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Posté par le dans Insolites sur le golf

Le golf à haut niveau est-il un sport clean et sans dopage ?

Le golf est-il un sport clean et sans dopage ?

Depuis plusieurs semaines, le journaliste français, Pierre Ballester a remis sur le devant de la scène la question du dopage dans le sport, allant jusqu’à affirmer qu’aujourd’hui, le sport de haut niveau ne peut pas y échapper, et que tous les sports sont touchés. Qu’en est-il pour le golf ?

Pierre Ballester a au moins raison sur un argument : le sport du haut niveau fonctionne dans une bulle, et la lutte anti-dopage n’est pas une réalité si féroce à l’encontre des sportifs, surtout dans des sports collectifs où les enjeux financiers ont dépassé depuis longtemps, l’entendement.

Les gouvernements, et les fédérations ont en réalité beaucoup de mal à s’accorder sur une politique anti-dopage planétaire avec des moyens coercitifs efficaces, et dissuasifs.

Quand il affirme que tous les sports sont touchés, cela nous interpelle !

Imaginez-vous Rory McIlroy, Tiger Woods, et les plus grandes stars de la petite balle blanche avoir recours à des produits dopants.

Pour ceux qui ne jouent pas au golf, déjà, ils ne considèrent pas le golf comme un sport !

Pour ceux qui jouent au golf, cela paraît difficilement concevable.

Le swing, la tactique, la technique, le mental dépassent en terme d’exigences les contraintes physiques…bien que d’une certaine manière, pour bien jouer il faut disposer d’une élasticité, et d’un tonus musculaire qui peut se travailler en salle.

Alors en théorie, vu que les golfeurs professionnels sont capables de taper des drives à plus de 300 mètres, il est en fait envisageable qu’ils puissent avoir recours à des produits dopants.

Etre totalement fermé à cette idée n’est pas raisonnable.

Les précédents dans le domaine du golf

En 2014, l’américain Dustin Johnson a été contrôlé positif à la cocaïne.

L’affirmer est un peu risqué, car en réalité, le PGA Tour et le joueur ont trouvé un accord pour que le golfeur se retire pendant une longue durée, et sans que l’autorité américaine ne fasse état d’une suspension.

Un « gentleman agreement » qui permettait à tout le monde de botter en touche, et de conserver les fesses propres.

Ceci dit, la cocaïne n’est pas nécessairement un produit dopant.

Dans le cas de Dustin Johnson, le problème était plutôt lié à son mode de vie, plus qu’une recherche de performances.

Plus récemment encore, l’américain Scott Stallings a été suspendu trois mois pour ne pas avoir respecté les règles de la politique anti-dopage du PGA tour.

Cependant, dans cette histoire, il ne faut pas rester à la surface des choses pour bien comprendre ce qui s’est passé.

Stallings est en fait devenu le seulement troisième joueur de l’histoire à avoir été suspendu par le PGA Tour pour raisons de dopage.

Triple vainqueur sur le tour, il n’avait jusqu’à présent jamais été contrôlé positif.

Souffrant de fatigue chronique, son médecin lui a prescrit du DHEA, un anabolisant qui agit avant la production de testostérone.

Un produit évidemment banni par le tour !

Réalisant qu’il avait peut-être violé les règles, il s’est dénoncé.

Il a immédiatement été suspendu pour 90 jours. Une sanction clémente tenant compte de la bonne foi du joueur.

Cependant, un autre élément de cette histoire doit retenir votre attention.

Entre le moment où le golfeur a pris un produit prohibé, et le moment où conscient de son erreur (il ne savait pas que le médicament était interdit), il s’est dénoncé…il a joué un tournoi du PGA Tour (le Humana Challenge) et a été contrôlé…négatif !

De quoi remettre en question la légitimité des tests…n’est-ce pas !

Pour être complet sur ce sujet, les deux cas précédents ont eu lieu en 2009 et 2013.

En 2009, un golfeur du nom de Doug Barron a été contrôlé positif à un béta bloquant prescrit par son médecin. Il a été suspendu un an.

