du leader, sans plus aucun espoir de bien figurer dimanche.

Autre parcours décevant, celui de Rory McIlroy qui avait réalisé une bonne opération la veille pour se rapprocher de la tête, nous laissant croire à un possible duel au sommet entre lui et Woods, et qui malgré un bon début a littéralement explosé pour rendre une carte en +5,  le plaçant en 44ème position, là-aussi trop loin des premiers rôles pour espérer une première veste verte.

Même si on peut pas encore sortir le nom du futur vainqueur, voire la composition du top-10, étant donné les grandes variations de résultats d’une journée à l’autre, on peut déjà affirmer que tous les golfeurs dont le score est supérieur ou égal à +1 ont peu de chances de remonter 8 coups de retards sur les 18 derniers trous, sachant qu’il y a 22 joueurs mieux placé devant.

McIlroy-Westwood-Masters-2013.png

Ainsi, Dustin Johnson pourtant à  l’aise sur le premier tour, Bubba Watson le tenant du titre, Bill Haas, Charl Schwartzel, Ernie Els, Luke Donald, Rory McIlroy et Keegan Bradley n’ont pratiquement plus aucune chance de porter la veste verte du futur vainqueur.

L’homme du Masters 2013 : Marc Leishman

On a beaucoup parlé du chinois de 14 ans, Tianlan Guan, du premier tour de Sergio Garcia en -6, de la pénalité de Woods, mais l’homme de ce Masters est incontestablement, un jeune australien de 29 ans, pratiquement inconnu du grand public, et qui finalement participe à la course en tête depuis 3 jours, et à tel point qu’il est difficile d’ignorer sa prestation.

Marc-Leishman-masters-2013.png

Ce samedi, on attendait encore sa chute, et pourtant en rendant une carte dans le par, il se maintient en -5, en 4ème position à deux coups du nouveau leader Brandt Snedeker.

Ces statistiques sur le PGA Tour ne laissaient pas présager d’un tel résultat, alors on peut considérer que Leishman est dans la forme de sa vie au meilleur moment !

Contrairement à Garcia ou même son compatriote Jason Day (+1 pour la journée), il n’a pas flanché !

En tête, Les papys font de la résistance

Alors que Tom Watson avait défrayé la chronique lors du British Open 20.., c’est autour de Fred Couples et Bernard Langer de se rappeler à notre bon souvenir.

Si Couples a animé le deuxième tour, et partagé un temps la tête du tournoi, il n’a pas pu bien figurer ce samedi (+5 pour la journée), et a décroché du top-3 du tournoi.

Moins spectaculaire, l’allemand Bernard Langer, présent en sa qualité d’ancien vainqueur, figure toujours après trois tours dans le top-9 en -2 ! Sacré performance pour un membre du senior tour qui se fait de plus en plus rare sur les événements du PGA Tour.

Bernard Langer dans le top-9 du Masters 2013 après 3 tours

Avec Couples, encore dans le top-20, le Senior tour arrive à démontrer qu’il n’est pas nécessaire d’avoir 14 ans pour se faire remarquer par le public d’Augusta.

Ces deux exemples pourront sans doute inspirer l’anglais Lee Westwood qui s’apprête à fêter ses 40 ans, et toujours sans victoire en Majeur.

Ils sont d’ailleurs cinq à approcher la quarantaine ou à l’avoir allégrement dépassé dans l’actuel top-10 du tournoi : Angel Cabrera (co-leader en -7), Steve Stricker, Bernard Langer, Jim Furyk, et donc Lee Westwood.

Comme quoi l’expérience compte autant que la puissance au drive à Augusta !

Brandt Snedeker en pole position avant de dernier départ de dimanche

Vainqueur Pebble Beach en début de saison, et surtout vainqueur de la dernière Fedex Cup, Sned revient tout juste d’une blessure aux côtes pour occuper le fauteuil de leader à Augusta, confirmant qu’il est bel et bien l’un des nouveaux hommes forts du tour, et membre du nouveau big 5 (Woods, McIlroy, Rose, Donald et Snedeker).

Avec quatre coups d’avance sur Woods, ex-aequo avec Cabrera, le texan a de solides arguments à faire valoir dimanche.

Angel Cabrera en tête après 3 tours à Augusta

Dans les principaux challengers qui peuvent s’imposer dimanche, on retrouve aussi Adam Scott en -6, Matt Kuchar, en -4 et Rickie Fowler en -2 qui réalisent tous trois un très bon Masters.

Tiger Woods aura-t-il la force mentale de remporter ce Masters

Après la mésaventure de sa pénalité, le tigre est arrivé très remonté sur le 3ème tour, certain que s’il ne réalisait pas un bon score, il laisserait filer trop de points de retards pour se laisser une chance.

En scorant -3 pour la journée, Woods a préservé l’essentiel ! A quatre coups du leader, il peut espérer des faux pas,  tout en réalisant une dernière grosse journée dont il a souvent le secret.

A ce stade, on a encore l’impression que c’est lui qui peut dicter le scénario final de ce tournoi.

Espérons lui pour lui que le handicap de deux coups qu’il s’est infligé ne se révélera pas décisif, et mieux qu’il gagne de plus de deux coups d’écarts pour faire taire les mauvaises langues.

Sur ce dernier point, pas sûr que ces détracteurs ne continuent pas à réclamer son abandon ou sa disqualification après le tournoi.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1967
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.