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Posté par le dans Insolites sur le golf

Le golf s’apprête à entrer dans une nouvelle ère audiovisuelle

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Dans les prochaines semaines, c’est une véritable révolution qui va se produire, et avec elle, son lot d’opportunités et d’inquiétudes. La BBC qui a diffusé The Open Championship pendant 61 années de suite ne va pas se battre pour conserver les droits de diffusion du majeur britannique, et laisser partir ce monument sur une chaîne payante, et probablement Sky Sports.

Sommaire de ce sujet consacré à la retransmission de THE Open par la BBC et les chaînes de Pay-Per-View

  1. La BBC ne va pas défendre les droits de diffusion de The Open
  2. Une issue inévitable ? 
  3. La fin d’une époque 
  4. L’ère communautaire et du pay-per-view 
  5. Le débat entre gratuit et payant 
  6. La responsabilité du consommateur qui est en fait celui qui préside l’avenir 
  7. NBC et Golf Channel reprennent les droits de The Open pour l’Amérique du Nord

La BBC ne va pas défendre les droits de diffusion de The Open

Le porte-monnaie du premier diffuseur du Royaume-Uni n’est pas extensible à l’infini, et entre le tournoi des six nations de rugby, et le golf, son cœur n’a pas balancé très longtemps. 

Et pourtant, plusieurs années en arrière, il n’y aurait pas eu photo en faveur du golf, comme en atteste le commentateur rugby vedette de la chaîne, Eddie Butler. 

Le golf ne fait plus recette, et les audiences seraient en baisse au contraire du tournoi des six nations en plein boom outre-manche. 

Butler ajoute d’ailleurs qu’il aura passé la majorité de sa carrière à commenter du rugby sur la BBC, sans que cette dernière ne se rende compte que ce sport était un véritable bijou pour elle. 

Désormais consciente de sa chance, la BBC veut se battre bec et ongle pour protéger son joyau, quitte à laisser filer le golf, faute de tout pouvoir conserver. 

Une issue inévitable ? 

Les golfeurs peuvent dire et faire tout ce qu’ils veulent, l’activité est en déclin, même dans son propre berceau. 

Mais ce n’est pas forcément cet argument qui est le plus pertinent pour expliquer le choix de la BBC. 

Le nombre de membres de clubs de golf est passé de 882 000 en 2004 à 707 000 en 2013 selon les chiffres de la fédération anglaise, et le phénomène est mondial. 

Bien sûr, nous pourrions contre-argumenter sur le fait que les années 2000 ont connu une augmentation spectaculaire et jamais connue du nombre de golfeurs sous l’effet d’un certain Tiger Woods, et que la baisse actuelle est aussi bien le fruit de la crise économique, qu’un phénomène de régulation par rapport à l’appel d’air exceptionnel de la génération Woods. 

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Les esprits les plus chagrins commencent à remettre en cause le format du golf pour justifier ce déclin ! 

Trop long, trop compliqué, trop coûteux…de mon point, ce sont des balivernes. 

Le golf a vécu sur une surmédiatisation du fait de Tiger, et aujourd’hui, le golf n’est pas plus difficile qu’hier. 

La fin d’une époque 

Quand nous avons appris que la BBC allait probablement arrêter de diffuser The Open, notre première réaction a été l’inquiétude. 

Le golf a très certainement grandi au Royaume-Uni parce que le temps d’une semaine, et d’un week-end, des millions de personnes pouvaient assister à la magie du golf, et suivre des légendes comme Tom Watson, Nick Faldo, Seve Ballesteros, Jack Nicklaus, Gary Player, Greg Norman, et bien sûr Tiger. 

Beaucoup d’entre nous (pour les plus de 30 ans) avons aussi découvert le golf grâce à ce type de retransmissions. 

La BBC argue qu’il n’y a pas assez de monde qui suit le tournoi pour continuer à suivre la surenchère des droits TV impulsés par les chaînes payantes. 

Pourtant, en 2014, la BBC a battu son propre record d’audience à 5,5 millions de téléspectateurs le dernier jour du tournoi, et en moyenne, sur une semaine, l’audience pour The Open a été de 1,4 millions de téléspectateurs. 

McIlroy, vainqueur de The Open 2014

Imaginez seulement 1 million de téléspectateurs pour l’Open de France ou l’Evian Championship sur France Télévisions ! 

Imaginez les retombées en termes de nouveaux joueurs et nouvelles licences sur la filière, alors qu’aujourd’hui, la chaîne payante de Golf, Golf + compte près de 50 000 abonnés. 

Pendant 60 ans, la BBC a activement contribué au développement du golf au Royaume-Uni. 

Nike peut aujourd’hui se vanter dans un spot de publicité du fait que Rory McIlroy, enfant, suivait les exploits de Tiger sur le tournoi britannique, suscitant en lui la vocation d’être un jour un grand champion. 

Quel avenir pour le développement du golf au Royaume-Uni sans la retransmission de The Open auprès du plus grand nombre, et surtout ceux qui ne connaissent pas le golf ? 

Qui sera le prochain Rory McIlroy ? 

Comment le golf va recruter des nouveaux joueurs en-dehors de ses propres frontières, des joueurs, et des parents de golfeurs ? 

L’ère communautaire et du pay-per-view 

Si la première réaction est l’inquiétude, en y réfléchissant bien, cela ouvre de nouvelles perspectives. 

