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Le golf espagnol a su tirer profit de l’héritage de Ballesteros !

Le golf espagnol a su tirer profit de l’héritage de Ballesteros ! - Crédit photo : Mark Newcombe

Le grand Severiano Ballesteros a beau avoir disparu le 7 mai 2011, son influence sur le golf mondial demeure, et ses héritiers continuent à faire briller le golf ibérique aux quatre coins du monde. Premier européen a véritablement brisé l’hégémonie américaine sur le PGA Tour, on lui doit d’avoir permis l’ouverture de la Ryder Cup aux golfeurs continentaux, et quelque part, de permettre à la France d'accueillir le prestigieux match en 2018. En remportant le Masters d'Augusta, le jour théorique de son 60eme anniversaire, Sergio Garcia a fait perdurer sa mémoire... Celle d'une légende.

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L'Espagne : Une fabrique de champions !

Vainqueur de deux Masters (1980 et 1983) et trois British Open (1979, 1984,1988), « Seve » a d’une part gagné le respect des golfeurs anglo-saxons, et suscité d'autre part, des vocations dans son pays, et bien au-delà. 

De nombreux amateurs de golf en France, et dans d’autres pays non anglophones lui doivent d’avoir découvert ce sport.

L’héritage de Ballesteros aurait pu rester sans bénéficiaire, mais c’était sans compter sur la politique tournée vers le sport de son pays !

Dans tous les sports les plus populaires de la planète, on retrouve des stars en provenance du pays de Cervantès : Fernando Alonso en Formule 1, Pau Gazol en Basket, Rafael Nadal en tennis, Alberto Contador en cyclisme, l’équipe de football espagnole, …et le golf n’échappe pas à cette règle.

Dans le livre "The Spanish Temper" écrit par V.S. Pritchett, un écrivain et critique littéraire britannique du 20ème siècle, ce dernier a eu cette phrase à l'attention des ibères "En matière de variété, de brillance et de grandeur, l'Espagne n'a pas d'égal en Europe."

Plus de 60 ans après avoir écrit son livre, Pritchett ne serait pas étonné d'appliquer cette maxime au sport.

Il y a trois grandes dates dans l'histoire du pays pour comprendre pourquoi un tel succès du sport espagnol.

La première date est novembre 1975 quand la mort de Franco a libéré les énergies de tout un peuple complètement bridé pendant deux générations.

La deuxième grande date est incontestablement l'été 1982 avec la réception de la coupe du monde de football qui a littéralement lancé la passion des espagnols pour le football.

Et enfin, les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 qui ont suscité beaucoup de passions et de vocations à travers tout le pays.

Il y un élément parallèle à ces grandes dates qui a agit comme catalyseur, c'est l'argent !

Sans tomber dans la banalité ou l'évidence, pour le journaliste sportif, Juan Jose Paradinas, l'argent a joué un rôle clé dans le succès du sport en Espagne, et notamment à l'occasion des JO de Barcelone.

Cela devrait d'ailleurs nous encourager à pousser la candidature des JO de Paris 2024...

"Les JO de Barcelone ont libéré beaucoup de moyens économiques de la part du gouvernement, et d'institutions privées pour construire des équipements sportifs dans tous le pays, et avec un support de tous les sports qui n'avaient jamais été vus avant."

En à peine une décennie, les espagnols ont pu voir les bénéfices de cette politique volontairement tournée vers le sport. Désormais, les espagnols savent que le sport peut faire de l'argent. Un exemple est le Real de Madrid qui est le club le plus riche de la planète.

Ramené au golf, c'est le capitaine de Ryder Cup, José Maria Olazabal, qui a été le premier à suivre l’exemple du maître Ballesteros, en remportant à son tour deux Masters en 1994 et 1999.

Les deux hommes ont toujours été très liés sur et en-dehors du terrain.

Ces éléments sur la mise en place de moyens importants pour le sport en Espagne met en lumière le fait que Seve, à son époque, n'a pas bénéficié de cette politique.

Il a du se construire seul, et envers contre tout, avec un club bricolé pour jouer sur la plage...

Plus proche de nous dans le temps, Sergio Garcia a été le plus spectaculaire golfeur des années 2000, et désormais, son digne héritier après sa victoire acquise à Augusta en play-off contre Justin Rose. Il est le pur produit de cette stratégie mise en place au début des années 90.

De Ballesteros à Garcia, la parfaite transmission du patrimoine

Pendant plus de 250 semaines dans le top-10 mondial, Sergio Garcia est le nouveau modèle de réussite du golf espagnol, mais il n'est pas le seul chez les hommes, comme chez les filles.

Le vivier des jeunes sportifs en provenance d'Espagne est très important.

Derrière le numéro 7 mondial, ils sont au total trois dans le top-100 mondial avec Jon Rahm qui est appelé à reprendre le flambeau dans un futur très proche, alors que Rafa Cabrera-Bello semble capable d'être encore régulièrement appelé dans l'équipe européenne de Ryder Cup.

Concernant Rahm, 22 ans, rookie cette année à Augusta, ce dernier revendique l'inspiration du maître Ballesteros dans son jeu.

Ballesteros, un modèle à suivre pour plusieurs générations

Il n'a pas réussi à égaler Fuzzy Zoeller, dernier rookie à avoir remporté la veste verte pour sa première apparition, mais il a toutefois réalisé de solides débuts (27eme à +3), et un temps, proche du top-10.

"J'ai rencontré Seve à une seule reprise, mais j'étais trop jeune pour me rendre compte de la portée de cette rencontre pour l'apprécier à sa juste mesure. J'ai grandi avec les exemples de Tiger Woods et Phil Mickelson, mais une fois que j'ai compris qui était Seve, il est immédiatement devenu mon idole. Je ne peux pas jouer comme lui, mais j'essaie de m'en inspirer, et d'exprimer les mêmes émotions. Je sais ce que représentait Augusta pour lui, et je vais essayer de marcher dans ses traces pour un jour... remporter une veste verte comme lui."

 Avant de jouer le tournoi, Rahm a partagé des parties d'entraînements avec Mickelson et Olazabal, une belle façon de se faire introduire au parcours.

En dehors de Garcia, Rahm, et Cabrera-Bello, ils sont en fait huit dans le top-200 mondial avec en particulier Pablo Larrazabal tout proche d'être un membre régulier du top-100.

Encore deux ans en arrière, on aurait encore pu citer Fernandez-Castano et surtout Miguel Angel Jimenez. Ils étaient même six dans le top-100 !

Le premier héritage de Ballesteros et la force du golf espagnol est de pouvoir se renouveler et de ne pas laisser de trou entre chaque génération.

Sergio Garcia a été contemporain d'Olazabal.

Meilleur amateur au Masters en 1999, l'année où Olazabal a remporté sa deuxième veste verte, aujourd'hui, c'est Jon Rahm qui peut jouer avec son idole...Les talents se croisent et se succèdent. Le passage du flambeau est parfaitement assuré d'une génération à une autre. Dans son discours de vainqueur, Garcia n'a pas manqué de faire allusion à ceux qui l'ont inspiré, ceux envers qui d'une certaine façon, il est redevable.

S'adressant à Stewart Hagestad, meilleur amateur du Masters 2017, Sergio s'est remémoré avoir été dans la même position, les yeux pleins d'espoirs, sans doute inconscient du chemin qui lui resterait à parcourir, et de la mission qui serait la sienne comme Seve ou José Maria avant lui... transmettre.

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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