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Jon Rahm : Le retour en force du golf européen !

Jon Rahm : Le retour en force du golf européen !

Avec Jon Rahm désormais numéro 8 mondial, le golf européen compte 50% du top-10 mondial dont 0% d’Anglais ! C’est une première. Après sa domination à l’Open d’Irlande, le natif de Barrika a impressionné tous les observateurs, pour se placer comme un favori logique du prochain British Open. Présent une semaine plus tôt à Paris, il symbolise les bonnes perspectives d’un circuit européen, qui fait à nouveau envie outre-Atlantique.

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Rahm remporte l'Open d'Irlande 2017, sa 2ème victoire chez les pros

En seulement quelques mois, l’espagnol Jon Rahm est passé du statut d’inconnu (sauf pour les suiveurs du monde amateur) à celui de superstar du golf.

En plus de bien jouer, et de remporter des tournois, il s’agit d’un golfeur aux antipodes de l’image habituelle du pro filiforme et parfois très aseptisé.

Bien que la tentation soit énorme de comparer Rahm Ballesteros, désolé, mais rien en lui ne rappelle physiquement Seve.

Rahm ressemble à un « toro », soit un monstre de physique.

Physique qui ne lui est pas inutile, puisque lors de son apparition au Golf National, nous avons pu voir à quel point, il pouvait overdriver ses partenaires, et notamment le futur vainqueur, Tommy Fleetwood.

Ceci dit, Overdriver n’est pas gagner ! En tout cas, pas toujours…

A Paris comme à Portstewart en Irlande, théâtre de sa deuxième victoire en carrière chez les pros, la première en Europe, Rahm a démontré son jeu usuel.

A peine plus de 50% de fairways en régulation (sa moyenne annuelle est autour de 51% contre 58% pour la moyenne des pros), en revanche, il claque les drives à plus de 305 yards de moyenne (308 sur le dernier tour de l’Open d’Irlande) contre 292 pour le reste des golfeurs professionnels, à priori juste « normaux ».

Le nouveau bombardier espagnol est en revanche imparable dans le domaine des greens en régulations avec près de 81,5% de réussite sur les quatre jours de l’Open, très au-delà de sa moyenne annuelle de 69%.

Si vous vouliez l’explication d’un tel résultat en Irlande, avec une victoire par six coups d’avances, vous la tenez dans cette statistique des greens en régulation.

Sachant que Rahm est déjà, et en seulement quelques mois chez les pros, l’un des dix meilleurs putters en Europe (28,2 putts de moyenne par tour).

Comme Mike Lorenzo-Vera le confirme, le golf, cela a toujours été « driving-wedging-putting ».

Jusqu’à présent, Rory McIlroy, Jason Day, et Dustin Johnson démontraient parfaitement cette formule avec régularité.

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Lui-aussi adepte de la formule, Rahm n’a pas mis longtemps à rentrer dans le club très fermé des top-10 mondiaux. Il disputait en Irlande son seulement deuxième tournoi pour le compte de l’European Tour !

A 22 ans, il est homme de record puisque son -24 à PortStewart est du jamais vu sur un Open Irlandais, et dire, que le parcours n’avait rien de facile, long de 7002 yards et joué dans un temps typiquement britannique.

Plus de doute, après son épique victoire à Torrey Pines en début d’année 2017, Rahm confirme qu’il est désormais un leader pour le golf en Europe.

Rahm déjà favori pour le prochain British

Comme son illustre prédécesseur, il peut remporter The Open au même âge (22 ans). Ballesteros avait gagné sa première Claret Jug en 1979 à Lytham.

La perspective ne l’effraie même pas « Je sais que je suis capable de le faire. » avant de renchérir « Je sais qu’il y aura des attentes, mais c’est ce pourquoi je me prépare. Je sais que je peux donner le meilleur de moi-même. »

En Irlande, il a fait démonstration de sa brillance clubs en mains « Sur au moins 15 trous, j’ai joué le meilleur golf que je puisse jouer sur un parcours, et avec une telle météo. »

Auteur d’un eagle au 4, Rahm a profité d’un bonus d’adrénaline pour ne plus lâcher la tête.

