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Jeunes golfeurs…N’oubliez pas de prendre du plaisir !

Jeunes golfeurs…N’oubliez pas de prendre du plaisir !

Une des raisons pour laquelle j’essaie d’aller sur le terrain le plus souvent possible, consiste à aller chercher de nouvelles idées, et de nouvelles sources d’inspirations pour l’écriture de nouveaux sujets originaux en relation avec le golf. Je considère même que c’est une part essentielle de mon travail pour rester le plus connecté possible aux préoccupations des golfeurs, et des golfeuses. Aujourd’hui, profitant d’un temps magnifique, l’envie de jouer étant très forte, je me suis rendu au practice près de chez moi pour prendre du plaisir à tester des clubs, et peaufiner mon swing…C’est ce qui m’a inspiré ce sujet.

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J’ai été témoin d’une scénographie plutôt incroyable à mes yeux.

Il ne s’agit pas de se poser en donneur de leçon, mais bien en observateur pour lancer des sujets de réflexions autour du golf.

N’en prenez pas ombrage mais c’est vrai que j’aime me fondre dans le décor, être sur un terrain de golf, entouré de golfeurs, pour plus écouter que parler.

Le fait d’écouter et d’observer est très instructif sur ce qui fait la pratique du golf.

Ce jour, j’ai donc observé…non en fait, la scène s’est plutôt imposée à moi…un papa et son fils, adolescent, peut-être 15 / 16 ans, s’entraîner alternativement au petit jeu et au grand jeu.

Pardon, mais le jeune adolescent était tout à fait le stéréotype du jeune passionné, casquette Callaway vissé sur la tête, un polo de la couleur de sa casquette, et une tenue très « golf », très élégante.

Le jeune garçon avait tous les atouts d’un jeune sportif élancé, bref, on sentait bien qu’il était complètement adapté à la pratique du golf à un très bon niveau.

Son papa, au look moins travaillé ne jouait pas du tout au golf, mais au contraire, servait de coach et plus précisément de « Monsieur Loyal » pour son fils, allant chercher les balles, indiquant des cibles, conseillant son fils, et le tout sans un mot plus haut que l’autre.

Ce qui a saisi mon attention au-delà de la qualité du swing du jeune homme, c’était bel et bien son attitude !

J’ai prêté l’oreille car de toutes les autres personnes présentes, je ne finissais par entendre que le jeune ado, pestant, et râlant sur chaque coup.

Quel paradoxe !

De toutes les personnes présentes cet après-midi, il était de loin le meilleur joueur, le plus élégant, et le plus en maîtrise de son golf.

Pourtant, c’était bel et bien le seul à envoyer des noms d’oiseaux, à faire la gueule, et à être en fait antipathique.

Tant pis, surtout pour lui, car mis à part moi, personne n’a réellement fait attention à lui.

D’une part, c’est dommage que les autres amateurs ne se regardent pas jouer, et en particulier les bons joueurs, car c’est toujours une bonne source d’inspiration.

Par exemple, pour ma part, j’ai remarqué qu’il était très bien équilibré dans ses frappes. Je m’en suis servi pour améliorer mon propre équilibre.

D’autre part, avec une attitude négative, même un beau joueur n’attire pas l’attention sur lui.

Plusieurs choses m’ont attristé dans son attitude

Des choses accessoires, des choses d’éducations, et des choses importantes pour devenir un bon joueur de golf.

L’accessoire ; Pester sur chaque balle, ce n’est pas très grave…

L’éducation : SI cela avait été ma fille, je ne dis pas que je lui aurai mis une claque, et que j’aurai ramassé les clubs pour finalement rentrer à la maison, en lui faisant un speech sur l’attitude, et le privilège d’avoir des parents qui vous offrent l’opportunité de faire une activité, et en plus, en famille.

L’attitude passive du père m’a particulièrement étonné. Comment laisser son fils vous parler mal, alors que vous prenez sur votre temps et votre argent pour faire un cadeau fantastique à votre fils ?

J’ai compris alors que le papa se prenait surtout pour le coach de son fils. C’est un problème ! Coach et papa, deux métiers incompatibles à mon sens.

Inévitablement, je me suis demandé qui dans ce couple faisait plaisir à qui ? Et qui mettait la pression à qui ?

