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Justin Thomas peut-il être encore le meilleur golfeur de l’année en 2018 ?

Justin Thomas peut-il être encore le meilleur golfeur de l’année en 2018 ? - crédit photo : Mark Newcombe

Plus que la révélation de la saison 2017 de golf sur le PGA Tour, Justin Thomas a été sacré meilleur golfeur de l’année, et c’était bien mérité avec notamment une première victoire en majeur.  A seulement 24 ans, son niveau de performance rappelle celui des plus grandes légendes de notre sport.  Vainqueur du Honda Classic 2018, sa première victoire de la saison, peut-il être encore plus fort cette année ?

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Septième victoire pour son 31eme départ sur un tournoi du PGA Tour, ce n’est plus du hasard. Justin Thomas est bien l’un des leaders du golf professionnel actuel.

De nouveau numéro 3 mondial, devant son copain Jordan Spieth, Justin Thomas n’est pas encore le favori absolu du prochain Masters à Augusta, mais il s’en rapproche.

Il est seulement le troisième joueur des 30 dernières années à avoir complété 8 victoires avant l’âge de 25 ans.

Il serait « noir » et porterait une chemisette rouge le dimanche, on pourrait dire de lui qu’il est le nouveau Tiger Woods.

Talentueux, Justin Thomas l’est certainement. Aussi charismatique que Tiger, ce n’est pas certain.

Interrogé sur son niveau de jeu à Palm Beach « Etes-vous capable de mieux jouer que l’an passé ? », il a répondu « Oui, je crois. Je me sens très en confiance et dans tous les compartiments du jeu. J’ai l’impression que mon jeu est vraiment très bon en ce moment. »

Depuis le début de la saison, Justin Thomas était pourtant quelque peu en retrait par rapport à son début de saison 2017 marqué par deux victoires.

Privé de son cadet Jimmy Johnson, forfait en raison d’une blessure au pied depuis Hawaii, on a senti le champion un peu moins à l’aise, malgré le coup de main épisodique de Jim Bones MacKay, l’ancien cadet de Phil Mickelson pendant le tournoi des champions, justement en remplacement au pied levé de Johnson.

Il n’aura pas fallu longtemps au tandem reconstitué pour repartir de l’avant.

Auteur de 5 victoires en 2017, Justin Thomas a admis avoir interrogé ses camarades pour savoir comment gérer une saison 2018 où il se savait forcément attendu au tournant.

Comment ne pas passer par un sas de décompression ?

Au cours de l’été dernier, il avait admis avoir un peu souffert de stress, notamment pendant les week-ends de tournoi. Cela s’était ressenti avec des fins de parties hachées d’un point de vue du score.

Avec cette nouvelle victoire à Palm Beach, Justin Thomas concède que cela va lui enlever un poids des épaules. Cette question qui consiste à savoir si un champion peut confirmer l’année suivante.

« J’étais content de mon jeu et de ma régularité, mais sans victoire, j’étais constamment ramené à cette question sur la confirmation.  Je suis content de mettre cela un peu derrière moi. »

Décrit comme une véritable machine à birdie, « JT » n’est pourtant pas encore sur les standards de performance de son année passée.

En 2017, il était le deuxième pour la moyenne de birdies par tours (4,48 sur 18 trous), et troisième pour la moyenne de score (69,3). Il ne faut pas chercher très loin les raisons de ses multiples victoires.

Des performances qu’il faut forcément coupler avec sa tendance à taper très fort dans la balle avec le driver (8eme pour la longueur à plus de 282 mètres de moyenne), mais pas seulement…

Relativement imprécis au drive avec seulement 55% de fairways en régulation, l’américain compense surtout par un excellent petit jeu. Cela s’est d’ailleurs encore vu ce dimanche avec un nombre incalculable de coups de « recovery » avec un wedge depuis le rough.

Justin Thomas tape fort, mais il peut aussi lâcher fort à droite.

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Cependant, il excelle dans le petit jeu, notamment pour tous les coups entre 45 et 110 mètres.

