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Championnat du monde de Long Drive: l’autre discipline du golf

Championnat du monde de long drive 2013

Evénement du mois d’octobre, les qualifications pour la finale des 2013 REMAX World Long Drive Championship ont commencé cette semaine. Plongée dans un univers à la fois proche du golf, et pourtant tellement différent ! Découvrez son plus grand champion, Jamie Sadlowski, l’homme qui drive à 382 mètres !

Le 30 octobre prochain ont connaîtra le nom du prochain champion de long drive 2013.

Sous les spotlights du circuit de vitesse de Las Vegas, un lieu bien inhabituel pour une compétition de golf, se déroulera la grande finale de ce show à l’américaine, vouée promouvoir la puissance, et seulement la puissance.

Alors que le golf est un sport qui nécessite de nombreuses compétences techniques, tactiques, mentales et physiques.

Dans le registre du long drive, on ne parle que de puissance, mais dans le cadre d’une certaine technique, qui en fait varie de coup de golf classique.

Les huit qualifiés pour cette finale viseront de remporter le chèque de 250,000 dollars réservé au vainqueur dans la catégorie reine de l’épreuve, l’Open.

En plus de cette catégorie, les organisateurs ont prévu différentes catégories d’âges : Senior (+45 ans), Super Senior (+50 ans), Grand Champion (+55 ans), Legends (+60 ans), Masters (+65 ans), ladies, et Reste du monde.

Pour se qualifier, les golfeurs du monde entier pouvaient se qualifier localement avant de se retrouver du 18 au 27 septembre à Mesquite (USA) pour y disputer une sorte de barrage, visant à ne conserver que les huit meilleurs pour les qualifications finales qui ont justement commencé le 9 octobre.

Pendant les trois prochaines semaines, les huit derniers qualifiés s’affrontent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux pour la victoire finale le 30 octobre prochain.

Jamie Sadlowski : le Tiger Woods du Long drive

Les grands noms du Long Drive sont Jason Zuback, cinq fois titrés dans les années 90 (le concours a commencé en 1995), Sean Fister, trois titres, et donc Jamie Sadlowski, deux fois champion en 2008 et 2009, et encore récent demi-finaliste en 2012.

Jamie Sadlowski : un des méga bombeurs du long drive

Ce qui est étonnant avec ce joueur de long driver, c’est qu’il dénote du profil habituel du frappeur bodybuildé.

Il ne mesure qu’1m80 pour 76 kilos, soit un gabarit de sportif tout à fait dans la norme, et pourtant il propulse régulièrement des drives à plus de 350 mètres de moyenne, frôlant même les 400 mètres !

A titre de comparaison, le premier héros du long drive, Jason Zuback était un monstre physique.

Sadlowski est en fait la parfaite démonstration qu’il n’est pas indispensable de faire de la musculation pour frapper une balle de golf très loin.

Ce qui est marquant chez lui, c’est sa vitesse de swing, bien au-dessus de la moyenne d’un golfeur amateur, et même professionnel jouant sur le PGA Tour.

Sa vitesse de swing est tellement élevée que les caméras habituellement utilisés pour enregistrer des images de golf ne sont pas adaptées pour parfaitement décortiquer chaque phase de son mouvement !

Ces dernières ne pouvant enregistrer que jusqu’à 30-60 images par secondes…

La question qui revient souvent à propos des joueurs de long drive est : Est-ce que ce sont des cogneurs ou des swingueurs ?

Dans le cas de Sadlowski, c’est clairement un joueur qui mise sur son swing.

Ce gaucher utilise une action de pivot pour activer et relâcher un maximum de puissance emmagasinée.

En octobre 2009, Jeff Mann qui s’intéressait au swing de Sadlowski a mené une étude en profondeur pour tenter de comprendre la biomécanique particulière du swing de ce golfeur hors-normes.

Communément, on a recensé quatre phases au cours de laquelle un swing de golf peut emmagasiner de la puissance.

La plupart des bons golfeurs en utilisent au moins trois. Mais de manière surprenante, Sadlowski n’en utiliserait que deux, et ferait abstraction d’une phase que nous golfeurs connaissons bien : le transfert !

Le swing de Sadlowski est très particulier !

Il met en place conjointement un grip de la main gauche très puissant avec une rotation interne de l’épaule gauche très rapide.

Ces choix techniques qui relèvent de l’anatomie sont à la base de l’explication de son swing, et du fait qu’il utilise finalement assez peu l’action de son avant-bras gauche au backswing, comme au downswing, ce qui donne l’impression visuelle qu’il réalise ce qu’on appelle un « chicken wing » ou une aile de poulet à la fin de son swing.

Avant d'analyser son geste si particulier, quelques chiffres :

  • Flex de son shaft : Triple X
  • Smash factor : 1.50
  • Vitesse de balle : 351 kmh

Quand on décortique son swing, on s’aperçoit qu’à l’adresse, il tient une posture assez conventionnelle pour un gaucher.

Sa tête est légèrement inclinée derrière la balle, son stance est grand ouvert…on remarquera seulement que sa main gauche est totalement passé au-dessus du shaft avec le dos de sa main pointant complètement vers le ciel, ce qui est la conséquence d’un très fort grip de la main gauche.