Le père rêve-t-il à une ascension sociale à travers la réussite de son fils comme golfeur, et même comme golfeur professionnel ?

L’attitude antipathique et agressive de son fils lui était en fait dirigé.

Et enfin l’important, aussi doué techniquement soit-il, ce gamin n’arrivera jamais à rien dans le golf !

Beaucoup de golfeurs oublient qu’avant d’être un loisir, un sport, une activité athlétique ou même une activité technique, le golf est un « mind game ».

Et dans ce jeu, c’est toujours le golf qui gagne à la fin !

Un joueur négatif n’entraîne pour lui que du négatif. Le golf est un sport qui demande de la maîtrise, de la patience, et du self-control.

Un golfeur qui s’énerve de lui-même parce qu’une balle ne prend pas exactement le spin désiré n’a en fait aucune chance de pouvoir dépasser les vrais défis qui va lui être imposé par le parcours.

Jouer un parcours, c’est résoudre des problèmes.

Pour y arriver, plus que de la technique ou du physique, il faut la bonne attitude pour être suffisamment ouvert à la difficulté, et avoir l’esprit porté sur la réflexion, et le choix de la meilleure solution.

Quand vous vous laissez envahir par la colère, vous n’êtes plus réceptif à ce qui vous entoure.

Pour un golfeur, cela se concrétise invariablement par le fait de tomber dans tous les pièges que le parcours peut vous réserver.

C’est cette vigilance de chaque instant qui use les très bons joueurs, et explique pourquoi malgré toute la qualité technique, ils ne font pas birdie à chaque trou, et parfois commettent des doubles ou des triples bogeys.

A tout point de vue, notre jeune golfeur ne deviendra jamais un très bon golfeur sans changer radicalement d’attitude.

Une mauvaise attitude vous enlève le plaisir !

C’est pourtant le plus important !

Le conseil qui me brûlait les lèvres pour ce jeune garçon, était juste « prend du plaisir, focalise-toi moins sur le résultat plus que le moyen ! »

De mon côté, cette vision m’a rappelé à quel point il faisait beau, que je tapais des beaux coups et que je me faisais plaisir tout en cherchant à améliorer mes défauts.

Le plaisir, c’est ce qui vous fait progresser, et surtout ce qui vous fait rester dans le jeu.

Pour prendre du plaisir au golf, je crois qu’il est plus important de rechercher cette fameuse symbiose avec la balle, ce sentiment de la contrôler, de la dominer, d’en faire ce que l’on veut, de la poser comme si on l’avait lancé avec la main…Au contraire de focaliser sur le résultat en permanence.

Je sais que les anglais disent toujours « Combien plutôt que Comment »….Cependant, ils ont tort ! C’est bien le comment qui est important.

Pour revenir à l’adolescent, je l’ai observé quitter le green et s’éloigner du golf avec une mine de gamin énervé, pas content, frustré, et je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’un jour, ce garçon finirait par arrêter de jouer au golf.

Pas parce qu’il n’a pas les qualités (il en a plus que 90% des golfeurs amateurs), mais parce que si lui n’arrive pas à prendre de plaisir dans de telles conditions, et par rapport à ce qu’il est déjà capable de produire, il finira par se dégoûter.

L’attitude du fils est choquante. Celle du père ne l’est pas moins. Ce serait à lui d’équilibrer le discours entre plaisir et fermeté.

Plaisir, car c’est quand même le but du jeu. Et fermeté, car qui laisse son fils de 15 ans vous manquer de respect pour quelque chose d’aussi futile que du golf.

Sans être devin, les voyant quitter le parking dans une vieille guimbarde, je pouvais imaginer que le père faisait pas mal de sacrifices pour que son fils puisse jouer dans les meilleures conditions.

Le gamin est d’ailleurs sans doute en équipe, ou joue à un très bon niveau amateur.

Et là un autre raisonnement me vient à l’esprit.

A trop vouloir former des bons joueurs techniquement, on oublie parfois d’en faire des hommes !

J’en veux beaucoup à des garçons comme Victor Dubuisson ou Henrik Stenson qui donnent une mauvaise image du golf, et de ce qu’il faut accomplir pour vraiment bien jouer.

Quand les deux tapent sur leurs sacs au point de casser des clubs, d’une part, Dubuisson finit par se faire virer de chez Titleist (c’est la vrai histoire), et d’autre part, les gamins le voient faire, et pensent que c’est ça être professionnel de golf !

