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Justin Rose, nouveau numéro un mondial de golf en 2018 : Une ascension régulière depuis 20 ans

Justin Rose, nouveau numéro un mondial de golf en 2018 : Uune ascension régulière depuis 20 ans

Malgré une défaite pour un cheveu ou plutôt un petit putt sur le très arrosé parcours du Aronimik Golf Club près de Philadelphie, Justin Rose est devenu pour la première fois de sa carrière, numéro un mondial de golf, détrônant Dustin Johnson et supplantant Brooks Koepka et Justin Thomas, deux des principaux animateurs de la saison 2018. Vingt ans après ses débuts remarqués sur le British Open, Justin Rose est enfin devenu le meilleur golfeur de la planète. Une juste récompense pour l’un des golfeurs les plus réguliers de ces dix dernières années. Peut-il durer dans le costume du patron ?

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Faldo, Westwood, Donald, et maintenant Justin Rose, l’Angleterre peut désormais compter quatre golfeurs arrivés au moins une semaine au sommet du classement de l’ordre du mérite golfique mondial (OWGR).

Depuis le premier classement en 1986, Rose devient le 22eme golfeur à pouvoir se targuer d’avoir été numéro un mondial, au moins une fois dans sa vie.

A la différence de sports où le numéro un est consacré seulement à la fin de la saison, comme par exemple en Formule 1, au golf, vous pouvez devenir numéro au cours de la saison, et n’occuper ce rang qu’une seule semaine. C’est notamment arrivé à l’américain Tom Lehman.

A l’inverse, Tiger Woods a été le plus long à s’y maintenir avec 683 semaines.

Les anglais prédécesseurs de Rose ont plutôt eu l’occasion de durer à l’image de Faldo (97 semaines), Donald (56 semaines), et Westwood (22 semaines).

Pour la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rio, c’est surtout l’accomplissement d’une belle carrière chez les professionnels, et même une récompense logique pour celui que le monde du golf a découvert en juillet 1998, alors amateur, il avait créé la sensation en terminant quatrième du majeur britannique.

TaylorMade s’était empressé de lui faire signer un gros contrat voyant dans le natif de Johannesburg en Afrique du Sud, un futur crack du golf mondial.

Olivier Raynal se souvient qu’à ses débuts, Rose était moqué par ses camarades golfeurs professionnels. « Rose in…Rose out » en référence à la formule de logistique bien connu « First in…first out », faisant référence au premier entré, premier sorti.

Après la signature de son contrat en or avec TaylorMade, ce qui n’était pas si familier à l’époque pour un rookie malgré Woods, Rose avait tout simplement manqué 21 cuts consécutifs chez les professionnels, avant d’enfin performer.

Le prodige était directement entré dans la difficulté du golf de haut niveau, avec ses moments d’ingratitudes.

Vous connaissez peut-être la suite. Il s’est accroché et a fini par gagner son premier tournoi en 2002. A la fin de cette première année aboutie, il était passé du 165eme rang mondial au 39eme.

Depuis, il n’a plus jamais quitté le top-120 mondial, ce qui lui confère une certaine longévité au plus haut du classement.

A partir de 2010, l’anglais a régulièrement pointé le bout de son nez aux portes du top-10, progressant de manière constante, et jusqu’à faire partie des 6/8 meilleurs golfeurs de la planète, et un membre régulier de l’équipe européenne de Ryder Cup.

Depuis cette date, il a toujours gagné au moins un tournoi dans la saison pour monter même jusqu’à trois en 2017, la marque des très grands champions de golf.

A Paris, il sera justement le leader, non seulement de l’équipe, mais probablement sauf changement au Tour Championship, le numéro un. On n’oubliera pas sa performance à Medinah contre Phil Mickelson où deux putts sur les trous 17 et 18 lui ont permis de rapporter le point décisif pour la victoire.

Vainqueur de 9 tournois sur le PGA Tour, et 11 sur l’European Tour, auxquels il faut ajouter une médaille d’or Olympique, Rose fait tout simplement partie des meilleurs palmarès du golf mondial.

Dans le staff TaylorMade, au moment des présentations des nouveaux produits mettant en scène McIlroy, Johnson, Day ou Rahm, il paraît légèrement en retrait, comme s’il n’assumait pas encore complètement son rang.

Il compte pourtant une victoire en majeur à l’occasion de l’US Open 2013, et a bien failli ajouter une veste verte à son palmarès à l’occasion du match contre Sergio Garcia en 2017, sans doute le meilleur moment de l’année.

