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Le jour où Jason Day voulait devenir numéro un mondial de golf

Le jour où Jason Day voulait devenir numéro un mondial de golf

A peine 20 ans, à l’aube de disputer sa première saison sur le PGA Tour, l’australien Jason Day évoquait déjà son rêve de devenir numéro un mondial de golf, battre Tiger Woods et remporter des majeurs. En l’espace de quelques semaines, il aura accompli tout ça. Retour sur l’incroyable ascension d’un des joueurs les plus sympathiques du tour, tout juste victorieux du BMW PGA Championship 2015, et nouvellement numéro un mondial de golf.

Des vertiges de l’US Open au tournis donné à tous ses adversaires au PGA Championship

D’un majeur à un autre, la saison de Jason Day aura été marquée par d’incroyables rebondissements.

Lors du deuxième tour de l’US Open 2015 disputé sur le parcours de Chambers Bay, Jason Day a été victime de vertiges, au point d’être tout prêt de devoir abandonner, alors qu’il était dans le coup pour gagner.

Tout le monde a été ému par la scène d’un homme tenu à bout de bras pour quitter le green.

Une scène rare sur un tournoi de golf, et qui a laissé craindre un gros souci pour l’Australien.

Quatre mois plus tard, cet épisode semble très loin, et Jason Day rayonne sur la planète golf.

Ce lundi, comme c’était prédit depuis quelques jours, l’australien a pris le fauteuil de numéro un mondial de golf, qui était déjà très disputé entre Rory McIlroy, et Jordan Spieth, des golfeurs qui n’ont pas démérité cette saison.

Ce n’est donc pas une prise de pouvoir au rabais. Bien au contraire, tant le talent, et la force de ses trois hommes est à souligner.

Après avoir connu un long règne sans partage sous Tiger Woods, l’élite du golf mondial pourrait ouvrir une nouvelle page d’histoires avec de très bons joueurs, capables de se battre au plus haut niveau.

L’ascension de Jason Day ne doit rien au hasard.

Depuis plusieurs saisons, il est tout proche des meilleurs dans les plus grands tournois, et notamment au Masters où son talent pour se sortir des bunkers a déjà largement remarqué.

Pourquoi parler des bunkers ? Parce qu’effectivement, nous pourrions parler du fait qu’il est actuellement troisième plus long frappeur au drive sur le PGA tour avec une moyenne à plus de 270 mètres, mais ce serait réducteur sur son jeu.

Au cours des derniers Masters d’Augusta, Jason Day a souvent été en tête du classement du scramble. Une statistique qui indique le nombre de fois où vous avez sauvé le par ou mieux après une sortie de bunker, soit une note sur la qualité de votre approche-putt.

Et d’ailleurs, au Masters, Jason Day a cumulé de nombreuses places d’honneurs et top-5, jusqu’à finir deuxième en 2011.

Et ce n’est pas le seul majeur qui lui réussit !

Deuxième de l’US Open en 2011, et 2013, il a aussi terminé 4ème du British cette année, et bien sûr vainqueur de l’US PGA au mois d’août, son premier succès en majeur qui a servi de tremplin à sa fin de saison.

Bourreau de Victor Dubuisson en finale des championnats du monde de match-play en 2014, Jason Day a tous les talents.

Depuis sa crise de vertiges, le joueur originaire des Philippines, a donné des tourments à tous ses adversaires.

Jason Day en démonstration au BMW Championship

Preuve de sa mainmise sur le golf mondial, Jason Day vient de remporter un des tournois des play-offs de la Fedex Cup, le BMW Championship avec une aisance déconcertante.

Son équipementier, TaylorMade, y voit le signe de la performance de son tout nouveau driver qui lui a permis de gagner 15 mètres en moyenne, pourtant c’est surtout sur les longs putts qu’il s’est distingué.

8ème pour le nombre de coups gagnés au putting, il n’était pourtant que 45ème pour la proximité de ses approches par rapport au trou.

Leader au soir du premier tour avec quatre coups d’avances, il a assommé la concurrence en rendant des cartes de 61, 63, 69 et encore 69 pour un total de -22 sous le par, laissant son principal challenger, Daniel Berger à six coups.

Sur le premier tour, il a même un temps été très près de passer sous la barre mythique des 60 !

 

Deux ans plus tôt, sur le même parcours, Jim Furyk avait déjà joué 59.

Désormais sur le toit du monde, Jason Day peut repenser au moment où il avait déclaré vouloir devenir numéro un mondial.

