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Le golf français face à son plus grand défi

Adrien Saddier, golfeur français parmi les leaders du dernier tour en termine avec son Open de France 2017

Le HNA Open de France vient de rendre son verdict. Pour une première, le spectacle a été au rendez-vous sur le parcours, et l’organisation a été plutôt de bonne facture, sans grosses fausses notes. Toutefois, un élément ajoute de l’ombre au tableau et interroge sur l’état de santé du golf dans notre pays : l’absence de public. Sans parler du prix des places qui n’est pas nécessairement l’explication, d’autres facteurs se cumulent et laissent craindre des lendemains qui déchantent, sans une réflexion, et une réaction à la mesure du défi qui attend toute la filière.

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L'Open de France, et la partie cachée de l'iceberg...

Cela c’est peut-être vu à la télévision, de jeudi à dimanche, l’affluence autour des parties a été globalement faible en comparaison aux années précédentes.

Vis-à-vis du nouveau sponsor, et des moyens mis en œuvre par l’European Tour, c’est un peu une déception. L’Open de France avait tout d’un grand tournoi.

Au milieu de l’épreuve, le journaliste Pierre-Michel Bonnot a écrit un sujet qui a fait polémique, mettant en avant le prix des places en augmentation par rapport aux autres éditions.

Il faudrait faire une étude sur l’élasticité au prix des spectateurs pour réellement confirmer une telle relation de cause à effet.

La météo épouvantable que nous avons eu de jeudi à dimanche est peut-être déjà un facteur explicatif beaucoup plus facile à imaginer.

L’Open de France n’est pas le seul tournoi à être météo dépendant. J’ai pu m’en rendre compte au Genesis Open, un tournoi du PGA Tour aussi bien organisé avec encore plus de stars à l’affiche.

Entre 2016, édition disputée sous un très beau soleil, et 2017, encore un tournoi majoritairement joué sous la pluie, il suffit de regarder la photo finale du vainqueur devant le stade du 18 pour constater qu’il y avait moitié moins de spectateur.

Ceci dit, il y a deux choses que la météo ne peut pas complètement expliquer : la stagnation en trompe l’œil des licences FFG, et la très forte baisse des ventes d’équipements de golf (en particulier, la baisse des ventes de balles) constatée depuis le début 2017.

Depuis quelques années, je peux faire le constat que la population golfique française se sépare en trois catégories : les « fans », les « sceptiques », et les « loisirs ».

Les fans sont les plus susceptibles de venir suivre un tournoi professionnel. Ils sont minoritaires en nombre. On peut se fier aux 70 000 abonnés de la chaîne Golf + dont le contenu est en grande partie tourné vers les tournois dans sa grille de diffusion.

Sur 400 000, ils sont entre 18 et 20% à s’intéresser vraiment au haut niveau.

Pour l’Open de France, la base de visiteurs potentiels est donc plutôt de 70 000 que de 400 000.

A contrario, il faut admettre que les « loisirs » sont relativement indifférents à la question sportive et même d’autres questions en lien avec le développement du golf voulu par la FFG, louable ou pas.

Les loisirs pratiquent en loisir, cherchent à se détendre et à apprécier le golf pour ce qu’il est…

La catégorie des sceptiques est quant à elle difficile à franchement quantifier.

Il s’agit de golfeurs conscients qu’au-delà du loisir ou du sport, la filière golf est en difficulté en comparaison aux années jusqu’à 2005. Ils constatent que la FFG n’est pas pour l'instant prête d’atteindre les 700 000 licenciés d’ici à 2022, et que le niveau de performance des pros français est certes bon, en net progrès, mais pas encore excellent.

Les sceptiques sont en fait bien souvent des gens qui travaillent dans le milieu du golf, des enseignants, des directeurs, des vendeurs…

Depuis la nuit des temps, il y a toujours eu de vif débat entre ancien et moderne, entre optimiste et pessimiste, entre fan et sceptique.

Cela c’est cristallisé ce week-end autour du fameux article de Pierre-Michel Bonnot au sujet de Romain Langasque, la faible affluence, et la performance des français sous les yeux du capitaine de Ryder Cup, Thomas Bjorn.

Cet article a provoqué le courroux de Marc Langasque. Ce dernier s’est lancé dans une attaque en règle de Bonnot sur les réseaux sociaux, le qualifiant d’aigri et supposant que pour ses mots, il était incompétent, alors que le joueur Mathieu Pavon qualifiait le journal l’Equipe de « Torchon ».

