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Le driver et le putter de Rickie Fowler lui offrent la victoire au Honda Classic 2017

Rickie Fowler a expérimenté un driver plus court sur le PGA National, mais c'est bien son putting qui a fait la différence - Crédit photo : Mark Newcombe

Ce Honda Classic est traditionnellement le premier gros test golfique de la saison pour les membres du PGA Tour. Le redoutable Champion course du PGA National était le deuxième parcours le plus difficile, hors tournois Majeurs, en 2016. Il faut donc être très affûté pour être performant sur ce parcours. Découvrez ci-après l'analyse détaillée de Jean-Louis Tourtoulon, journaliste, qui a commenté les trois tours de ce très beau tournoi pour Golf +.

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Le Champion Course du PGA National : Un monstre docile lors des 3 premiers tours 

Le Champion Course est l’un des 5 parcours du PGA National, un Resort situé à Palm Beach Gardens en Floride.

Ce par 70 de 6529 mètres a été dessiné par George et Tom Fazio puis remodelé par le célèbre Jack Nicklaus en 1990. « L’ours blond » en a profité pour placer l’un de ses plus beaux pièges sur ce parcours, le fameux « Bear Trap » (piège à ours).

Cet enchaînement des trous 15, 16 et 17 est un véritable calvaire pour les joueurs.

Au départ du trou N°15, un majestueux ours en bronze debout sur ses pattes arrières sort ses griffes avec cette citation de Nicklaus juste en dessous : « c’est ici que le tournoi peut se gagner ou se perdre ».

Il faut dire que depuis l’arrivée du Honda Classic sur ce parcours en 2007, plus de 3500 balles ont déjà été englouties dans les obstacles d’eau qui bordent les trois greens de ce « Bear Trap ».

Elles ont rapporté plus de 12 500 dollars pour des oeuvres caritatives !

Vous l’avez compris, le Champion Course du PGA National ne fait pas dans la dentelle.

Seuls deux vainqueurs se sont imposés avec un score à deux chiffres sur ce parcours depuis 2007. Adam Scott, vainqueur à -9 l’an dernier avec un coup d’avance sur Sergio Garcia aurait pu tout perdre lors du 2ème tour avec un quadruple bogey sur le 15 !

Cependant, le test golfique n’a pas vraiment eu lieu lors des 3 premiers tours cette année.

La faute à un énorme orage qui a éclaté la veille du tournoi.

L’équivalent de plus d’un mois de pluie s’est abattu en quelques heures sur le parcours obligeant les organisateurs à avancer quelques départs.

Les greens étaient beaucoup plus réceptifs qu’à l’accoutumé et les joueurs en ont profité. Mais le Champion course n’avait pas encore dit son dernier mot… 

Les rookies à l’honneur 

Avec une moyenne de score de 70,3, deux coups de mieux que lors du premier tour l’année dernière, les joueurs ont profité des bonnes conditions, greens réceptifs et peu de vent, pour s’illustrer.

Parmi eux, deux rookies (1ère saison sur le PGA Tour) ont réalisé la meilleure carte du jour, un excellent 64 !

Il s’agit du gaucher Cody Gribble, déjà vainqueur sur le PGA Tour cette saison lors du Sanderson Farms Championship, et de Wesley Bryan 4ème du Genesis Open à Riviera la semaine précédente.

Il s’agit du gaucher Cody Gribble, déjà vainqueur sur le PGA Tour cette saison lors du Sanderson Farms Championship

Gribble a pris les 18 greens en régulation, une première sur ce parcours !

Malheureusement pour lui, il fera le grand écart dans ce tournoi puisqu’il jouera 12 coups de plus lors du 2ème tour avant de prendre la dernière place du classement lors du 4ème tour avec une carte de 80.

Wesley Bryan, s’était rendu célèbre sur Youtube avec des tricks shots de folie aux côtés de son frère George, puis il a gagné à 3 reprises sur le web.com, l’antichambre du PGA Tour, pour faire ses grands débuts à la fin de la saison dernière.

Contrairement à Gribble, Wesley Bryan a tenu bon tout au long du tournoi pour finir à la 4ème place du classement pour la seconde fois d’affilée. 

Rickie Fowler signe son grand retour 

Bryan et Gribble ont laissé leur place aux avants postes à Rickie Fowler.

Contrairement à Gribble, Wesley Bryan a tenu bon tout au long du tournoi pour finir à la 4ème place du classement pour la seconde fois d’affilée.

