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Lyon Salvagny Golf Club: A la rencontre du directeur François Tirard

Golf de la Tour de Salvagny : A la rencontre du directeur François Tirard

Situé au Nord-Ouest de Lyon, le Lyon Salvagny Golf Club est un des parcours les plus cotés autour de Lyon, Club de membres qui se revendique comme tels, il est parfois intimidant de pousser la porte du golf. Pour autant, l’accueil est charmant et bienveillant. Rencontre avec le nouveau directeur, Monsieur François Tirard, histoire d’un passionné entré dans le métier presque par hasard.

Légèrement à l’écart de la Tour de Salvagny, une ville bourgeoise située en plein cœur de la banlieue la plus prisée de Lyon, le Golf de la Tour de Salvagny (18 trous plus un compact) se trouve d’un seul coup d’un seul dans un cadre verdoyant et apaisant.

Nous sommes pourtant  seulement vingt minutes du centre de Lyon.

Dès l’arrivée sur les lieux, vous découvrez sur votre droite le practice, mais surtout en vous avançant sur votre gauche, le restaurant, qui aujourd’hui, est l’élément central de la vie du club, avec en son sein l’accueil, le pro-shop, les bureaux de l’association sportive...

Sans oublier le bar où se retrouve la plupart des 700 membres de ce club qui existe depuis déj  28 ans.

Bien que ce bâtiment soit plutôt conséquent, le club a souhaité agrandir le club-house pour se doter d'un salon réservé aux membres, et d'une salle de séminaire.

Le chantier devrait démarrer en septembre 2014 avec pour ambition de renforcer encore la convivialité entre les membres, en leur octroyant un lieu bien à eux, et hors du restaurant, pour vivre golf, parler golf, mais pas seulement.

Dans un contexte pas toujours facile pour le golf en France, Salvagny tire son épingle du jeu, en restant fidèle sa stratégie d’origine : les membres.

D’ailleurs, le jour de notre visite, le golf n’a pas désempli. Car ce n’est pas qu’un club où on aime se retrouver pour discuter. Ici, les gens aiment le golf, aiment jouer au golf, et les membres jouent plusieurs fois par semaine.

Avant d’interroger le directeur, Monsieur Tirard, nous avons eu l’opportunité de tester quelques trous (les neuf du retour pour être précis).

Novice sur ce parcours, nous l'avons trouvé agréable et bien entretenu, sans aucunes fausses notes avec des greens rapides aux niveaux des plus grands golfs français, mais il est aussi physique avec des montées et des descentes entre les trous. N’oubliez surtout pas votre chariot !

Physique mais aussi intéressant techniquement… Chance du débutant ou pas, en seulement quelques trous, nous avons eu le plaisir de ne pas jouer un seul trou au-dessus du bogey, ce qui n’enlève rien au plaisir de jouer au golf sur ce parcours.

Le club-house

Avis aux amateurs, un seul conseil, attention au départ du dix, de ne pas trop couper votre bois 3 sous peine de vous retrouver dans les bois avec l’obligation d’un coup de recentrage.

Nouveau Directeur du golf, François Tirard nous a volontiers accordé un moment pour nous parler de son club, mais aussi de son parcours, et de son métier.

Quel a été votre parcours ? Comment devient-on directeur de golf ?

Un peu par hasard ! Je suis devenu Directeur de golf parce que d’abord je jouais au golf, que j’aimais cet environnement, le contact.

En fait, à l’origine de ma carrière professionnelle, je travaillais dans l’immobilier d’entreprise à Paris, et il se trouve qu’un de mes clients avait ses bureaux en face de ceux de la fédération française de golf.

Un jour, j’ai décidé de pousser la porte en demandant quelles étaient les formations, et ensuite les choses se sont enchaînées. J’ai fait un stage au Stade Français en 1992. On m’a ensuite proposé de rester. Par la suite, j’ai travaillé dans plusieurs golf à Mâcon la Salle, Evreux, Ozoir-la-Ferrière, puis enfin le Golf de Salvagny. 