Le débat entre fan et sceptique prend trop souvent des tournures trop agressives, signe le manque de respect des uns et des autres, stigmate de notre époque et des réseaux sociaux, ce qui est à la fois hors sujet et une perte de temps.

Les invectives sont stériles.

Gary Stal autour d'un très bon week-end marche vers le 18

Quel est le véritable problème lié au développement golf en France ?

Quel est le problème qui explique la faiblesse du public, la stagnation des licences, la relative performance des pros français (encore que Mike Lorenzo-Vera, Adrien Saddier, Gary Stal, et Greg Havret n’ont pas démérité) et la baisse des ventes de clubs et de balles ?

Prenons ensemble un peu de recul sur l’événement, et raccrochons ensemble des faits concomitants.

D’abord, le nombre de pratiquants exprimé par les licences est stable cette année après deux à trois saisons de légères baisses. Le problème qui est posé n’est pas la stagnation, mais pour la première fois depuis 20 ans, l’absence de progression régulière dans un contexte de Ryder Cup.

Au moment du projet défendu par la France, en contrepartie, la FFG a vendu l’idée à la filière d’une progression à 700 000 licenciés en 2022, soit quasi un doublement de l’effectif.

A moins de 18 mois de la Ryder Cup à Paris, ces chiffres suscitent le scepticisme.

Surtout qu’obtenir la Ryder Cup a eu un coût. Un peu comme les JO, ce n’est pas seulement le meilleur dossier qui l’emporte.  Passons la question de l’argent, car ce n’est pas encore le cœur du sujet d’autant qu’au fil des ans, la FFG a constitué une certaine réserve financière.

Pour la Ryder Cup, elle s’est mise en danger. Clairement, elle a mouillé la chemise.

J’aurai pu intituler cet article « Pourquoi la FFG va dans le mur concernant la stratégie de développement du golf en France ? »

Ce titre en partie blessant aurait à nouveau créé de la polémique et éloigné les commentaires du fond. On m’aurait accusé de tous les maux.

Le but du jeu, ce n’est pas de blesser des personnes, surtout quand la situation est délicate.

Dimanche, j’ai bien vu Pascal Grizot derrière moi dans la cabine de commentateur, se démener à l’antenne de RMC, pour tenter de défendre la cause du golf, l’Open de France, et la Ryder Cup.

Les efforts ne sont pas en causes. C’est la stratégie initiale qui pose débat.

Privilégier la Ryder Cup et le sportif n’est pas pour l’instant la démonstration que cela pouvait générer l’adhésion d’un plus large public à la chose du golf.

En fait, c’est à cette heure sans effet, et pourtant, nous avons mis tous nos moyens dans un seul et même panier.

Cette année, la FFG se réjouissait que le nombre de licences ait arrêté de reculer.

Malheureusement, quand on creuse dans le détail, le constat est toujours négatif.

En-dessous de 60 ans, le nombre de licenciés continue à baisser dans des proportions importantes, et parfois jusqu’à -5% chez les moins de 25 ans.

L’équilibre relatif est obtenu par une forte augmentation du nombre de golfeurs en 2016 versus 2015 après 68 ans.

On se met toujours au golf…à la retraite, et de plus en plus tard. Soit une espérance de pratique golfique de l’ordre de 20 à 30 ans.

Quand un jeune se met au golf à l’enfance, son espérance de pratique golfique peut être potentiellement de 60 à 70 ans, soit plus du double, et c’est en cause dans le modèle économique de la filière golf.

Nous avons mis la charrue avant les bœufs.

Mike Lorenzo-Vera au 18 pour sa 3ème place et très belle performance

La question qui devrait être centrale pour les acteurs de la filière golf est : Comment atteindre un million de golfeurs en France ? Comment doper l’économie du secteur ? Comment faire un vrai plan de relance ?

A l’évidence, l’Open de France ou la Ryder Cup ne peuvent pas supporter de tels objectifs. Il s’agit d’événements sportifs, pas des moyens de stratégies pour du développement.

On en demande trop à la Ryder Cup.

A la rigueur, elle sert les intérêts de la FFG dans de grandes discussions internationales pour faire exister cette organisation vis-à-vis des autres fédérations… Situer la France sur une carte du golf mondial !

