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LPGA Tour : Des championnes mais pas de leaders !

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A l’occasion du dernier HSBC Women’s Champions, tournoi asiatique de golf féminin professionnel, nous avons été frappés par l’intérêt de plus en plus important et constant exprimé par le public asiatique. Si le circuit se développe fortement dans cette partie du monde, cela n’est pas aussi flagrant ailleurs…pourquoi ?

Sommaire de l'article sur le LPGA Tour et les meilleures golfeuses

  1. Une rivalité à inventer au plus haut niveau
  2. Des numéros un mais aucune patronne
  3. Plusieurs joueuses en capacité de prendre la première place
  4. Le cœur du golf féminin bat à l’Est 

Une rivalité à inventer au plus haut niveau

Le sport à haut niveau se distingue par le fait d’être suivi par un public, et pour que cette audience se cristallise solidement et avec passion, elle a besoin de s’alimenter de grandes rivalités entre champions charismatiques.

Senna-Prost ont contribué au succès de la formule 1 dans les années 80-90. Connors-McEnroe idem pour le tennis dans les années 70-80, et pour le golf, Palmer-Nicklaus sur une période encore plus longue…

Pour les femmes, le duel Chris Evert-Martina Navratilova en tennis reste la référence.

D’un côté, la chaleureuse américaine, et de l’autre, la froide tchécoslovaque…Car pour qu’un duel soit encore plus passionnant, il faut qu’il oppose des extrêmes, sans aller jusqu’à dire le bien contre le mal, la belle contre la bête…

Pour le golf féminin professionnel, le duel qui s’annonce entre d’un côté, la sud-coréenne Inbee Park, et la néo-zélandaise, Lydia Ko devrait soulever un grand intérêt en Asie, et c’est à peu près tout !

Entre une joueuse qui ne dégage aucune émotion particulière, et une gamine de 17 ans, pour le charisme et l’intérêt des grands médias hors golf, vous repasserez…

En revanche, du point de vue du spectacle et du suspense, le niveau de jeu affiché par les filles étant très proches, à chaque tournoi, la course à la place de numéro un mondiale peut être totalement relancée.

Situation inédite pour le golf au plus haut niveau chez les filles !

Annika Sorenstam a été la « Tiger Woods » féminine puis la mexicaine Lorena Ochoa a pris le relais, mais finalement, chaque joueuse a dominé sa période sans laisser trop de places à des rivales.

L’australienne Karrie Webb, l’américaine Christie Kerr, ou la coréenne Grace Park ont beau avoir été contemporaines de ces joueuses, elles n’ont jamais réellement pesées contre les impératrices.

Depuis la fin du cycle Lorena Ochoa, seul la Taiwanaise Yani Tseng a donné l’impression de pouvoir dominer sans partage.

Cette époque est révolue !

Désormais, elles sont au moins une demi-douzaine à pouvoir occuper le siège de numéro un mondiale.

En revanche, aucune ne semble avoir le charisme pour porter son sport au-delà de ses propres frontières.

Des numéros un mais aucune patronne

L’atout charme aurait pu être un élément favorable à créer une figure qui porte les couleurs du golf, notamment pour des américaines comme Paula Creamer ou Nathalie Gulbis, cependant aucune des deux n’est en capacité d’occuper la place de leader d’un point de vue technique, et au moins à court terme.

Surtout que malgré la domination de l’Asie, les Etats-Unis restent le premier pays pour le golf féminin.

Il y a donc toujours un potentiel à exploiter, d’autant qu’au pays de l’Oncle Sam, le golf féminin amateur repart à la hausse.

Comme pour les hommes, les « girls » n’arrivent plus à sortir d’immenses championnes qui permettent de dominer le match Etats-Unis vs Europe.

En Ryder Cup comme en Solheim Cup, les européens ont pris un ascendant très net et difficilement inversable.

L’atout caractère ou charisme aurait pu jouer, si des filles comme Laura Davies ou Julie Inkster étaient encore aux manettes.

Non, définitivement, les meilleures golfeuses du moment sont d’excellentes manieuses de balles, mais aucune ne nous raconte une histoire.

En conférence de presse, on sent le professionnalisme, la maîtrise du sujet, mais aucune aspérité…aucun truc qui se dégage pour attirer l’attention du public.

Globalement, les golfeuses sont très ou trop professionnelles comme des laborieuses qui vont au travail, mais pas de grain de folie ou d’excitation qui peut piquer l’intérêt du public occidental, qui, quelque part est nostalgique de sports vivants et provocateurs, créant des clivages entre amour et haine.

A l’inverse, le golf féminin professionnel colle très bien à ce que recherche le public asiatique, de plus en plus nombreux à se passionner pour ce sport lisse, discipliné, et bien ordonné.

Plusieurs joueuses en capacité de prendre la première place

La raison ? Principalement, le fait que comme pour les hommes, le golf féminin s’est réellement et profondément professionnalisé.

Toutes les joueuses arrivent sur les tournois avec des niveaux de préparation de plus en plus identiques.

