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Le golf américain renoue avec la croissance en 2018

Le golf américain renoue avec la croissance en 2018

Quand le golf aux Etats-Unis va tout va ! Quand le golf aux Etats-Unis va tout va ! 84 milliards de dollars, c’est l’impact du golf sur l’économie américaine en 2018, soit une progression de 22% par rapport à 2011. Alors qu’en France, on cherche encore comment sauver l’année 2018 après un début de saison proche du catastrophique, le golf aux Etats-Unis se porte de mieux en mieux. Comment le pays leader du golf dans le monde a réussi à rebondir après plusieurs années de crises et de doutes ? Quelles sont les terribles différences avec le golf en France ?

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Les facteurs clés de succès du golf aux Etats-Unis

Les chiffres récemment publiés à l’occasion du National Golf Day sont édifiants. L’économie de la filière golf est actuellement en plein boom au pays de l’Oncle Sam.

Pour avoir joué en début d’année 2018 sur trois parcours en Floride (Rio Pinar, Champion’s Course, et Oaks National dans la périphérie d’Orlando), j’ai pu constater de visu quelques facteurs clés de succès évidents.

Le premier facteur mis en évidence pour expliquer la bonne santé du golf aux Etats-Unis, pays leader mondial pour l’activité avec 25,95 millions de pratiquants, c’est la capacité d’accueil avec huit golfeurs sur dix qui accèdent et jouent sans problème tous les jours sur des golfs publics.

La première réussite du golf aux Etats-Unis est d’avoir complètement réussi à marginaliser la pratique du golf dans des clubs élitistes ou fermés. En tout cas d’un point de vue du ressenti par la population, qu’elle soit golfeuse ou pas…

C’est toujours le problème numéro un en France. Alors que nous ne sommes pas loin d’avoir le même ratio, l’image du golf reste scotchée à l’idée que pour jouer au golf, il faut être membre d’un club très privé !

Pourtant, aux Etats-Unis, seulement 75% des parcours sont publics ! Ce qui veut dire que 25% sont fermés à l’image de l’Augusta National, théâtre du Masters.

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La bonne santé de l’économie américaine

En 2008, le nombre de golfeurs aux USA frôlaient les 30 millions. En 2017, ce chiffre n’était plus que de 26 millions.

En réalité, de 2013 à 2016, le nombre de golfeurs n’a cessé de décliner pour descendre à son point le plus bas à l’été 2016, soit 25 millions.

Durant ce laps de temps, la filière golf n’avait pas le moral.

Des études démontraient que les jeunes préfèreraient d’autres activités plus ludiques ou moins chronophages. 

La descente aux enfers de Tiger Woods était même évoquée comme un facteur de désintérêt.

Les spécialistes allant jusqu’à parler de phénomène de correction, tant durant sa période de domination sur le PGA Tour, la pratique du golf avait connu un boom sans précédent dans son histoire.

Une voix, celle d’Arnold Palmer invitait à la patience, mettant en valeur les énormes bienfaits du golf sur la vie de tous les jours.

Depuis, le chiffre ne cesse de remonter, ce qui concoure à l’optimisme ambiant, et tend à confirmer que la pratique du golf est intimement liée au dynamisme général de l’économie.

Comme en France, nous n’avons pas la même tendance, forcément, il faut être amené à relativiser les actuelles bonnes performances de notre économie (croissance de +1,2% en 2016) alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne connaissent des taux bien plus élevés.

Le taux de chômage en France reste à un niveau élevé. En décembre 2017, il était encore à 9,2% de la population active, soit le taux observé en juillet 2011 avant plusieurs mois consécutifs de hausse sous le précédent quinquennat.  Une baisse n’a été amorcée qu’à partir de juillet 2015 après avoir atteint son pic à 10,5%.

De 2010 à décembre 2017, le taux de chômage aux Etats-Unis a dégringolé de 10% à 4,1%, proche du plein emploi.

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Le prix du green-fee moyen est très abordable

Le deuxième paramètre qui explique la bonne santé du golf américain est le prix médian d’un parcours, soit 38 dollars (31 euros).