Mais pour le golfeur du dimanche, c’est malheureusement, peut-être, un événement relatif.

Le golf français n’est pas dans une crise conjoncturelle, seulement liée à la crise économique qui expliquerait que pendant les années noires, cela baisse, et dès la reprise, cela va repartir.

La crise est structurelle, et appelle à une prise de conscience, un changement de stratégie, et peut-être même de mode de gouvernance.

Changer de priorité ?

Le golf ne recrute tout simplement pas assez de jeunes. Avant la Ryder Cup, cela aurait dû être la priorité.

700 000 licenciés au lieu de 400 000, c’est déjà pour la fédération, un doublement de son chiffre d’affaires de l’ordre de 25 à 50 millions d’euros par an. Soit une capacité d’investissement supplémentaire.

Dans le calcul de départ fait par la FFG, les 700 000 licences ont été prises en compte, ce qui laisse penser que l’après Ryder Cup risque d’être terrible avec cette fois un manque à gagner.

700 000 golfeurs, ce n’est plus un bassin de fans de sport golf à 70 000 mais au moins 140 000.

C’est plus de public à l’Open de France, et aussi par conséquence, un vivier de talent pour jouer à haut niveau qui double.

Ce n’est plus une vingtaine de pros sur le tour, mais le double avec peut-être 4 ou 5 régulièrement dans le top-10 européen.

Et peut-être, la fameuse victoire en majeur tant espérée...

La Ryder Cup est le sommet de la pyramide, pas la base… C’est la finalité, pas le moyen.

Avant d’organiser la Ryder Cup, nous devrions lancer un vaste plan de recrutement des golfeurs dans les écoles, dans les familles, dans les associations, et surtout changer l’image de notre sport, et certaines pratiques.

Aujourd’hui, pour beaucoup de jeunes, le golf n’est pas amusant ! Et tout simplement parce qu’ils ne se font pas assez de copains, sur et en-dehors des greens.

La notion d’amitié est essentielle dans la pratique d’un sport. Si vos enfants se font plus de copains au tennis qu’au golf, inévitablement, ils joueront plus au tennis qu’au golf.

Autre conséquence qui est particulièrement visible cette année du fait du manque de renouvellement des licences et du manque de débutant, les ventes de matériel sont en chute libre.

Année électorale ou pas, météo trop chaude ou trop pluvieuse, le marché serait en train de reculer de 7 à 8% en 2017 après une baisse de 5% en 2016.

Il y a un phénomène d’accélération inquiétant avec un élément qui ne trompe pas : la baisse des ventes de balles (-5% en volume sur le début de saison) !

Quand vous achetez moins de balles, c’est le signe que vous jouez tout simplement moins au golf !

Plus que les joueurs confirmés, ce sont les débutants qui font tourner les magasins de golf et les achats d’équipements.

A cette heure, sans réaction et inflexion de la stratégie, au lieu de connaître son jour de gloire au moment de la Ryder Cup, le golf français peut plonger dans une crise structurelle plus importante, avec des licenciements à venir dans les golfs, et des fermetures de clubs.

Il n’est jamais trop tard pour réagir.

Jon Rahm, la star du tournoi un peu seule dimanche

Des solutions à envisager ?

Et ce n’est pas la FFG seule qui doit agir. Elle doit prendre le leadership, mais elle doit être suivie par 100% de la filière dans une démarche de conquête.

Cela pose aussi la question de la gouvernance de la filière. La FFG est dirigé par un board majoritairement issu des plus grands golfs français, et pas assez par les directeurs et propriétaires de golfs commerciaux.

Il faut plus d’esprit commercial à la tête de la filière pour faire plus de commerce.

Aller sur les plateaux télés pour vanter le golf, acheter de l’espace publicitaire à la télévision comme l’a fait la fédération d’équitation, un sport qui ne coûte pas moins cher à pratiquer, et embaucher des commerciaux qui vendent et vantent du golf au quotidien, pour ramener des non-golfeurs vers les clubs.

Que vanter ? Pour moi, de tous les bienfaits du golf, et il en y a beaucoup, cela parait une évidence : Le Challenge !

Pratiquement tous les jours, je rencontre des golfeurs, et je suis très intéressé par ceux qui débutent.

La première raison qu’il m’exprime : la retraite !

