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Les balles de golf sont-elles trop performantes?

Les balles de golf sont-elles trop performantes ?

De nombreuses voix parmi les plus célèbres dans le monde du golf ont largement souligné depuis quelques années que c’est véritablement la balle qui a le plus progressé d’un point de vue technologique, et favorisé les accroissements de distances. N’arrivons-nous pas à la limite ? 

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Sommaire de l'article sur les balles de golf

  1. Quels sont les enjeux derrière cette question des distances au golf et de la balle ?
  2. Spectacle, finance, difficulté, attractivité, les questions que se posent l'USGA !
  3. L'activité golf connait une crise de modèle ! 
  4. La balle de golf n’est pas la seule voie à explorer pour gérer la difficulté du jeu 

Des golfeurs éminents comme Jack Nicklaus n’hésitent pas à affirmer qu’il faut commencer à revenir en arrière, car les balles actuelles vont trop loin, et devraient être redessinées pour offrir moins de carry, et plus de spin. 

Moins de carry, pour que la portance de la balle dans l’air soit moins forte, et la retombée plus rapide. 

Plus de spin, pour qu’en l’air et au sol, la balle freine plus vite. 

Quels sont les enjeux derrière cette question des distances au golf et de la balle ?

D’une part, l’augmentation des distances parcourues est l’essence même du golf, et au centre des aspirations de tous les golfeurs, amateurs comme professionnels. 

Cela vire même à l’obsession. Il suffit de voir la communication des marques de drivers pour comprendre à quel point la quête de distance est importante. 

D’autre part, l’augmentation des distances effectuées par les balles de golf commence à poser un problème que personne n’a réellement anticipé : la taille des parcours. 

Ces derniers commencent à afficher leurs limites.

En dehors des coûts d’entretiens considérables qui limitent la capacité d’investissement, les parcours sont contraints par la superficie restante à leurs dispositions pour s’agrandir, et encore une fois, les coûts pour financer des agrandissements. 

En substance, économiquement et physiquement, les parcours sont au bout de la logique, et ne peuvent plus réellement proposer des solutions pour contrer les progrès technologiques de la balle. 

Les par-5 risquent de se transformer en par-4, et ainsi de suite…Or, l’intérêt du golf, c’est bien de se challenger contre des parcours proposant de nombreuses difficultés, la première d’entre elle étant la distance à parcourir. 

Spectacle, finance, difficulté, attractivité, les questions que se posent l'USGA !

Aux Etats-Unis, pays leader de l’industrie du golf, la question est prise très au sérieux, et surtout par l’USGA, l’association qui régule le jeu en co-gestion avec le Royal & Ancient pour l’Europe. 

L’USGA est une véritable machine à cash, surtout grâce aux juteux contrats liés à la retransmission des tournois professionnels de golf. 

Pour preuve, le contrat sur 12 ans signé pour un montant de 100 millions de dollars par an pour la retransmission du PGA Tour par CBS. 

Assis sur un tas d’or, l’USGA qui a la responsabilité des règles du jeu est donc dans une position un peu particulière : favoriser le spectacle pour développer les audiences, et garantir la difficulté, et l’esprit du jeu. 

Deux objectifs qui peuvent être contradictoires, surtout quand l’USGA se vante d’organiser les tournois de golf les plus dures au monde, comme l’US Open, et le PGA Championship, qui tout comme le Masters sont des événements mis en place sur les parcours les plus difficiles, et qui d’année en année, sont allongés. 

Le but : Faire en sorte que le vainqueur ne casse pas le par ! 

Cependant, l’USGA sait aussi que la meilleure publicité pour notre sport, est encore l’exploit suivi et relaté de Rory McIlroy, le numéro un mondial qui frappe un driver et un fer 9 pour toucher en deux coups un par-4 de 464 mètres au cours de sa victoire sur le PGA Championship ! 

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Et ne croyez pas que l’exploit de McIlroy soit un fait isolé, au contraire, c’est l’avenir du golf professionnel, et même qu’un début… 

La difficulté réduite des parcours n’est pas le seul dilemme auquel doit faire face le législateur ! 

L'activité golf connait une crise de modèle ! 

Coûteux, Trop lent, pas assez fun, difficile d’accès, le golf peine à attirer de nouveaux joueurs, et phénomène accentué par la crise, a du mal à maintenir constant le nombre de pratiquants. 

Rendre le jeu plus difficile avec une balle de golf plus courte n’est peut-être pas opportun. 

