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Posté par le dans Insolites sur le golf

Le Caddy n’est pas là que pour porter le sac de golf !

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Lors de notre interview exclusive avec Tom Ayling, caddy sur l’European Tour pour José-Filipe Lima, nous avions pu découvrir une grande partie du métier. Ce week-end, au cours du LPGA Founders Cup, un tournoi du circuit féminin professionnel, Paula Creamer a dévoilé une autre facette du travail de caddy.

Retour sur les origines du métier de caddy…

Sur un tournoi de golf professionnel, le caddy n’est pas seulement là pour porter le sac.

Les caddys font parties du jeu de golf depuis des siècles, même si leurs rôles ont évolué au fil du temps.

A l’origine, et selon une légende écossaise liée au golf, le terme caddy aurait été emprunté au terme français « Cadet », ce qui signifiait « the boy » ou « le plus jeune de la famille ».

Ce terme de cadet fit son apparition en Angleterre au début du 17ème siècle pour finalement adopter sa terminologie actuelle en 1634 sous l’impulsion des écossais.

Une autre légende veut que le terme cadet ait en fait été emprunté à l’armée française, car c’étaient les cadets qui transportaient les clubs de golf du roi, et de sa cour.

De nos jours, si on devait donner une définition précise du mot caddy, on dirait certainement « celui qui assiste le golfeur, surtout en transportant les clubs, et en conseillant les clubs adaptés à chaque coup. »

Au 18ème siècle, les caddys n’étaient pas très bien considérés par la bourgeoisie écossaise qui voyait en eux des garçons errants de villages en villages à la recherche d’un petit job pour survivre.

Leur mission initiale consistait essentiellement à porter l’eau du golfeur sur le parcours.

En réalité, ce n’est qu’à partir du milieu du 19ème siècle que le rôle a commencé à évoluer vers le fait de porter les clubs.

Et si, on remet les choses dans leurs contextes, tous les golfeurs n’avaient pas un sac pour porter les clubs, et certains caddys devaient les empaqueter pour les transporter.

De nos jours, le métier de caddy fait rêver bons nombres de fans de golf qui y voient une occasion de travailler dans l’univers de leur passion, et les places sont chères.

Caddy n’est plus un travail pour garçon errant, mais au contraire un métier avec ses codes, son professionnalisme, et ses stars comme Steve Williams, actuel caddy d’Adam Scott, et longtemps caddy de Tiger Woods.

Un caddy sur le PGA Tour peut gagner jusqu’à plusieurs millions de dollars pour « porter le sac », mais aussi donner son avis sur le club à choisir, la stratégie au putting, et les conditions météos.

Mais en plus de ces grandes fonctions, il peut arriver que le joueur ou la joueuse qui l’emploi l’utilise dans d’autres circonstances.

C’est justement ce qui s’est passé ce week-end sur le LPGA Founders Cup, tournoi comptant pour le LPGA Tour, et remportée par Karrie Webb.

Quand le caddy supplée le coach ou sert d’aide à l’entrainement…

Paula Creamer qui était en délicatesse avec son putting pendant ce week-end a demandé à son caddy – Colin Cann – de placer ses mains sur le haut de ses bras pendant qu’elle s’entraînait sur le putting green !

Selon la championne, il s’agissait ainsi de lui rappeler de conserver ses épaules solides pendant le balancier du putting, et d’éviter de jouer avec les mains !

Bien lui en a pris, car cela a plutôt bien fonctionné sur la journée de samedi, car la panthère rose a rendu une carte de 64, en usant de seulement 25 putts sur son tour.

Comme nous l’expliquait, Tom Ayling dans son interview, sur un tournoi, le pro ne se déplace pas forcément avec un coach, et se retrouve donc assez seul face à ses doutes sur un problème technique, parfois ponctuel.

Le caddy peut alors intervenir, et donner son avis sur ce qu’il a vu pendant la partie.

Au final, c’est toujours le pro qui décide d’écouter ou pas, le conseil.

C’est aussi pour cette raison que très souvent les caddys sont d’anciens excellents joueurs de golf.

Par le passé, elle avait déjà eu recours à son caddy, Colin Cann pour des missions assez similaires, et bien loin du simple fait de porter le sac de golf.

Ainsi,  il est arrivé à son caddy de devoir tenir le grip de son club pendant qu’elle simulait des swings au practice, ou de lui tenir la tête toujours pendant un swing, afin qu’elle conserve sa tête dans la bonne position…

Interviewé après le troisième tour, Creamer a admis « J’ai très bien tapé la balle tout au long de la semaine. Je me suis donné tant de bonnes opportunités que je m’en veux de ne pas avoir mieux putté pendant les deux premiers tours. »

On comprend pourquoi elle a fait appel à l’aide de son caddy lors de son entrainement d’avant troisième tour !

« Je me sentais trop en train de putter avec les mains, alors qu’au contraire, j’avais besoin d’utiliser mes gros muscles, c’est pourquoi Colin m’a aidé ».

Au final, Creamer n’a pas aussi bien joué son dernier tour, et a perdu neuf places dimanche avec une dernière carte de 71, signe que malgré l’aide de son caddy, celui-ci n’a pas été remède à tout !

Cependant, cette histoire illustre une nouvelle fois l’importance du tandem caddy-pro sur le tour, comme nous avions déjà eu l’occasion de le rapporter dans l’interview de Tom Ayling, ou lors d’un précédent sujet consacré Stacy Lewis, qui elle-aussi vantait les mérites de son caddy dans ses victoires.

La relation caddy-pro…

Il est assez curieux de constater que les golfeuses sont beaucoup plus promptes que les golfeurs à admettre cette importance en interview…

Prenons l’exemple de la relation entre Tiger Woods et son ancien caddy Steve Williams.

Très récemment, Steve Williams, a encore affirmé que la hache de guerre n’était pas tout à fait enterrée entre eux.

Associé pendant près de douze ans de 1999 à 2011 pour treize victoires en majeurs, le tandem Woods-Williams a dominé le monde du golf.

A chaque fois que Woods arrivait sur un parcours, Williams, tel un pittbull dégageait la foule avec autorité, protégeant son patron à l’extrême, et même au point d’en faire, une sorte de demi-dieu, dans une bulle, sans contacts avec le monde extérieur.

Au moment où Woods a perdu pied avec la réalité, et s’est pris les pieds dans le tapis de sa vie personnelle, il a probablement commis la plus grande erreur de sa carrière en virant du jour au lendemain, le « kiwi » surnom des néo-zélandais.

Depuis la fin de sa collaboration avec Woods, Williams est devenu le caddy d’Adam Scott, le probable prochain numéro un mondial, et a déjà regagné un Masters en avril 2013, alors que Woods n’a plus gagné en majeur depuis 2008.

Malgré le fait que les choses lui aient plutôt été favorables, Williams semble toujours nourrir de la rancœur à l’endroit de son ancien patron.

Et celui-ci livre aussi son explication sur le fait que Woods ne soit plus aussi intimidant sur le parcours !

Par le passé, le facteur intimidation ajoutait de la pression sur les épaules des rivaux de Woods, et de notre point de vue, le grand et robuste, Steve Williams faisait pleinement partie de cette théâtralisation du tigre.

Protecteur, bourru, costaud, Williams ne dégageait pas que le terrain pour son boss, il lui facilitait les choses pour qu’il se concentre encore davantage.

Depuis son départ, il semble manquer quelque chose dans l’aura de Tiger sur le parcours.

Encore un exemple du fait que même si le caddy porte le sac, il peut le faire de telle façon que cela fait gagner le joueur !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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