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Le salon du golf 2015 fait grise mine

Le salon du golf 2015 fait grise mine

A l'heure du tout numérique, des applications mobiles et des réseaux sociaux, les golfeurs et golfeuses ont-ils encore besoin de se rendre à un salon dédié au golf en plein Paris ? La question se pose alors que la fréquentation du dernier jour, un samedi, n’a pas été au rendez-vous.

Sommaire de l'article sur le salon du golf 2015

  1. Une affluence faible pour un jour de week-end à Paris
  2. Un salon pour les marques 
  3. Braderie du golf versus  salon du golf
  4. La comparaison avec l’affluence de l’Open de France
  5. Les fittings vont bon train quand les autres stands sont délaissés
  6. Un salon qui permet aux professionnels de se parler
  7. Alors où sont les golfeurs s'ils ne sont pas à Paris ? 

Deux ans auparavant, lors de notre dernière venue, un jeudi, jour traditionnellement réservé aux professionnels, nous avions compris que l'affluence n'était pas pour cette journée placé sous le signe des retrouvailles entre confrères.

Cette année, il était temps de prendre la température d'un événement qui avait été plutôt réussi aux dires des professionnels présents l'an passé avec la nouvelle équipe au Parc des Expositions, porte de Versailles.

Une affluence faible pour un jour de week-end à Paris

Le salon du golf ayant changé de propriétaire et de concept, avec la participation active d'un parrain qui prend son rôle très à cœur, Thomas Levet, nous espérions constater un nouvel engouement pour cet événement.

Pour autant, à en juger par la place que nous avons eu pour circuler au milieu des allées du salon, la foule n'a pas été au rendez-vous de ce samedi parisien, marqué par un pic de pollution, et du coup, par la gratuité des transports franciliens.

Bien qu'il a fait gris toute la journée sur Paris, tous ces éléments n'ont pas contribué à faire venir les golfeurs sur les stands des 120 exposants réunis pour l'occasion : marques de matériels, agences de voyages, fédération, parcours, et acteurs divers de la profession.

Est-ce réellement une surprise ?

D’une part, le salon du golf a subi la concurrence du salon du voyage qui se tenait aux mêmes dates, et qui attiré beaucoup de monde, et d’autre part, bien que le salon du golf ait bénéficié d’une légère couverture dans la presse généraliste papier, les moyens de communications visiblement limités n’ont pas permis de toucher un plus large public.

A croire que l’austère pavillon 5 du Parc des Expositions ne porte pas chance au salon du golf !

Un salon pour les marques 

Toutes n'ont pas répondu présent, notamment TaylorMade, PIng, ou encore Titleist, pas encore tout à fait convaincu par la nouvelle formule ou demandant à voir.

En effet, le principal reproche fait par les marques par le passé était la présence des distributeurs, qui une fois sur le salon, en profitait pour se livrer une véritable guerre de rabais.

Exit les distributeurs, place aux marques (Callaway, MIzuno, Srixon, Cleveland, Cobra, Wilson...) qui pour le coup investissent la majeure partie des coursives du hall 5 du Parc des Expositions.

Malgré le fait que le salon se tienne tout juste à la période de reprise pour une majorité des golfeurs, en mars 2015, aucune nouveauté présentée au salon du golf n'a pas été déjà démontrée sur un site internet d'informations sur le golf français ou étranger, surtout depuis le dernier PGA Merchandise Show d’Orlando en janvier.

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Par opposition, dans le domaine automobile où les salons restent des moments incontournables de la saison, les marques dévoilent de nouveaux modèles avec un savant teasing qui tient les spectateurs en haleine.

Impossible de reproduire ce modèle en France pour le golf, tant notre pays, bien qu’une des dix puissances mondiales, est encore trop peu important par rapport à la domination des Etats-Unis, et du Royaume-Uni.

Ceci dit, il serait bon de regarder du côté de l’Allemagne, qui comme la France, subit le même problème de domination anglo-saxonne, mais arrive à organiser deux salons par an qui font recettes !

Braderie du golf versus  salon du golf

La séparation des deux événements n’aura donc pas convaincu les golfeurs.

