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Levy peut-il faire douter le capitaine européen de Ryder Cup ?

Levy peut-il faire douter le capitaine européen de Ryder Cup ?

Vainqueur du Trophée Hassan II disputé au Maroc sur le parcours du Royal Golf Dar Es Salam, Alexander Levy a parfaitement su tirer parti de l’adversité pour remporter son cinquième tournoi sur le circuit européen. Il se replace ainsi comme un choix possible du capitaine Thomas Bjorn, dans la perspective de la prochaine Ryder Cup à Paris. Surtout, son nouveau classement dans le top-50 mondial lui réouvre les portes de tous les plus grands tournois. A lui de démontrer qu’il peut monter encore plus haut !

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Alexander Levy remporte le Trophée Hassan II

Désormais bien installé dans le fauteuil du numéro un français des golfeurs professionnels, Alexander Levy porte sur ses seules épaules les espoirs de la France du golf.

A cinq mois de la Ryder Cup à Saint-Quentin-En-Yvelines, Alexander Levy fait office de seul tricolore capable de créer du débat autour d’une place dans l’équipe européenne, et si possible, pour ne pas faire de la figuration.

Pour le comité Ryder Cup, et la Fédération Française de golf, si Levy pouvait mettre tout le monde d’accord dans les quinze prochaines semaines, et obtenir sa place sur le terrain, il leur enlèverait une belle épine du pied, notamment à tous ceux qui doutent du succès de la Ryder Cup sans le moindre français dans l’équipe.

Il faut bien l’admettre ! A l’heure actuelle, la Ryder Cup ne déchaîne pas encore les passions en France.

Le président de la FFGolf, Jean-Lou Charon peut le constater, et le déplorer. Les médias, et le public au sens large ne se sont pas encore appropriés l’événement.

La présence d’un français dans l’équipe pourrait tout changer alors que nous sommes facilement chauvins.

Soutenir un français dans un match Europe/Etats-Unis donnerait du sens à un public de passionnés, et aussi plus largement au public que l’on voudrait réellement toucher avec ce match, les non-golfeurs.

Avec sa cinquième victoire au Maroc, Alexander Levy démontre de mon point de vue qu’il est un des meilleurs golfeurs de la seconde division mondiale.

Pardon, je ne veux pas vous choquer avec cette phrase.

Cependant, c’est une forme de réalité qu’il faut accepter.

Levy n’est pas encore au niveau des McIlroy, Rahm, Garcia, Stenson, Rose, Fleetwood, Noren, Cabrera-Bello, Casey ou encore Poulter qui se frottent depuis plus longtemps aux américains sur des tournois du PGA Tour, et des majeurs.

La meilleure nouvelle concernant le natif d’Orange (Californie) n’est pas qu’il ait gagné le Trophée Hassan II, tournoi sans aucun membre du top 30 mondial, mais bien le fait qu’il marque assez de points pour rentrer lui-même dans le top-50.

Ce top qui lui assure une présence dans les plus gros tournois de la planète, les championnats du monde, et les majeurs.

Sur le parcours du Royal Der Es Salam, notamment sur le dernier tour, Levy a démontré une attitude conquérante. A de nombreuses reprises, on pouvait lire son visage une forme d'agressivité.

L'agressivité de celui qui veut gagner à tout prix. De plus en plus affûté physiquement, Levy s'est montré précis au drive, et puissant avec ses fers.

Après un coup de départ imprécis au 16, qu'il a failli imputé à un spectateur indélicat, le français a bien cru que le bogey  qui allait en découler lui coûterait la victoire.

Sur le trou suivant, un par-3 un coup de fer digne d'un des meilleurs golfeurs du monde lui a offert un birdie, et la possibilité d'effacer immédiatement le bogey précédent, signe d'un top joueur, capable de rebondir très rapidement.

Levy, un golfeur du top-50

En intégrant ce top-50 mondial, performance difficile qui mérite vraiment d’être salué, Alexander Levy va pouvoir plus durablement progresser au contact des tous meilleurs golfeurs de la planète, sur les parcours les plus exigeants, et les tournois les mieux dotés.

Telle est la condition pour espérer exister en Ryder Cup parmi les 24 meilleurs joueurs européens et américains.

En ce mois d’avril 2018, oui, Alexander Levy s’est donné une chance de pouvoir faire partie de l’équipe européenne.

Thomas Bjorn ne s’y était pas trompé en invitant le français à participer la dernière Eurasia Cup, sorte de tour de chauffe qui lui permettait justement de tester des candidats.

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Philosophiquement parlant, le capitaine danois ne serait pas contre le fait d’emmener un français à Paris.

Compter sur l’appui du public ou plutôt galvaniser le public avec au moins un « frenchie » pourrait s’avérer précieux quand on sait l’importance du contexte en Ryder Cup.

Thomas Levet explique très bien comment le duel peut tourner en faveur d’une équipe selon le déroulement des événements, et l’attitude d’une équipe vis-à-vis du public.

