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Justin Rose : Dans le cercle très fermé des doubles vainqueurs de tournois

Justin Rose : Dans le cercle très fermé des doubles vainqueurs de tournois - crédit photo : Getty Images

Double vainqueur du HSBC Champions en Chine et de l’Open de Turquie en moins de dix jours, le finaliste malheureux du derniers Masters d’Augusta, se rappelle à notre bon souvenir. Golf-trotteur capable de performer sur tous les continents, Justin Rose semble atteindre à 37 ans la plénitude de son talent. Son ambition est intacte malgré déjà 20 ans de carrière. Il veut encore gagner une veste verte et une « Claret jug », le trophée remis au vainqueur de The Open.

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Quel est le meilleur golfeur anglais du moment ? A en juger par le classement à l’ordre du mérite, Justin Rose est largement le premier actuellement, dans sa position de numéro 6 mondial, devant Paul Casey, Tyrell Hatton ou encore Tommy Fleetwood.

De sa génération, seul Paul Casey arrive encore à vraiment suivre le rythme.  Lee Westwood, Ian Poulter et Luke Donald, ses ainés semblent petit à petit glisser hors du top-50 mondial.

Justin Rose incarne à lui tout seul ce que le golf anglais peut offrir de mieux. Champion majeur à l’occasion de l’US Open 2013, c’est surtout sa médaille d’or à Rio qui lui a conféré un statut particulier.

Si McIlroy ne jure que par une victoire en majeur, Rose peut quant à lui afficher une rareté à son cou, et pour un golfeur. Des champions en majeur, il en y a quatre par an tous les ans. Un médaillé olympique ? Il n’y en a qu’un seul et pour quatre ans.

Depuis son titre au Brésil, Justin Rose a continué sur sa lancée avec un final exceptionnel contre Sergio Garcia à Augusta en avril dernier.

Les deux hommes méritaient la victoire, et tous deux ont fait preuve d’une très grande sportivité.

Mais cela, les connaisseurs le savaient déjà.

Il faut dire que cela une bonne vingtaine d’année que « Rosey » est passé pro (1998).

Natif de Johannesburg, repéré pour avoir terminé quatrième du British Open 1998 alors toujours amateur, si ses débuts professionnels ont été difficiles avec 21 cuts manqués, il s’est toujours accroché pour finir par devenir le top-player imaginé à partir de 2002, année où il remporte sa première victoire significative au Dunhill Championship.

A partir de 2005, il se concentre sur le PGA Tour, soit 7 ans après avoir débuté chez les pros.

Aujourd’hui, Rose partage son agenda des deux côtés de l’Atlantique, ce qui lui confère un de ses rares statuts de champion international.

8 fois victorieux sur le PGA Tour, son doublé HSBC-Champions/Open de Turquie lui apporte ses 10 et 11eme victoire sur le circuit européen.

Comme le bon vin, Rose se bonifie avec le temps.

En 2017, c’est la troisième fois de sa carrière qu’il remporte à la fois un tournoi comptant pour l’European Tour, et un pour le PGA Tour la même année.

Comme il l’expliquait quelques années plus tôt « Il ne faut pas croire que gagner une première victoire permet de passer un cap, si vous n’en gagnez plus derrière régulièrement. Il faut gagner tous les ans pour que la confiance perdure. »

Pilier de l’équipe Européenne de Ryder Cup, Rose affiche des statistiques exceptionnelles dans cette compétition, sans pour autant avoir la même aura qu’un Poulter, un Garcia ou un McIlroy.

Pourtant, il est invaincu en simple, pour seulement une défaite en foursome, et deux en quatre balles. Il compte déjà 9 victoires sur 14 matchs !

A Paris dans un an, il y a de grandes chances qu’il soit un des leaders de l’équipe européenne.

Sauf cataclysme, il devrait toujours être associé à son caddie depuis neuf ans, Mark Fulcher, un homme qui a donc compté dans son parcours.

Sauf cataclysme, il devrait toujours être associé à son caddie depuis neuf ans, Mark Fulcher, un homme qui a donc compté dans son parcours.

En cette année de séparations retentissantes entre pros et caddies (McIlroy et Fitzgerald, Day et Swatton, ou encore Mickelson et McKay), la paire Rose-Fulcher fait office de couple solide et toujours très uni.

Ensemble, ils ont gagné l’US Open, la médaille d’or à Rio et la plupart des victoires de l’anglais sur les deux circuits.

