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Justin Thomas remporte le WGC-Bridgestone Invitational 2018

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La montagne a accouché d’une souris. Le duel annoncé entre Justin Thomas et Rory McIlroy a très vite tourné à l’avantage de l’américain. Tout comme à Augusta, le nord-irlandais n’a pas pu trouver le solutions pour rapidement mettre la pression sur le leader. Le numéro deux mondial a patiemment construit sa victoire. Thomas avait pris trop d’avance. Tous les challengers se sont cassés les dents, mais un joueur a tout de même sauvé l’essentiel…le numéro un mondial, Dustin Johnson.

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En matière de tournois de golf, il y a un paramètre souvent évoqué par les professionnels : Se mettre dans le mix que l’on pourrait traduire par le « paquet ».

Les pros font ainsi référence au fait d’utiliser les trois premières journées d’un tournoi pour se placer idéalement dans la dernière ligne droite, à savoir le dernier tour.

Un peu à l’image des sprinteurs sur une étape du Tour de France, les trois premiers tours servent essentiellement à se placer suffisamment près de la tête, pour pouvoir lancer la dernière attaque.

Ce dimanche à Akron, un seul golfeur a véritablement réussi à se placer dans des conditions idéales : Justin Thomas.

Après trois cartes en 65, 64, et 67, Thomas avait trois coups d’avances sur le second, et finalement, on peut considérer qu’il était tout seul dans le paquet sur le parcours du Firestone Country Club.

Autant les premiers jours, les pros commentaient le fait que le parcours était inhabituellement souple, et tolérait beaucoup de bons coups, autant dimanche, il fallait être vraiment précis sur les mises en jeu, pour ne pas se retrouver d’un bord à l’autre du fairway.

Rickie Fowler qui avait pourtant réalisé une très bonne carte le samedi (65) a été un des premiers à se mettre en action pour tenter d’aller chercher le leader.

A l’image de l’ensemble des prétendants, il a très vite déchanté avec un score final de 73.

En cause, plusieurs mises en jeu qui se sont retrouvées trop à gauche dans le rough, lui fermant non seulement les meilleurs angles pour attaquer les greens, mais le privant aussi de contrôle de profondeur pour ses approches, alors que les positions de drapeaux n’étaient pas clémentes.

Il le précisait lui-même la veille, sur ce parcours, il faut impérativement viser le centre du fairway pour se mettre à l’abri d’une pente qui vous ramènerait sur un bord et dans une position plus compliquée.

Cela ne se voit pas forcément à la télévision, mais le parcours est très pentu, en même temps que très étroit avec ces belles rangées d’arbres qui compliquent sérieusement le jeu pour un long frappeur pas nécessairement précis.

Thomas avec trois coups d’avances n’avait pas vraiment besoin de prendre des risques outre-mesure, surtout que son principal rival, Rory McIlroy n’a pas été dans le grand jour espéré.

Comme à Augusta en avril dernier, il a fait illusion pendant quatre trous. Auteur d’un birdie dès le trou numéro deux (un par-5), il n’a pas pour autant repris de coups à son rival, qui en a fait de même, comme si les deux se marquaient à la culotte.

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Du trou cinq au dix, McIlroy va sortir du match avec quatre bogeys. Pendant le même temps, Thomas va relativement bien passer tous les pièges avec un seul bogey au six, le seul de sa journée.

Avant le retour, le match était déjà plié. Le danger ne viendrait pas de McIlroy.

Un peu plus tôt dans la journée, c’est un autre américain qui a commencé à susciter de l’intérêt.

Dustin Johnson, récent vainqueur de l’Open du Canada, et en bagarre avec Justin Thomas pour défendre son titre de numéro un mondial du golf, a sonné la charge avec sept birdies sur les neuf premiers trous. Avec un score de 29 sur l’aller, il s’est replacé dans le « paquet » des challengers, à défaut de celui du leader.

Toutefois, c’était un peu tard pour réellement chercher Thomas trop loin devant, mais très habile et suffisant dans la perspective des points au classement mondial OWGR.

En interview post-tournoi, Dustin Johnson pouvait se montrer heureux d’avoir largement signé la meilleure performance du jour (64), mais regrettait son début de tournoi qui ne l’avait pas placé dans le « mix ».

Dans une semaine, à Bellerive, pour le dernier majeur de la saison, le PGA Championship, ce sera justement son objectif absolu.

Sur les 9 derniers trous, alors qu’il avait réduit l’écart à trois coups avec Thomas, il n’eut plus la même réussite, et gâcha quelques occasions de birdies, mais sans trop de regrets. Il partait de trop loin pour réellement avoir une chance de gagner.

Un ultime bogey sur le 18, son seul de la journée lui coûta la deuxième place laissée à Kyle Stanley, l’autre surprise du tournoi.

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Personne ne l’a réellement vu venir, mais sur les quatre tours, il s’est montré l’un des plus réguliers, jouant toujours sous le par. Sans éclat comme Poulter, McIlroy ou Fowler, c’est pourtant lui qui terminera finalement à -11, à quatre coups de Thomas, seul sur son nuage.

Des challengers, McIlroy rapidement hors course, on a pensé un temps que Jason Day pourrait peut-être remonter le futur vainqueur.

L’australien en prise avec des difficultés récurrentes au driver a connu son état de grâce entre les trous 9 et 12.

Il a repris trois coups au futur vainqueur avant de littéralement exploser sur les derniers trous avec trois bogeys et un double. Il termine finalement dixième à -7.

Day, Fowler, McIlroy, Johnson, et on pourrait ajouter Poulter auteur d’un phénoménal 62 jeudi ou Olesen avec son 64 dimanche, tous les challengers partaient de trop loin dimanche pour réellement contester la victoire à un Thomas très patient, et plus régulier sur quatre tours.

« Je suis heureux de la façon dont j’ai joué ici. J’étais assez nerveux aujourd’hui, vraiment très nerveux. Le fait de rentrer le premier putt pour sauver le par sur le premier trou m’a fait beaucoup de bien. Puis le fait de faire birdie au second m’a calmé, et m’a lancé pour la journée. Il était difficile d’attaquer aujourd’hui. J’étais donc dans la meilleure position. Si le parcours et les positions de drapeaux avaient été les mêmes pendant les deux premières journées, j’aurais eu plus de mal à tenir trois coups d’avances. J’avais le sentiment que si je pouvais faire un bon nombre de PARs, j’aurais ma chance. »

Finalement assez patient et calme toute la semaine, Thomas a réalisé la semaine parfaite.

En progrès par rapport à son excellente saison 2017 où il avait justement remporté son premier majeur, cette saison, celui qui a pris un temps le rang de numéro un mondial, n’a manqué qu’un cut contre cinq l’an passé.

Il était certes mécontent de ces quatre derniers mois avec peu de bons résultats, toutefois, avec cette nouvelle victoire, sa première en championnat du monde, il est encore en course pour le titre de Joueur de l’année.

De son côté, Dustin Johnson en réalisant une excellente dernière journée, a assuré l’essentiel pour limiter le nombre de points que Thomas aurait pu lui reprendre au classement mondial.

La semaine prochaine, c’est surtout ce duel qu’il faudra scruter dans la perspective de la fin de saison, et du titre de meilleur golfeur de la planète.

Pour McIlroy, il reste du pain sur la planche pour passer d’un statut de challenger à celui qui renverse les situations, et gagner. Après Augusta, c’est une nouvelle cruelle désillusion avec le sentiment laissé d’être trop stressé par l’enjeu pour complètement libérer son jeu. 

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