Physique, tactique, préparation mentale et technique, il devient très difficile de prendre nettement l’ascendant sur les autres joueuses avec une recette miracle que les autres ne connaîtraient pas.

En revanche, il n’existe pas une seule façon de gagner, et pas un seul style de jeu.

Inbee Park, excelle dans le putting quand Michelle Wie ou Lexi Thompson performe au drive, tandis que Stacy Lewis a un jeu de fers très régulier.

La nouvelle numéro un mondiale, depuis six semaines, Lydia Ko n’est pas dominante dans aucune catégorie statistique, mais régulière dans toutes.

On notera seulement le fait qu’elle est dans le top-10 pour les greens pris en régulation, domaine où elle est à la lutte avec Inbee Park.

De toutes les catégories statistiques d’une joueuse de golf, les greens pris en régulation semblent réellement être l’indicateur qui fait une vraie différence pour la victoire en tournoi.

Dépassant les 80% de greens en régulations, Lydia Ko et Inbee Park remportent le plus souvent les tournois, alors que Yani Tseng qui domine la catégorie des drives les plus longs à 253 mètres de moyenne ou Mo Martin, celle des drives les plus réguliers avec 91% de fairways pris en régulations ne sont pas dans le top-5 mondial !

Des statistiques hallucinantes qui démontrent que soit les parcours sont trop courts ou trop larges pour ce niveau de jeu ou alors un niveau d’excellence technique même difficilement imitable par les garçons…

Encore une fois, rien de surprenant à ce que les meilleures soient celles qui trouvent les greens, le plus souvent en position de faire le par ou mieux, quel que soit la façon dont elles drivent ou elles approchent.

Ce constat se retrouve dans la moyenne de score sur 18 trous des trois premières joueuses du LPGA Tour :

  • Lydia Ko joue en moyenne 69,62
  • Stacy Lewis joue en moyenne 69,68
  • ET Hyo Joon Kim joue en moyenne 70,12

L’écart entre les deux premières est infime, ce qui témoigne du fait qu’aucune joueuse ne peut encore prétendre dominer durablement le golf féminin professionnel.

Le cœur du golf féminin bat à l’Est

Il ne fait plus mystère que depuis plusieurs années, l’épicentre du golf féminin mondial s’est largement déplacé en Asie, entre Singapour, Séoul, Tokyo et Pékin.

De grandes institutions financières comme HSBC ne s’y sont pas trompées, et contribuent largement au phénomène, en sponsorisant ou en finançant directement des événements et des joueuses de cette partie du monde.

Le nombre de golfeuses issues de cette zone géographique dans le top 100 mondial ne cesse de croître (30 japonaises, 20 sud-coréennes, et même 16 australiennes) sans oublier que l’actuelle numéro un mondiale, Lydia Ko, néo-zélandaise est d’origine Coréenne, et la numéro six, Michelle Wie, américaine d’origine Hawaïenne.

Clairement, l’Océan Pacifique est la plaque tournante du golf féminin au plus haut niveau.

A tel point que même l’Evian Championship, cinquième majeur de golf disputé en France sur le Vieux-Continent ne peut pas ignorer le phénomène, et cherche par tous les moyens à recruter des joueuses de cette zone pour attirer des grands médias asiatique.

Quand vous vous rendez en salle de presse à Evian, vous retrouvez beaucoup plus de journalistes coréens, chinois ou japonais que français !

Je ne cesse de me poser la question en boucle…A qui la faute ? Nos médias trop peut intéresser à parler de golf ou nos joueuses pas assez performantes ?

Karine Icher est toujours à ce jour, la seule française engagée sur le LPGA Tour, et la relève ne pointe pas le bout de son nez, faute de moyens.

Or, sans médias, pas de public, pas ou peu de sponsors et mécènes, et donc pas de championnes !

Passé le problème franco-français, en Asie, du fait de l’intérêt grandissant du public, des écoles de golf se montent et forment des jeunes à tour de bras, rappelant au passage les méthodes stakhanovistes de certaines fédérations d’athlétisme.

Encore un fois, la fabrique à sportif fonctionne à plein régime, mais pas forcément, la fabrique à champion charismatique.

De manière effrayante, les joueurs et joueuses de cette partie du globe émergent de plus en plus jeune.

En 2013, un jeune chinois de 14 ans participait au Masters d’Augusta au même titre que Tiger Woods et Dustin Johnson !

Suffisant pour intéresser le public ?

Clairement, non, pour le golf féminin professionnel, au demeurant en bonne santé financière, la voie de l’extrême jeunesse de ses championnes (Lydia Ko n’a que 17 ans) n’est pas de mon point du vue porteur d’intérêt d’un plus large public que celui du golf, et même des golfeurs d’origines asiatiques.

Pas de racisme déguisé dans cette affirmation, simplement des joueuses qui ne nous racontent pas une histoire faite d’adversité, de challenge et de surpassement de soi.

Au contraire, un sentiment sans doute faux de facilité et de peu d’émotions…des ingrédients qui ne font généralement pas un bon scénario.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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