Sept ans en arrière, il avait alors été beaucoup critiqué pour avoir annoncé son intention de battre Tiger Woods, qui à l’époque était encore le meilleur golfeur de la planète sans que l’on puisse imaginer la suite.

Les critiques l’avaient affecté. « Quel golfeur rêve de devenir numéro 2 ou numéro 3 ? »

Maintenant qu’il a gagné quatre victoires sur ses six derniers départs d’un tournoi du PGA Tour, les critiques sont bien lointaines.

Leader de la Fedex Cup 2015 avec deux victoires en play-off, difficile d’imaginer qu’il ne sera pas vainqueur de ce classement final dans une semaine à Atlanta, alors qu’il est le joueur qui a le plus gagné cette année.

A 14/15 ans, Jason Day rêvait déjà d’atteindre ce niveau. Et son coach Colin Swatton l’a aidé à l’accomplir. « Je lui ai dit d’être patient, de travailler dur, et peut-être qu’il aurait sa chance. »

Les deux hommes ont alors fractionné le travail du jeune golfeur en quatre thématiques : technique, tactique, physique et mental.

Le plan consistait à ce qu’il parvienne à son meilleur niveau à l’âge de 22 ans.

Finalement, il n’a que cinq ans de retard… Day s’en amuse « Mieux vaut tard que jamais ! »

L’élément qui a pris le plus de temps à être complété fut l’aspect mental.

Et c’est justement un aspect de son approche golfique qui s’est le plus vu cette semaine au BMW Championship.

Sachant qu’il lui fallait une victoire pour prendre la première place mondiale, surtout que Jordan Spieth et Rory McIlroy ne paraissait pas au mieux, Day a voulu démontrer sa supériorité dès le premier trou.

Ce qu’il est parvenu à faire en signant un eagle, le seul du tournoi sur le trou numéro un !

Leader avec six coups d’avances avant le dernier tour, pour lui, le plus difficile a été de trouver le sommeil alors qu’il était à quelques heures d’atteindre le rêve de sa vie.

« Tout le monde a des rêves. Aussi longtemps que vous vous y accrochez, et que vous travaillez dur, vous pouvez tout accomplir. »

Jason Day est-il le meilleur golfeur de la planète ?

Jordan Spieth et Rory McIlroy n’ont pas démérité cette saison. L’américain a remporté le Masters, et l’US Open.

McIlroy a remporté le championnat du monde de match-play.

McIlroy, Spieth et Day ont tous trois eu « leur moment » au cours de cette saison.

Ce qui est intéressant avec Jason Day, c’est sa capacité à gagner sur tous les types de parcours, longs ou courts, humides ou secs, majeurs ou non-majeurs.

Il a le jeu long d’un McIlroy, et le petit jeu d’un Spieth, plus que ses deux rivaux, son jeu semble complet.

Sur les six derniers tournois disputés, mis à part une fois, il a toujours été classé parmi les 15 meilleurs pour le nombre de coups gagnés au putting, de même qu’il est régulièrement dans le top-5 pour la distance au drive.

Au cours du dernier tour du BMW Championship, il n’a pas eu plus de deux approches à jouer à plus de 135 mètres !

Encore plus incroyable, il a été plus précis depuis le rough que depuis le fairway !

Il frappe tellement loin que même le fait d’être dans le rough n’est pas pénalisant pour lui.

Pas étonnant qu’il soit le premier joueur à avoir terminé trois tournois cette saison sous la barre des -20 sous le par, une performance qui n’avait plus été réalisée sur le PGA tour depuis Tiger Woods en…2006 !

Alors oui à ce jour, Jason Day est bien le meilleur golfeur et le numéro un mondial pour son talent, et sa force dans tous les compartiments du jeu.

Quelques semaines plus tôt, Gary Player affirmait que le golf avait besoin d’un champion noir pour continuer à se développer dans le monde entier. Il pensait à Tiger Woods, souhaitant vivement son retour au premier plan.

Jason Day est encore plus parfait pour porter l’image du golf. Père de famille, posé, souriant, australien, mais originaire des Philippines, il est un parfait trait d’union entre l’Asie et l’Occident.

Je ne sais pas si le golf a besoin d’un champion noir.

Une chose est certaine !

Avec Jason Day, Jordan Spieth, Rory McIlroy et aussi Rickie Fowler, le golf mondial tient quatre grands et jeunes champions, prêt à porter le développement du golf aux quatre coins du monde.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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