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Stacy Lewis « Evian est un tournoi majeur qui n’est pas traité comme tel »

Stacy Lewis « Evian est un tournoi majeur qui n’est pas traité comme tel »

Décidément, le dernier tour du Evian Championship 2017 n’en finit plus de faire couler de l’encre outre-Atlantique, et cela pourrait finalement être une bonne chose. Championnat majeur de golf depuis 2013, le tournoi n’a pas jusqu’à présent été pleinement considéré comme tel, et en particulier par certaines personnes, médias, joueurs et organisateurs de tournois aux Etats-Unis. Une des joueuses les plus emblématiques, Stacy Lewis, a décidé de peser de tout son poids pour que les choses changent ! Elle a choisi une méthode radicale, un brin de provocation pour mettre la pression sur la LPGA, et la direction du tournoi.

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Tensions autour de l'organisation de l'Evian Championship 2017 et 2018

Stacy Lewis, 32 ans, plus de 12 millions de dollars de gains en carrière, actuellement 16eme au Rolex Ranking des meilleures golfeuses de la planète a décidé de se mouiller pour Evian !

Se mouiller ! C’est bien le terme approprié pour cette figure du circuit, ex-numéro un mondiale, titrée en majeur qui entend bien peser dans le grand débat qui agite le circuit professionnel féminin.

Si vous avez cherché son nom dans la liste des joueuses engagées sur la dernière édition remportée par Anna Nordqvist, vous avez peut-être été surpris de ne pas la voir figurer alors qu’elle n’était pas blessée ou franchement indisponible.

Il s’agit tout de même du cinquième tournoi majeur de la saison, dans un calendrier qui peut manquer de grands rendez-vous. Ceci dit, le problème de faiblesse du calendrier professionnel féminin concerne plus les européennes que les américaines ou les asiatiques.

Lewis a voulu envoyer un message clair ! Tant que le tournoi ne sera pas un véritable majeur ou considéré comme tel « Je n’irai plus ! »

Ce n’est pas une décision à l’emporte-pièce. Une carrière de golfeuse pro se déroule sur quelques années, et les gains en tournois, comme les sponsors ne coulent pas à flot comme pour les hommes.

Bien qu’elle ait déjà bien réussie la première partie de sa carrière, Lewis pourrait apprécier la riche dotation de l’Evian Championship.

Dotation qui a d’ailleurs atteint les 3,65 millions de dollars cette année, soit une augmentation de 300 000 euros (environ +10%).

Pour Franck Riboud, il s’agissait d’accompagner la montée en puissance du tournoi, et de le placer en deuxième position sur cinq, dans le classement financier des majeurs, et par exemple, devant le British.

Pour Franck Riboud, il s’agissait d’accompagner la montée en puissance du tournoi, et de le placer en deuxième position sur cinq, dans le classement financier des majeurs, et par exemple, devant le British.

Quand Lewis zappe Evian, elle passe à côté du deuxième plus gros tournoi de la saison, sans parler de la finale CME Group Tour Championship disputé en fin de saison qui verse un demi-million de dollars au vainqueur.

Anna Nordqvist a d’ailleurs touché 547 500 dollars pour sa victoire en Haute-Savoie.

Si Lewis passe son chemin, ce n’est donc clairement pas une question d’argent, mais une question de date et d’organisation du tournoi.

L’américaine, pro depuis 2009, a eu l’occasion de jouer le tournoi avant qu’il ne devienne majeur. Elle venait déjà du temps de l’Evian Masters… qui se jouait en été, et au cœur du mois de juillet.

Soit à une saison complètement différente au moins d’un point de vue météorologique par rapport au 15 septembre !

Pour ceux qui ont l’habitude de la Haute-Savoie, soit beaucoup de français, mais très peu d’américains, organiser le tournoi en septembre, c’était clairement s’ouvrir le risque de jouer sous la pluie, et pas de la petite pluie !

Pas de chance ! C’est les américains qui décident !

La lourde contrepartie payée par le tournoi pour passer majeur a été d’accepter de se déplacer pour ne pas faire ombrage aux autres majeurs. Cinquième majeur, Evian l’a été dans les faits, et dans la chronologie de la saison.

Si ce classement n’a pas choqué les membres de la LPGA, juge et partie, il commence à choquer les principaux intéressés : les joueuses !

Bien qu’elles n’aient pas vocation à s’organiser en syndicat, par la voix de Stacy Lewis, une voix crédible, elles poussent pour revenir à une situation pertinente.

En juillet, Evian est le plus beau tournoi de golf au monde. Le public est au rendez-vous. L’ambiance est plus joyeuse et plus légère.

Stacy Lewis impose un rapport de force

Clairement, Lewis ne viendra plus tant que le tournoi sera placé en septembre, et elle semble très intransigeante sur ce choix.

Clairement, Lewis ne viendra plus tant que le tournoi sera placé en septembre, et elle semble très intransigeante sur ce choix.

A tel point que le sujet est désormais sur la place publique, et elle pourrait bien faire pencher la balance du bon côté, celui du bon sens.

En l’état actuel, la LPGA, par l’intermédiaire de son commissaire, Mike Whan a compris que la situation n’était plus tenable. Evian pourrait donc revenir à une date estivale à compter seulement de l’édition 2019.

En réponse, Stacy Lewis qui n’en démord pas, a confirmé que dans ce cas, elle ne serait toujours pas présente en 2018.