Quelles sont vos principales missions ? Quels sont vos objectifs ?

Le principal intérêt de mon métier, c’est qu’elles sont multiples ! Gérer une équipe, gérer les finances du club, gérer le développement de l’activité, et bien sûr l’entretien du terrain en pleine collaboration avec l’intendance. En fait, la plupart des missions d’un chef d’entreprise !

Le conseil d’administration me donne des objectifs précis autour du développement commercial par le biais de la communication et nos supports.

Aujourd’hui, le but de Salvagny, ce n’est pas de recruter des membres, mais plutôt d’assurer le renouvellement des membres. Avec actuellement 700 membres, on peut difficilement en accepter plus pour conserver un confort de jeu.

En résumé, mes missions tournent autour de la gestion, la stabilité, et le développement commercial avec par exemple la création d’un club affaires auprès des entreprises. 

Quelle organisation ou organigramme sous votre responsabilité ? 

Salvagny, c’est quinze personnes hors restauration et pros. Concernant l’enseignement, sur le club, vous avez quatre pros indépendants. Pour le terrain, nous avons huit personnes à temps plein. 

Quel budget gérez-vous pour faire fonctionner le golf ? 

Notre budget de fonctionnement est d’environ 1,3 millions d’euros, stable depuis plusieurs années. 

Notre budget de fonctionnement est d’environ 1,3 millions d’euros, stable depuis plusieurs années.

Quelles sont vos principales contraintes ? 

Les grandes contraintes sont essentiellement liées à la réglementation, et l’instabilité des lois qui changent tout le temps. C’est la difficulté qui est liée au développement durable, et aux changements d’habitudes.

Convaincre les golfeurs qu’un parcours un peu grillé l’été, c’est normal ! Convaincre que des vers de terre sur les fairways l’hiver, c’est normal ! Que parfois, les tâches de maladies, c’est normal ! Ce genre de choses ! L’utilisation de produits phytosanitaires est de plus en plus limitée. 

Bonne chose ou mauvaise chose ? 

Dans l’absolue, depuis le Grenelle de l’environnement, c’est une bonne chose.

Maintenant, c’est comme toujours dans l’excès !

On vous demande de passer de trop à zéro ! Ce n’est pas raisonnable.

Tout excès dans un sens comme dans l’autre est compliqué. C’est une erreur !

Quel est le principal attrait de votre golf ? Quel atout selon vous ?

A Salvagny, on peut sans rougir accueillir des compétitions nationales de premier ordre.

Le grand attrait de Salvagny, c’est le bassin de population autour du club. Nous sommes à vingt minutes de la Place Bellecour.

Comme pour toute structure commerciale, en un, c’est l’emplacement, en deux, l’emplacement, en trois, l’emplacement…

Ensuite, le deuxième atout, c’est l’entretien. 

Et le parcours ? Championnat ou tous niveaux ? 

Tout dépend ce qu’on appelle parcours de championnat ! A Salvagny, on peut sans rougir accueillir des compétitions nationales de premier ordre.

On a déjà eu des joueurs professionnels qui sont venus jouer le parcours, notamment Tom Kite, Lanny Watkins, Richard Hurwitz et Johnny Miller en 1991.

Quel est le profil type du golfeur à Salvagny ? Quelles sont les attentes spécifiques de votre clientèle ?

C’est essentiellement un club de membres.

On fait un peu de green-fees, et ils sont d’ailleurs les bienvenus, mais les membres ont la priorité sur les réservations.

Les membres réservent à J+7 et les green-fees à J+3.

Les membres réservent à J+7 et les green-fees à J+3.

On doit avant tout s’occuper de nos membres qui sont très réguliers, et jouent énormément. On fait 130, 140 départs/jour pour au moins 30 à 40 000 départs par an.

Comment se gère un parcours qui fait plus de 20 000 départs par an ? 

