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Marie Fourquier: Choisir des clubs pour travailler le contact de balle

Marie Fourquier: Choisir des clubs pour travailler le contact de balle

Tout comme Ariane Provot, Marie Fourquier est une joueuse espoir du golf féminin français, et elle a la particularité d’avoir connu une carrière éclair chez les amateurs, puisque deux ans après avoir disputé son premier grand prix, elle faisait ses premiers pas parmi les professionnels. Marie Fourquier n’as pas un parcours comme les autres, et c’est peut-être son point fort au moment d’aborder le plus haut niveau européen. Découvrez au travers de son interview, son parcours, ses ambitions, ses choix de clubs, son passage du statut amateur à professionnel, et une vidéo de son coup préférée, le bois 3 depuis le tee départ.

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Marie Fourquier : la golfeuse qui avance à la vitesse de la lumière !

A bientôt 25 ans, Marie Fourquier, originaire de Valence, et membre du golf de la Valdaine, affiche une belle ambition, et une franche bonne humeur.

Elle n’a pas le parcours classique de la joueuse qui s’est toujours destinée à devenir professionnelle de golf.

Au contraire, elle admet avoir eu plusieurs allers-retours avec le golf, et priorisé l’obtention d’un BTS de mesure nucléaire en alternance chez AREVA.

Elle se définit elle-même comme une golfeuse nucléaire ! Et pour cause, elle vit dans une région où ce secteur d’activité est prédominant.

Néanmoins, elle a aussi beaucoup bercé dans l’univers du golf, et c’est bien ce dernier domaine qui l’a rattrapé.

Beaucoup de jeunes garçons et filles rêvent de jouer au golf à plein temps, dans faire un métier, et de parcourir le monde. Entre le rêve et la réalité, il y a parfois malheureusement un énorme fossé.

Ce qui est fascinant avec Marie Fourquier, c’est la facilité et la décontraction avec laquelle, elle a enjambé ce fossé. Cela méritait que nous l’interrogions sur son parcours…

Bonjour Marie, comment vivez-vous vos débuts sur le circuit professionnel ?

Il y a des hauts et des bas ! Cela ne se passe pas forcément comme je le voudrais. En ce moment, j’ai un peu de mal à passer les cuts. Je continue à m’entraîner. J’apprends à être patiente, et je m’accroche…Il faut beaucoup de travail, mais cela va venir !

Vous avez un parcours un petit peu atypique…et un peu nucléaire…

(Rires) Je n’ai pas le choix ! Dans la région, il y a deux centrales de chaque côté et à moins de trente minutes.

…Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer pro ?

Toute petite, j’ai été baignée dans cette ambiance parce que mon oncle a été pro sur le tour européen. C’est quelque chose qui me plaisait déjà étant petite.

J’ai fait du tennis et d’autres sports où la question ne se posait pas forcément.

A l’âge de quinze ans, j’ai repris ! J’ai réessayé de m’entraîner un petit peu pendant les études. Je me suis alors dit « Pourquoi pas tenté après le bac ? ».

Je n’ai pas pu le faire avant car mes parents ne voulaient pas. (Rires)

Donc après les études, j’ai considéré qu’il y avait la place pour tenter et atteindre cet objectif.

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Vous étiez douée naturellement ou cela a été beaucoup de travail ? C’est tout de même épatant d’y être arrivé en si peu de temps…

Tout s’est passé très vite ! J’ai disputé mon premier grand prix en 2012, et je suis passé pro en 2014. Je n’ai pas eu un parcours amateur tel que j’ai une grande expérience du jeu à l’image d’Ariane (Provot) qui elle a vécu déjà énormément de choses.

Moi, de mon côté, j’ai vécu autre chose de la vie ! J’ai travaillé ! Je sais ce que c’est ! Du coup, cela m’aide dans mon quotidien et ma réflexion sur mon jeu.

Après oui, j’ai peut-être « quelque chose », mais cela ne suffit pas. Il faut beaucoup de travail. Travailler, travailler, et travailler encore…

J’admets que j’ai sans doute eu des facilitées au départ, mais maintenant cela ne suffit plus.

Dans quels domaines avez-vous eu plus de facilités ? Techniquement, physiquement… ?

Athlétiquement, j’ai des capacités liées à ma taille.

Techniquement, on peut me demander de produire un geste. Je suis capable de comprendre et reproduire assez rapidement. Après il faut répéter…mais disons qu’en dix, quinze minutes, j’arrive souvent à trouver la solution pour arriver au but fixé.

Quels sont vos points forts actuels par rapport au golf ?

J’ai l’avantage d’être assez grande, ce qui me permet de taper assez fort et d’avoir de plus petites cannes à jouer pour les attaques de greens. C’est un plus !

Je commence à être vraiment contente avec mon putting. Cela ne rentre pas encore assez à mon goût, mais c’est plus performant.

Ceux sont deux atouts qui sont importants pour faire des bons scores.

Le putting est donc le secteur de jeu dans lequel vous avez le plus progressé ?

Non, c’est plutôt les attaques de greens ! Avec des coups de wedges, je dois me mettre à moins de quatre mètres des drapeaux !

L’objectif d’une joueuse professionnelle, c’est donc de faire baisser cet écart par rapport aux drapeaux ?

Oui, il faut toujours rechercher à se rapprocher le plus possible du drapeau. J’estime qu’avec un pitch, un fer 9, un fer 8 et les wedges, il faut se mettre à moins de quatre mètres des drapeaux pour performer sur le tour.

Qu’est-ce qui est déterminant dans le choix de vos clubs ?

