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Jordan Spieth, le golfeur aux nerfs d’aciers remporte The Open 2017

Jordan Spieth, le golfeur aux nerfs d’aciers remporte The Open 2017

Quel golfeur aux nerfs d’aciers ! Jordan Spieth, co-leader en -8 sur le trou numéro 13 est alors en fâcheuse posture.  Matt Kuchar l’attend sur le green pour continuer leur mano à mano. Spieth a le coup le plus crucial de sa partie, et peut-être The Open qui peut filer de ses mains. Avec le recul, tout s’est joué à ce moment précis du 146eme Open Championship disputé à Birkdale, un open parmi les plus suivis dans l’histoire du British avec près de 230,000 spectateurs. Le dernier tour devait être une formalité. Spieth est passé par toutes les situations délicates. Golfeur hors norme, il a fini par se surpasser ! Quel spectacle !

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Tout aurait pu basculer sur le trou 13 de The Open 2017

Pénalisé, hors du trou 13, il doit taper un coup de long-fer pour revenir sur le bon fairway, et se rapprocher au mieux du green.

Après de longues minutes d’échanges avec les officiels, son cadet, et pris toutes les informations, Spieth tape enfin son coup au comble de la tension sur ce 146eme Open.

Le destin de ce majeur n’est pas joué, contrairement à ce que l’on aurait pu croire en début de journée.

Spieth tape. Sa balle échoue à seulement quelques mètres du green. « Ouf », l’américain a fait le plus difficile. Se remettre dans le sens du jeu !

Il lui reste un chip difficile pour jouer le bogey sur un seul putt. Pour beaucoup, il s’agit d’un chip vraiment difficile à 30 mètres du drapeau avec plusieurs pentes difficiles à anticiper.

L’américain ne se démonte pas. Il enchaîne le meilleur chip-putt possible pour sauver le bogey.

Peut-être, le bogey le plus précieux de toute sa carrière…

The Open s’est peut-être joué à cet instant.

Spieth ne concède qu’un coup à Matt Kuchar. C’est presque un miracle compte tenu de la situation de jeu à passer.

Au passage, il est allé le saluer sur le green pour s’excuser du temps pris pour jouer son coup.

Encore un beau geste de sportivité entre les deux golfeurs qui se saluent. Le golf, c’est difficile ! Kuchar le sait. Spieth vient de vivre un moment délicat. L’enjeu ne prends pas le dessus sur la sportivité.

Sur le départ suivant, au 14, Kuchar qui a attendu longtemps le coup de son partenaire quelques instants plus tôt, se crispe alors qu’il est pour la première fois en tête de The Open. Son coup échoue à droite du green, loin du drapeau.

Spieth avance sur le tee de départ.

Concentré, toujours en vie alors que le chinois Li s’échauffe au practice, en -6, pensant avoir une chance pour un hypothétique play-off, Spieth tape un coup de fer parfait qui se pose à moins d’un mètre cinquante du mat. Putt pour birdie quand Kuchar ne peut que sauver le par.

En l’espace de dix minutes, Spieth est passé par tous les états. Celui de potentiellement perdre The Open, à celui de reprendre le contrôle des débats dans une journée globalement difficile pour lui.

Ce birdie au 14 efface le bogey du 13. Il n’en demeure pas moins que son dernier tour est en +3 pour la journée, et il a ainsi remis en selle son partenaire du jour.

Le duo avance vers le 18 alors que l’issu du tournoi se dessine autour de leur mano à mano.

Cabrera-Bello et McIlroy sont tous deux rentrés au club-house en -5. Ils ne pourront plus rivaliser pour la Claret Jug.

Sur le 15, Spieth démontre encore qu’il est un extra-terrestre.

Sur ce par-5, Spieth attrape le green en deux, et rentre un putt improbable pour eagle. La déconvenue du 13 a servi d’électrochoc ! Derrière cette potentielle catastrophe industrielle, Spieth rentre birdie et eagle, et d’un coup de retard, il revient à -10 avec un coup d’avance sur Kuchar.

Quel golfeur exceptionnel !

Spieth n’a plus que trois trous à jouer pour être sacré vainqueur de The Open 2017 à Birkdale.

Les propos de Luke Donald ont-ils été prémonitoires ? L’anglais avait déclaré sur twitter qu’il détestait quand on évoquait le fait d’une victoire facile au golf !

Rien n’est jamais facile au golf.

Donald a raison, et Spieth l’a encore prouvé.

