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Justin Thomas rentre dans le club des vainqueurs en majeur au PGA Championship 2017

Justin Thomas rentre dans le club des vainqueurs au PGA Championship 2017 - crédit photo : Mark Newcombe

Dimanche 13 août 2017, Justin Thomas a écrit une belle page de son histoire d’amour avec le golf, en remportant à seulement 24 ans, son premier tournoi majeur, le PGA Championship disputé à Charlotte sur le parcours de Quail Hollow. Un terrain qui a créé les conditions d’un beau suspense sur les 9 derniers trous du quatrième et dernier tour, car ils étaient encore six à pouvoir espérer l’emporter : Justin Thomas, Hideki Matsuyama, Kevin Kisner, Chris Stroud, Patrick Reed et Francesco Molinari. Finalement, « JT » prononcé « Jaytee » n’a commis aucune erreur alors que ses rivaux partaient tour à tour à la faute. Une victoire méritée pour celui qui était déjà la révélation de l’année 2017, et pourrait désormais être élu « joueur de l’année » !

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En début de saison 2017, Justin Thomas s’était mis en lumière avec un superbe doublé Hyunday Tounament of Champions - Sony Open remporté avec des scores très bas dont un 59.

Il s’est ensuite fait remarquer l’US Open en scorant 63 à Erin Hills, un nouveau record en majeur.

Grand ami de Jordan Spieth et Rickie Fowler, on commençait à dire de lui qu’il était peut-être plus que Spieth, le nouveau grand phénomène du golf mondial.

Lui manquait encore la reconnaissance suprême avec une victoire en majeur comme son meilleur copain.

Le PGA Championship n’a beau pas être le plus fameux des majeurs en comparaison du Masters, de l’US Open ou du British, pourtant cette année, il ne fallait pas rater le spectacle proposé par cette quatrième levée de la saison.

Un tournoi qui dès 2019 sera reprogrammé plutôt dans l’année !

Si Justin Thomas est un beau vainqueur de la façon dont il a joué. Il faut mettre en évidence le très bon choix représenté par Quail Hollow, et sa préparation au niveau d’un grand championnat.

Déçu par Erin Hills, annoncé trop tôt comme un « monstre », et perdu en pleine campagne avec relativement peu de public, le tournoi de Charlotte, habituel théâtre du Wells Fargo Championship a été réussite à tous les niveaux, aussi bien en organisation, qu’en affluence autour des greens, et en difficulté proposée.

A la longue, c’est ennuyeux de voir les meilleurs golfeurs du monde jouer sur des parcours aussi longs que larges, ce qui ne les met pas assez en difficulté.

Au contraire, Quail Hollow, parcours de forêt avec de nombreux obstacles d’eaux a parfaitement jouer son rôle.

Le vainqueur ne gagne qu’à -8, et finalement, ils ne sont que 12 à avoir joué sous le par. Des scores dignes d’un tournoi majeur de golf qui a proposé un véritable challenge.

Pour les fans et les téléspectateurs, c’est bien plus intéressant de voir comment les meilleurs frappeurs de balles surpassent des difficultés complexes.

Enfin, le choix de Charlotte a été pertinent au vue du public présent autour du green du 18 pour féliciter le nouveau champion majeur du golf américain.

Auteur d’une carte de 68, il est délicat de ressortir un coup d’une aussi bonne partie.

Cependant, l’issue du tournoi a certainement basculé sur le 16 quand Justin Thomas a très intelligemment sauvé le PAR depuis une position d’approche difficile, et que dans le même temps, le pauvre Hideki Matsuyama a manqué un putt pour sauver le même PAR, par la faute d’une petite virgule.

Une bonne partie de l’après-midi a été rythmée par le duel Thomas-Matsuyama.

On aurait pu au contraire penser que ce serait la dernière partie Kisner-Stroud qui devait décider de l’issue du tournoi, mais le leader après 3 tours n’a jamais vraiment été en mesure de réaliser son plan.

Le pauvre Kevin Kisner si brillant pendant les 2 premiers jours n’a jamais pu exprimer son golf dans le cadre d’une dernière partie en majeur. On pouvait lire à son visage qu’il était beaucoup plus crispé.

Pour un dernier tour en majeur, son premier birdie de la journée est arrivé bien trop tard (le 10).

Pourtant, à ce stade, la décision n’était pas faite, et il aurait pu peser bien plus sur l’issue.