Son plus gros problème aurait pu être une erreur de débutant (ce qu’il est pourtant) au trou numéro 6, quand il a mal replacé sa balle derrière sa marque sur le green, se rapprochant du trou de facto.

Logiquement, une telle faute aurait dû entraîner une pénalité d’au moins deux coups.

L’arbitre en a décidé autrement. Allez expliquer cela à Lexi Thompson pénalisé en majeur pour ce type d’erreur !

En déplaçant sa marque de la ligne de jeu de son partenaire américain Daniel Im, Rahm s’est trompé au moment de replacer sa balle.

Il concède avoir joué la suite du tour en pensant prendre la pénalité.

« C’est pourquoi j’ai eu une grosse réaction au 14 après mon deuxième eagle, je pensais que j’en aurai besoin en cas de pénalité. Je me préparais au pire.»

Clairement, dans les règles, il y a faute, et une pénalité de deux points devait être appliquée.

Rahm a avancé sa balle par rapport à sa position réelle.

Pourtant, l’arbitre de l’European Tour, Andrew McFee, a considéré qu’il n’y avait pas intention de frauder. C’était une erreur honnête selon ses termes.

Pas sûr qu’en majeur, surtout Birkdale, le prochain arbitre soit aussi clément.

En attendant, Rahm endosse le rôle de sérieux prétendant. Il n’est professionnel que depuis 384 jours…

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On peut le qualifier de phénomène. Il symbolise le retour de l’Europe au premier plan à un an de la Ryder Cup en France.

Jon Rahm : Une sacré recrue pour l'équipe européenne de Ryder Cup

Après avoir été sévèrement battu à Hazeltine, en plus de Thomas Pieters, révélation de la dernière édition, l’Europe pourrait se targuer d’aligner le vainqueur du Masters Sergio Garcia (numéro 5 mondial), Rory McIlroy (numéro 4 mondial), Stenson et Noren, les deux suédois respectivement 7 et 9 mondiaux.

On pourrait aussi ajouter Justin Rose (12), Tommy Fleetwood (14) et Molinari (17) en attendant de connaître l’équipe définitive.

Il ne reste déjà plus beaucoup de place pour un éventuel français…

En face, les américains n’ont plus que 7 joueurs dans le top-20 mondial, même si, ils ont encore le numéro un !

Finalement, l’édition 2018 pourrait se révéler plus incertaine, d’autant que le circuit européen a semble-t-il réussi sa mue avec l’arrivée des Rolex Series.

Parfois, on voit le PGA Tour plus beau qu’il ne l’est réellement.

Au cours de cet été, les 3 épreuves Rolex Series organisées juste avant The Open (France, Irlande, Ecosse) font parfaitement monter la mayonnaise, alors que pendant ce temps aux USA, le circuit ronronne avec des épreuves, certes bien dotées, mais pas nécessairement palpitantes avec un maximum de stars comme le Greenbrier Classic ou le Quicken Loans, qui n’attirent pas les top-5 mondiaux, ou en tout cas, pas plus que l’Open de France disputé dans le même temps.

Ce n'était pas gagné d'avance, et c'est toujours une question de point de vue, surtout si on se fie au public ou au nombre de téléspectateurs des deux côtés de l'Atlantique, mais au moins, d'un point de vue spectacle, cette première édition des Rolex Series démarre plutôt bien.

Après avoir été longtemps moribond, dix mois après sa lourde défaite Hazeltine, le golf européen démontre à nouveau sa force, et pas seulement par l’intermédiaire de Jon Rahm, même si ce dernier en est un bel exemple…n’en déplaise à sa copine, qui fait tout pour surveiller sa ligne.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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