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Karine Icher dans la bonne zone à Evian !

Karine Icher bien placé sur l'Evian Championship 2015 Crédit photo : Philippe Millereau

Après deux tours joués et un troisième en cours, Karine Icher a réussi un très bon début d’Evian Championship. Nous avons suivi sa fin de partie vendredi, et sur quelques trous samedi, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle dans la « zone », ce fameux moment où rien de négatif ne peut vous arriver sur le parcours.

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Dans notre marathon de photos sur le parcours, nous avons rattrapé la partie de Karine au départ du 15, un long par 5 qui se situe en plein centre du parcours, près des « facilities ».

Long de 482 mètres, Karine a fait preuve de toute sa clairvoyance pour réussir un magnifique birdie qui ne devait rien à la chance.

Des trois joueuses qui composaient sa partie, elle a réussi le drive le plus long de quelques petits mètres. Placée idéalement dans la zone de tombée au drive, sa balle a parcouru quelques mètres en roulant, sur un pan du fairway qui est incliné.

Pour rappel, le parcours d’Evian est aux pieds des Alpes, le parcours est quelque peu vallonné.

De manière étonnante, les balles des joueuses ne roulent pas beaucoup. Elles privilégient toutes le carry via des trajectoires hautes.

Clairement, ce n’est pas vraiment dans ce compartiment que les joueuses font la différence. Mise  à part, l’américaine Christie Kerr qui a lâché son drive dans la buvette, toutes les joueuses jouent dans un mouchoir de poche sur ce drive du 15.

Au moment de taper le deuxième coup, Karine Icher ayant tapé le coup le plus long a d’abord dû attendre que ses partenaires, la Sud-Coréenne Ik Kim, et la japonaise Sakura Yokomine ne tapent leurs coups.

Les deux golfeuses asiatiques ont choisi de sortir le bois 3 pour taper des coups relativement longs sur ce trou tout en longueur, mais pas particulièrement piégeur jusqu’au green.

La principale difficulté pour un amateur serait de gérer les pieds en pentes, et globalement la pente qui potentiellement peut vous placer en-dessous du green sur le dernier coup d’approche.

Contrairement à ses rivales, Karine a fait un autre choix tactique. Au lieu d’opter pour un coup de bois 3 risqué, elle a préféré se placer avec un beau coup de fer bien senti, pour justement rester sur la partie haute du trou.

De trois à quatre mètres d’avances au drive, elle s’est retrouvée en position de jouer son troisième coup avec seulement une petite dizaine de mètres de retards sur les autres joueuses.

C’est donc elle qui a eu l’honneur pour attaquer le green en première.

Et c’est là que tout s’est joué !

Avec un deuxième magnifique coup de fer court, Karine a tout simplement accroché la cible avec une précision chirurgicale. Probablement un des plus beaux coups de fers que nous ayons vu ce vendredi !

A côté du parcours, on ne se rend pas forcément très bien compte de la difficulté qui attend les joueuses.

Pourtant, à les suivre de près, on constate qu’elle n’accroche pas si souvent les drapeaux. Et pire, les balles semblent ne pas tenir sur les greens particulièrement vallonnés, et tortueux.

D’ailleurs, Karine, joueuse expérimentée du LPGA Tour confesse que le parcours est de plus en plus difficile. Encore quelques années, et le parcours sera de son propre aveu, aussi difficile que celui d’un US Open.

Le parcours est beau ! On ne croit jamais que ce qui est beau, peut-être un calvaire !

Alors que Karine a planté le drapeau du 15 d’un peu plus loin que ses rivales, ces dernières jouent des wedges pour tenter de l’imiter.

Sauf qu’aucune des deux ne va arriver à rééditer la performance de la française. La différence était faite !

Indépendamment de la qualité des joueuses au putting, la clé à Evian, c’est d’arriver à porter la balle aussi près que possible du drapeau.

Sur le trou suivant, le 16, nous avons vu une joueuse se mettre dans le bunker derrière le trou, réaliser une sortie toute en douceur, et voir sa balle glisser, glisser, glisser irrémédiablement vers l’eau situé de l’autre côté.

A quelques centimètres près, vous pouvez passer d’un putt pour birdie à une approche pour essayer de sauver un bogey !

Pour Karine Icher, le putt sera une formalité alors que ses partenaires ont bataillé pour sauver des pars.

Pour rappel, elles avaient pourtant approché avec un wedge !

Sur le trou suivant, le 16, un par 3 qui surplombe le 15, Karine ne s’est pas arrêtée en bon chemin, et fait encore mieux !

karine-icher-evian-zone2015.JPG

Le trou long de 142 mètres n’a été pris en régulation que par 57% des joueuses pour seulement 13 birdies dans la journée.  Ainsi, le 16 a été le deuxième trou le plus difficile de la journée.

La position du drapeau peut dramatiquement influer sur ce paramètre de difficulté.

Ceci dit, Karine a de nouveau collé le drapeau pour ne pas laisser de place aux doutes sur le fait de sortir du trou avec un nouveau birdie, le troisième d’affilée.

Un autre birdie allait encore suivre sur le trou suivant pour finalement boucler son retour en 32, et l’a placé aux portes du top-10 en -3 total.

De mémoire, sans doute, son meilleur départ à Evian…pour une joueuse qui passe souvent le cut sans problème dans les gros tournois, mais peine le week-end à rester dans le dix meilleures joueuses.

En dix ans de carrière aux USA, la golfeuse de Châteauroux s’est surtout distingué par sa très grande régularité, et le très peu d’erreurs qu’elle commet sur une partie.

Au-delà de sa clairvoyance et de son nez pour bien jouer les coups sur le parcours, au moment où nous l’avons croisé sur le parcours, Karine dégageait cette impression de « self-confidence » nécessaire aux grandes championnes qui donnent l’impression de survoler les débats, et les difficultés.

Du trou 9 au trou 17, la française a enchaîné six birdies sur neuf trous ! Clairement, elle était dans la « zone »…ce petit espace où un golfeur ou une golfeuse joue sur une autre planète, et où rien ne peut troubler ce petit moment de perfection dans un sport où l’aléatoire a toute sa place.

Aujourd’hui, jour de Moving Day, la française aurait pu être déstabilisé par un vilain double au deux.

Bien au contraire, dès le trou suivant, elle a trouvé les ressources mentales pour rebondir « bounce back », et rentrer un premier birdie.

Quand nous l’avons de nouveau croisé au sortir du trou numéro 5, elle affichait la même attitude que la veille, un mélange de confiance, de force, et de plaisir d’être là, devant un public qui ne manquait pas de lui témoigner son affection à chaque bon coup.

Sur ce point, on sent que la française n’a pas l’habitude de jouer devant son public, et par pudeur, elle n’en fait pas des tonnes.

A seulement cinq coups de la tête du tournoi, Karine n’a peut-être jamais été aussi prêt de jouer la gagne en majeur.

Que ce serait beau de la voir arpenter le parcours du dernier jour en position de faire quelque chose. Il n’en faudrait pas beaucoup pour exciter le public autour de sa partie.

Avec un aller en 33, ce samedi, Karine s’est encore donnée une chance de pouvoir nous faire vibrer jusqu’au bout.

Elle n’a peut-être pas la longueur au drive de Lexi Thompson ou la qualité de putting de Morgan Pressel qui passe les greens dans une moyenne de 26,5 putts, mais son jeu de fers et son petit jeu sont très solides lui permettent d’envisager un bon finish.

Icher n’a clairement pas le profil d’une joueuse qui explose ! Elle joue le golf pourcentage…

Crédit photo : Philippe Millereau

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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