En 2013, et cela a été l’affaire la plus médiatisée, Vijay Singh, ancien numéro un mondial, a été suspendu après avoir déclaré utiliser un spray qui contenait du IGF-1, produit interdit.

Quelques semaines plus tard, le tour a annulé la suspension du fidjien au motif que le produit n’était plus considéré comme dopant.

Les cas de dopages sont donc rares, mais pas inexistants, même si dans la majorité des cas, il semble qu’il s’agisse surtout d’erreur de prescription.

Peut-on parler de dopage au golf ?

Nous en venons au cœur de notre sujet avec des données fournies par l’agence mondiale anti-dopage qui vient donner une réponse forte et sans ambiguïté à la question posée dans cet article : Est-ce que le golf est un sport clean ?

Et la réponse de cette haute autorité est sans équivoque : Oui !

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Le vice-président de la fédération de golf International, Ty Votaw a ainsi pu le clamer haut et fort à moins d’un an du retour du golf aux Jeux Olympiques.

L’agence mondiale anti-dopage vient de publier ses résultats de tests 2014 concernant  507 golfeurs, et seulement  8 résultats ont été considérés comme anormaux.

Bien que l’échantillon soit de taille très modeste par rapport à d’autres disciplines comme le football ou le vélo, le pourcentage de cas de 1.6% est considéré comme étant extrêmement faible.

Seuls les sports équestres, et l’haltérophilie ont un pourcentage inférieur au golf selon les mêmes tests, et sur 21 disciplines olympiques surveillées !

Précisons que ces tests ont aussi porté sur les stéroïdes que le PGA Tour ne teste pas et sur la prise de diurétique.

Concernant ce dernier élément, le PGA tour le teste chez ses sportifs mais généralement, pour chaque cas, il y a une prescription médicale valable qui justifie un test positif.

Le vice-président de la fédération internationale de golf affirme que si les cas positifs sont liés à des diurétiques, le tour ne les considère pas de toute façon comme des produits pouvant améliorer les performances.

Il concède toutefois qu’ils peuvent être utilisés comme produits masquants, mais minimise ce risque en affirmant que de toute façon, les tests n’en trouvent pas fréquemment.

Précision, l’IGF n’a pas connaissance de la provenance des tests réalisés par l’agence mondiale anti-dopage, et n’a pas non plus accès aux dossiers concernés.

Autre point intéressant, l’IGF admet que la France est un des pays qui a la politique la plus agressive d’un point de vue de la politique anti-dopage…

Comprenez que nous sommes peut-être un peu trop les seuls à être regardant sur ce fléau qui pollue le sport.

Enfin, il faut savoir que la politique anti-dopage qui a lieu dans le milieu du golf professionnel n’est pas comparable à celle de l’agence mondiale anti-dopage.

Le PGA tour n’organise pas de prise de sang, et n’a pas mis en place de passeport de traçabilité biologique.

Soit le golf professionnel considère que le problème est tellement mineur, qu’elle ne souhaite pas mettre de moyens en place pour parer à toute éventualité.

Soit le golf professionnel n’a pas trop envie de trouver des cas suspicieux.

Le 6 mai 2016, à treize semaines du début des Jeux Olympiques, tous les participants potentiels devront se soumettre à la réglementation de l’agence mondiale anti-dopage, golfeurs compris.

Une perspective qui n’effraie pas vraiment la Fédération Internationale de golf, convaincu que son travail d’éducation auprès des golfeurs des différents tours, masculins et féminins porte ses fruits, et que le problème du dopage n’est pas une réalité dans le domaine du golf.

Pour Ty Votaw « Nous avons le sentiment que notre sport est clean. »

De notre point de vue, le golf échappe effectivement au problème du dopage parce qu’il n’existe pas de produit miracle pour effectuer un swing parfait.

Pas plus qu’il n’existe de produit pour prendre de bonnes décisions sur le parcours…

Et  vous qu’en pensez-vous ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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