J’utilise trois wedges de 58 à 50, une série du pitch au fer 4, un rescue 19 degrés, bois 3 et driver. Au cours d’un fitting, j’essaie de voir quel type de têtes me convient le mieux.

Entre lame et semelle un peu plus large, je me situe entre les deux. Je joue les forgés de Mizuno (JPX 850).

J’ai surtout choisi un type de club qui va me permettre de travailler la balle. J’apprécie le fait de pouvoir changer mes trajectoires de balles en fonction des circonstances sur le parcours.

Par exemple quand il faut jouer un dog-leg, on est obligé de produire l’effet qui convient, mais d’autre part, je peux aussi en avoir besoin quand j’hésite entre deux clubs. Je peux alors prendre un club de plus, et faire un fade pour arrêter la balle plus vite.

L’autre élément qui est déterminant dans mon choix : c’est le contact !

Je vais être très sensible à la façon dont la balle va réagir au contact de la face.

Récemment Franck Riboud a évoqué le problème des faibles gains pour les golfeuses jouant en Europe, comment ce problème vous touche, et échangez-vous avec les autres joueuses sur le tour ?

Déjà, nous sommes très reconnaissantes auprès de Franck Riboud pour nous avoir permis d’avoir le tournoi Jabra organisé sur le beau parcours d’Evian en début de saison.

C’est vraiment une personne qui défend le golf féminin. On sent qu’il essaie de faire en sorte que cela soit plus médiatisé.

C’est vrai que c’est un réel problème quand on constate la différence entre les filles et les garçons. On gagne dix fois moins qu’eux ! A la fin de l’année, cela commence à faire beaucoup avec parfois plus d’un zéro de moins.

Effectivement, quand on fait un top-10 sur le LET Acces, on peut gagner 800 euros…Ce qui ne paie pas les frais du tournoi.

Quand on arrive sur place, on sait que l’on va jouer à perte, ce qui joue forcément un petit peu sur le mental.

A partir de là, il faut trouver des sponsors, ce qui n’est pas si facile, car le problème tourne en boucle. Notre sport manque de médias, et donc de retombées.

De mon côté, j’ai la chance de pouvoir compter sur les éditions Amphora qui me suivent depuis que je suis amateur.

Depuis cette année, j’ai un nouveau partenaire (New World Energy) dans le domaine des panneaux photovoltaïques, mais aussi le golf de la Valdaine qui me permet de m’entraîner à volonté.

En tant que joueuse du LETAS (série d’accession au LET), vous avez plus de tournois à jouer qu’une joueuse à plein temps sur le LET, n’y a-t-il pas une forme de non-sens ?

Effectivement, dans un tel contexte, on finit par se demander si ce n’est pas plus intéressant de jouer sur ce circuit plutôt que sur le grand. Effectivement, il y a moins de gains, mais au moins, on joue !

Les joueuses du LET viennent jouer sur le circuit access car elles finissent par manquer de jeu. Elles ont parfois un trou d’un mois entre deux tournois.

Aujourd’hui, une golfeuse qui a une carte pleine sur le LET ne peut jouer que 8 tournois par an. C’est complètement aberrant. Est-ce que cela vaut encore le coup d’aller chercher des cartes pour jouer si peu de tournois ? Ce n’est pas un contexte motivant !

On sait que même si on arrive à se qualifier. On sait déjà que l’on va encore galérer derrière.

Comment voyez-vous l’évolution de votre sport dans un proche avenir ? Confiante ? Inquiète ?

Je suis un peu mitigé. Le niveau des joueuses est en train de s’élever de plus en plus. Encore quelques années en arrière, sur le LET access, il y avait peu de tournois, et très peu de filles.

Actuellement, les choses changent, et selon moi, le niveau monte franchement.

Les gens vont peut-être enfin se dire « Oui, les filles commencent à vraiment bien jouer au golf, et au moins aussi bien que les garçons ! »

Justement, cette évolution peut jouer en notre faveur.

Et pour vous, quelle serait votre objectif professionnel à moyen terme ?

Mon objectif prioritaire consiste à déjà m’implanter durablement sur le circuit européen. Cela passe déjà par le fait de terminer dans le top-10 du mérite du LET Access cette année.

Ensuite, une fois que j’aurais atteint ce premier palier, aller voir aux Etats-Unis ce que je suis capable d’accomplir.

Justement, par rapport aux autres nations et notamment les asiatiques, comment jugez-vous la concurrence ?

Cette année, nous sommes une bonne vingtaine de françaises sur le circuit. C’est le signe d’un bon dynamisme du golf français.  On se voit sur chaque tournoi, et on échange beaucoup sur notre golf, notre métier.

Concernant spécifiquement les joueuses asiatiques, je constate qu’elles ont une autre éducation que nous. C’est très droit ! On les voit au practice ou sur le parcours, elles ne bronchent pas…C’est plat !

Après elles travaillent énormément, et c’est peut-être à nous de s’en inspirer.

Je ne dirai pas qu’elles travaillent plus que nous sur le jeu, mais en tout cas, c’est une approche assez différente.

On n’a rien à leur envier. Au fil des années, on devrait pouvoir les rattraper.

Après, ce qui fait surtout leur force, c’est le nombre.

De notre côté, on a d’abord été cinq, dix, maintenant nous sommes une vingtaine de françaises sur le tour. Cela va peut-être commencer à tourner en notre faveur.

Les médias commencent à parler de nous de plus en plus…

Et au golf de la Valdaine, est-ce que vous faites des émules parmi les jeunes ?

Pas encore, il n’y pas assez de filles ! Ceci dit, oui, les jeunes m’encouragent, et il m’arrive d’aider à l’école de golf pour être à leur contact.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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