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Julien Quesne: Impatient d’être au National pour l’Open de France 2016

Julien Quesne : « Impatient d’être au National pour l’Open de France 2016 »

A quelques jours de l’Open du centenaire, Julien Quesne, récent quatrième à Wentworth dans le cadre du prestigieux BMW Championship a gentiment accepté de répondre à une dizaine de questions en prélude du grand rendez-vous annuel du golf français. Sa forme physique, sa saison, les pièges du Golf National, la perspective des jeux, son matériel, et sa façon d’aborder le jeu de golf à haut niveau, portrait d’un pro qui veut focaliser sur le sensitif plus que sur la mécanique…

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Julien Quesne : En route pour Paris…

Wentworth est décidément un terrain qui lui va à merveille. En 2015, il avait déjà pris un top-10 sur l’un des plus gros tournois de la saison de l’European Tour, avec notamment deux cartes de 68 sur les deux derniers tours.

En 2016, il a récidivé avec une quatrième place pour ce qui constitue l’une des meilleures performances d’un français depuis le début de saison.

A la Race, il est le deuxième meilleur français à quelques points de Gregory Bourdy (2ème du Alfred Dunhill Championship et 4ème à Perth).

28ème meilleur européen en 2016, il se situe même devant le vainqueur de l’Open de France 2015, l’autrichien Bernd Wieisberger.

C’est dire si Julien Quesne est l’une des meilleures chances dans la perspective du prochain Open au Golf National de Saint-Quentin-En-Yvelines, le parcours le plus exigeant de la saison.

A quelques jours de l’Open de France, nous voulions lui consacrer un portrait complet.

Découvrez un garçon en toute simplicité, humilité, qui se connait, et enthousiaste à l’idée de jouer devant son public, et avec en prime cette année, un plateau de joueurs très motivant.

Bonjour Julien, vous avez encore récemment souffert d’une sciatique. Avez-vous récupéré et comment vous sentez-vous ?

Je traîne une sciatique depuis juillet dernier. La douleur me descendait dans la jambe, et c’est pour cette raison, que j’ai passé une bonne partie de l’année à jouer sous anti-inflammatoires, et à devoir faire du renforcement musculaire couplé avec des séances d’acuponcture.

Aujourd’hui, ça va mieux, mais à chaque fois que je suis fatigué, cela peut revenir.

Selon les médecins, nous avons tous plus ou moins une sciatique, maintenant elles ne sont pas toujours perceptibles et douloureuses. Dans mon cas, c’est difficile de le lier à la pratique du golf, même si cela ne doit pas arranger.

L’an passé, cela m’a entravé pendant trois à quatre mois. Maintenant, effectivement je me sens beaucoup mieux, et je ne prends pratiquement plus aucun anti-inflammatoire.

Malgré cette sciatique, vous avez complété plusieurs top-10 sur l’European Tour, quel regard portez-vous sur votre saison 2015 ?

2015 a été une superbe saison. Il ne m’a pas manqué grand-chose pour remporter une victoire, et réaliser une saison parfaite.

J’ai effectivement bien joué sur les gros tournois avec huit top-10 contre des champs de joueurs à chaque fois très relevés.

Depuis trois saisons, je constate que malgré le fait de connaître des périodes hachées avec des blessures, des périodes de repos forcés, et des temps de remises à niveaux, je suis arrivé à chaque fois à me remettre dans le jeu.

C’est plutôt rassurant.

L’an passé sur l’Open de France, vous aviez pris une belle 27ème place avec un très beau dernier tour joué en 67, dans quel état d’esprit abordez-vous l’édition 2016 ?

Avec beaucoup de recul !

Mais aussi beaucoup d’impatience !

On a commencé depuis un petit moment à décompter les semaines qui nous sépare du début de l’Open. Cependant, dans le cadre de ma préparation, j’essaie de considérer le tournoi comme une épreuve standard.

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Le champ de joueur va être cette année exceptionnel avec par exemple la présence de Rory McIlroy. J’ai bien entendu envie de bien jouer, car c’est un gros tournoi avec beaucoup de points à la clé.

Le vainqueur est quasiment assuré d’être automatiquement qualifié pour la Ryder Cup, et le British Open.

C’est vraiment un tournoi qui me tient à cœur.

Au départ du trou numéro 1 avec tout le public autour, comment appréciez-vous ce moment particulier pour un golfeur français ?

C’est génial ! On reçoit une ovation exceptionnelle, notamment sur les 30 à 50 mètres qu’il faut descendre pour rejoindre le tee de départ.