Il compte pourtant une victoire en majeur à l’occasion de l’US Open 2013, et a bien failli ajouter une veste verte à son palmarès à l’occasion du match contre Sergio Garcia en 2017, sans doute le meilleur moment de l’année.

C’est peut-être l’histoire de sa carrière. Rose annoncé brillant très tôt, n’y croyait peut-être plus trop.

A 38 ans, voyant arriver la nouvelle génération, peut-être ne s’imaginait-il plus en mesure de prendre un jour le fauteuil du big boss, surtout qu’il a connu la génération ou pardon domination Tiger Woods.

« Réussir à atteindre le rang de numéro un est incroyable. Je peux déjà dire de ma carrière que j’aurai été numéro un mondial ou le meilleur joueur du monde. » Cette phrase suffisait à effacer la déception d’une défaite en play-off contre Keegan Bradley, pendant la troisième levée des play-offs de la Fedex Cup.

« J’aurai réussi à atteindre le sommet du jeu, et cela restera assurément une consolation. »

A la différence de Brooks Koepka, vainqueur spectaculaire de deux majeurs cette année (US Open, et US PGA) ou de Dustin Johnson et Justin Thomas, les trois américains qui dominaient jusqu’à présent le classement mondial, Rose a été un peu moins en vue, mais diablement plus régulier.

Il a gagné le Fort Worth Invitational ce qui lui a permis de sauter de la cinquième place mondiale à la troisième. Surtout, il a cumulé les places de second depuis le milieu de l’été, et une belle performance sur The Open à Carnoustie.

Quatrième pour l’année de ses débuts, il n’avait jamais plus fait mieux, et cette seconde place derrière Molinari aura compté dans la quête du titre de numéro un mondial, surtout suivie par deux autres secondes places consécutives, et pendant les Play-Off de la Fedex Cup.

Rose est d’ailleurs depuis au moins deux ans, un des principaux animateurs de la fin de saison, que ce soit aux USA ou sur le circuit européen, comme s’il se programmait pour être plus en forme sur les derniers gros tournois.

En dehors d’une victoire en majeur, il y a fort à parier que l’anglais se donnait pour objectif de gagner une Fedex Cup ou une Race To Dubaï. Il a failli y parvenir l’an passé.

La saison 2018 n’est pas tout à fait terminée. Paradoxalement, sa saison 2018 n’est pas la meilleure de sa carrière. En 17 tournois, il n’a manqué qu’un cut, récemment au Northern Trust.

En 2017, ses trois victoires et trois secondes places ne lui avaient offert que le sixième rang mondial en fin de saison.

Cette année, il bénéficie d’une saison rythmée par un match à trois entre Dustin Johnson, Justin Thomas, et Brooks Koepka, mais il faut aussi l’admettre une forme de manque de leadership.

Autant en 2017, Dustin Johnson a été rayonnant et dominateur, autant cette année, le boss du circuit n’a brillé que par intermittence, ouvrant la porte à ses rivaux.

Efficace en début de saison et au cœur de l’été, Dustin Johnson n’a pas pu faire le plein de points pendant ses temps forts, et a semblé un peu décroché le reste du temps, comme si son année de rêve en 2017 devait rester un surrégime.

Sous la menace de Justin Thomas, il a laissé son fauteuil deux semaines avant de remporter son deuxième succès de l’année au Fedex St.Jude Classic.

Paradoxalement, il a remporté trois victoire sur des tournois d’importances moyennes quand Rose ou Koepka faisaient le plein en majeurs ou sur les championnats du monde.

Dans l’état actuel du classement, et connaissant la motivation supérieure de Dustin Johnson pour être le numéro un absolu, il n’est pas dit qu’il ne gagne pas à nouveau d’ici à la fin de l’année.

Il semble justement cette année plus en réaction par rapport à une saison 2017 dominée comme rarement, et mis à part un accident au Masters.

Aux points, le classement de Rose ne tient qu’à un fil. C’est d’ailleurs valable pour Dustin Johnson, ex-aequo avec son copain Brooks Koepka.

Rose sait en réalité que son rang est fragile. Une victoire au prochain Tour Championship pourrait lui apporter du répit.

Alors qu’il ne reste plus beaucoup de tournois, la place de numéro un mondial semble surtout fragile quel que soit le locataire, signe qu’en 2018, personne ne s’est réellement imposé.

Crédit photo :  Fred Kfoury III/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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