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Jordan Spieth : Le meilleur golfeur de l'année 2015

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La saison 2015 de golf sur le PGA Tour vient de s’achever avec les « play-off » de la Fedex Cup, série de quatre tournois jouée selon un système d’élimination pour finir avec les 30 meilleurs sur la dernière épreuve, le Tour Championship. Un tournoi qui est disputé à Atlanta en Géorgie, état américain qui accueille aussi le Masters d’Augusta plus tôt dans l’année. Aux termes de cette épreuve, et alors que le numéro un mondial a changé plusieurs fois en quelques semaines, l’américain Jordan Alexander Spieth a conclu cet exercice par une victoire éclatante, et sa prise de pouvoir.

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Le champion de la précocité

A seulement 22 ans, Jordan Spieth est le premier golfeur à réussir le doublé Masters-Tour Championship, deux succès acquis en Géorgie, un état qui réussit au Texan.

Même Tiger Woods n’avait jusqu’à présent pas réussi cet exploit.

Depuis le mois d’avril dernier et la victoire du jeune homme au physique de gendre idéal, le golf mondial vit au rythme de ses performances.

Quand Spieth atteint son meilleur niveau, Rory McIlroy et même Jason Day, n’arrivent pas à suivre.

Ce dimanche, il a remporté le tournoi avec pas moins de quatre coups d’avances sur la concurrence.

Le joueur n’en finit pas de battre des records de précocités. En concluant son dernier tour par un 69 qui ne laissait aucune place au suspense, il est devenu le plus jeune champion, et vainqueur de la Fedex Cup avec un record de gains estimés à 12 millions de dollars, soit 1 million de dollars de mieux que le précédent record sur la saison détenu par Vijay Singh depuis 2004.

D’autant qu’il faut ajouter à ses gains, le chèque de 10 millions de dollars remis au vainqueur de la Fedex Cup, soit un total de 22 millions de dollars pour 25 tournois disputés !

Ce n’est pas une domination au rabais !

Face à lui, il a trouvé l’ex-numéro un mondial, Rory McIlroy qui n’a pas démérité, vainqueur du championnat du monde de match-play en début de saison, ou Jason Day, vainqueur de son premier majeur à Whistling Straits, et du BMW Championship dans les dernières semaines de la saison.

L’australien et l’américain ont d’ailleurs tous deux remporté cinq tournois cette saison.

C’est d’ailleurs la première fois dans l’ère moderne du PGA Tour qu’autant de joueurs de moins de 27 ans arrivent à remporter cinq tournois dans une saison !

Il faut ajouter que la dernière fois que plusieurs joueurs ont gagné cinq tournois la même année, fut en 1973.

La saison de Jordan Spieth n’en est que plus belle face à une opposition de cette qualité.

La force mentale

Le facteur qu’il convient de souligner pour expliquer le succès de Spieth, avant sa dextérité au putting, est très clairement son mental.

D’ailleurs son caddie, Michael Greller l’affirme « Je lui ai dit au départ du 18 qu’il avait réussi justement cette semaine grâce à ce qu’il avait en tête. »

Effectivement, une fois en tête d’un tournoi de golf, l’américain ne lâche pas son affaire. Il a déjà converti en victoire, quatre des huit tournois menés au bout de 54 trous. C’est-à-dire qu’en tête avant le dernier tour, il arrive à finir gagnant dans 50% des cas.

Cela pourrait paraître banal.

Le golf n’est pas la formule 1 !

Partir en pole-position ne permet pas systématiquement d’arriver premier à la fin de la course. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que les tournois de golf arrivent à être plus passionnants que les actuelles courses de F1 où l’issue est facilement prévisible.

Pour en revenir à Spieth, cette semaine, il n’était pas au mieux avec sa frappe de balle, pourtant, il a justement fait la différence avec son plan de jeu, et ce qu’il avait en tête.

La force mentale

Une préparation digne d’un majeur

« Depuis plusieurs semaines, je me prépare pour Atlanta comme si c’était un majeur. »

Cette affirmation devrait presque terroriser ses rivaux !

Pendant les quatre majeurs de 2015, Jordan a réussi un parcours pratiquement sans faute.

Vainqueur du premier majeur de la saison, le Masters en tuant le suspense dès le premier jour, il a ensuite remporté l’US Open avec l’aide du destin, et la faillite de Dustin Johnson.