Ce point est crucial pour comprendre la différence de situation entre les Etats-Unis et la France.

En France, sous 45 euros le prix d’un green-fee 18 trous, les golfs seraient à priori déficitaires, selon tous les entretiens que j’ai pu avoir avec différents directeurs.

La question du coût de l’emploi est au cœur de ce problème.

Avec la mesure d’emploi franc proposé par l’actuel gouvernement, il pourrait y avoir ici un effet d’aubaine. Aux Etats-Unis, la majorité du personnel des golfs est issu des milieux défavorisés. Les salaires sont beaucoup plus bas. Il y a aussi plus de personnel dans les golfs, notamment pour favoriser l’accueil et le service.

Est-ce qu’en France, on pourrait imaginer une telle situation ?

Alors que le PIB par habitant est nettement supérieur aux USA (59 000 dollars/an) par rapport à la France (43 500 dollars/an), il est étonnant de constater que le coût d’une partie de golf est plus de 30% moins cher de l’autre côté de l’Atlantique.

Que ce soit à Rio Pinar, Champion’s Gate ou Oaks National, trois parcours autour d’Orlando, j’ai pu effectivement constater ce niveau de prix très attractif en semaine, et encore il s’agissait d’une semaine très chargée, au cours du PGA Show où l’affluence était à son comble.

Il y a notamment un élément que les golfs américains savent pour l’instant mieux faire : Gérer les tarifs selon les heures de départs.

Pour jouer le superbe Champion’s Course, parcours qui accueille l’académie David Leadbetter, à partir de 15 heures, le prix des 18 trous n’était plus que de 35 dollars.

Toujours en semaine, c’était le prix d’Oaks National avec une voiturette de golf en plus ! C’est tout simplement inimaginable en France !

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A la suite de mon précédent sujet sur l’état alarmant des ventes de matériel en France, quelques lecteurs ont émis des commentaires très intéressants.

Le premier a pointé l’augmentation de la CSG pour justifier une baisse de la pratique, et des dépenses liées au golf. Ce point est à raccrocher avec notre PIB par habitant plus bas par rapport à une économie en pleine forme.

Le deuxième a pointé l’inflation galopante du prix des balles de practice, location de voiturette, et green-fees pour expliquer une baisse de fréquentation dans les golfs français.

Je crois qu’il ne faut pas chercher très loin les raisons qui expliquent la décroissance chronique du golf en France.

Je pense aussi qu’il faut arrêter de parler de démocratisation et de développement du golf en France. Nous n’en avons pas réellement les moyens ou pire la volonté.

Depuis 2013, chaque année, la FFGolf annonce des chiffres de licenciés en baisse.

D’une part, l’économie française, certes en redressement, est loin de favoriser un climat propice à la création de nouveaux golfeurs.

D’autre part, le coût de l’activité est beaucoup trop élevé pour générer du volume de joueurs.

30% d’écart pour le prix d’un green-fee entre la France et les Etats-Unis ! Quelqu’un se trompe de modèle économique, et visiblement, l’un est en croissance et l’autre en déconfiture.

La filière golf aux USA génère 1,9 millions emplois.

Le tourisme golfique en pleine forme

Les 84 milliards de dollars répertoriés par la World Golf Foundation se répartissent en 33 milliards pour les parcours (15,000), 26 milliards pour le tourisme, 7 milliards pour l’immobilier sur les parcours, 6 milliards pour le matériel et le textile, et 2,4 milliards pour le PGA Tour et le sponsoring.

La partie PGA Tour n’est donc que la partie visible de l’iceberg.

En comparaison, la France avec 700 parcours réalise selon la FFgolf un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros (2015) pour l’activité tourisme.

Sur ce point, un golf américain génère 6 fois plus de revenus qu’un golf français.

En la matière, il y a encore là-aussi beaucoup de progrès à réaliser pour déplacer les golfeurs français sur tout le territoire, et surtout faire la promotion de nos magnifiques parcours à l’étranger.