Bien sûr, cela se gère. Par exemple, l’été, on évite de faire partir des parties avant huit heures pour laisser deux bonnes heures d’avances aux jardiniers, afin qu’une bonne partie de l’entretien soit faite sans pertes de temps liées aux joueurs. 

Quelle est votre perception de l’activité en 2014 ?

C’est assez uniforme. Maintenant, elle est bien meilleure que celle des deux dernières années, même si elle n’est pas aussi bonne qu’on aurait pu l’espérer.

Il y a un petit effet de crise qui se fait sentir.

Cela ne se voit pas forcément sur la consommation du jeu de golf en lui-même, mais plutôt sur les à-côtés, pro-shop, matériel…

Les gens reportent les achats, font durer la série… Les six premiers mois sont bons. On n’est pas au niveau de 2011… une année exceptionnelle pour le golf en France en raison de la météo. D’une année sur l’autre, c’est vraiment la météo qui fait la différence. Mais bon, l’année est bonne. 

Que faudrait-il faire selon vous pour développer le nombre de golfeurs en France ?

Plusieurs points me paraissant importants, comme par exemple, le fait d’arriver faire jouer les générations entre elles.

C’est-à-dire que la difficulté est de concilier les attentes des trentenaires avec celles des quinquas.

Souvent dans les clubs privés ou de membres, les seniors tiennent les clés ! Ils gèrent le club pour eux.

Certains comprennent qu’il faut amener les jeunes au golf. C’est le cas à Salvagny, mais dans certains cas, les clubs n’évoluent pas toujours en faveur des quadras. Pour moi, c’est une des clés que d’arriver à faire jouer les générations entre elles.

Les jeunes aimeraient bien avoir une piscine…avoir une garderie…Les seniors se disent pourquoi j’irai payer pour une piscine ? Je ne m’en sers pas ! Pourquoi mettre le wifi dans le club-house ?

On a toujours ce fameux trou entre trente et quarante-cinq ans pour des raisons que l’on connait bien…de temps, d’argents, de sollicitations…

Pour ma part, je ne pense plus que ce soit un problème de prix, car en général, des efforts tarifaires très importants sont faits sur cette classe d'âge, et malgré tout, cela ne génère pas ou peu de nouveaux membres.

Le temps est sans doute le principal frein. Neuf trous, c’est au moins deux heures, et cela reste plus long qu’une partie de tennis.

Aux Etats-Unis, il y a des tentatives pour créer des parcours de six trous pour diminuer le temps de jeu.

Il faudrait aussi que l’on pense le golf plus comme un jeu que comme une compétition.

Il y a aussi un autre aspect à développer, mais ceci dit la fédération a commencé à y travailler, ce sont les golfs urbains, des petites structures qui permettent d’initier beaucoup de monde.

Nous avons un paradoxe avec des clubs qui sont pleins comme Salvagny, et d’autres beaux golfs qui le sont moins. Souvent la raison tient dans l’éloignement par rapport à des centres urbains.

Paradoxalement, nous vivons dans une société de loisirs avec du temps, mais nous n’en avons pas. Le temps reste un vrai problème.

Je trouve aussi que le golf féminin en France est un peu faible, et qu’il a même tendance à diminuer. On était à 30%, et maintenant c’est plutôt 28% des joueurs.

Il faudrait aussi que l’on pense le golf plus comme un jeu que comme une compétition.

En France, on est très compétition, ce qui rajoute un obstacle. On a tendance à se battre contre le parcours alors qu’il existe des formules ludiques comme le match-play.

On a trop tendance à toujours jouer le score, le score, le score !

Finalement, on joue contre le terrain, mais à la fin, c’est toujours lui qui gagne, et ce quel que soit le niveau !

Je suis sûr qu’on aurait plus de joueurs, si on était plus sur le ludique que sur le compétitif.

On est déjà dans la compétition tout au long de sa vie professionnelle. Quand on est sur un parcours de golf, on est là pour jouer.

Et dans jouer, il y a « jeu » ! 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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