Ensuite, driver à 300 mètres n’est tout de même pas du ressort de tous les golfeurs, surtout quand il s’agit d’amateurs. 

Du coup, une idée commence à germer : Créer une balle de golf spécifique pour les tournois professionnels. 

Une balle de golf qui n’aurait donc pas les mêmes caractéristiques de portée, et de spin pour justement réduire les distances parcourues. 

Cette idée n’est pas encore prête à être adoptée. 

Imaginez que vous soyez golfeur professionnel, et que vous avez passé des années à façonner votre swing de golf pour travailler la balle d’une certaine façon, et que du jour au lendemain, on remette en cause tout ce travail. 

Pas sûr que vous acceptiez sans rien dire, un tel changement sur ce qui représente votre gagne-pain. 

Récemment, l’USGA a interdit l’utilisation des belly-putters en tournoi, ce qui n’a pas provoqué le levée de bouclier chez les amateurs du monde entier, alors que paradoxalement, les pros ont été jusqu’à étudier des actions en justice contre l’USGA ! 

Rappelons qu’à l’origine, les belly-putters ont été conçus pour…les amateurs qui souffraient de problème de dos au putting…et pas pour favoriser les pros. 

Pas sûr que la balle de golf spéciale tournoi voit le jour prochainement. 

Ceci étant dit, se focaliser trop sur les golfeurs professionnels n’est pas non plus la bonne façon de considérer le problème. 

Les pros représentent moins de 1% des pratiquants. Que faire pour l’immense majorité des amateurs ? 

Des golfeurs qui sont plutôt à la recherche de gains plus réduits, et qui ne verraient pas non plus d’un bon œil, une balle moins performante. 

Tenant compte de l’état actuel de l’industrie du matériel de golf, c’est pourtant peut-être le moment de choisir une nouvelle voie pour la balle de golf, et l’attractivité du jeu. 

La balle de golf n’est pas la seule voie à explorer pour gérer la difficulté du jeu

Sans aller dans des voies délirantes comme celles qui consistent augmenter le diamètre des trous, la solution pour relancer le golf passe par la technologie, et certainement pas la réduction de la techno. 

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Certes, les instances USGA et Royal & Ancient doivent rester garantes de l’esprit du jeu pour ne pas le travestir. 

Concernant la balle, plus que de taper plus loin, beaucoup plus d’amateurs prendraient plus de plaisir, si justement, ils n’envoyaient pas leurs balles à l’extrême gauche ou l’extrême droit du fairway en raisons de coups décentrés ou mal maîtrisés comme les hooks ou les slices. 

Sur ce point, les fabricants de drivers ont un grand rôle à jouer. 

Alors que dans le domaine du tennis, Babolat introduit une nouvelle raquette « Play and connect », soit la raquette connectée pour mieux analyser chaque coup, le golf pourrait se lancer dans cette nouvelle révolution qui pourrait favoriser la facilité et le côté fun du jeu. 

La balle est-elle trop performante ? Assurément oui !

Même un amateur qui utilise une balle premium comme une Srixon Z-Star ou une Titleist Pro V1 peut constater un très grand écart par rapport à une balle 2-pièces ou usagées. 

Plus que de chercher à améliorer la distance, les marques pourraient aussi chercher à améliorer le toucher avec des balles plus souples, car certaines balles éco sont encore trop proches de cailloux qui restituent de très mauvaises sensations en mains. 

Le débat sur les balles est loin d’être terminé comme au football, le débat sur l’arbitrage vidéo. 

Cliver le golf professionnel et le golf amateur sur une balle différente pour chaque population a peu de chances d’être la solution. 

D’un autre côté, laisser faire n’est plus possible sans fragiliser dangereusement l’économie des parcours ou l’attrait du jeu. 

Enfin pour les sceptiques, lorsque nous avions testé des balles de golf avec un golfeur professionnel, Jean-Nicolas Billot, le constat avait été assez net. 

Au driver, on trouvait une plage d’écart comprise entre 1800 tours par minutes et 2900 tours par minutes pour le spin sur un lot d’une dizaine de balles produites par les plus grandes marques (Titleist, Srixon, Callaway, TaylorMade, et Mizuno). 

Tandis qu’au carry, l’écart était entre 209 mètres et 227  mètres, soit en fonction de la balle, un écart possible à vitesse de swing équivalent de 28 mètres, pour un même coup de drive ! 

Oui, la balle de golf est l’élément déterminant de l’avenir du jeu de golf !

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