Cela met tout de suite dans le bain. Je fais du sport et du golf pour vivre ce type de moment ! J’essaie d’en profiter au maximum. J’essaie de m’en nourrir, même si sur les quelques premiers trous, on peut avoir un peu plus les mains qui tremblent par rapport à d’habitude.

Cet été, il y a aussi la perspective des jeux Olympiques de Rio, est-ce que vous y pensez ?

Bien entendu, ça me fait rêver ! J’aurai très envie de vivre cette expérience. Ce serait sans doute la plus belle de ma vie sportive.

Après, cela ne dépend pas que de moi, et je ne peux pas contrôler le résultat. La seule chose que je peux faire, c’est jouer du mieux possible chaque coup jusqu’au 11 juillet prochain, date de la sélection.

Si aujourd’hui, je ne fais plus que du golf et de la préparation physique, j’ai toujours aimé et pratiqué beaucoup de sport. Je trouve extraordinaire qu’un événement puisse réunir autant de disciplines et d’athlètes différents.

Aux JO, je suis particulièrement le perchiste, Renaud Lavillenie ou les relais 4x100 mètres messieurs, disciplines où les français ont souvent ramené des médailles. C’est vraiment un événement à part dans la vie d’un sportif.

Quels sont les pièges du golf National ?

Je ne dirai pas cela comme ça ! Il n’y a pas un trou qui soit reposant ! C’est tout le parcours qui est difficile, et certainement le plus difficile de l’année sur l’ensemble du circuit européen.

On joue chaque départ avec la peur de perdre la balle. Les fairways sont minuscules et les roughs sont très difficiles.

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L’an passé, les organisateurs n’avaient pas laissé les roughs trop poussés sur les côtés, cela avait été un peu moins compliqué.

Ceci dit, il faut être à 300% sur tous les coups, et être dans une bonne semaine.

C’est peut-être aussi le parcours le plus difficile de l’année, car en tant que français, on se met un peu plus de pression que sur les autres tournois.

Wentworth ou le K Club sont tout de même un peu plus « light » en termes de difficultés.

Est-ce d’ailleurs une bonne chose que le parcours soit aussi difficile ?

Vous noterez que plus la dotation est importante, et plus le parcours est logiquement ardu. Je trouve que c’est une bonne chose. Il faut jouer son meilleur golf !

Regardez l’US Open qui se gagne dans le PAR ou à +1 de la part de joueurs qui sont les meilleurs du monde !

Quelque part, cela pousse tout le monde dans ses retranchements. Il faut taper le coup juste sur tous les shots.

Justement, le tableau va être très relevé cette année, est-ce encore plus motivant ?

L’Open de France mérite ce genre de plateau ! C’est l’anniversaire du tournoi, et c’est génial qu’il y ait tant de bons joueurs pour cette occasion.

Pour nous, français, c’est vraiment très motivant, car cela peut aussi dire plus de public, et une émulation supplémentaire.

L’Open de France, c’est aussi de gros points qui peuvent ouvrir une place en Ryder Cup ou au British Open.

Vous avez déjà gagné en Espagne. Sur quel type de parcours, vous sentez-vous plus à l’aise ?

J’aime les parcours « serrés » !

Ces parcours, où il faut savoir mettre la balle en jeu, et où il faut être assez bon stratégiquement. Savoir ne pas sortir le driver sur tous les trous, et mettre la balle dans le sens du trou, en particulier sur les dog-legs.

Au début de ma carrière professionnelle, je n’étais pas à l’aise sur le parcours de Wentworth. Pourtant, aujourd’hui, je prends du plaisir sur ce parcours. J’aime l’ambiance…le fait qu’il y ait beaucoup de spectateurs.

Sur les deux dernières éditions, j’ai été plutôt performant.

Le fait de fouler les fairways de ce parcours me procure beaucoup de plaisir. C’est une balade magique sur un tournoi juste exceptionnel. Finalement, c’est devenu mon parcours préféré sur le tour.

Vous êtes en contrat matériel chez Ping, quel est votre club préféré ?

Pour moi, ce qui compte, c’est plus l’attitude sur le parcours. Ceci étant, je joue une série de fers Ping IE, et mon club préféré est forcément celui qui me permet de faire des différences, le club que j’ai envie d’aimer : mon putter.

Récemment, alors que je n’aime pas trop changer de matériel, j’ai opté pour le nouveau putter Ping Anser, tout simplement parce que je le trouvais beau, et bien adapté à mon style de jeu.