Un mois plus tard, il échouait d’un coup pour participer au play-off d’un British Open qui aura été très perturbé par la pluie et le vent.

Et enfin, pour le quatrième et dernier majeur, l'US PGA Championship, il termina à la deuxième place derrière un Jason Day en état de grâce.

Jusque là, une saison pratiquement parfaite, avant de connaître un coup de moins bien, qui rétrospectivement se comprend dans la façon de gérer ses pics de formes.

Avant d’arriver à East Lake, théâtre du dernier tournoi, déjà assuré de terminer dans le top-5 de la Fedex Cup, l’américain a organisé son temps pour justement être à son pic de forme sur la dernière semaine.

Après avoir manqué deux cuts consécutifs sur les deux premières semaines des play-offs, au Barclays, et au Deutsche, ce qui ne lui était encore jamais arrivé sur le tour, il avait bien caché son jeu, et commença à rebondir au BMW, prenant la 13ème place.

Pendant ce temps, Jason Day en profitait pour faire tout l’étalage de sa force au driving, créant même un doute quant à la nomination du joueur de l’année..

Avec cette victoire sur la dernière semaine, l'américain a remis les pendules à l'heure.

Un Mano à Mano qui tourne court

Le tournant décisif du dernier tournoi de la saison a été sans conteste le samedi.

L’américain a démontré tout ce qu’il sait faire lors de ses plus belles victoires, à savoir jouer intelligemment sur un parcours difficile, et rentrer les putts décisifs, comme par exemple, celui du 54ème trou pour prendre une avance d’un coup sur le suédois, Henrik Stenson, son principal rival à ce stade.

Le lendemain, le tournoi s’est joué seulement entre les deux hommes.

Alors qu’il n’avait commis que deux bogeys pendant les trois premiers jours, Spieth va en lâcher deux aux trous 5 et 6 pour se reprendre avec deux birdies aux 8 et 9.

Au départ du 10, il comptait deux coups d’avances sur son rival suédois, et à partir de là, il n’y eut plus de match.

Partageant encore un birdie au 11 avec Stenson, il va dérouler six par sur les six derniers trous. Stenson n’a pas pu suivre le rythme commettant un double-bogey fatal au 16.

Fataliste et aux premières loges, Stenson admis « Jordan a putté de manière incroyable. A chaque fois qu’il avait un putt important à rentrer. Il l’a rentré. Il est difficile à battre sur les greens. Je n’ai juste pas pu suivre son rythme. »

Champion du putting plus que du driving

Troisième pour le nombre de putts total cette semaine, et premier pour la distance au putting avec une moyenne de 2,5 mètres par putt, Spieth a de nouveau fait la différence sur les greens.

Champion du putting plus que du driving

Alors que les marques de matériel cherchent à vous convaincre de changer votre driver pour gagner hypothétiquement quelques mètres au drive, le jeune homme démontre que pour scorer, il faut surtout rentrer les putts.

D’ailleurs au driving, le nouveau numéro un mondial, et meilleur joueur de la planète, ne se trouve qu’au milieu de la mêlée.

En 2015, il termine la saison au 78ème rang sur 184 joueurs pour la distance au drive. Une caractéristique assez similaire avec LA numéro un mondial pour le golf féminin, Inbee Park, elle qui a un swing très monobloc, mais rentre tous les putts de toutes les distances sur les greens.

Plus tôt dans la semaine, les médias américains s’amusaient à imaginer un hybride de Spieth et McIlroy qui serait finalement, Jason Day, considéré comme beaucoup comme un golfeur plus complet, doué au petit jeu comme au grand jeu.

A la fin de la semaine, Jordan Spieth a surtout démontré qu’il avait une partie du talent d’un Tiger Woods, tueur sur les greens, et Bobby Fischer, un génie des échecs.

Conclusion de la saison, il s'octroie le titre de « Joueur de l’année » sans l’ombre d’un doute

Dimanche, en marchant sur le fairway du dix-huitième trou, acclamé par le public, Jordan Spieth a en fait clos le débat, et probablement ouvert une nouvelle ère de domination sur le golf mondial…alors qu’il est déjà le plus jeune golfeur à avoir dépassé les 20 millions de dollars de gains en carrière.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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