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Justin Kleinert – Ingénieur TaylorMade: Pousser les limites le plus loin que nous le pouvons!

Justin Kleinert – Ingénieur TaylorMade : Pousser les limites le plus loin que nous le pouvons !

A la suite de la présentation des nouveautés 2019 pour la marque TaylorMade, nous avons organisé l’interview exclusif de Justin Kleinert, ingénieur de la marque en charge des drivers et bois de parcours, pour lui poser nos questions sur la Speed Injection, les nouveaux drivers M5 et M6, et en fait, la philosophie de la marque pour tenter de vous convaincre d’une amélioration de la performance. Cet entretien a été intégralement filmé par notre équipe, et comme pour les autres contenus tournés à Carlsbad, au siège de TaylorMade, il fera l’objet d’une vidéo sur JeudeGolf.tv.

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La journée de présentation passée chez TaylorMade, à Carlsbad, en Californie a commencé par une conférence animée par chaque ingénieur en charge d’une gamme de produits.

Justin Kleinert que j’avais déjà rencontré en 2017, et déjà au siège de la marque, a semble-t-il pris du galon, pour monter en première ligne, défendre les innovations du service Recherche Et Développement.

Bonjour Justin, merci de nous recevoir au sein de votre département produits chez TaylorMade, avant de commencer, pouvez-vous vous présenter au public français, et nous expliquer votre fonction ?

Je suis Justin Kleinert. J’occupe la fonction d’ingénieur principal dans le département des drivers et bois de parcours. En résumé, à chaque fois qu’un sujet sur les bois de parcours arrive auprès de notre équipe, c’est à moi de proposer des nouvelles idées.

Pour mon parcours professionnel et ma formation, j’ai un master en mécanique et ingénierie. Avant de rejoindre TaylorMade, j’ai passé six ans à travailler dans l’industrie de la Défense, particulièrement sur les bateaux, les avions et les missiles.

Oh, du coup, vous restez vraiment dans le domaine de la balistique ! Donc, cette année, vous avez deux nouveaux drivers M5 et M6. Finalement, pourquoi sortir de nouveaux drivers ?

Je pense que le but pour nous cette année était de trouver une solution par rapport au fait qu’en matière de production, il y a toujours des déviations par rapport à ce qui était programmé à l’origine, et notamment s’agissant de la performance globale.

Beaucoup de gens pensent que les drivers ont atteint une limite dans le domaine des gains de distances. C’est peut-être vrai pour un certain nombre d’entre eux, mais pas forcément pour tous les drivers.

Nous voulions donc traiter la déviation entre la performance théorique d’un driver, et ce qui peut être fabriqué.

Nous voulions donc traiter la déviation entre la performance théorique d’un driver, et ce qui peut être fabriqué.

Partant de là, la question pour nous était de savoir comment nous pouvions emmener plus de drivers plus près des limites possibles. Et c’est vraiment là que la Speed Injection rentre en ligne de compte.

Alors justement, pouvez-vous nous expliquer, ce qu’est la Speed Injection ?

La speed Injection est ce que vous allez voir sur la face du club, et notamment les deux points/ports situés vers le talon et vers la pointe.

Ce que nous avons fait correspond à prendre notre face la plus flexible de même que notre système Hammerhead 2.0 (principe du marteau) pour les faire passer au-dessus de la limite autorisée par l’USGA.

De là, nous injectons de la résine au talon et en pointe sur la face, pour ramener la performance du club sous la limite autorisée.

De là, nous injectons de la résine au talon et en pointe sur la face, pour ramener la performance du club sous la limite autorisée.

Vous faites cela pour chaque driver ? Est-ce que c’est le même process ? Comment cela marche ?

C’est bien le même process de fabrication pour chaque driver. Chaque club est mesuré avant que cette opération ne soit réalisée.

A la fin de la procédure, sauf l’injection de la résine, tous les drivers sont mesurés, notamment au niveau de leurs performances. Les données sont remontées dans un cloud (nuage de données).

Grâce à un algorithme que nous avons développé au sein de ce cloud, nous sommes capables de déterminer pour chaque driver, le montant exact de résine à injecter aussi bien en talon, et en pointe.

La machine prend alors le relais. C’est en fait tout le process.

Nous mesurons ensuite quelques têtes pour déterminer si nous avons bien un écart entre l’avant/après, et conforme à ce que nous attendions.

Cette nouvelle information est renvoyée dans l’algorithme pour qu’il en tienne compte pour la suite, et que nous avancions.

Quand vous dites que vous allez au-delà de la limite, vous parlez bien du COR (coefficient de restitution) ?

Nous regardons tous les termes légaux s’agissant de le performance d’un driver. Comme je l’expliquais dans la présentation, nous allons au-delà de la limite, et nous ramenons ensuite le club dans ce qui est autorisé par rapport au COR.

Il semblerait que vous ayez aussi changé le rail en forme de Y situé sous la semelle. Pourquoi un tel changement ?

Nous l’avons changé et appelé Y-Track inversé, ce qui signifie qu’il n’y a pas changement d’avant en arrière. Vous allez surtout voir que ce que nous avons fait permet de laisser plus de places aux réglages à l’arrière de la tête.

Le but ici était de promouvoir plus de réglages possibles du talon à la pointe, par rapport à l’ancienne Y-Track.

Ainsi, nous proposons plus de mouvements possibles du talon à la pointe (au moins 25%), sans perdre l’ajustabilité d’avant en arrière.

Ainsi, nous proposons plus de mouvements possibles du talon à la pointe (au moins 25%), sans perdre l’ajustabilité d’avant en arrière.

