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King Cobra, le retour pour 2016 ?

King Cobra, le retour pour 2016 ?

En temps de crise, c’est bien connu, nous sommes plus volontiers nostalgiques des années fastes. En France, il ne se passe plus une soirée TV sans qu’une émission vante le mérite des années 80. Les apprentis-chanteurs, tout droit sorti des jeux du cirque ou d’académies pour apprentis vedettes qui reprennent à la volée les succès des Goldman, Balavoine, Sardou, Voulzy, Souchon et autres vrais créatifs, nous faisant craindre qu’en 2015, la créativité n’est justement plus de ce temps. Le matériel de golf semble ne pas pouvoir échapper à cette tendance de fond qui consiste à faire du neuf avec du vieux.

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Callaway a été la première marque à aller dans ce sens, et avec un certain talent pour ressusciter le Big Bertha, modèle phare des années 90.

Bien que les marques s’en défendent…bien entendu qu’elles passent leurs temps à s’épier et à se copier.

Une fois n’est pas coutume, TaylorMade, plus souvent leader que suiveur, a fini par céder aux sirènes de la facilité, et emboité le pas de Callaway avec le revival de la série Burner, rebaptisé et relooké Aeroburner.

Seule différence mais qui a son importance, les clubs Burner première génération sont plus récents d’au moins une dizaine d’années par rapport aux Big Bertha.

En matière de ventes, les 18 derniers mois ont permis un rebattement des cartes. TaylorMade reste leader pour les bois, mais n’écrase plus toutes les autres catégories.

Callaway, avec l’impulsion des Big Bertha a repris la première place pour les fers et les hybrides.

Il n’en fallait pas plus pour inspirer Cobra, et susciter l’envie de la marque de revigorer le King.

Si vous vous intéressez à l’histoire du matériel et des marques de golf, peut-être savez-vous que le King a coïncidé avec l’ère de domination de la marque à la fin des années 70.

Joué par la légende australienne, Greg Norman, numéro un mondial charismatique, ces clubs étaient l’équivalent des clubs TaylorMade génération 2007-2015, à savoir le top des ventes, et de la technologie.

Revisiter un nom de légende est un pari osé et même risqué.

En cas d’échec commercial, cela peut définitivement enterrer une marque comme « has been ».

Pour éviter de tomber dans ce travers, la marque est obligée de mettre le paquet, et de prendre tous les risques au niveau technologique, afin de créer le buzz, et d’instiller dans l’esprit du consommateur que ce nouveau produit va créer un nouveau standard de performance.

Callaway a misé sur le fait de proposer à ses utilisateurs le déplacement du centre de gravité de son driver Big Bertha.

De notre point de vue, ce n’était pas réellement un bénéfice incontestable. Cependant, à force de marketing, et de présence terrain, la marque américaine vous a convaincu.

Comme quoi, une nouvelle technologie doit d’abord être nouvelle.

Cette critique est sans doute sévère. La réalité, c’est que le matériel de golf progresse effectivement.

Dans différents articles déjà publiés sur ce site, nous avons déjà évoqué cette question de l’évolution de la performance.

Elle est effective, si vous prenez un driver de 2000 par rapport à un driver de 2005. Elle est aussi tangible entre 2005 et 2010, et 2010 et 2015.

Sur une longue tendance, oui, le matériel progresse nettement.

En revanche, ce n’est pas aussi systématique, et rapide que ce que les marques promettent.

Exemple ! Concernant les fers que nous testons depuis 2012, le TaylorMade RocketbladeZ a plutôt démontré un gain à sa sortie.

En revanche, les fers suivants, censés être des mises à jour, comme les Speedblade, n’ont pas démontré d’améliorations…au contraire.

Pour retrouver un gain supérieur, il a fallu attendre les derniers Aeoburner.

Cobra en annonçant le retour du driver King Cobra prend donc un gros risque, surtout qu’elle doit effectuer un saut très important.

