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Les vikings girls: La meilleure équipe de Solheim Cup de tous les temps?

Caroline Hedwall : le symbole viking de l'équipe européenne de Solheim Cup

En remportant ce week-end la Solheim Cup 2013 au Colorado Golf Club, sur le score sans appel de 18 à 10, l’équipe européenne a frappé un grand coup sur la tête des golfeuses américaines, qui ne s’attendaient pas à une telle défaite.

A l’image de Paula Creamer, l’une des meilleures joueuses US depuis 10 ans, battu par la novice de 17 ans, Charley Hull sur le score de 5 à 4 dans son simple de dimanche, les américaines ont été balayées par les golfeuses européennes qui défendaient leur titre acquis en 2011, et remportent leur premier titre sur le sol américain depuis la création de l’épreuve en 1990.

Pour y parvenir, l’équipe européenne a notamment pu compter sur le talent de la suédoise Caroline Hedwall, vainqueur de tous ses matchs, devenant ainsi la première golfeuse à réaliser une telle performance sur une seule Solheim Cup (5 matchs pour autant de victoires).

Hedwall a même rapporté le point décisif pour la victoire dimanche, devenant le véritable symbole de cette victoire européenne.

Rapidement surnommées - les vikings - en raison des performances de Hedwall, mais aussi de Suzann Petersen - la meilleure joueuse européenne au classement mondial - les conquérantes européennes ont donc balayé les espoirs des américains de se relever du précédent échec des garçons en Ryder Cup, là-aussi, déjà à domicile en 2012.

L’équipe européenne : la plus jeune et la meilleure de tous les temps ?

La capitaine européenne Liselotte Neumann avait admise avoir accepté le poste pour marquer l’histoire du golf, et de la Solheim Cup.

Personne n’imaginait alors, à quel point, cette profession de foi se révèlerait exacte.

En emmenant la plus jeune équipe de tous les temps, avec notamment six golfeuses qui n’avaient jamais joué cette épreuve, et trois qui n’avaient joué qu’une seule fois cette compétition si particulière dans un passé récent, Liselotte Neumann a remporté une victoire retentissante sur l’équipe américaine.

La capitaine US, Meg Mallon résigné n’avait plus qu’à constater les dégâts, et émettre le commentaire suivant : « On s’est fait botter les fesses ! ».

Majoritairement constitué de joueuses britanniques, scandinaves et espagnoles, l’équipe européenne est promise à un bel avenir, tout comme l’équipe masculine.

Et cette perspective terrorise les fans de golf de l’autre côté de l’atlantique, car en match, les USA n’y arrivent tout simplement plus contre les filles tout comme les garçons, et au vue de la jeunesse des équipes respectives, et l’écart qu’elles arrivent à créer, cela n’annonce pas de lendemain qui chantent pour les équipes américaines.

Carlotta Ciganda, Ahazara Munoz, Beatriz Recari, Charley Hull, Caroline Masson, Giulia Sergas incarne donc cette nouvelle vague impertinente et décomplexée qui n’a jamais été impressionnée par le palmarès des américaines Christie Kerr, Paula Creamer ou Stacy Lewis, tout juste victorieuse du Women's British Open.

L’équipe de Liselotte Neumann est rentrée dans l’histoire du golf féminin pour être devenue la première équipe européenne à  s’imposer sur le sol américain, mais aussi pour l’écart de huit points infligée aux américaines, un autre record qui va laisser des traces.

Karine Icher : Seule francophone impliquée mais parfaitement intégrée dans l’équipe

La française avait réussi à décrocher son billet pour la Solheim Cup suite à ses très bonnes performances depuis 18 mois, et son retour sur le LPGA Tour.

Faisant figure de joueuses expérimentées, alors que sa dernière apparition en Solheim Cup remonte à dix ans, Karine Icher a réussi une superbe compétition avec deux victoires, un nul, et seulement une défaite.

Souvent opposée à Christie Kerr, une de américaines les plus titrées, Karine Icher s’est souvent montrée intraitable, notamment lors de son fourball du samedi, véritable tournant de cette Solheim Cup.

En remportant justement les quatre matchs du samedi après-midi, c’est précisément à ce moment que la Solheim Cup a choisi le camp européen.

Associée à Beatriz Recari, Karine Icher a justement apporté le dernier point du samedi dans ce format de jeu.