Pour faire revenir les marques, les organisateurs ont du faire un choix, qui semble-t-il démontre que les golfeurs étaient plus réceptifs aux accroches promotionnelles des distributeurs.

Pourtant, la braderie du golf n’a pas non plus reçu un meilleur accueil, et séduit une large audience.

Pour les exposants qui ont participé aux deux rendez-vous parisien, le résultat n’est pas au rendez-vous.

Dommage, car cela aurait pu mettre tout le monde d’accord.

De l’édition 2015, les organisateurs vont repartir avec plus d’interrogations que de réponses pour envisager la dixième édition, en 2016, année des jeux olympiques, un rendez-vous à ne pas manquer.

Maintenant quand on interroge les professionnels qui eux payent pour être présent, généralement, ils n'aiment justement pas être trop négatif sur l'intérêt de leur investissement, néanmoins, tous ont constaté une journée très très, et même trop calme ce samedi.

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Et calme, ce n'est pas très bon pour les affaires.

La comparaison avec l’affluence de l’Open de France

Autre grand rendez-vous de la saison golfique française, l'Alstom Open de France, lui au contraire connait un véritable succès d'affluence.

Pourtant, pas simple d'aller au Golf National depuis le centre de Paris en transport en commun!

Mais déjà l'événement se passe sur un golf, et pas dans une salle froide d'un coin de Paris qui n'a rien de glamour.

A méditer, car un salon du golf organisé sur un golf même à Paris aurait le mérite d'être dans l'ambiance...

La place et le rôle de la FFG ne devrait-il pas être plus important?

Autre point qui pose question, le relatif retrait de la FFG sur ce rendez-vous important pour la filière golf en France.

Alors que pour l'Alstom Open de France, la FFG est justement au cœur de l'organisation, et plutôt avec succès, elle n'est que partenaire du salon du golf géré par une entreprise privé.

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Une plus grande implication de la fédération pourrait déjà déclencher plus de mobilisation dans les ligues et les clubs.

Faire venir les jeunes, bouger les membres d'associations...

Le golf national serait à nouveau l'endroit idéal, à condition de trouver une autre date que le mois de Mars, où à Paris, on est plutôt dans la fin de l'hiver que dans le début du Printemps.

Content d'ailleurs d'avoir pris un manteau chaud pour affronter la froidure parisienne !

Les fittings vont bon train quand les autres stands sont délaissés

Le côté positif du salon, c'est que les personnes qui viennent sont très intéressées par le fait de joueur au golf.

Les practices et les simulateurs de golf sont mis à profit par les joueurs présents.

L'avantage quand il n’y a pas trop de monde, c'est qu'il n'est pas très difficile d'avoir un rendez-vous avec un staff d'une marque, que ce soit chez Callaway, Wilson, Mizuno, Srixon, ou Cobra.

Les commerciaux prennent leurs temps pour expliquer les clubs, et pour faire essayer différentes configurations.

Pour nous, un produit est la star de ce salon 2015, et nous vous en avions déjà parlé ! L'ES 14 d'Ernest Sport distribué en France par la société Antiboise BeAthletik.

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Le petit radar a été la coqueluche de tous les stands de matériel.

Chaque amateur pouvait taper des balles, et connaitre immédiatement les données techniques de son coup, à défaut de voir la balle voler sur le practice, arrêté au bout de cinq mètres par un filet de protection.

Sur le stand de Parcours & Voyages, partenaire avec BeAthletik, le pro Jérôme Lando-Casanova s'arrête pour discuter, et marque un temps d'arrêt devant l'objet, se demandant si ce n'est pas une nouvelle réalisation d'Hubert Privé, le maître du design dans l'univers du golf, et d'ailleurs présent au salon.

Au bout de quelques minutes, nous lui expliquons le bien-fondé de ce petit radar peu coûteux, et il file vers le stand de Sylvain Trouvé (BeAthletik) pour lui en commander un, jugeant ce type de radar précieux pour l'entraînement au practice, surtout si les données sont aussi fiables qu'un trackman.