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Ces cinq dernières années, la marque a essentiellement misé sur la couleur pour faire sa promotion auprès d’un public jeune, séduit par la carte « Rickie Fowler », sorte de golfeur talentueux à la sauce Justin Bieber.

Quand vous allez au salon du golf à Paris ou au PGA Show d’Orlando, le plus souvent, sur le stand Cobra, vous croisez des gamins de 12 à 18 ans, vêtu des couleurs flashys de la marque binôme, Puma.

Séduire les jeunes par une image est une bonne idée pour renouveler la clientèle, mais pas suffisant pour convaincre de la qualité technologique des produits.

En 2015, Cobra a fait d’une contrainte, une opportunité !

Alors que Titleist ou TaylorMade misent à fond sur la multiplication des partenariats avec des joueurs du PGA Tour.

Les premiers pour faire gonfler le nombre de balles jouées sur le tour, et les seconds pour supporter le nombre de drivers…à force, il reste peu de golfeurs sur le marché disposés  à jouer une autre marque.

Pour Cobra-Puma, Rickie Fowler se pose comme le seul porte-manteau et porte-club disponible dans le top-10 mondial, de même qu’Under Armour a eu du nez de miser sur le nouveau numéro un mondial, Jordan Spieth.

Finalement, pour gagner sur le tour, rien ne sert d’équiper tous les joueurs, autant équiper celui qui va gagner, et donc attirer à lui toute l’attention.

Et ce pari a été réussi cette année pour Cobra avec deux succès éclatants pour Rickie Fowler.

Vainqueur du célèbre Players Championship, tout juste une semaine après avoir été au centre d’un débat le considérant comme un joueur surcoté, justement parce qu’il ne gagnait jamais de grand tournoi, Fowler est entré dans une nouvelle dimension, en particulier aux Etats-Unis.

Mieux, il a renouvelé l’opération quelques semaines plus tard en gagnant le Scottish Open en Europe.

Dans une telle spirale de victoires, Cobra pouvait donc sérieusement envisager de replacer le produit au centre de sa stratégie.

Le nouveau driver King Ltd est donc le résultat de tout ce travail de maturation, et bien plus encore…

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En septembre 2014, la marque a signé un partenariat technique, et même tactique très intéressant avec le CASIS (center for the advance of science in space) pour mener des études sur une durée de six semaines au sein de la station spatiale internationale.

Le but étant de voir pour Cobra si le fait de travailler à gravité zéro permettait de découvrir une nouvelle avancée au niveau des matériaux à utiliser sur un driver.

Tout ce concept basé sur la recherche spatiale se retrouve dans ce nouveau driver.

Par exemple, ce driver est le premier à faire mention d’un « spaceport »

Ce qu’il faut comprendre à propos d’un driver, c’est que l’enjeu majeur pour proposer un club qui frappe plus loin et plus droit, se joue au niveau du poids.

  • Comment alléger un driver au maximum ?
  • Comment répartir le poids différemment pour influer sur le centre de gravité ?

Nous vous invitons à relire notre sujet consacré au secret de longueur des drivers TaylorMade qui est très instructif sur ce point.

A l’image de Callaway et TaylorMade, Cobra ne va pas se contenter de relancer un driver, mais va déployer une toute nouvelle gamme de bois et de fers logotés King Cobra pour le début d’année 2016.

Après avoir été la marque la plus bradée sur Internet en France, et en Europe, Cobra s’apprête à revenir sur le marché avec les produits les plus chers de la catégorie « Mass Market ».

Le Driver King Ltd devrait être proposé à un prix supérieur à 400 euros, au niveau où seul le meilleur driver TaylorMade a une chance de pouvoir se vendre.

Autrement dit, Cobra ne compte pas brader sa belle histoire, bien au contraire.

Consciente que pour marquer les esprits, il ne faut pas seulement proposer un produit révolutionnaire ou dans ce cas, spatial, mais il faut aussi que le consommateur puisse se dire à travers le prix, qu’il s’agit d’un produit d’exception.

A suivre un article détaillé sur le driver King Cobra Ltd, et les nouvelles séries de fers…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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