En prenant l’exemple en France de la formule 1 qui est passée de TF1 à Canal+, on peut prédire une partie de la suite de l’histoire. 

Alors que TF1 diffusait un spot de publicité toutes les 7 ou 8 minutes, coupant l’action en plein milieu avec d’innombrables jeux inintéressants, vantant le sponsor de la chaîne, Canal + a amené en contrepartie du paiement, une qualité de retransmission très nettement supérieure. 

Plus d’images, plus de sujets, plus de commentaires, il est difficile de contester à Canal, la montée en gamme du produit Formule 1 par rapport au format précédent sur TF1. 

Ce qu’un sport perd en popularité auprès du plus grand nombre en passant de gratuit à payant, il le gagne en précision auprès des fans passionnés. 

Et aujourd’hui, avec le développement des nouveaux médias, il est incontestable que nous vivons dans un monde de passionnés, et de communautés qui se soudent autour d’un même centre d’intérêt, quitte à le protéger des agressions du monde extérieur. 

L’exemple de Charlie Hebbo est patent. 

Le débat entre gratuit et payant 

Généralement, ce qui est faussement gratuit, se paie dix fois plus cher en impôts. 

Il faut le dire pour que certains finissent par l’entendre. 

Aujourd’hui, une bonne partie de la presse politique engagée ne vit plus de ses clients ou de ses abonnés, mais principalement, de la rente que lui verse chaque année, l’état français, au motif de maintenir la diversité de la presse. 

Si la BBC renonce à diffuser du golf gratuitement, il y a désormais plus aucune chance pour qu’un jour en France, on fasse le chemin inverse, ne serait-ce que pour soutenir le développement du golf dans l’hexagone. 

Alors que France Télévisions se rue sur les matchs de la coupe de la ligue de football, dans un pays qui est sevré de foot du matin au soir, la chaîne publique française n’a jamais joué justement ce rôle de service public en faveur de tous les sports, sauf pour le rugby et le tennis, justement pour le tournoi des six nations, et Roland-Garros. 

D’ailleurs, on peut se demander jusqu’à quand…avec la montée en puissance de BeinSport, et la guerre avec le goupe Canal + ? 

Cela valorise encore plus ce qu’a fait la BBC pour le golf et l’Angleterre pendant 61 ans. 

Peter Aliss, célèbre commentateur de golf sur la BBC admet que pour la BBC fasse à Sky, c’était comme jouer au poker contre Donald Trump ou Warren Buffet, des hommes aux moyens illimités. 

Donc la question qui est la plus importante, ce n’est pas de savoir quand un sport va quitter le monde du gratuit pour rejoindre le monde du pay-per-view, mais quels bénéfices, et pas seulement financiers, il va pouvoir en tirer. 

La responsabilité du consommateur qui est en fait celui qui préside l’avenir 

La BBC avait un coup impossible à jouer depuis un très mauvais lie pour conserver The Open sur sa grille de retransmission.

Des voix s’élèvent déjà pour contester cette décision.

Mais faut-ll rappeler que cette décision est aussi le résultat d’une hausse constante des droits de diffusions, et in fine, c’est bien le consommateur qui décide, et créé cette situation.

Le Royal & ancient organise The Open et négocie les droits TV

Le Royal & Ancient a récemment mis fin à 260 ans de ségrégations homme-femme Saint-Andrews.

Le monde change. Le golf change.

Alors que Peter Dawson s’apprête à quitter la direction de la vénérable institution, Martin Slumbers va lui succéder et sera celui qui aura à gérer la transition.

Cet ancien de Deutsche Bank, golfeur d’index 2, sera aux manettes quand The Open basculera sur Sky.

Sa mission sera d’augmenter les droits au prix le plus élevé possible, et faire en sorte que Sky Sports prenne « soin » du golf, tout en amenant une vision sur l’avenir de notre sport.

Et tout cela pour défendre l’intérêt des golfeurs, et même, si ces derniers devront désormais payer pour voir The Open, contribuant ainsi à leur eco-système, et donc à la préservation de la communauté.

Pensez que parce que le golf va changer de diffusion TV, le golf va s’éteindre est un raisonnement extrême.

Le golf est vieux sport qui en vue d’autres, et si Tiger a créé un élan gigantesque, une autre mode viendra, et créera les conditions d’un nouvel engouement. Ce n’est qu’une question de patience.

Pendant ce temps, NBC et Golf Channel reprennent les droits de The Open pour l’Amérique du Nord

Alors que la BBC va passer son tour, NBC, le diffuseur du golf aux USA va reprendre la diffusion de The Open à partir de 2017.

La nouvelle vient tout juste de tomber.

Après avoir passé cinq ans dans le giron d’ESPN, le majeur britannique va retrouver les grilles TV du plus grand diffuseur de golf outre-Atlantique, et ce pour une durée de 12 ans (2017-2028).

Ce nouvel accord englobe la diffusion de The Open, The Senior Open, la Walker Cup, et The Amateur Championship.

Comme quoi, les télévisions passent aussi leurs temps à arrêter puis à recommencer à faire les mêmes choses…

Le nombre de golfeurs est moins l’argument qui milite au départ de la BBC ou au retour de NBC que l’état de la trésorerie ou du projet économique au moment de la prise de décision.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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