Les joueuses, plus particulièrement les américaines, ont été marqué par le fait qu’en cinq éditions, le majeur a déjà été réduit à 54 trous à deux reprises, ce qui n’est pas clairement très « vendeur », et encore plus, par le scénario final de la dernière édition, jouée dans des conditions épiques.

Certains commentateurs comme le journaliste américain Randal Mell allant jusqu’ déplorer le play-off qui a vu sa compatriote, Brittany Altomare, jouer dans des conditions qu’il a jugé limites, notamment son putt sur le green du 18.

Cet événement a fait suffisamment de bruit aux USA pour que la LPGA finisse par comprendre que la position du tournoi en septembre n’était plus tenable.

Le fait que Franck Riboud ait poussé pour que la dotation monte cette année est un coup de maître.

Ainsi, il force les américains à accepter l’évidence : Evian est bien plus qu’un cinquième majeur ! C’est le carrefour parfait entre Amérique, Europe et Asie.

L’écart en dotation est même de plus d’un million de dollars avec le premier majeur de l’année, le ANA Inspiration disputé à Rancho Mirage (seulement 2,5 millions de dollars).

Le problème qui se pose est au niveau de l’enchaînement du KPMG Women’s PGA Championship doté à 3,5 millions de dollars, organisé en juin, suivi de l’US Open féminin doté à 5 millions de dollars en juillet (l’ancienne date de l’Evian Masters), puis le British Open qui se tient début août pour 3,25 millions de dollars.

La LPGA espérait pouvoir gagner sur tous les tableaux, et surtout sur l’aspect financier en déplaçant Evian, mi-septembre.

Sachant que tous les deux ans, la Solheim Cup se tient du 18 au 20 août dans la partie la plus chargée du calendrier, avancer le championnat français de 15 jours ne semble pas encore la bonne solution à court terme.

Trouver la bonne place pour un Evian Championship disputé en été s’annonce épineux. Il faudra probablement tout bouleverser pour rentrer dans les réquisitoires d’une saison du LPGA Tour.

Un autre problème se pose, et pas seulement calendaire, Evian marque une pause dans la partie américaine du circuit, et le début d’une phase de voyage pour les joueuses, qui vont ensuite aller en Nouvelle-Zélande, en Corée du Sud, en Malaisie, au Japon, et en Chine, avant de disputer le dernier tournoi de la saison, la finale en Floride.

Effectivement, Evian est alors une étape qui s’intègre plus difficilement au cœur de l’été où les tournois sont pratiquement tous joués aux Etats-Unis… sauf le British Open !

Il faut donc traiter Evian au même niveau qu’un Open reconnu comme majeur depuis plus longtemps. Cela ne s’annonce pas simple.

Lewis n’a pas qu’un problème de date au sujet d’Evian.

Les problématiques à résoudre

En ce sens, elle pourrait être suivie par d’autres joueuses, et le problème pourrait devenir plus ennuyeux, tout du moins pour l’édition 2018.

Les joueuses n’auraient, mais alors pas du tout, apprécié le final du dernier tournoi.

Elles seraient donc plusieurs à menacer de ne plus jouer à Evian, sans qu’à ce stade d’autres noms que celui de Lewis ait filtré.

On peut imaginer que ce sont principalement les américaines qui se liguent, soutenues par une certaine presse américaine, et notamment Randal Mell en chef de meute.

« Ne pas avoir été là en 2017 et voir comment ça s’est passé, à justifier à mes yeux mon absence et pourquoi. Les décisions qui ont été prises et de la façon dont elles ont été prises, ne me conviennent pas. »

Ajoutant « Il y a beaucoup de choses à changer, et plus qu’une question de dates. »

Lewis remet en cause la direction du tournoi et les choix opérés pour garantir à tout prix un finish avant 19h le dimanche.

Elle avance l’argument qu’il était trop compliqué de prévoir des chambres supplémentaires pour une nuit de plus dans le Evian Resort, et de décaler des vols.

Cette fois, c’est Mike Whan qui vole au secours de Jacques Bungert et Franck Riboud, mis en causes.

Cette fois, c’est Mike Whan qui vole au secours de Jacques Bungert et Franck Riboud, mis en causes.

« Le sponsor titre ne dicte pas les décisions d’organisations. »

Et pour cause, c’est plutôt la LPGA qui est en cause, surtout que le tournoi suivant est joué dix jours plus tard en Nouvelle-Zélande.

On imagine mal Franck Riboud donner des conditions pour interdire la possibilité de jouer jusqu’au lundi alors qu’il met tout en œuvre pour augmenter l’attractivité de son tournoi.

« Ils en font toute une histoire de jouer après dimanche. Si c’est un majeur, je serai prête à jouer jusqu’au jeudi suivant ! Vous voulez pouvoir jouer 72 trous dans les meilleures conditions possibles. Si Evian est un majeur… nous devons le traiter comme tel. Pour l’instant, il a le nom de majeur, mais il n’est pas traité comme tel. »

Lewis concède que si le tournoi retrouve une date plus chaude, ce sera un grand pas en avant, et une nette amélioration pour l’état du parcours.

Toute cette polémique américano-américaine pourrait finalement avoir du bon. Pour l’instant, le tournoi a bon dos, les organisateurs sont ciblés. Au final, si le déplacement du tournoi avait bien lieu en 2019, ce serait à coup sûr une victoire pour Evian, et le golf féminin.

Le tournoi est en train d’apprendre à devenir un majeur à vitesse grand V, et c’est un peu logique. Le statut de majeur implique de plus grandes responsabilités, et des attentes plus fortes.

Posté par le dans Golf féminin
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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