Quelles sont les principales différences ou gains de performances du M5 et du M6 par rapport au M3 et au M4 ? Le M5 étant le plus ajustable des drivers TaylorMade…

Le gain principal va être que vous allez gagner plus de vitesse de balle à l’impact. La technologie de Speed injection est à propos de vitesse.

Et ce gain de vitesse va beaucoup venir du fait que le COR sera dans les faits plus élevés, alors que le sweet spot sera plus large.

Est-ce que cela revient à dire que le smash factor va augmenter pour tous les golfeurs amateurs ?

Je ne sais pas très bien quoi dire par rapport au smash factor…

La relation entre la vitesse de swing et la vitesse de balle ?

Oui, je connais cela. La seule chose que je peux dire, c’est que la vitesse de balle est censée être supérieure !

Donc des gains de distances ? Et s’agissant du spin, il augmente ? Il baisse ?

Le niveau de spin sera plutôt très semblable à celui de l’an passé.

Ce sera aussi le cas pour l’angle de lancement qui sera aussi très similaire à celui de l’an passé. Peut-être que le taux de spin du M6 sera un peu plus bas que celui du M4…

Désormais, vous avez un an de retour d’expériences sur la Twisted Face. Quelles données avez-vous recueilli de la part des golfeurs ?

Vous avez pu voir que nous aimons utiliser les joueurs du PGA Tour, pour déterminer comment les choses se passent.

Quand vous regardez les statistiques des joueurs sur le tour comme nous avons pu l’illustrer ce matin, de parcours à parcours comparables, de manches à manches comparables, cette année par rapport à l’an passé, ils ont tous progressé en nombre de fairways touchés.

Quand vous regardez les statistiques des joueurs sur le tour comme nous avons pu l’illustrer ce matin, de parcours à parcours comparables, de manches à manches comparables, cette année par rapport à l’an passé, ils ont tous progressé en nombre de fairways touchés.

Pour moi, c’est la meilleure indication du niveau de performance de la twisted face.

Cela marche, et nous le constatons auprès de nos joueurs sur le PGA Tour.

Vous avez décidé d’implémenter la Twisted Face sur les bois de parcours cette année. Ce n’était pas le cas l’année précédente, qu’avez-vous observé ?

C’est effectivement l’une des innovations que vous allez pouvoir découvrir sur les bois M5 et M6, même si les deux ont d’autres innovations vraiment très intéressantes.

Bien entendu, la plus grosse innovation est la Twisted Face.

Sur le M5, nous parlons du titane, et de l’acier sur le M6. Oui, le but ici était de pouvoir être certain d’amener cette technologie sur les bois de parcours, et avec succès.

Nous avons du faire des itérations, rajouter des tests, pour être certain que c’était une bonne idée pour les bois de parcours.

Comme la taille de la tête était différente, comme les propriétés du centre de gravité sont différentes, et comme en fait tous ces facteurs sont changés, ce n’était pas si facile de dire que comme cela marchait sur les drivers, cela allait marcher de la même façon sur les bois.

Nous avons du faire des itérations, rajouter des tests, pour être certain que c’était une bonne idée pour les bois de parcours.

Je me remémore le système d’ajustement du bois de parcours M5 sous la semelle qui est assez différent par rapport au driver. Comment ajustez-vous la direction du lancement sur votre bois de parcours ?

En fait, c’est essentiellement une pièce qui fonctionne toute seule, et qui pèse 65 grammes, soit 30% du poids total de la tête du bois de parcours.

Le système reste en face de la balle, par contre, il pivote d’un côté ou de l’autre de la vis centrale.

Comment est-ce que cela interfère sur la trajectoire de la balle ?  Sur combien de yards pouvez-vous modifier la direction ?

C’est assez similaire au M3. Je ne me souviens pas exactement du chiffre exact. ().

Dans une slide de présentation plus tôt dans la matinée, Justin Kleinert expliquait que la dispersion pour un coup décentré pouvait être réduit à 3 yards de gauche à droite avec le bois de parcours M5, versus 18 yards avec le M3 pour le même coupDans une slide de présentation plus tôt dans la matinée, Justin Kleinert expliquait que la dispersion pour un coup décentré pouvait être réduit à 3 yards de gauche à droite avec le bois de parcours M5, versus 18 yards avec le M3 pour le même coup

Je pense que cela doit être dans un rayon de 15 ou 20 yards.

Est-ce que cela va aider les gens qui ferment trop la face, ou ouvrent trop la face, à l’impact ?

Oui, nous espérons que cette technologie se combine avec la Twisted Face. Si vous fermez trop la face, vous risquez de taper en pointe. Si vous ouvrez trop la face, vous risquez de taper trop en talon.

L’idée, c’est vraiment de combattre le spin en trop que vous allez donner à la balle.

Vous aurez le même système sur les hybrides M5 et M6 ?

La twisted face sera assez similaire par rapport à ce que nous avons sur les bois de parcours. Ce sera le même principe de fonctionnement.

Dernière question, nous voyons bien que les golfeurs professionnels sont très longs, et parfois arrivent encore à gagner de la distance, est ce que c’est vrai pour le golfeur amateur ?

Oui, je le pense, notamment par rapport à ce que nous avons évoqué avec la déviation du produit fini par rapport à la production théorique. Quand vous regardez la partie la plus large de la courbe de Gauss, cela représente à ce jour 70% des têtes qui sont produites.

Cela fait donc un très large groupe de personnes pour lesquelles nous pouvons améliorer la performance.

Merci beaucoup Justin pour avoir répondu à nos questions. Merci à nos lecteurs, et à bientôt pour retrouver l’intégralité de cet entretien filmé et traduit sur JeudeGolf.tv.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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