Surtout que sur 200 millions d’euros, la part des green-fees vendus à l’étranger n’est que de 36 millions d’euros, soit seulement 18%.

Ceci étant, il faut admettre que les USA érigent la mobilité comme une vertu. Toutefois, en temps de crise, la mobilité tend à baisser. Surtout, elle concerne majoritairement les plus pauvres qui n’hésitent pas à se déplacer pour trouver un emploi.

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Selon une étude de IAGTO publiée en 2016, la filière a commencé à se structurer en collectant plus précisément des données sur les touristes visitant les golfs américains (2015), afin de mieux cerner les profils, et élaborer une stratégie de développement qui dès la première année de mise en place a permis une augmentation de +20%.

Pendant le même temps en France, tous les ans, une grève du rail ou de l’aérien, ce qui est très médiatisé outre-Atlantique, et donc très dissuasif sur le tourisme.

Tous les bons chiffres aboutissent à une capacité d’investissement supérieur

Par conséquent, la capacité d’investissement de la filière aux USA est de l’ordre de 2 milliards par an.

C’est là encore un point de différenciation majeur avec la filière en France.

Un tiers de parcours en France sont proches du déficit.

Tout est lié. Nous n’avons pas assez de golfeurs. Nous ne gagnons pas d’argent. Nous ne pouvons pas facilement investir dans nos infrastructures.

Blue Green s’apprête à investir plusieurs millions d’euros pour changer le modèle économique de 6 de ses clubs, en guise de test… Mais dans ce cas, il s’agit d’un investissement de l’actionnaire, non pas sur des bénéfices actuels, mais dans l’espoir de faire du bénéfice demain.

Pour Steve Mona, président de la World Golf Foundation « Les nombreuses tendances positives démontrent à quel point le golf est essentiel à la prospérité du bien-être économique et social des États-Unis. Le golf a une grande influence sur de nombreux secteurs de l'économie américaine. »

C’est enfin une dernière différence entre France et USA.

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Le golf est un élément clé de l’économie américaine alors qu’en France, c’est toujours une activité marginale ou plutôt marginalisé, à commencer par les pouvoirs publics qui ne veulent pas assumer une politique touristique tournée vers les plus fortunés.

Nos voisins n’ont pas ces états d’âmes. A commencer par l’Espagne qui est installée durablement à la première place des destinations golf en Europe.

Le coût du matériel peut augmenter

La pratique du golf aux USA a un impact en Europe, et plus particulièrement en France s’agissant du matériel.

Comme on l’a vu plus haut, la différence de PIB joue en défaveur des golfeurs français pour le prix de vente des clubs.

Les marques ont eu beau arguer de la hausse du dollar. C’est bien la hausse du pouvoir d’achat des golfeurs américains qui justifie cette inflation assumée, quitte à perdre des ventes en France, marché de seulement 400 à 500 000 golfeurs.

La création de richesse au cœur de la différence entre France et Etats-Unis

En conclusion, on peut donc bien comparer deux spirales différentes.

L’une est positive, tirée par une culture beaucoup plus naturelle vers le golf, un prix d’accès ultra abordable, des salaires plus bas pour des emplois non-qualifiés, et du plein emploi, et de l’autre une spirale négative, avec des coûts trop élevés pour une population globalement moins riche, moins enclin à accepter des salaires bas même pour des heures de travail limitées, et dans une culture globale où le golf est de toute façon une activité considérée comme élitiste.

Une forme de fainéantise intellectuelle nationale pour ne surtout pas regarder la réalité en face.

Le constat est brutal.

10% des américains ne sont pas tous riches, mais ils jouent pourtant au golf. En France, la part de la population qui joue au golf reste sous la barre des 1%.

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En matière de PIB, la France était encore dans le coup avant les années 1980 !

Depuis, notre économie n’a jamais réussi à se remettre dans le rythme mondial.  Au-delà de la question de la pratique golfique, il serait bien temps de se poser les bonnes questions…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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