 

Le jeune Américain s’est entraîné dur cet hiver aux côtés de son coach Butch Harmon pour renouer avec la victoire sur le PGA Tour.

Il faut dire que le plus célèbre golfeur célibataire n’a plus gagné sur le circuit américain depuis plus d’un an, soit une éternité pour un joueur de son niveau.

Après deux cartes consécutives de 66, Fowler réalise un 3ème tour parfait : 5 birdies aucun bogey pour un 65 qui le place seul en tête à -13 avant le dernier tour.

Fowler possède même une confortable avance sur son dauphin, l’Anglais Tyrrell Hatton, qui découvrait le Champion Course du PGA National cette semaine. Quatre coups d’avance, c’est énorme sur un tel parcours.

Sauf que les conditions de jeu s’annoncent beaucoup plus délicates pour le dernier tour avec des greens moins réceptifs et encore plus rapides et surtout un vent plus fort.

Ajouter à cela que Fowler ne s’est jamais imposé dans sa carrière après avoir été leader au bout de trois tours et vous avez tous les ingrédients pour que le suspense reste entier.

Driver plus court et putting chirurgical 

Rickie Fowler démarre bien sa dernière journée.

Il porte même son avance à 5 coups sur Tyrrel Hatton, car l’Anglais concède un bogey dès le trou N°1.

Mais la machine va s’enrayer inexplicablement sur les trous suivants.

Fowler, impérial au drive depuis le début de la semaine, lâche des mises en jeu qui lui coûtent cher.

L’Américain a imité un de ses amis pour le choix de son driver.

Sur les conseils de Jimmy Walker, partenaire de Fowler en Ryder Cup et vainqueur de l’USPGA 2016, il opte pour un driver plus court avant le début du tournoi. 43,5 inch au lieu de 44,5.

Ce pouce en moins lui permet d’être en plus confiance à l’adresse et surtout très long avec une moyenne de près de 300 mètres au drive sur l’ensemble du tournoi !

Une confiance quelque peu ébranlée sur l’aller.

Deux birdies contre deux bogeys et un double, Fowler n’a plus qu’un coup d’avance sur Gary Woodland sur le green du trou N°12.

Le driver est resté dans le sac depuis quelques trous mais le putter prend le relais. Rickie Fowler rentre un putt de près de 15 mètres et reprend des couleurs.

Il récidive sur le green du 13 avant de planter le mat au 16 pour un birdie donné.

Dans le même temps Gary Woodland concède deux bogeys sur les deux derniers trous et devra se contenter de la deuxième place aux cotés de Morgan Hoffmann.

Rickie Fowler négocie le fameux « Bear Trap » dans le par avant de concéder un bogey anecdotique sur le dernier trou.

l’Américain s’impose avec quatre coups d’avance (-12) et remporte sa quatrième victoire sur le PGA Tour, la première depuis le mois de septembre 2015 (Deutsche Bank Championship).

Rickie Fowler intègre à nouveau le Top 10 mondial et celui de la Fedex Cup. Il devient du même coup un des principaux favoris pour le Masters qui débutera dans un peu plus d’un mois. 

Les stats de la semaine : Un putting parfait et deux trous en un sur le 15 ! 

- On a beaucoup parlé du driver de Rickie Fowler cette semaine, mais c’est bien son putting qui lui a permis de remporter ce quatrième trophée sur le PGA Tour.

L’Américain n’a pas concédé le moindre 3 putts cette semaine, et il a réalisé un sans-faute à moins de deux mètres du trou (57/57) !

- Le Champion Course du PGA National accueille le Honda Classic depuis 2007.

Lors des 10 premières éditions, il n’y a pas eu un seul trou en un sur le 15 point de départ du fameux « Bear Trap ».

Cette semaine, il y en a eu deux en quatre jours.

Scott Stallings lors du premier tour. Cet « ace » lui permet de remporter le SUV du sponsor titre offert à l’auteur d’un trou en un sur le 15.

L’Américain sera imité lors du dernier tour par Jhonattan Vegas.

Le Vénézuélien ne remportera la voiture mais il pourra se consoler avec une carte de 64, la meilleure du dernier tour, surtout la plus belle remontée au classement. Il grimpe de 46 places pour finir au pied du podium en quatrième position. 

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Auteur

Journaliste de golf depuis une quinzaine d'années, commentateurs des tournois du PGA et de l'European Tour pour Canal + puis Golf +. Jean-Louis a aussi été le directeur de GolfMoov, une chaîne 100% golf. Il intervient sur jeudegolf.org pour livrer son analyse pointue sur les tournois et le haut niveau.

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