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La plus grosse révolution technologique en matière de driver ?

La plus grosse révolution technologique en matière de driver ?

Le 6 décembre 2017, dans le cadre d’un accord d’embargo signé pour ne pas dévoiler ma présence, ni aucune information, j’ai été convié par TaylorMade à Londres, au prestigieux Mercedes-Benz World ( Weybridge Brooklands Industrial Park), comme seul journaliste français présent, parmi plus d’une centaine d’acteurs de la presse en provenance de toute l’Europe, et ce, pour assister à la présentation des nouveaux drivers et clubs de golf prévus pour être dévoilés le 2 janvier 2018. Brian Bazzel, vice-président de la création produit, et Michael Fox, responsable des balles chez TaylorMade avaient traversé l’Atlantique pour l’occasion. Qu’allaient-ils nous présenter de si exceptionnel, dans un cadre aussi secret ?

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Présentation des nouveautés TaylorMade à Londres

Pour un journaliste de golf indépendant avec un avis critique sur le matériel de golf, il y a une question qui peut se poser naturellement.

En répondant favorablement à l’invitation de TaylorMade pour découvrir en avant-première, et en exclusivité pour la France, la nouvelle ligne de produits 2018, je pouvais être aux premières loges et au plus près de l’information, ou refuser, et faire comme certains sites américains non-présents, me livrer à des conjectures sur ce que pourrait être la nouvelle ligne de produits TaylorMade en 2018.

En acceptant de me rendre à Londres le 6 décembre dernier pour la présentation officielle, mais secrète des nouveaux produits, j’ai accepté de signer un accord d’embargo pour ne rien dévoiler avant la date du 2 janvier, comme l’ensemble de mes confrères d’Allemagne, Finlande, Italie, Espagne, et du Royaume-Uni. Je n’ai pas énuméré tous les pays présents, mais nous étions nombreux, et à chaque fois, un par pays.

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En contrepartie d’être là où se trouvait la véritable information, je ne pouvais donc pas faire fuiter des informations ou suivre les quelques sites américains, qui se veulent des espions du marché, mais dont l’esprit critique est parfois douteux ou justement pas toujours si indépendant.

Suis-je pour autant sous influence de TaylorMade ?

D’une part, TaylorMade ne m’a fait signer aucun contrat sur le contenu de ce que je pouvais écrire, et d’autre part, je commence à avoir une certaine expérience de TaylorMade.

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Cinq ans plus tôt, quand la marque de Carlsbad avait lancé la famille de produits Rocketball Z, sur le papier, j’avais trouvé l’innovation des slots sous la semelle géniale, et m’étais laissé emporter par mon enthousiasme.

Quelques mois plus tard, après avoir testé les bois, le soufflet était vite retombé.

J’ai été le premier, et le seul d’ailleurs, à produire un test comparatif pour vérifier si effectivement les bois Rocketball Z faisaient réellement gagner 17 yards !

Le résultat du test avait abouti à moitié moins !

De cette expérience, je me suis souvenu de rester beaucoup plus prudent par rapport aux annonces spectaculaires, notamment en provenance de TaylorMade.

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Cependant, depuis plus de 5 ans que je teste tous les jours un maximum de nouveautés, je dois admettre que j’ai un tout petit peu perdu de ma naïveté presqu’enfantine, en étant souvent, non pas désenchanté, mais très mesuré par rapport à ce qui était proposé.

Pourtant, j’attends toujours quelque part, la prochaine grosse révolution.

Ces derniers mois, j’ai même acquis la conviction qu'elle viendrait plutôt des clubs connectés, plutôt que de la performance pure, que je jugeais en buté.

A ce titre, je trouve que le système ARCCOS apporte quelque chose de vraiment concret et utile pour les golfeurs.

Sur la performance pure des produits, peut-on réellement améliorer le smash factor, la distance, la tolérance ?

Quand je suis allé à Carlsbad en février dernier pour poser cette question à tous les ingénieurs rencontrés chez TaylorMade, Titleist, Callaway, Srixon, Cleveland et Cobra, la réponse a toujours été diplomatique, positive et surtout placée sous le sceau du secret.

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Depuis 5 ans, on assiste essentiellement à des ajustements. Certaines marques allant jusqu’à dissimuler qu’elles n’investissent plus en R&D, ce qui laisse penser qu’elles font essentiellement de la peinture sur les nouveaux clubs.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, un driver de 2017 est surement plus performant qu’un driver de 2012.