Sa forme est très intuitive et sa finition grise et brillante est superbe. Bien que l’aspect esthétique compte beaucoup pour moi, le touché est aussi très important, et c’est ce qui a définitivement achevé de me convaincre.

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Le rescue me plait aussi beaucoup. Après j’ai du mal à changer mon driver. J’utilise toujours le G30, tout simplement parce qu’il marche très bien, et du coup, je n’ai pas envie d’en changer.

J'adore mes clubs, et la marque.

Techniquement, dans quel compartiment pouvez-vous encore vous améliorer ?

Au moment de l’interview, Julien était dans une semaine « off » pour justement travailler trois jours à temps plein avec son coach.

C’est un peu toujours les mêmes choses qui reviennent !

Les défauts qui reviennent sont les mêmes. Après je travaille surtout mon contact de balle et la vitesse au putting.

L’idée, c’est de trouver toujours et plus rapidement la vitesse de tous les greens en toutes circonstances.

A vrai dire, pour le swing, je ne suis plus dans la recherche technique à proprement parlé. J’ai 36 ans, et j’ai déjà passé près de 15 ans à travailler sur mon geste intensément, à me sentir sur tous les coups.

Je considère que mon swing est calé. Ma posture est bonne. Mon grip est bon. Mon swing est simple et consistant.

Aujourd’hui, je privilégie la coordination…le sensitif pour travailler essentiellement les trajectoires (la hauteur, les effets, etc.). Je suis tourné vers le jeu !

Je considère que je suis passé de l’autre côté de la barrière. A savoir, être moins sur la mécanique pour être plus sur le fait de sentir le parcours, sentir la stratégie.

A l’entraînement, je bosse tous les secteurs de mon jeu, et tous les jours, mais ce n’est tout simplement plus un travail en répétition.

Au contraire, je ne travaille plus qu’une balle !

Mon cadet me fixe une distance. Par exemple 130 mètres, et je joue le coup adapté. Puis 78 mètres, et je joue un autre coup.

A chaque coup, je change de club pour être tout de suite dedans. Etre bon sur chaque balle. Etre dans le jeu tout de suite. Le but étant d’être prêt sur le parcours.

J’ai passé trop d’années à être dans la répétition. Il me fallait un tour ou au mieux douze trous pour rentrer dans mes parties. Aujourd’hui, je veux privilégier le qualitatif. Etre prêt plus tôt !

Quelle est la part de votre préparation physique dans votre entraînement ?

J’ai recours à un préparateur physique basé à Bordeaux. Lors de mes semaines off, je peux le voir jusqu’à quatre fois par semaine sur des sessions d’une heure trente, alors qu’en semaine de tournoi, c’est plus light, et plutôt une heure par jour.

Le travail est alors plus basé sur des élastiques. On bosse les jambes. On muscle les appuis, et justement pour parer à d’éventuelles blessures. On travaille sur mon gainage.

Enfin, il y a aussi un travail pour protéger mes articulations, et mes disques.

Dans les périodes creuses, c’est surtout le gainage et le cardio.

Le cardio ayant pour but de prévenir la fatigue pendant les semaines de tournois qui sont longues et où je peux vite me retrouver en apnée. En fait, je me mets tellement la pression que je peux avoir du mal à respirer.

Le cardio aide justement à digérer les entraînements, les parcours, et les voyages.

C’est surtout un travail pour supporter la fatigue sur le long terme.

Le gainage m’aide à être en action devant la balle.

Quels sont vos objectifs pour 2016 ?

Je suis quelqu’un qui met rarement des mots sur des objectifs. Au contraire, j’essaie surtout de faire mon métier du mieux possible à chaque instant, et sur tous les coups.

Je ne suis pas quelqu’un qui jette un coup sans l’avoir réfléchi à 200%.

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En ce sens, j’ai plus un objectif d’attitude, et de qualité d’entraînement.

Les jeux olympiques me trottent quelque part dans la tête, tout comme le fait de participer à un British ou un US Pga. Cependant, je ne contrôle pas ces événements.

A chaque fois que je me suis rapproché du top-100 mondial, j’ai bloqué car je me suis montré trop impatient sur le parcours, ce qui a fini par me desservir.

Désormais, je prends les choses comme elles viennent. Ma priorité, c’est la qualité de ma préparation…la qualité de ma routine.

J’accepte de moins bien jouer. J’ai fini par comprendre que l’on ne peut pas dominer le golf. Il faut savoir tirer le maximum de ce qu’on a le jour J.

Ce n’est d’ailleurs pas forcément les jours où on joue le mieux que l’on score. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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