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Jordan Spieth domine le parcours du Masters les yeux fermés

Jordan Spieth domine le parcours du Masters les yeux fermés Crédit photo:  Mark Newcombe

Le premier tour du Masters d’Augusta 2016 a étrangement ressemblé au cinquième tour du Masters 2015 ! Une journée au cours de laquelle, Jordan Spieth est redevenu un extra-terrestre, et où lui-seul est arrivé à totalement survoler le parcours de son aisance à la fois technique, et mentale. Faisant preuve d’une assurance incroyable, le texan n’a laissé le soin à personne de prendre les commandes du premier majeur de l’année.

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Masters Augusta 2016: Jordan Spieth parti pour refaire le coup de 2015 ?

L’an passé, il avait déjà mis Augusta à ses genoux avec un score final de moins dix-huit sous le par !

Ce jeudi, alors que le parcours réservait bien des difficultés, notamment pour Rickie Fowler, en perdition totale, plus huit à la fin de la journée, ou Ernie Els qui a explosé dès le premier trou avec le score le plus élevé jamais produit sur un premier trou au Masters (10 coups dont 7 putts), Jordan Spieth a survolé les débats.

Bien que les conditions météos ont évolué au fil de la journée, il y avait une légère brise rafraichissante en début de journée qui rendait les opportunités de birdies plutôt difficiles à décanter.

Dans ce contexte, Spieth a pourtant joué 33 à l’aller, et 33 au retour tel un métronome !

Dans cette première partie de journée à Augusta, Spieth s’est octroyé une avance substantielle de trois coups sur ses principaux poursuivants dont son partenaire du jour, l’anglais Paul Casey, particulièrement en verve, et bien inspiré.

Avec quelques meilleurs choix à des moments clés, Casey aurait même pu pousser un peu plus la concurrence avec l’américain, de plus en plus considéré comme le fils spirituel du King, Arnold Palmer.

Plus tard dans la journée, alors que Fowler est déjà hors-course, c’est un autre favori qui va se mettre en quête de rattraper Spieth : Jason Day, l’actuel numéro un mondial en quête de sa première veste verte.

Au moment où Spieth a quitté le green du 18, Day était déjà en -3. Puis à quatre trous du terme de sa partie, il était déjà en -5, ce qui nous promettait le plus beau duel possible entre le numéro un et le numéro deux mondial sur le reste du tournoi, et pourquoi pas un duo sur la dernière partie de dimanche.

D’ailleurs, d’une certaine manière, en parvenant à suivre le rythme de Spieth, Jason Day permettait de maintenir une certaine forme de suspense.

En 2015, personne n’avait vu venir le danger. Spieth avait déjà ouvert le bal avec autorité pour finalement ne jamais se laisser rattraper.

Ils étaient pourtant nombreux ce matin à assurer que cette année, ils allaient jouer l’attaque pour justement ne pas laisser trop le champ libre à Spieth.

C’est plus ou moins raté !

Spieth est déjà loin devant un bon nombre d’autres favoris comme par exemple Louis Oosthuizen, Zach Johnson, et Phil Mickelson, plus proche du par que de moins six !

D’autant que sur l’après-midi, les conditions météos ont eu tendance à changer avec plus de vent pour raffermir le parcours, et influer sur les trajectoires de balles.

Si Day venait à rejoindre Spieth, il faudrait en tenir compte dans l’analyse du rapport de force.

Jason Day sonne la charge ! Peut-il réellement inquiéter Spieth ?

Sauf qu’à partir du trou 15, l’australien pourtant bien parti, à commencer à connaître le coup de la panne.

En l’espace de deux trous, il va perdre quatre coups pour se trouver à cinq coups de Jordan Spieth au départ du 17.

Ecart qui va encore s’accentuer avec un nouveau coup de perdu sur ce trou.

Depuis 2014, et sa première apparition au Masters, Jordan Spieth n’a jamais quant à lui joué un tour au-dessus du par. Pour sa première participation, il avait terminé à moins cinq total.

En 2015, il a égalé le record de Woods sur 72 trous. Désormais, après cinq tours et son nouveau 66, il est dans un total de moins vingt-quatre sous le par !

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Mardi, au cours de sa conférence de presse, le texan avait paru assez détendu et moins obnubilé par d’éventuelles modifications du terrain. « J’étudie ce parcours dans ses moindres détails depuis que j’ai huit ans. »

Cette relative décontraction aurait pu être perturbée par la casse de son driver au niveau de la face, entraînant son remplacement en pleine phase de préparation du plus gros tournoi de la saison.