Au cours du Turkish Airlines Open, Rose l’a emporté au mental en play-off contre Colsaerts et Frittelli.

C’est le golfeur qui a enquillé trois birdies sur les quatre derniers trous dont le putt de 3,65 mètres pour la gagne, mais c’est bien l’expérience de l’homme sur son sac qui a aidé Rose à rester parfaitement concentré sur l’objectif.

Après la victoire, on a appris que pendant les 9 derniers trous, le caddie avait glissé à son boss « Fais juste confiance à ton expérience. »

Rose en a déduit que son caddie avait senti sa frustration de ne pas avoir rentré des birdie sur les trous 13 et 14, et qui auraient pu être décisifs pour la victoire finale.

C’était la façon de Fulcher d’inviter son boss à rester dans la partie.

« Vous n’avez pas toujours besoin de faire birdie à tous les trous pour gagner. Parfois, vous n’êtes pas obligé de faire autant que ce que vous imaginez. »

Gagner un tournoi de golf est quelque chose de très difficile.

En gagner deux de suite, n’est réservé qu’à une élite, une poignée de joueurs, les meilleurs des meilleurs. Rose fait désormais partie de cette catégorie.

Il aurait pu porter la veste verte tout au long de cette année.

Il lui a manqué un peu de chance. Depuis, il semble bien se rattraper pour démontrer qu’il fait partie de l’élite.

Très lucide « Le parcours ne sait pas que j’ai gagné la semaine dernière », il ajoute « donc je suis venu en Turquie avec une toute nouvelle attitude. Le parcours ne sait pas que j’ai 37 ans, que je suis pro depuis un sacré paquet de temps ou que j’ai le meilleur classement de tous les joueurs présents. Le parcours s’en moque. »

Pour parvenir à ce résultat, Justin Rose a eu besoin de se construire un swing et un putting capable de résister aux plus fortes pressions.

« Cela a été 20 ans d’un dur labeur. J’ai vraiment beaucoup travaillé. »

« Cela a été 20 ans d’un dur labeur. J’ai vraiment beaucoup travaillé. »

Déjà assuré de faire partie de l’équipe européenne de Ryder Cup en septembre prochain, toujours humble, pour Rose, gagner aujourd’hui était la clé pour assurer très tôt sa présence dans l’équipe de Thomas Bjorn, mais ce n’est pas ce qui fera gagner des points le jour J.

Plus mature, un leader en fait, Rose n’ira pas en Afrique du Sud dans le cadre du Nedbank Golf Challenge cette semaine afin d’essayer de grappiller encore plus de points à la Race.

Deuxième du classement, à seulement 135 000 points d’un leader que l’on pensait pourtant indéboulonnable, son compatriote Tommy Fleetwood, justement titré à l’Open de France, Rose pourra jouer son va-tout sur la dernière épreuve au DP World Championship.

La tentation était forte d’essayer d’enchaîner trois semaines consécutives. Cela aurait signifié rogner du temps en famille aux Bahamas.

A 37 ans et après 20 ans de carrière, il considère que cela n’aurait pas été un bon calcul pour lui, que cela ne marche pas pour lui.

Au contraire, il veut être frais pour le dernier tournoi de la saison à Dubaï, épreuve où il a déjà terminé deuxième à deux reprises, notamment en 2012 dans un final mémorable.

En arrivant sur le dernier trou, leader avec deux coups d’avances, il rentra un ultime birdie, sûr de pouvoir l’emporter. Finalement, McIlroy qui jouait plus loin termina sa partie avec cinq birdies consécutifs pour le battre sur le fil, et sans qu’il ne puisse rien y faire.

Depuis Rose s’est créé un beau palmarès avec plusieurs victoires importantes dont deux championnats du monde WGC.

Pour son caddie « Quand vous passez beaucoup de temps avec quelqu’un, que vous passez ensemble des batailles sur et en-dehors du parcours, vous développez un lien spécial. » ajoutant « Je pourrai marcher sur le feu pour Rosie. »

Après Faldo, l’Angleterre qui a longtemps cru que Westwood serait son nouveau champion, ne devrait pas oublier que Justin Rose est aujourd’hui son meilleur ambassadeur, sous prétexte que c’est un champion discret, presque trop discret…

Un champion qui a toujours pour objectif de remporter une veste verte, et une Claret Jug. Des objectifs qui semblent complètement à sa portée.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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