Si les scandinaves ont à juste titre mis en avant les performances de la suédoise Caroline Hedwall, les deux points et demi ramenés par la française sur quatre match disputés contre l’une des meilleures américaines ont beaucoup pesé dans la balance finale.

Faisant partie avec Suzann Petersen, et Catriona Matthew des joueuses les plus expérimentées engagées dans cette Solheim Cup, Karine Icher s’installe discrètement mais surement dans le costume de valeur sûre pour les futures équipes européennes.

La performance de l’équipe américaine révélatrice de la baisse constante du golf américain au plus haut niveau.

Sur les différents forums de golf aux Etats-Unis, les internautes golfeurs enragent et dénoncent le fait que la majeure partie de l’équipe européenne de Ryder Cup a en réalité bénéficié du système de formation universitaire américain, l’un des meilleurs du monde pour le golf.

En offrant des conditions d’entraînements, et d’apprentissage du métier de golfeuse comme nulle part ailleurs, les universités américaines sont ainsi fortement valorisées par ce débat.

Non content de former les meilleures américaines, bon nombre de golfeuses européennes, et asiatiques viennent effectivement apprendre le métier aux USA, pour ensuite tenter leurs chances sur le LPGA tour ou le Ladies European Tour.

En réalité, si l’Europe a remporté cette Solheim Cup, ce n’est pas sur le niveau de formation ou l’endroit où cette formation initiale a été prodiguée, mais tout simplement sur le fait que les américaines ont raté beaucoup trop de putts pour espérer contrarier les européennes.

Trop de putts manqués au Colorado Golf Club

Pour expliquer ces défaillances au putting, il faut déjà comprendre que les US girls ont manqué beaucoup d’approches, et parfois mal appréciées les distances.

Les esprits les plus mesquins pourraient mettre en doute les compétences des caddies, mais ce ne serait faire un bon diagnostic.

Jouant pourtant à domicile, et bénéficiant du support bruyant de leurs fans, les filles US ont surtout fait preuve de fébrilité sous pression, et en particulier au putting.

Si le niveau de putting des meilleures américaines, souvent trop obnubilées par le driving au détriment du petit jeu est clairement à mettre en cause dans ce nouvel échec du golf américain, plus que la formation des européennes, cette défaite est aussi la confirmation que le golf US féminin est sur la mauvaise pente depuis une décennie.

Plus qu’une seule joueuse américaine dans le top-10 mondial avec l’ex-numéro une mondiale, Stacy Lewis, seule joueuse à émerger du lot depuis un an et demi.

Récemment vainqueur à Saint-Andrews du Women’s British Open, Stacy Lewis est la principale rivale de la meilleure joueuse du moment sur le tour féminin, la sud-coréenne Inbee Park, mais surtout l’arbre qui cache la forêt.

Alors que dans les années 2000, le golf américain comptait encore plusieurs joueuses dans le top-10 avec justement Paula Creamer, Nathalie Gulbis, Michelle Wie ou Cristie Kerr.

Cette défaite en Solheim Cup consacre donc le lent, mais constant ralentissement du golf féminin américain, au profit des golfeuses asiatiques qui trustent toutes les premières places.

Non seulement, les américaines n’arrivent plus à rivaliser avec les asiatiques, mais en plus, l’Europe enfonce encore un peu plus profondément le clou.

Une des raisons de ce déclin pourrait bien être culturelle !

A force de courir après les records de distances, au point de se croire capable de rivaliser avec les hommes, les golfeuses américaines n’ont pas vu le coup venir : un bon putting est encore le meilleur moyen de marquer des points au golf.

Et cette vérité est encore plus affirmée par la numéro une, Inbee Park qui a justement remporté trois majeurs cette saison sans être une longue frappeuse, mais tout simplement la meilleure putter du tour.

Michelle Wie : un choix du capitaine qui va faire couler beaucoup d'encre

A l’inverse, Michelle Wie, annoncée trop tôt comme le « Tiger Woods » féminin  caracole en tête des classements de distance au drive, mais n’a toujours pas remporté de victoires significatives sur le circuit féminin.

Lexi Thompson et ses copines américaines ont donc deux ans pour méditer cette défaite, en analyser les causes profondes, et rebondir lors de la prochaine Solheim Cup qui se jouera en Irlande.

Si le constat et le score actuel est aujourd’hui accablant, ne doutons pas de la capacité des américaines à se remettre en question, corriger le tir, et revenir plus forte que jamais…un autre héritage culturel.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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