Tranche de vie au salon, c'est véritablement ce qui est intéressant sur un salon. Les gens se parlent et échangent.

Un salon qui permet aux professionnels de se parler

L'initiative réservée aux professionnels va dans le bon sens, car finalement, ce salon mériterait de n'être réservé qu'aux acteurs de la profession pour qu'ils échangent, débâtent, et réfléchissent sur les meilleurs moyens de faire venir plus de gens au golf.

Le nombre des licenciés golf est encore parti pour être à la baisse en 2015, et le salon du golf n'inverse pas la tendance.

La gentillesse et la disponibilité de Thomas Levet et Glwadys Nocera n'y suffiront pas.

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Plus qu'un salon du golf ouvert au public, il faudrait peut-être réfléchir à un salon professionnel comparable à celui d'Orlando qui replace les enseignants, prescripteurs, au centre du jeu.

Un salon qui permette à tous les acteurs de la filière de se réunir, et de réfléchir aux meilleurs moyens de faire revenir les golfeurs, et surtout mieux les accueillir, notamment les débutants pour les fidéliser au-delà d’une première année de pratique.

Motif d'espoir, les têtes pensantes de la filière golf commencent à changer et à rajeunir.

Avec elles, de nouvelles idées, de nouvelles motivations, et toujours une grande passion pour le golf pour espérer changer et sortir du fatalisme "ah on est loin des grandes années du golf" faisant référence à 2000-2005.

En janvier dernier, au détour d'une rencontre dans un magasin US Golf, nous avions rencontré le fondateur de la marque de vêtements GOLFINO, un monsieur d'une soixantaine d'années.

En parlant du monde de l'information et d'Internet, nous lui avions dit que c'était l'avenir qui était déjà là, et lui nous avait répondu "l'avenir, il est derrière moi" plus préoccupé par sa dernière partie de golf que l'état de celui-ci, nous avions bien compris que pour que le golf épouse la modernité, il faudrait déjà qu'à la tête des entreprises du secteur, un vent nouveau souffle.

Alors où sont les golfeurs s'ils ne sont pas à Paris ?

Tout simplement chez eux, devant leurs PC, sur leurs tablettes, sur leurs mobiles ou sur le parcours en train de jouer.

La vérité qu'une génération de dirigeants aux affaires dans le monde du golf n'entend pas tout à fait, c'est que les golfeurs ont changé, et épousé le digital.

Ils connaîssent mieux qu'eux les nouveaux sites, les nouvelles applis, et reçoivent des alertes sur leurs smartphones.

Une des caractéristiques d'un univers qui périclite, est de justement ignorer les nouvelles pratiques des consommateurs... « Tiens le train est passé, je l'ai pas vu venir. »

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Bien que les golfeurs ne soient pas au rendez-vous du salon, en revanche, côté exposant, on retrouve  les mêmes visages, et avec quelques-uns en moins, signe de discrets licenciements dans certaines entités (TaylorMade par exemple), et comme l'atteste un de nos contacts chez une autre marque, les places sont chères !

Le temps de changer d'approche ?

Les emplois dans le domaine du golf ne fondent pas comme peau de chagrin, mais les places sont vraiment rares.

Autant dire que celui qui perd son poste, n'est vraiment pas sûr d'en retrouver une ailleurs.

SI les golfeurs sont très connectés, ce n'est pas autant le cas pour les acteurs de la filière, très en retard sur les questions digitales.

Un espoir que cela change commence à poindre.

Par exemple, chez Mizuno Golf France, un nouveau directeur commercial, Adrien Peltier, homme de terrain, quarantenaire, arrive aux manettes, déjà beaucoup plus au fait d'un monde qui change avec devant lui différents défis à relever, notamment l’éclatement de la distribution.

Idem chez Cleveland/Srixon où depuis quelques années déjà, on a compris qu'il se passait quelque chose du côté du web.

Ce samedi à Paris, porte de Versailles, les acteurs du salon du golf se sont couchés fatigués d'un dur labeur (3 jours de salons, c'est épuisant pour ceux qui y travaillent) et un peu plus interrogatif sur la saison qui débute.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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