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Justin Thomas: Révélation du début de saison 2017

Justin Thomas: Révélation du début de saison 2017

En réalisant le doublé Tournoi des champions – Sony Open 2017, Justin Thomas s’est non seulement illustré comme le golfeur le plus en forme du début de saison sur le PGA Tour, mais dès à présent un des favoris du prochain Masters d’Augusta. Le premier majeur de l’année n’a beau avoir lieu que dans trois mois, le jeune américain est déjà considéré comme un sérieux candidat au titre après sa double démonstration à Hawaii. Itinéraire d’un enfant gâté qui a juste tardé à se révéler dans l’ombre de Jordan Spieth…

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Auteur d’une carte record de 59 lors du premier tour du Sony Open disputé à Hawaii sur le parcours de Waialae Country Club, Justin Thomas a poursuivi sur la lancée du tournoi précédent.

C’est ce qui s’appelle avoir la main chaude !

Huit parties de 18 trous jouées au plus haut niveau en l’espace de deux semaines, et plus particulièrement quatre cartes de scores, pratiquement historiques 59, 64, 65, 65 ont achevé de placer Justin Thomas en orbite.

Sans vouloir jouer le rabat-joie, il faut noter que le parcours de Waialae a été le théâtre de plusieurs scores flirtant avec la barre mythique des 60 coups, ce qui signifie tout bonnement deux birdies pour un par sans scorer le moindre score au-dessus du dit par !

Le pro Chez Reavie a manqué de peu un nouveau 59 le dimanche, jouant les onze premiers trous en moins neuf dont un trou en un.

Lors du premier tour, Justin Thomas était justement devenu le septième golfeur à jouer sous la barre des 60 sur le PGA Tour.

Samedi, Kevin Kisner a eu sa chance de faire partie du club avant de manquer un putt pour eagle sur le dernier trou.

Sans trop relativiser la performance de Thomas et son score exceptionnel, il faut tout de même noter que le score moyen pendant le tournoi a été de 68,31 coups, une moyenne très basse pour un tournoi sur le circuit réputé le plus difficile du monde.

Les conditions de jeux ont été plus qu’optimales sans le moindre coup de vent pendant les quatre jours de compétitions.

Pour Kevin Kisner, ce parcours est sans défense quand le vent ne se lève pas, en revanche, quand le vent est de la partie, c’est plus difficile.

Toutefois, Waialae est en bien classé à la queue du peloton s’agissant de la difficulté proposée aux meilleurs pros de la planète. Soit le 45eme parcours le plus difficile sur…50 joués sur le PGA Tour !

Cela n’enlève rien à la performance de Justin Thomas, mais c’est à prendre en compte avant de trop s’enflammer sur les scores enregistrés pendant ce dernier week-end.

Désabusé, Justin Rose a plaisanté sur l’issue du tournoi, terminant à la deuxième place à sept coups du leader, la seule place vraiment en jeu après que Thomas ait battu le record du score le plus bas sur 36 trous.

La deuxième place était en fait une sorte de victoire dans de telles conditions.

Un élément est à noter concernant l’écrasante victoire de Thomas : Son cadet !

Jimmy Johnson est en fait le dénominateur commun entre le jeune golfeur et l’un des membres du top-7 des golfeurs à avoir déjà joué sous la barre des soixante dans l’histoire du tour : Steve Stricker.

Non seulement, Justin Thomas a battu tous les records pendant les deux premiers jours du tournoi, mais logiquement, il a aussi égalé le record du score le plus bas sur trois tours, un record déjà détenu par le duo Stricker-Johnson à l’occasion du John Deere Classic de 2010.

Si les golfeurs passent, visiblement les cadets restent…et cela relance la théorie du facteur X, ce facteur de performance qui résume la relation de performance optimale entre un cadet et son joueur. Moment où la symbiose est si parfaite, que le joueur donne l’impression de marcher sur l’eau.

Jimmy Johnson a aussi accompagné Stricker en 2009 sur le Bob Hope Classic, tournoi joué dans un record de 255 coups, soit 33 coups sous le par, et toujours à ce jour, le score le plus bas jamais joué sur le PGA Tour.

Thomas considéré comme l’un des meilleurs espoirs du golf américain avait besoin d’un déclic pour briller au plus haut niveau. Ce déclic…c’est finalement son cadet qui le lui a apporté.

Dans le même temps, l’autre visage poupon du circuit, Jordan Spieth ne pouvait que constater l’écart du moment entre lui et son camarade.

Alors que le monde du golf n’avait d’yeux que pour Jordan Spieth depuis trois ans, il cachait en fait dans sa trace, un golfeur bien plus complet techniquement, mais encore en manque de confiance.