Plusieurs erreurs successives vont le mettre hors du coup, et pourtant, il va se maintenir à flot pour être le dernier à pouvoir espérer contester la victoire de Thomas.

Sur le 18, son deuxième coup d’approche devait rentrer direct dans la boîte pour espérer un play-off contre Justin Thomas.

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C’est dire que le futur vainqueur avait su se mettre à l’abri des nombreux prétendants. Son coup de fer complètement lâché en hook à gauche du fairway trouva un cours d’eau astucieusement placé sur le long du fairway du 18.

Dans l’eau, les chances de Kevin Kisner de transformer sa bonne semaine en première victoire majeure ont coulé à pic. Justin Thomas qui avait rentré le putt pour bogey sur ce trou annoncé comme le deuxième plus difficile du jour pouvait profiter de son sacre, sous les yeux de son père, ancien joueur pro, tout comme son grand-père.

La famille Thomas, c’est en fait une longue histoire d’amour avec le golf de haut niveau.

Après avoir astucieusement sauvé le par au 16, Thomas a en fait porté l’estocade finale au 17 avec une merveille de coup de fer, sur un trou là-aussi annoncé comme l’un des plus difficiles.

Quail Hollow a été dessiné par Arnold Palmer à l’origine puis redessiné par Tom Fazio en 1997.

Long de 7600 yards (6949 mètres) pour un par-71, le parcours, véritable héros de la semaine nous proposait un 17 avec de l’eau sur toute la gauche du green. Certes, les greens étaient très vastes !

Mais justement, pour faire birdie sur ce trou, il fallait non seulement résoudre la distance de 223 yards proposés (203 mètres), éviter l’eau à gauche, et poser la balle suffisamment proche du drapeau pour espérer un seul petit putt.

Des dernières parties, c’est sans doute le vainqueur qui a tapé sur ce trou le meilleur coup de la journée !

Pourtant leader à -8, avec un à deux coups d’avances selon les évolutions des scores, tout juste sorti d’une situation complexe au 16, Thomas a enfoncé le clou avec un coup de fer magistral qui une fois posé sur le green a roulé, roulé, roulé, pour finir sa courser en direction du drapeau.

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Derrière, le putt pour birdie et porter son avance à -9, et trois coups d’avances signifiait bien qu’il était en contrôle des événements.

Une heure trente plus tôt, ce scénario aurait été difficile à prédire. Matsuyama avait passé l’aller en -8, et semblait en route pour remporter son premier majeur alors que justement Kisner et Stroud semblaient incapable de faire la différence.

Le japonais est le grand perdant de la journée. Un perdant magnifique car sur le retour, il n’a fait qu’un seul par, enchaînant birdie et bogey, de sorte que sa partie a ressemblé à une sorte de montagnes russes.

Comme Justin Thomas dont c’était le tour ce dimanche, Matsuyama finira bien par en gagner un de majeur. Il est tout proche de pouvoir le faire.

Molinari, Oosthuizen et Patrick Reed terminent finalement à la deuxième place en -6 sans avoir été vraiment en mesure de jouer la gagne. Il aurait fallu pour cela que Justin Thomas soit un peu moins bas en score sur les 9 derniers trous.

C’est justement la différence au bon moment qui a permis de mettre l’américain sur orbite, et ainsi porter la pression sur ses proches rivaux.

Sur un tel parcours, un ou deux coups de retard alors que les opportunités de birdies sont rares, c’est un exercice très difficile à réaliser, et finalement, même les meilleurs partent à la faute.

Le PGA Championship 2017 a donc ressemblé à une sorte de partie de poker que Justin Thomas a parfaitement contrôlé.

Capable de scorer très bas, capable de contrôler les débats, vainqueur d’un majeur à seulement 24 ans comme Jack Nicklaus, Tiger Woods et Rory McIlroy avant lui, il est bien parti pour être le prochain phénomène du golf mondial.

En 2017, Dustin Johnson, Hideki Matsuyama, Jordan Spieth, Sergio Garcia, Jon Rahm et Brooks Koepka ont tous écrit de belles pages. Cependant, à la fin de la saison, les performances éclatantes de Justin Thomas pourraient bien peser lourd dans la balance pour en faire le « meilleur joueur de l’année ».

Du début à la fin, on aura entendu parler de JT en bien, et avec des scores impressionnants.

L’histoire ne fait que commencer

Crédit photo : Mark Newcombe à Charlotte

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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