Conséquence, l’alignement de ses bras n’est pas parfaitement en ligne avec le shaft de son driver.

Le point le plus important concernant cette position à l’adresse étant en fait la façon dont Sadlowski gère son épaule gauche qui est très « rentrée ». On verra que c’est cet élément qui est à l’origine de sa vitesse de swing incroyable.

Un maximum de puissance à l'impact

Au backswing, on constate que ce champion de long drive ne présente pas de grandes différences par rapport à un backswing conventionnel d’un bon joueur de golf.

A première vue, la seule différence avec un amateur pourrait être le fait qu’il amène (comme certains pros) la tête de club très loin derrière lui, et dans le bas de son dos (over-swing).

Technique qui est de moins en moins appliquée par les pros du PGA Tour car justement, eux ne cherchent plus à taper à 100% de leurs moyens physiques, mais à 70/80% pour privilégier le contrôle.

Les impératifs ne sont pas les mêmes !

A bien y regarder, Sadlowski réalise un backswing qui n’obéit pourtant pas aux grandes règles édictées par les experts de la biomécanique de golf, et les grands enseignants comme David Leadbetter.

La plupart des grands joueurs réalisent pendant le backswing, un léger décalage du bassin sur la droite (pour les droitiers) alors que ce dernier était parfaitement centré à l’adresse.

Ce mouvement du bassin est directement à l’origine de la création de vitesse chez les golfeurs pros, et d’ailleurs entraîne aussi un léger mouvement du genou droit.

Chez Sadlowski, ce mouvement n’existe pas du tout !

Pourtant quand il arrive au sommet de son backswing, ce dernier semble très ressemblant à celui d’un joueur professionnel, et le fait qu’il over-swing plus qu’il ne paraît nécessaire démontre aussi qu’il a une souplesse des poignets quasi-surnaturelle.

A la fin de son mouvement préparatoire, on peut être stupéfait par la rotation de son épaule gauche qui semble complétement dos à la cible !

D’ailleurs la posture complète de Sadlowski s’apparente en jargon technique à une parfaite posture en K-renversé.

Il peut ainsi déclencher son downswing de manière très conventionnelle, tout en enclenchant une rotation des hanches.

La vitesse qu’il met dans cette action est si rapide qu’elle entraîne un dégagement très rapide de son genou gauche vers la cible.

La position de ses jambes est alors plus caractéristique d’un joueur  de baseball que celle d’un golfeur traditionnel.

Autre différence, alors que le golfeur va d’abord déclencher une rotation des hanches avant une rotation des épaules (en tout cas dans le cas d’un swing moderne), Sadlowski déclenche les deux rotations de manière quasi-simultanée.

Pour expliquer comment Sadlowski donne autant de vitesse à son swing, il faut considérer que dans son downswing, il n’y a pas d’actions indépendantes de la main gauche et de l’avant-bras gauche.

En d’autres termes, c’est bien son action de pivot qui déplace son bras gauche vers le sol en direction de balle. Cette action très précoce est justement à l’origine de la création de vitesse spectaculaire démontrée par ce long frappeur.

Dans la suite de son downswing, on peut être frappé de voir à quel point son bras gauche semble former un mouvement circulaire très rapide, alors que son bras droit est complètement collé au corps.

Enfin, quand les mains arrivent en position de release, on a vraiment l’impression qu’il a complètement maintenu du début jusqu’à la fin toute la puissance disponible sans en perdre une miette en chemin.Palmarès Long drive

Ce qui nous permet aussi de vous signaler qu’en plus d’utiliser une technique différente du swing de golf classique, Sadlowski comme les autres concurrents des épreuves de long drive, utilise un driver avec un shaft ultra-raide comme vous n’en avez sans doute jamais vu.

Pendant le swing et à l’œil nu, on ne constate pratiquement jamais aucune torsion du shaft.

Au moment de l’impact, on retrouve quelques points communs avec le swing classique d’un golfeur, mais on est frappé par la position des épaules qui est finalement radicalement différente (beaucoup plus incliné) tout en conservant le même principe fondamental de tête de club square à l’impact, ce qui reste une évidence pour frapper une balle droite.

D’où la notion de « chicken wing » à l’impact, car en plus d’avoir des épaules dans un plan très différent, la tête de Sadlowski se trouve beaucoup plus basse que pour un swing classique.

En conclusion, ce champion du long drive n’est pas un golfeur comme les autres.

Son matériel est injouable pour le commun des joueurs du dimanche, et son swing ne correspond pas aux standards du golf.

  • D’un point de vue biomécanique, on peut considérer que c’est parfaitement adapté à la notion de création de puissance, ce qui est le but recherché.
  • D’un point de vue golf, il paraît difficile de transposer ces techniques sur un parcours de golf pour jouer 18 trous, même si un joueur capable de driver à de telles distances devrait presque prendre tous les par-4 en un !

En l’espace de 15 ans, et à force de progrès technique et matériel, les champions de long drive ont gagné 35 mètres de distance en moyenne pour frôler les 400 mètres, soit près de 100 mètres de plus que les joueurs du PGA Tour !

Impressionnant...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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