Alors que Justin Rose, deuxième du Sony Open pouvait plaisanter « J’ai gagné l’autre tournoi. » Jordan Spieth, battu malheureux du dernier Masters pouvait se dire en son for intérieur que Justin Thomas allait être un sérieux rival en avril prochain à Augusta.

Ce dimanche, comme Rose, ils étaient nombreux à espérer non seulement bien jouer, mais aussi compter sur une défaillance du leader.

Défaillance que Spieth a connu au Masters l’an passé. Défaillance qui n’est jamais venu à Waialae...

Ce tournoi a permis d’illustrer à quel point l’américain apprend vite.

La semaine passée, pour remporter sa troisième victoire sur le PGA Tour, Justin Thomas a du faire preuve de sang-froid, de calme, de maîtrise, pour contenir le retour de Matsuyama, cette fois, parti très vite en tête, il n’a laissé à personne la possibilité de revenir sur lui, et le challenger.

Pas plus qu’il n’a commis de faute pour être en fait son seul adversaire.

 

En une semaine seulement, Thomas a démontré toutes les facettes d’un champion expérimenté, un top-player que l’on croit connaître alors qu’on ne fait que seulement le découvrir.

Aucun golfeur n’a perdu un tournoi d’importance sur le circuit en partant avec sept coups d’avances le matin du dernier tour. Thomas n’a pas fait mentir la prédiction et les statistiques.

Pourtant, après coup, il a admis avoir ressenti de la nervosité.

Trois victoires au cours de ses quatre derniers départs pris sur le PGA Tour, il ne faut plus considérer ce golfeur comme un outsider, mais au contraire comme un possible vainqueur du Masters, et un concurrent sérieux pour le top-5 mondial, et peut-être même mieux.

A la différence de Spieth, il paraît plus complet techniquement, et pas seulement bon au putting.

Conscient qu’aucun golfeur avant lui n’avait jamais perdu avec une telle avance la veille du dernier tour, le pro a décidé d’adopter une attitude agressive pour son dernier 18 trous.

Plus précisément, une attitude d’attaque intelligente marqué par 2 birdies, 6 pars et un seul bogey sur les 9 premiers trous du jour.

Toujours leader avec 5 coups, que pouvait-il lui arriver sur le retour ?

Dès l’entame des neuf derniers trous, il planta consécutivement deux birdies pour porter son avance à huit coups. La messe était dite.

Témoin privilégié, Jordan Spieth ne pouvait que reconnaître la domination de son ancien compagnon de tournoi à Evian pour la Junior’s Cup.

« Ce qu’il fait est tout bonnement incroyable. Il a un plein contrôle sur son jeu, une pleine confiance, et il fait tout ça sous pression. »

Les observateurs commencent à tourner casaques. Spieth, longtemps considéré comme le « Golden Child » du tour n’était peut-être qu’un leurre ou l’arbre qui masquait la forêt « Justin Thomas ».

En l’espace de quelques semaines, le golf américain s’est découvert son nouveau prodige.

De la promotion 2011, Thomas était resté jusqu’à présent le plus en retrait par rapport à Spieth ou même Daniel Berger, les tenants de la nouvelle vague.

Sa victoire au CIMB Classic contre Matsuyama, le joueur le plus en forme du moment, a servi de catalyseur pour le faire passer du statut d’espoir à suivre éventuellement à celui de superstar du golf en devenir.

« J’ai toujours pensé que j’avais le jeu pour ! » dit modestement le jeune double vainqueur de l’étape Hawaiienne du tour, et désormais, huitième meilleur joueur du monde.

En l’espace de quelques semaines, son cadet et son père ont vu la transformation s’opérer entre le jeune prodige trop anxieux pour gagner, et le champion dominant.

Le facteur qui est le plus fréquemment évoqué à son sujet est clairement son degré de confiance en lui, et sa patience sur le parcours.

Encore un exemple d’un golfeur qui en gagnant son premier grand trophée a obtenu le véritable déclic.

Alors que par opposition, le même week-end, Storm et McIlroy ont eu besoin de plusieurs trous de play-off pour se départager, plus que la victoire, l’histoire retiendra l’énorme écart avec lequel il a obtenu son succès.

Une manière qui rappelle de bien des façons, un certain Tiger Woods qui ne gagnait pas seulement, il imprimait sa marque.

Pour Thomas, désormais, l’horizon se dégage pour le vrai grand rendez-vous de sa saison : Le Masters qu’il n’a joué qu’une seule fois, et terminé à la 39eme place. C’était l’an passé.

Avec son nouveau statut, et encore une grande marge de progression, Thomas fera partie des potentiels vainqueurs à prendre en compte, surtout si on prend en compte son cadet dans l'équation...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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