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Jim Furyk intègre le club très fermé des golfeurs qui jouent 59

Carte de score exceptionnelle en 59

Ils étaient plus d’une centaine à s’amasser autour du green pour vivre en direct et au plus près la réalisation d’un exploit golfique plutôt rare…rendre une carte de seulement 59 coups sur un parcours de 18 trous, et qui plus est préparé pour un tournoi du PGA Tour, et play-off de la Fedex Cup 2013. 

Certains ont même couru depuis le trou numéro 9 pour être sûr de suivre l’exploit de Jim Furyk, l’un des meilleurs golfeurs américains sur le tour depuis plus de quinze ans. 

Pourtant, quelques heures plus tôt, il n’était pas plus d’une dizaine à suivre la partie de l’ancien vainqueur de l’US Open. 

En fin de journée, les fans de golf se serraient les uns contre les autres pour être sûr d’assister à l’exploit, de celui qu’ils surnomment Jimmy. 

Seulement sixième joueur de l’histoire à rendre une carte de 59 sur le PGA Tour, Furyk a été l’homme du jour à Lake Forrest, mais cette fois cette journée pourrait bien rester graver dans le marbre pour un moment. 

Déjà en 2010, Furyk avait réussi un gros coup en empochant le Tour Championship à Atlanta, raflant au passage la Fedex Cup. 

A la fin du parcours de rêve, Furyk a bien admis avoir oublié la façon dont il avait rentré son petit putt sur le trou du green du 9, mais en revanche, il a un souvenir beaucoup plus précis du vrombissement émis par la foule, ce qui lui arracha un petit mouvement du bras, en signe de contentement du joueur en train de réaliser un truc, sous le regard goguenard de son caddy, Mike « Fluff » Cowan. 

Si on n’avait pas été à mi-parcours, on aurait presque pu penser qu’il avait gagné le tournoi. 

Pour jouer 59, il faut un golfeur dans la forme de sa vie, mais aussi un parcours qui accepte de se laisser dompter. 

Avec quelques pointes de vent à moins de 30 km /h, et un temps sec, les greens étaient réellement très secs, rapides, et certains trous mis dans des positions particulièrement diaboliques. Pas vraiment, des conditions faciles pour jouer très bas… 

Pourtant sur ce par-71, Furyk a tout de même rentré 11 birdies et un eagle, soit 12 coups de moins que la moyenne des coups joués par tous les autres golfeurs engagés sur ce tournoi. 

Dominateur, Furyk a creusé un écart de six coups avec les deuxièmes meilleurs joueurs du jour, Jordan Spieth (la révélation de la saison), et Jimmy Walker. 

Assurément la meilleure journée de golf de Furyk, ce n’est pas pour autant son meilleur souvenir par rapport à sa première victoire sur le PGA Tour en 1995, et son premier majeur en 2003. 

On retiendra pourtant qu’il n’a joué que 23 putts, presque un putt par trous seulement. 

Sur la journée, il n’eut que cinq putts à jouer à plus de trois mètres, et jamais plus de 6 mètres ! 

Ayant pris tous les fairways, Furyk a régalé au niveau des approches. 

Mais pour beaucoup de golfeurs qui jouent en amateurs, vous vous souviendrez sans doute que lorsque vous ou votre partenaire vous trouvez dans une très bonne forme, voire la partie de votre vie, il faut aussi que vos partenaires de jeu n’interfèrent pas, et ne vous sortent pas de votre concentration. 

Pour un joueur qui joue au-dessous de son handicap de manière très significative, on sent qu’il se passe quelque chose, et il n’y a rien de pire qu’un partenaire indélicat qui se laisse aller à vous perturber, soit par manque de connaissance du jeu, manque d’éducation ou par jalousie. 

Furyk n’a pas eu ce problème. 

Très vite, son partenaire, Gary Woodland a su se mettre en retrait, et ne pas perturber l’homme du jour. 

Fans de football américains, les deux hommes ont parlé de leurs passions tout au long du parcours, mais Woodland a toujours su rester en retrait dans les moments clés. 

La performance de Furyk a finalement laissé ses collègues sans voix, à l’image de Zach Johnson, troisième du tournoi qui ne savait pas trop quoi dire sur la performance de son compatriote, tant cela paraissait à peine croyable. 

Tout comme le fait que Furyk, membre de l’équipe US de Presidents Cup depuis 1997 n’ait même pas reçu un coup de fil de la part du capitaine Fred Couples pour lui annoncer qu’il ne ferait pas cette fois partie du voyage. 

Faut-il voir une source de motivation pour Furyk ? 

Demain sera un autre jour et Furyk le sait déjà, on ne joue pas souvent à un tel niveau,alors de la à imaginer rééditer une telle carte, un pas que même lui n’osera pas franchir.

Auteur de quatre top-10 cette saison, Furyk aura sans doute en tête de remporter sa première victoire de la saison, et au meilleur moment.

Sans pouvoir prédire la suite, au moins une chose est sûre, ce soir en allant se coucher, Furyk devrait avoir de bons souvenirs à propos de cette journée comme n’importe quel autre golfeur qui a joué une bonne partie, sauf que lui, il a joué 59. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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