Précisons que Spieth joue avec le même driver Titleist depuis deux ans…Pas perturbé pour un sou, plus relax, Spieth est resté concentré sur l’essentiel.

Spieth marche sur l’eau à Augusta

C’est vrai qu’il y a quelque chose de surnaturelle dans sa façon d’aborder chaque trou.

L’impression qu’il doit jouer le parcours sur un simulateur tout le reste de l’année pour arriver le jour-J avec un plan infaillible, et comme si personne d’autre que lui pouvait arriver à répéter tous les bons coups dans toutes les bonnes situations !

Pour preuve, lui affirme que ce jeudi, étant donné les conditions, il a sans doute joué le meilleur tour de sa carrière à Augusta.

En route pour défendre sa veste verte, et tenter de succéder à Tiger Woods, dernier double vainqueur de l’épreuve en 2001-2002, Spieth n’a concédé aucun bogey à la faveur d’un putting chirurgical pour sauver parfois quelques situations compromises, mais surtout une stratégie du tee au green sans failles.

Lui s’en défend et prétend ne pas avoir eu de très bonnes sensations avec ses fers, pourtant, il a délivré à plusieurs reprises des coups d’une grande maîtrise pour se poser très près des drapeaux comme par exemple sur les trous 3, 5, 6 et surtout le numéro 8 à seulement 1.2 mètres en venant de 80 mètres.

Sur les neuf premiers trous de l’aller, c’est bien simple, il n’a manqué qu’un coup ! Son tee shot du 4 mais derrière ce seul accident, sa recovery a été tellement été parfaite qu’il a sauvé le par.

Sur le retour, pou Spieth, ses quelques coups ratés ne l’ont jamais plus mis en danger que de faire le PAR.

« Aujourd’hui, le petit jeu et le putting étaient en place ! Etant donné les conditions et le vent, je suis content d’avoir rentré autant de putts. »

De la partie de Jordan Spieth se dégage cette impression que tout est sous contrôle. Rien n’est laissé au hasard. Tout est calculé au centimètre près ! Tout est planifié.

A ce jeu, il paraît imbattable.

Jouer sous le par tous les jours !

« Mon objectif n’est pas obligatoirement de ne pas commettre de bogey. Mon objectif, c’est d’arriver à jouer sous le par tous les jours. Pour cela, je considère que je vais devoir un peu mieux frapper la balle, et faire preuve de patience. »

Poursuivant « C’est juste un endroit où je me sens à l’aise. »

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Quel contraste avec le chemin de croix de Rickie Fowler que nous avons vu se déliter au fur et à mesure des trous joués.

Pendant un moment, nous avons pensé qu’il pourrait raccrocher la partie. Cela ne s’est jamais produit, et pourtant, il n’a pas fait preuve d’une mauvaise attitude sur le parcours.

Dès le départ, Fowler a signé un double-bogey qui allait donner le ton de sa journée, et d’une succession de coups manqués jusqu’au coup de grâce d’une balle dans l’eau au départ du 16.

Quel contraste donc entre la machine Spieth réglée de manière surnaturelle, et Fowler, l’un des cinq meilleurs golfeurs du moment, qui termine quatorze coups derrière.

Pour Fowler, à la fin de sa partie, la pire en majeur, il était bon de rappeler que le golf est un sport difficile. En voyant jouer Jordan Spieth, on se dit que le parcours d’Augusta lui va comme un gant.

Au risque de se répéter, nous voulons bien croire qu’il est appris le parcours par cœur depuis l’âge de huit ans. Et sans doute qu’il n’en connait pas un autre autant…

A trois jours du terme de la compétition, de notre point de vue et malgré tout le talent de Jason Day, nous ne voyons pas comment Spieth ne pourrait pas conserver sa veste.

Un dernier tour entre Day et Spieth ensemble dimanche pourrait apporter un magnifique spectacle, à condition que d’ici là, l’écart ne soit pas déjà définitif.

Au moment de l’écriture de cet article, le score du premier tour de Rory McIlroy était encore indécis. A moins trois après treize trous, en cas de bon finish, il pourrait peut-être se placer comme le véritable adversaire de Spieth ?

Les derniers trous sont rarement l’occasion de faire un score à Augusta, ou alors dans le mauvais sens, comme pour Jason Day et aussi Bubba Watson, finalement en plus trois après avoir été moins un au départ du 14.

Avec neuf coups de retard en seulement dix-huit trous, on voit mal comment Bubba pourrait revenir sur Spieth.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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