Après avoir perdu le Masters 2016 de manière improbable, et à peine croyable, allait-il encore connaître pareille déconvenue, surtout après avoir dominé ce majeur de la tête et des épaules ?

Matt Kuchar, le héros malheureux de la journée, il termine second de cet Open

Le dernier tour de The Open promettait de ne pas laisser beaucoup de place au suspense, et au spectacle.

Ce fut tout le contraire avec de l’intensité et de la sportivité. Ce qui n’était pas sans rappeler le final du Masters 2017 entre Garcia et Rose.

Le match Spieth-Kuchar, véritable opposition de styles entre le jeune talent, le nouvel « Arnold Palmer », et le vétéran, « Kooch » au swing atypique, soutenu par ses fans, exubérant à chaque frappe.

Sur le 16, la réussite n’était plus du côté de Kuchar qui voyait son approche rester courte du green, et la balle redescendre. Une première opportunité de remettre la pression sur Spieth qui s’envole…

Spieth dans le rough peut assurer le centre du green, ce qu’il fait à merveille. A quelques minutes de la fin du tournoi, mentalement, Spieth fait de plus en plus la différence sur son camarade quasi impuissant…

A près de 10 mètres, Spieth enchaîne, et rentre un nouveau putt incroyable pour birdie alors que Kuchar ne peut plus qu’espérer sauver le par.

Deux coups d’écarts entre les deux américains avec deux trous à jouer ! Plus que jamais Spieth a une main sur sa première Claret Jug !

Il efface au retour un aller très délicat joué en +3 (37), son plus mauvais démarrage de la semaine (joué entre 31 ou 35 pendant les 3 premiers tours), lui qui avait semblé si serein tout au long de la semaine, et du week-end.

Son drive au 17 trouve la droite du fairway dans le rough. Devait-il absolument prendre tous les risques sur cet avant-dernier tee shot ?

Sa capacité à rattraper des situations compromises va-t-elle encore le tirer d’affaire ?

Moins puissant, Kuchar joue droit mais ne trouve pas pour autant le fairway de ce difficile par-5.

Spieth arrive à se remettre parfaitement au milieu du green. Encore une situation délicate de dépasser. La victoire ne semble plus pouvoir lui échapper…

Pour son troisième coup, Spieth s’apprête à taper, quand il s’interrompt brutalement. Un spectateur indélicat l’a gêné. Il en sourit. Son cadet intervient ou plutôt ronfle contre le spectateur.

Jordan Spieth marche vers la victoire à Birkdale

Spieth reprend sa routine, et tape une approche parfaite pour se donner encore une chance de birdie sur cet ultime par-5 de la partie.

De son côté, Kuchar doit absolument rentrer son putt pour espérer maintenir la pression sur Spieth.

A 5 mètres du drapeau, Kuchar s’inspire de son jeune collègue, et rentre le putt le plus décisif de sa fin de partie. Il n’a plus qu’un coup de retard sur le leader.

Spieth doit alors rentrer un putt moitié moins long. Il maintient l’écart, et semble intouchable.

Un trou à jouer, deux coups à rattraper, il va falloir un exploit ou un miracle pour Kuchar…

Sur le dernier tee box, Spieth, raisonnable, joue un « easy » bois 3.

A nouveau, il est interrompu dans sa routine par un bruit. Il se stoppe, et tend le club à Michael Greller pour l’essuyer, comme s’il appuyait sur le bouton « reset ».

Il reprend sa routine, tape… Plus de danger, Spieth a un boulevard pour remporter en -12 The Open. Il est son dernier ennemi.

Comment Kuchar pourrait remonter deux coups à ce stade du match ?

Au cours de ce dernier tour, Jordan Spieth n’a pris que 38% de fairways en régulation. Son talon d’Achille sur cette journée en forme de montagnes russes émotionnelles pour lui.

En revanche, avec 71% de greens en régulation, Spieth a fait le boulot pour plus que sauver les meubles. Et que dire de ses 28 putts sur 17 trous ?

Spieth et Kuchar remontent le 18 sous une standing ovation méritée.

Kuchar est dans le bunker à gauche du green. Sa sortie va dépasser le drapeau… C’est fini !

Plus rien ne peut empêcher Spieth de remporter son premier Open Championship. Quel champion !

C’est effectivement peut-être le nouvel Arnold Palmer !

Crédit photo : Mark Newcombe à Birkdale pour JeudeGolf.org

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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