En revanche, d’une année sur l’autre, ou même sur un espace de deux ans, c’est vraiment difficile à prouver dans 100% des cas.

A la différence de certains clubfitters, qui critiquent ouvertement les marques de matériel, essentiellement, parce qu’ils n’ont pas la possibilité de les vendre, et ont besoin de faire croire qu’elles mentent systématiquement pour vous proposer d’autres produits à coup de fitting exagéré, j’essaie de faire preuve d’un esprit critique juste.

Oui, le matériel de golf est bridé par la législation.

A l’occasion du PGA Show d’Orlando en 2016, j’avais d’ailleurs interrogé Tom Olsavsky à ce sujet.

Oui, sans la législation, les marques pourraient produire des clubs encore plus performants, mais la question paraissait stérile puisque la législation existe.

J’entends les esprits les plus critiques sur le fait que le matériel est bridé, et que donc rien n’est possible. Dans les faits, ce n’est pas ce que je constate avec un recul de plus de 5 ans.

Pour un driver, la moyenne de spin a bien eu tendance à légèrement baisser.

Croit-on réaliste de pouvoir passer de 200 mètres à 300 mètres au drive, par le seul effet du club ?

Personne ne croit cela. A l’inverse, dire que le matériel ne progresse plus est une autre contre-vérité.

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Sur le tableau ci-dessus, un résumé de mes tests de drivers de loft 10,5 degrés sur manches regulars.

Certes, à force de tester, j’ai progressé en vitesse de swing. Toutefois, je considère que je trouve bien un léger gain sur le spin.

En 2013, la moyenne des drivers que je testais me donnait 3000 tours. En 2017, je suis arrivé à 2600 tours.

En admettant que je contribue à cette amélioration, il y a quand même une part imputable aux clubs.

En 2018, nous arrivons à une période charnière pour la vente d’équipements de clubs.

La crise des vocations dans le golf est passée.

Le nombre de pratiquants dans le monde ne chute plus. Tiger Woods est même de retour, et au contraire, quand on s’intéresse au marché du tourisme golfique, on constate qu’il est partout en croissance, y compris en France.

Les golfeurs consacrent de plus en plus de moyens au golf. Simplement, les ventes de matériel restent stables, voire légèrement récessives.

Les marques ont pour l’instant du mal à réenchanter.

J’ai d’ailleurs directement posé cette question à Brian Bazzel au cours d’une interview exclusive et filmée d’une dizaine de minutes que je vous dévoilerai bientôt.

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Sur cette question, conscient du phénomène, il semble convaincu qu’il pourra apporter une réponse, et notamment avec ce qui a été présenté le 6 décembre.

Toute cette longue introduction, pour justifier le fait que j’ai choisi d’assister à cette présentation, sans renoncer à mon indépendance éditoriale, pour être au plus près de l’information délivrée par TaylorMade, interroger les acteurs principaux, et ne pas rester en marge, pour republier un communiqué de presse ou une image volée.

J’ai vu les produits. J’ai eu les produits dans les mains. J’ai eu l’explication en live, et j’ai vu la réaction des pros Dustin Johnson, Rory McIlroy, Justin Rose, Jason Day et Jon Rahm.

Simplement, du fait de mon expérience, si je vais faire preuve d’enthousiasme dans les lignes qui vont suivre, je serai modéré et à nouveau, je testerais tout avant d’affirmer ou de critiquer la réalité de la performance promise.

Parce que comme vous, si ça marche, je voudrai en bénéficier, et par contre, si c’est du pipeau, je serai très déçu.

De mon point de vue, TaylorMade joue gros avec cette nouvelle promesse d’innovation. C’est une sorte de quitte ou double.

La révolution de la face vrillée !

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De tout ce que j’ai pu voir en cette journée du 6 décembre, de tous les clubs à prévoir pour début 2018, drivers, bois de parcours, fers, wedges et balles, c’est bien la toute nouvelle face dite « twisted » présentée par TaylorMade qui a retenu mon attention.

Depuis plus d’un siècle et l’innovation de la face dite « bulged » ou bombée, il n’y avait pas eu d'évolution concernant la forme de la face.

En 2018, TaylorMade va créer un électrochoc sur le marché, en proposant une face, qui n’est plus seulement bombée en son centre, mais tordue sur toute sa longueur.

Tordue ? Oui, tordue pour que les coups décentrés génèrent moins de dispersions.

