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Justin Rose déjà vainqueur à Torrey Pines avec ses nouveaux clubs

Magistral Justin Rose déjà vainqueur à Torrey Pines avec ses nouveaux clubs - Crédit photo : Alan Smith/Icon Sportswire

On a connu par le passé des adaptations ou des changements de clubs plus difficiles pour les golfeurs professionnels. Le Justin Rose « new look » de 2019 a repris les bonnes habitudes du Justin Rose habillé Adidas et drivant du TaylorMade de 2018, à savoir gagner ! Au moment de sa victoire en Turquie, Rose avait déjà envoyé un message très impressionnant, mais le champ de joueurs n’était pas encore comparable à celui du Farmers Insurance Open, disputé à Torrey Pines en Californie. Devant McIlroy, Rahm ou Day, l’anglais de 38 ans a démontré beaucoup d’autorité.

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Dixième victoire sur le tour pour Justin Rose et première avec un driver, et une série de fers Honma, un scénario qui semblait plus qu’improbable trois mois en arrière.

Non seulement, Rose a quitté ses clubs et son équipementier de toujours, mais il n’a pas connu une période d’adaptation ou de décompression.

Avant lui, McIlroy quittant Titleist pour Nike avait mis plusieurs mois avant de retrouver son jeu. Plus récemment, Sergio Garcia passé de TaylorMade à Callaway, était passé du statut de vainqueur du Masters à éliminé piteusement après deux tours sur le même tournoi…

Les exemples de golfeurs dont le jeu se délitent au moment de changer de clubs sont légions. Il y a bien entendu beaucoup de psychologies chez un joueur de golf, surtout quand il s’est habitué à une marque pendant des années, et des années.

Justin Rose démontre que pour lui, il n’en est rien, et qu’il n’a surtout pas de temps à perdre après une année à se rapprocher lentement mais surement du Saint-Graal, le titre de meilleur golfeur de la planète.

Qui aurait parié sur un Rose numéro un au début de 2018 ?

Dustin Johnson, Brooks Koepka, et Justin Thomas semblaient alors mieux armés, et puis Rose était souvent abonné aux places d’honneurs, et pas forcément toujours celui qui prenait toute la lumière sur lui.

Progressivement, les choses ont changé, et Rose de démontrer que comme le bon vin, un golfeur talentueux peut se muer en machine à gagner.

Depuis sa médaille d’or olympique, Rose a pris une nouvelle dimension.

Jusque-là, sa carrière était bien réussie, mais pas de là à en faire le « boss » du golf mondial, même si l’US Open 2013 l’avait consacré champion majeur.

L’homme aux 540 tournois disputés à travers le monde depuis 1997 n’a jamais connu une seule saison tronquée par une longue blessure.

Régulièrement dans le top-10 mondial depuis 2012, il est avant-tout l’exemple même de la régularité.

Son jeu est un exemple de régularité. Sa carrière est à l’image de son jeu.

Son jeu est un exemple de régularité. Sa carrière est à l’image de son jeu.

Depuis deux ans, et Rio, il dégage une plus grande force mentale, terminant au moins une fois sur deux, dans les dix premiers de chaque tournoi qu’il dispute.

Rose n’est définitivement plus « First In First Out » un des surnoms que ses collègues lui avaient donné alors qu’il manquait cut sur cut à ses débuts professionnels, et alors que TaylorMade, par l’intermédiaire de Mark King avait vu en lui le futur roi du golf.

King a eu la bonne vision. Elle a juste mis plus longtemps que prévu pour s’accomplir.

Ce week-end à Torrey Pines, en endroit privilégié non loin de San Diego, Rose a fait étalage de sa grande solidité, en tout cas sur les 49 premiers trous du tournoi.

Avec 5 coups d’avances sur le second, il avait contredit la règle locale qui voulait que souvent le leader soit lessivé par le parcours sud lors du dernier tour (Torrey Pines compte deux parcours, le nord et le sud).

Les 5 derniers vainqueurs du Farmers Insurance Open sont tous venus de derrière lors de la dernière partie.

Sur les 9 trous de l’aller, « Rosie » a semblé donner corps à la prophétie.

D’autant que si on regarde ses statistiques en matière de victoire avec la position de leader dans le dernier tour, elle n’était jusque-là pas flatteuse.

Sur 15 opportunités, il n’en avait converti jusqu’à présent qu’une seule !

Pour les golfeurs professionnels, la difficulté, c’est qu’il y a toujours un challenger qui joue le feu et n’a rien à perdre, au contraire du leader, qui lui ne peut pas faire cette erreur qui peut mener à un double-bogey.

C’est l’éternelle histoire de l’attaquant et du défenseur…

Et Rose a bien senti le poids de la pression à Torrey Pines.

Dès le premier trou, il a manqué le fairway qui pourtant vous paraît si large quand vous êtes sur le tee de départ. Vous jouez face à l’océan. Il suffit de taper vers le bleu, et pourtant…

En 5 trous, Rose avait déjà perdu trois bogeys.

Au 6, Rahm rentrait un birdie qui semblait changer la donne, et en tout cas, les positions au leaderboard.