Logiquement, en Europe, une équipe européenne devrait plus facilement obtenir le soutien de son public. Toutefois, les américains ont l’avantage d’être une seule nation quand les européens sont un rassemblement de plusieurs pays.

La Ryder Cup en France est une première. La réaction du public français est une des inconnues de cette prochaine édition.

Bjorn ne pourra pas emmener un français au seul motif qu’il parle la langue de Molière.

Comme déjà évoqué dans un précédent sujet, le niveau potentiel de l’équipe européenne risque d’être très relevé.

Si Bjorn devrait avoir bien entendu la possibilité de sélectionner plusieurs golfeurs, il pourrait faire face des choix cruciaux parmi des golfeurs très solides.

Tout l’enjeu pour Levy sera de démontrer qu’il peut être un candidat sérieux.

A ce jour, Hatton, Rose, Rahm et Fisher dominent le classement européen aux points.

Dans ce classement, Levy apparaît en neuvième position, ce qui en soit est déjà un exploit.

Cependant, devant lui se trouvent Matthew Fitzpatrick, Tommy Fleetwood, Paul Dunne et surtout Rory McIlroy.

Rentrer dans le top-4 qualificatif directement pour la Ryder Cup paraît très difficile.

Pour la deuxième liste qualificative, celle dite « World Points », Levy est encore à un joli classement (quinzième).

Devant lui, McIlroy, Fleetwood, Garcia, et Noren sont pour l’instant éligibles.

En réalité, à cette heure, l’équipe européenne pourrait être composée de Rose, Rahm, Hatton, McIlroy, Fleetwood, Garcia, Noren, Poulter, Fitzpatrick, Stenson, Cabrera-Bello et Casey.

A ce stade, Levy n’aurait pas sa place dans l’équipe.

En revanche, et c’est le principal enseignement de cette victoire au Maroc, il se situe dans les deux/trois suppléants possibles et crédibles avec Paul Dunne, Ross Fisher ou encore Shane Lowry.

J’ajouterai que de ces quatre noms, il pourrait même être considéré comme le premier choix possible.

Pour le français, l’enjeu consiste désormais à continuer dans cette bonne démarche, et à se rapprocher le plus possible des leaders actuels.

Dans la dernière ligne droite ?

En septembre, Bjorn pourra prendre différents critères dans son choix, comme la connaissance du parcours ou la forme du moment.

Il faut aussi reconnaître que d’autres golfeurs ont encore le temps de revenir dans la course, et notamment des cadors de l’équipe européenne comme Marin Kaymer (vainqueur en majeurs), Lee Westwood, Thomas Pieters, Nicolas Colsaerts, Francesco Molinari, Andy Sullivan, ou encore Chris Wood.

Des golfeurs qui ont déjà participé à la Ryder Cup, et qui ont encore pour objectif d’y participer en septembre prochain.

Levy a donc fait une bonne partie du chemin, mais c’est loin d’être suffisant.

Pour l’instant, on pourrait seulement dire qu’il est en ballotage défavorable.

C’est là où cette nouvelle position dans le top-50 mondial va lui donner un avantage sur certains de ses rivaux.

Avec l’assurance de jouer des gros tournois (à condition de se maintenir dans le top-50), il peut déjà disputer des tournois qui vont rapporter plus de points.

Les douze golfeurs qui sont devant lui sont déjà dans cette catégorie. Il peut donc surtout en profiter par rapport à ceux qui sont actuellement derrière lui, comme Martin Kaymer, Lee Westwood ou Nicolas Colsaerts par exemple.

Pour un sportif de haut niveau, la question n’est pas seulement de faire partie de l’équipe. Levy doit aussi prouver qu’il peut performer avec les meilleurs.

Jusqu’à présent, ses performances en majeurs ont plus que laisser à désirer, y compris ses performances en championnat du monde.

Quand la côte grimpe, pour l’instant, Levy n’a pas encore montré qu’il pouvait changer de braquet, et c’est pourtant tout l’enjeu des mois à venir.

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A 27 ans, il n’est pas en retard, et au contraire, ses derniers résultats peuvent apporter de l’optimisme pour la suite de sa carrière, et même au-delà de cette Ryder Cup.

Entrer dans le top-50 mondial n’est pas donné à tout le monde. Mis à part Victor Dubuisson, aucun autre français n’y est parvenu ces dernières années.

En majeurs, sur sept participations, il n’a passé que deux cuts au PGA Championship 2014 (30eme) et US Open 2015 (27eme).

L’an passé, son classement lui avait déjà permis de disputer trois majeurs. Il n’avait pas passé le moindre cut, donnant l’impression d’être assez loin du niveau exigé.

D’ici à septembre, il aura donc trois nouvelles opportunités de démontrer ses compétences face aux meilleurs. Ce sera nécessaire pour éventuellement entrer dans l’équipe, et nécessaire pour ne pas donner l’impression d’être un simple porteur d’eau.

Avant de se projeter dans des objectifs plus élevés, il faut saluer le fait que Levy nous apporte au moins la possibilité de croire à sa qualification. Compte tenu des derniers mois passés, c’est déjà beaucoup ! 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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