A la différence des années précédentes, on ne nous promet pas un gain de distance, mais une réduction de la dispersion au drive !

Si cela fonctionne, ce sera tout bonnement génial, et pour le coup, concret pour des millions d’amateurs.

A la différence des pros, notre problème, ce n’est pas de driver à 280 mètres, mais bien de driver droit sur le fairway.

Pour un amateur, toucher ne serait-ce que 50% de fairways en régulation est une performance.

Améliorer ce ratio sera décisif pour la pratique du golf.

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Pour bien comprendre de quoi il s’agit, il faut se remémorer la notion du gear effect.

La face bulged a été créé parce que les golfeurs ne tapaient pas au centre de la face. Une balle tapée en pointe devait être contrebalancée pour tout de même revenir un minimum au centre de la trajectoire.

Sauf, et comme c’est illustré sur le graphique ci-dessus, que les balles tapées en pointe ou en talon, finissent par prendre beaucoup trop d’effets, et à sortir du fairway en hook ou en slice.

Avec la face tordue ou vrillée, TaylorMade affirme pouvoir réduire cet effet, et favoriser des trajectoires avec moins de sidespin.

Brian Bazzel ajoute « Depuis la création de ses premiers bois de parcours en 1979, TaylorMade a comme pour ambition de vouloir casser les codes pour atteindre le prochain palier de performance. En 2018, nous avons encore trouvé une manière de repousser les frontières du driving avec la technologie Twist Face, un procédé radical par rapport au dessin traditionnel des drivers, conçu dans le but de corriger les erreurs humaines du swing en temps réel, pour donner aux golfeurs un avantage compétitif tangible. Combiné avec notre nouveau rail d’ajustement Y-track, le nouveau driver M3 est notre driver le plus avancé à ce jour. »

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Concrètement, la face est vrillée de sorte qu’il y a plus de loft sur la partie supérieure de la pointe, et moins de loft sur la partie inférieure du talon. Ainsi, Bazzel tend à nous prouver que cela produit un spin plus consistant, quel que soit le point de frappe, et notamment quand il est décentré.

Pendant la présentation, il a affiché des chiffres de réduction de la dispersion selon les points d’impacts plutôt impressionnants, et même divisé par deux ou trois.

Quelle promesse !

Les pros du staff TaylorMade (Dustin Johnson, Rory McIlroy, Justin Rose, Jon Rahm et Jason Day) réunit pour une présentation filmée en sont restés bouche-bée.

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Cette innovation est née à la suite d’une analyse poussée sur un demi-millions de frappes pour capturer le chemin de club, l’angle d’attaque, le loft, et les points d’impacts des balles dans la face.

En complément, TaylorMade a analysé les conditions de lancements initiales des balles, et le point d’atterrissage final.

Ce faisant, l’équipe de Brian Bazzel a découvert une faille dans le fonctionnement de la face « bulged » traditionnelle.

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Les ingénieurs ont poussé l’analyse sur différents segments de golfeurs par niveaux, pour constater que la moyenne des impacts n’était pas sur une ligne centrale.

Dans les faits, les frappes hautes dans la face, et haute en pointe avaient une tendance à sortir à gauche de la cible et à spinner moins. A l’inverse, les frappes basses et basses en talon à sortir à droite avec plus de spin.

Pour contrer ces deux effets, ils ont eu l’idée de la face dite « twisted ». Augmenter le loft en pointe, et réduire le loft en talon…

Pour nous l’illustrer, ils nous ont fourni une pièce de carbone représentant une face seule, accentuant la courbure dans les deux sens.

Une fois la face insérée dans la tête de club, c’est presque imperceptible à l’œil nu. A l’adresse, vous ne serez pas perturbé par cette rupture dans le design d’une face de driver.

En conclusion, il s’agit d’une innovation concrète, visible, tangible, et peut-être logique.

Il ne me restera plus qu’à le vérifier dans les faits.

Si cela fonctionne, même pour un amateur, les conséquences d’une telle innovation pourraient être majeures pour toute l’industrie, et la pratique du golf dans le monde.

Cependant, à cette heure, je n’ai eu les produits que quelques minutes, et je n’ai pas pu les taper. Il me reste à vérifier le phénomène concrètement pour aller plus loin dans le commentaire.

TaylorMade joue gros avec une telle promesse. Pour l’avenir de la marque, il est souhaitable que cela ne soit pas que du marketing…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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