C’est à ce moment précis, que Rose a décidé de tirer un trait sur sa carte pour changer de registre, et passer du défenseur à l’attaquant.

Mis à part un Adam Scott retrouvé avec un tout nouveau grip de putting, il signa tout de même 4 birdies sur les 4 derniers trous, personne ne put reprendre l’anglais sur la ligne d’arrivée.

Au passage, et malgré un petit cafouillage finalement anecdotique sur 9 trous, Rose a battu le record du score le plus bas sur le Farmers Insurance Open.

Alors que jusqu’à présent le scepticisme dominait pour son choix de clubs, Rose a envoyé un sacré message sur la relativité de l’équipement de golf pour un joueur en pleine confiance.

« J’ai pris la décision car c’était la bonne direction à prendre pour moi. J’ai senti que la marque Honma pourrait me faire les clubs que je voudrais jouer pour les quatre ou cinq prochaines années. »

Il a sans doute et surtout été convaincu par Mark King, l’homme qui avait déjà cru en lui, 20 ans en arrière pour l’attirer chez TaylorMade.

King savait qu’en rééditant le coup, lui ne prenait pas beaucoup de risque de se tromper avec un joueur capable de se classer huitième pour les fairways en régulation et second pour les greens en régulation sur les parcours de Torrey Pines.

Peu importe qu’il ne joue pas (encore) la balle ou le putter Honma, Rose est une publicité ambulante pour le driver et les fers, et cela suffit au bonheur de la marque japonaise.

Alors qu’il utilise encore des bois de parcours TaylorMade hors de son contrat avec Honma, Rose a précédemment révélé qu’une des raisons qui l’ont poussé à accepter la proposition d’Honma, était le fait d’avoir la possibilité de ne pas signer justement un contrat exclusif pour 14 clubs, et notamment pour… le putter.

Au-delà de l’argent qui ne peut pas être un élément occulté dans ce type de situation, Rose veut gagner d’autres majeurs, et avoir plus de liberté dans le choix de son matériel de golf.

Il a donc sélectionné un putter Axis1 fabriqué par une société à Boston, qui prétend produire des putters parfaitement équilibrés, pour plus de consistance à l’impact.

Il a donc sélectionné un putter Axis1 fabriqué par une société à Boston, qui prétend produire des putters parfaitement équilibrés, pour plus de consistance à l’impact.

Ce putter aurait dicté le choix de Rose qui ne pouvait pas avoir, selon lui, cette liberté avec TaylorMade pour deux raisons.

« Cela a été le gros facteur de choix pour passer chez Honma. Je voulais avoir cette flexibilité dans le choix du putter. »

En réalité, Rose, comme d’autres joueurs avant lui, voulait pouvoir directement participer à la conception de ses clubs, comme par exemple, Mickelson chez Callaway.

Rose reconnait que TaylorMade a aujourd’hui un staff de recherche et développement conséquent, et qu’il y a peu de place pour lui dans la création des nouveaux clubs.

« Il y a certains éléments sur lesquels on peut avoir une influence, mais leur équipe est si solide, et ils travaillent tellement des années en avance… » Comprenez que Rose voulait un statut de star reconnue alors que chez TaylorMade, il y avait déjà Woods, Johnson, Day, Rahm et McIlroy.

Rose ne voulait plus être la sixième roue du carrosse…

Au contraire, le fait de participer à la conception des fers Honma lui a paru beaucoup plus amusante. « J’étais capable de les faire ressembler à ce que je voulais, ce qui est vraiment génial. »

Difficile à croire, en si peu de temps entre juillet et décembre 2018, en partant du principe que Rose et King s’étaient entendus en avance sur cette hypothèse du passage de TaylorMade à Honma.

Visiblement, l’arrivée de Woods chez TaylorMade a fait des dégâts parmi les figures historiques. En moins d’un an, Garcia et Rose ont donc quitté un navire qu’ils occupaient depuis près de 20 ans.

Quoi qu’il en soit, Rose démontre effectivement une aisance incroyable avec ses nouveaux clubs, et si peu de temps après avoir changé.

Dans une période faste depuis les play-offs de la Fedex Cup 2018, Rose semble même avoir fait un petit écart au classement mondial.

Après des mois de chaise musical, et malgré le retour au 12eme rang mondial du Tigre sans sa chemise rouge sur un dernier tour à Torrey Pines, un événement, le golf semble enfin s’être trouvé un patron stable, pour au moins quelques semaines.

Moqué à ses débuts par ses pairs, « Rosie », un surnom bien plus affectueux a gagné le respect des meilleurs, dont McIlroy qui vante les qualités mentales de l’anglais.

Alors que Bryson DeChambeau, membre du top-5 mondial montre aussi des dispositions incroyables depuis six mois, c’est pour l’instant le duel à distance qui semble prendre forme pour les semaines à venir, et alors que Dustin Johnson, Brooks Koepka ou Justin Thomas semblent un peu en retrait.

Le prochain Masters d’Augusta risque d’être comme toujours particulièrement palpitant…

Crédit photo : Alan Smith/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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