Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Insolites sur le golf

Jeu lent & golf: Quelles solutions selon les pros ?

Faut-il pénaliser les golfeurs pour jeu lent ?

Le golf est un sport qui peut se pratiquer seul, mais c’est bien plus agréable de jouer à plusieurs. Revers de la médaille, parfois à être trop nombreux, le jeu peut être trop lent, et la partie de loisir peut rapidement se transformer en chemin de croix.

Le problème du jeu de lent concerne aussi bien les amateurs que les professionnels.

Découvrons ce qu’eux proposent pour lutter contre le jeu lent qui parasite le plaisir de jouer au golf, et en particulier Colin Montgomerie ou Tiger Woods.

Lutter contre le jeu lent au golf : la méthode Montgomerie

L’écossais Colin Montgomerie a émis cet été une idée pratique pour limiter le temps de jeu lors d’une partie de golf.

Pratique mais pas nécessairement populaire, il suggère tout simplement d’utiliser le même procédé de  minuterie utilisé dans le basket-ball !

Drôle d’idée qui pourrait bien surprendre la majorité des golfeurs qui jouent au golf pour se détendre, loin des  contraintes du quotidien, ou du stress du bureau, profitant d’une après-midi pour prendre du temps pour soi.

Oui, mais justement prendre du temps pour soi, ne doit pas signifier pour autant prendre le temps des autres.

Cette phrase résume toute la problématique du jeu lent ! Comment harmoniser le temps d’un golfeur avec celui d’un autre ? Partageons-nous tous la même notion du temps ?

Quelle est la valeur du temps pour un retraité ou pour un cadre en en rtt ?

En théorie, le même, en pratique, les bouchons sur les parcours de golf les plus fréquentés démontrent que la gestion du temps sur un parcours n’a rien d’évident.

Problématique qui ne se pose pas d’ailleurs seulement pour les amateurs. Souvenez-vous du cas du professionnel japonais Hideki Matsuyama, pénalisé d’un coup pour jeu lent lors du dernier British Open.

Ainsi, "Monty" suggère d’accorder un temps défini au début de chaque partie de golf à chaque joueur. Ensuite, il recommande qu’un officiel ou un juge arbitre chronomètre la partie.

Pour l’écossais, aucune partie ne doit excéder les quatre heures de jeu. Ajoutant que lorsqu’une partie excède un certain temps, et par exemple cinq heures, cela pénalise toutes les parties qui suivent.

Actuellement, pour Montgomerie, les 52 arbitres d’un British Open devraient tous être équipés d’une « montre », et surtout autorisé à agir plus promptement en cas de dépassement.

Pourtant, ces propositions sont totalement inenvisageables pour les amateurs, dans la mesure où les parcours n’ont pas une cinquantaine de commissaires de parcours à disposer tout au long des 18 trous pour faire la police du temps.

D’autant qu’il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte quand on parle de temps de jeu.

Comment faire quand on doit choisir un club en fonction d’une distance à parcourir ? Doit-on arrêter la montre ?

Comment mesurer une partie où on joue dans le par, plus dix ou plus vingt, sachant que plus on joue bas, et plus on joue vite ?

Que faire de la règle des 45 secondes pour taper son coup ? Celui qui tape le moins loin doit-il être celui qui joue en premier, alors qu’il sera pratiquement toujours celui qui aura le moins de temps pour choisir son club en fonction de la distance ?

Ces questions ont surtout pour but de démontrer que le fait de régler le jeu lent n’a rien de simple, mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’y a rien à faire, ou en tout cas pas quelque chose de réaliste pour les pros mais aussi pour les amateurs.

Golf et comportement de golfeurs : la pédagogie est-elle la solution?

Lutter contre le jeu lent : la méthode Woods

Parmi tous ses titres, Tiger Woods n’est pas connu pour être un joueur rapide qui a battu le record de vitesse sur le PGA Tour.

Pourtant, il a récemment admis joué 36 trous d’entraînements en trois heures trente, et être capable de jouer 18 trous en moins d’une heure.

Aux USA, le problème du jeu lent est pris très au sérieux. A tel point que l’USGA va organiser en novembre une conférence sur le sujet.

Selon Woods, le sujet pourrait se traiter par plus de pédagogie au niveau des golfeurs eux-mêmes. Selon lui, les golfeurs ne sont pas assez sensibilisés aux questions de vitesse de jeu.

Que ce soit sur le tour ou au niveau amateur, il considère même que le jeu n’a cessé de ralentir.

Plus avisé que Montgomerie, Woods reconnait que la question peut se résoudre beaucoup plus facilement du côté des pros que concernant les amateurs.

La proposition de Woods étant assez simple, il suffit de privilégier les parties de deux joueurs au détriment des parties de trois joueurs.

Récemment lors du championnat du monde d’Akron, les deux premiers joueurs ont été joués en partie de deux, et peu de parties ont dépassé les quatre heures.

Lors du troisième tour, en raisons de perturbations météos, les parties ont été regroupés avec trois joueurs, et là, Woods rappelle que le temps de jeu est monté à cinq heures vingt.

Si une telle proposition est surtout qu’une question de décision politique au niveau du pga tour, au niveau des amateurs, elle se heurtera sans doute au principe de réalité économique pour les clubs amateurs.

Les parties de trois et plus souvent de quatre sont un excellent moyen de doper l’activité économique du golf.

En conclusion, malgré toutes les pistes évoquées, la résolution du jeu lent qui parfois nuit au golf, ne semble pas pouvoir passer par une autre piste que la responsabilité de chacun d’entre nous, vis-à-vis des autres golfeurs et golfeuses.

Sur ce sujet comme beaucoup d’autres dans la vie en collectivité, il faut croire que seul le bon sens peut changer positivement les choses, en tout cas plus qu’une loi ou une règle arbitraire difficilement applicable.

Woods ou Montgomerie ont bien des idées, mais si elles sont peut-être envisageables pour les pros, elles paraissent toutes inadaptées aux amateurs.

Malheureusement, un autre phénomène s’invite cette année dans le débat pour résoudre partiellement le problème : 20% de golfeurs en moins sur les parcours français, conséquence immédiate de la crise économique.

Moins 20% de golfeurs, c’est un golfeur sur cinq de moins au départ des parcours, et donc une réduction immédiate des embouteillages sur les parcours.

Espérons que ce phénomène ne sera que temporaire, et que nous pourrons prochainement reprendre ce passionnant débat qui lie golf et golfeurs pour comprendre comment mieux gérer un flux plus important de golfeur dans un temps mieux optimisé sur les parcours de France.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 2473
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.