La raison qu’il m’exprime pour continuer : L’envie de mieux faire la fois suivante…

Depuis très longtemps, j’ai souvent entendu cette réponse « Ah, j’ai raté ce coup ! Je retournerai sur le parcours pour le réussir ! » La plus grosse motivation pour continuer à jouer au golf, c’est le challenge.

Le golf a cette chance d’être un sport qui demande du temps pour atteindre son but.

Cela peut être de jouer 40, 30, 20, 10 ou moins. La plupart des golfeurs et des golfeuses aiment le challenge, se retrouver face à soi-même, et relever ses propres défis.

Pour les non-golfeurs, et les plus jeunes, rendre le golf attractif est possible si on parle de challenge !

Le golf est un sport qui demande le meilleur de vous-même dans l’attitude, dans la technique, dans le physique, et aussi au niveau mental.

C’est plus qu’un sport complet ! C’est même une école de la vie.

Trop longtemps, dans les golfs, on a attendu le client. Demain, il faudra aller le chercher à l’extérieur du golf.

Mettre en place des solutions adaptées aux jeunes, et aux enfants. Penser aux actifs qui ont moins de temps pour jouer, en faisant la chasse au plus gros fléau du golf : Le jeu lent.

Il faut créer des incitations tarifaires pour motiver les green-fees comme les membres à jouer dans le bon rythme.

Refaire de l’éducation golfique sur l’importance de respecter le parcours, et les autres joueurs.

Sous prétexte qu’il faut augmenter le nombre de licenciés, il ne faut pas tomber dans le piège inverse, et faire l’économie de l’éducation golfique.

Fleetwood a eu le plus de suiveur dimanche

A la façon dont la France a voté aux dernières élections présidentielles, sans faire de politique, il est facile de comprendre que le pays est coupé en quatre communauté difficilement réconciliables.

C’est quelque chose qui peut se produire par écho dans le golf. Avoir des communautés de golfeurs trop distincts pour former vraiment un tout.

Maintenant, s’agissant des tournois, la partie immergée de l’iceberg, je persiste à penser que la formule du stroke-play a vécu.

Au temps des romains, les arènes étaient remplies pour voir les gladiateurs lutter sous les cris de « du pain, du vin, et des jeux ».

En plusieurs siècles d’évolutions, nous n’avons pas changé sur le fond !

Le public veut de la tension, et du combat. Se battre contre le parcours est un combat intérieur terrible mais justement tellement intériorisé, et surtout trop conceptuel à notre époque et pour le grand public.

Nous avons la chance d’avoir la formule du match-play, de grands joueurs pétris de talents…

Avec une formule de match-play, nous pourrions voir des gladiateurs, des hommes et des femmes se révéler.

Pour cette même raison, les Jeux Olympiques de Rio ont été un rendez-vous manqué. Il n’y a pas eu d’effet sur le développement du golf.

Il ne faut pas être fataliste, mais lucide, pour adapter quelques paramètres afin de susciter de nouveau de l’engouement.

La France peut relever ce défi, être à la pointe en Europe, et montrer l’exemple pour inverser la tendance du déclin.

PS : Concernant la polémique sur Pierre-Michel Bonnot que je ne connais pas personnellement, je pense que les violentes attaques dont il a fait l'objet l'ont touché.

Le corporatisme dans une profession est quelque chose de détestable. Je ne vais donc pas le défendre.

En revanche, les témoignages que j'ai recueilli laissent penser que c'est à priori un rédacteur objectif.

Je vais juste faire un constat sur les dégâts causés par la guerre entre les sceptiques, et les fans ultras.

Cette année, il y avait un journaliste de moins en salle de presse à l'Open, alors que la tendance devrait être à l'augmentation, vu les enjeux.

C'était Philippe Chassepot, journaliste de golf pour l'Equipe, journal que je ne défends pas non plus.

Philippe Chassepot a lui aussi été repris de volée pour ses articles passés sur Victor Dubuisson.

Aujourd'hui, il a décidé poursuivre son métier dans un autre environnement pour cette raison, alors que c'est à la base un golfeur.

Quels que soient les points de vues, la virulence éloigne non seulement les pratiquants, mais aussi visiblement des journalistes expérimentés. Or, derrière, il n'y a pas de relève.

Posté par le dans Golf en France
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 24/07/2017

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