Vous croyez qu’un José Maria Olazabal tapait comme un malade sur son sac quand il ratait un coup ! Non, et ce Monsieur a gagné deux Masters ! Ce qui n’arrivera sans doute jamais à Dubuisson, et à notre jeune cobaye tant qu’ils ne changeront pas d’attitude.

J’ai suivi de près Dubuisson à l’Open de France, et je peux vous garantir que dans ces circonstances, il ne s’amuse pas. Il subit sa propre pression de vouloir trop bien faire.

L’attitude, c’est ce qui fait la différence dans un sport où techniquement, les meilleurs sont sensiblement au même niveau.

Comme le déclare Edgar Grospiron (ancien champion de ski de bosse) dans ses formations en management, il faut être « branché sur les opportunités » pour réussir.

J’aime quand il explique « Vous croyez que j’aurais fait du ski de bosse si j’avais vu chaque obstacle comme une contrainte. J’y ai vu l’opportunité de me dépasser. »

La frustration, surtout quand elle est exprimée, est le résultat d’un sentiment d’impuissance, et de renonciation.

Les gamins renoncent ! Pas les hommes ! C’est là où je voulais en venir. Et je vais vous citer un autre exemple.

Quand j’ai été à Terre-Blanche, au sein du Pôle Espoir, j’ai pu observer les tous meilleurs golfeurs français dont les contemporains de Romain Langasque, sans doute le futur grand golfeur français.

Et en fait, j’ai trouvé que malgré les bonnes intentions de la fédération pour offrir les meilleures conditions d’entraînements, les joueurs étaient trop protégés, et trop isolés du monde extérieur pour avoir le sens des réalités.

Bien entendu, j’ai trouvé plein de bon sens aux propos de Renaud Gris, entraîneur national affirmant que la réussite des jeunes français passait par le fait d’être confronté plus jeune aux difficultés des parcours du monde entier, et aux meilleurs joueurs étrangers.

De ce point de vue, il forme effectivement de meilleurs joueurs.

Mais est-ce que c’est la bonne solution pour former des champions ? Des Mohammed Ali, des Bernard Hinault, des Alain Prost, en fait des grands champions qui se sont aussi forgés dans l’adversité.

Les fédérations, en se professionnalisant, forment de meilleurs joueurs. C’est vrai pour le golf comme le football ou le tennis.

Prenons l’exemple du foot ! Benzema est sans doute un grand talent technique. Mais est-ce que c’est un homme ? Un type qui réfléchit sur le monde dans lequel il vit, qui observe, analyse, et se grandit ?

Les événements démontrent que non. C’est juste un gamin qui aura pourtant bientôt 30 ans !

A 25 ans, Platini était déjà beaucoup plus adulte. Et c’est ce qui faisait que les enfants pouvaient l’admirer.

Qui admire Benzema à part ceux qui pensent que c’est le bon modèle parce qu’aujourd’hui, il n’y en pas plus d’autres ?

Pour le golf, désolé, mais c’est pareil. Qu’est ce qui va distinguer un golfeur pro d’un footballeur pro demain ? L’étiquette ? Cela m’étonnerait bien.

Qu’est-ce qui différencie un golfeur qui tape dans son sac ou casse un club d’un footballeur qui crache par terre ?

Cette lettre vous est destinée « jeunes golfeurs » que vous vouliez devenir pro ou pas, prenez du plaisir, et devenez des hommes.

Bien jouer au golf, c’est important. Mais être en bonne santé, vivre dans un pays en paix, c’est plus important.

Pour bien jouer au golf, il faut aussi savoir relativiser sa condition de golfeur par rapport au monde qui nous entoure.

Aux parents, dont je suis, je dirais aussi « ouvrons les yeux » de nos enfants à ce qu’est la vraie vie.

Jouer au golf est un privilège.

Non pas pour une question d’argent, ce n’est pas le débat.

Mais déjà passer une heure à respirer le grand air dehors, profiter d’un moment de partage, d’un moment de jeu…dans la vie, combien de fois avons-nous réellement ce type d’occasions ?

Il faut apprécier le moment présent, et se rappeler après un coup raté, qu’il y a plus grave dans la vie, surtout en prévision du prochain coup à réussir.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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