A cette distance, il met la balle en moyenne à moins de 4,5 mètres du trou. Il est le plus fort du circuit dans ce domaine.

Il n’est pas seulement le plus fort sur le papier et en statistiques. Il prouve sur les parcours les plus difficiles de la planète, comme Quail Hollow  quand il a remporté le PGA Championship, mais encore ce week-end, en battant Luke List en play-off sur le parcours du Honda Classic, le PGA National réputé pour être l’un des plus difficiles de la saison régulière.

Tout le week-end, les pros du tour ont bataillé avec des vents violents pour ne pas envoyer leurs balles dans les nombreux obstacles en jeu.

Sans oublier que le niveau de sable dans les greens rendait encore plus compliqué le chipping et le putting.

Pas forcément le plus précis au drive, c’est même un euphémisme, Justin Thomas n’a pas pris un seul coup de pénalité de toute la semaine, et pourtant, il a parfois flirté avec la limite du fairway.

Pour son coach et père, Mike Thomas, il n’a tout simplement commis aucune faute, le considérant malin mais pas nécessairement conservateur ou prudent dans sa stratégie.

Sur le dernier trou, alors au coude à coude avec Luke List, il a envoyé son drive dans le rough à droite, pour taper ensuite une merveille de gap wedge à 106 mètres et sauver les meubles en vue d’un play-off.

Sur le trou suivant, le premier du play-off, il n’a pas changé son approche tactique alors que Luke List a immédiatement “craqué” avec un drive à droite, puis une approche à gauche du green.

En fin de journée, avec moins de luminosité, il a tapé un bois 5 pour tenter d’atteindre le drapeau à 236 mètres devant lui avec de l’eau à passer. C’était plutôt courageux pour ne pas dire impétueux.

Derrière, il ne lui a fallu que deux putts pour parcourir 12 mètres de green et gagner.

“Dans ces conditions, il ne faut pas avoir peur d’attaquer” commente Rickie Fowler, tenant du titre.

Poursuivant “Parfois, il faut savoir aller chercher sa chance pour assurer une victoire. Les victoires ne vous sont pas données. Il faut aller les chercher.”

Si Justin se sent de nouveau en pleine confiance, son jeu n’est pas encore aussi parfait qu’il l’était en 2017.

Comme vu plus haut, son début de saison a même été timide par rapport à ce qu’il a été capable de réaliser.

Avec 4,5 birdies par tour en moyenne, cela reste d’un niveau excellent.

Sa moyenne de distance au drive est même légèrement supérieure du fait de la configuration des parcours déjà joués en 2018 (287 mètres de moyenne), mais son petit jeu n’avait pas été aussi spectaculaire jusqu’au Honda Classic.

Comme si la machine à birdie venait tout juste de se remettre en place, et comme par hasard, depuis le retour de Jimmy Johnson à ses côtés.

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Une statistique illustre ce léger retrait de Justin Thomas ou ce manque de temps de chauffe : Ses approches entre 45 et 115 mètres qui sont en moyenne de 6,4 mètres au lieu de 4,5 mètres l’an passé.

Alors, d’un simple point de vue comptable, le jeu de Justin Thomas n’a pas réellement changé entre 2017 et 2018, les fondamentaux sont toujours là, mais il n’est pas encore dans sa zone d’excellence, ou en tout cas pas jusqu’à ce week-end…

Driving surpuissant, jeu de wedges ultra précis à 50-100 mètres, la « hot zone » du score sur le PGA Tour, Justin Thomas n’a pas pour l’instant besoin d’être l’un des dix meilleurs putters du tour pour gagner.

Pour Augusta, il lui faudra peut-être un peu plus, mais pour remporter encore trois à quatre tournois supplémentaires cette année, son jeu paraît donc en place.

A seulement 24 ans, sa marge de progression peut laisser penser qu’il pourrait faire encore mieux cette année ou les suivantes.

C’est surtout la réponse de la « concurrence » qui va être intéressante avec Dustin Johnson, Jordan Spieth, Jon Rahm ou peut-être même Tiger Woods, déjà 12eme sur ce tournoi, et dans le PAR !

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