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Jason Day remporte le Wells Fargo Championship 2018

Jason Day remporte le Wells Fargo Championship 2018- crédit Getty Images

Départ du 17 sur le dernier tour du Wells Fargo Championship, tournoi du PGA Tour 2018, disputé sur le parcours de Quail Hollow près de Charlotte en Caroline du Nord, Jason Day compte un seul coup d’avance avant de taper son coup de fer. Il a 203 mètres pour atteindre le centre du green. En bonne position pour gagner son second tournoi de l’année, l’ancien numéro un mondial frappe un draw qui se pose à quelques mètres du drapeau. La balle épouse la pente, roule très vite jusqu’au trou, tape le drapeau, ce qui freine considérablement sa course. Un putt pour birdie plus tard, Jason Day  avait repris les deux coups d’avances qu’il avait au départ de ce dernier tour.

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Green du 18, la foule est compacte autour du green de ce tournoi de golf comptant pour la Fedex Cup, mais n’est pourtant pas un tournoi plus important que le Valspar Championship ou le Genesis Open.

Soit un tournoi de golf classique pour la saison régulière, à ceci près que la plupart des stars du Tour ont répondu présent, à quelques semaines de l’US Open.

Théâtre du dernier US PGA Championship l’an passé quand Justin Thomas avait remporté son premier majeur, le magnifique et difficile parcours de Quail Hollow a accueilli cette année un public très nombreux pour suivre les exploits de Rory McIlroy, Phil Mickelson, Patrick Reed (le vainqueur du Masters), Jason Day, et Tiger Woods.

Avec le retour du tigre, les tournois de golf affichent des affluences en hausse.

Ce week-end, Tiger étrennait ses nouveaux clubs, et n’a pas réussi à réellement se mettre en évidence, surtout à cause d’un driving très peu précis, et un putting en mode « panne ».

Sur quatre tours, il a peiné à dépasser les 50% de fairways en régulation, notamment lors du dernier tour (28%), conclu sans le moindre birdie.

Ce week-end, son putting a été désastreux à l’inverse du futur vainqueur.

Sur les 75 joueurs engagés sur quatre tours, il a terminé 72eme pour les coups gagnés au putting. Il a eu besoin de 31 putts par parties, ce qui l’a conduit à son plus mauvais résultat depuis 2002.

Finalement en +2 total, il a perdu au moins 6 coups sur le reste du champ seulement au putting, alors qu’une prestation convenable lui aurait largement permis de se classer dans le top-15.

Surtout que malgré un driving aléatoire, son jeu du tee au green a été très encourageant…

Juste une mauvaise semaine à oublier pour Tiger…

Cependant, sa seule présence suffit à créer un effet de curiosité.

L’ensemble des pros sur le tour peuvent le remercier pour cette capacité à créer de l’intérêt, et des revenus publicitaires.

Un golfeur en particulier peut aussi se féliciter d’être son disciple, Jason Day.

Au cours des dernières saisons, quand il était au plus bas, Tiger Woods a toujours apprécié les fréquentes marques de respects en provenance de l’australien.

Plus qu’un Jordan Spieth, un Rickie Fowler ou un Dustin Johnson, des compatriotes, Jason Day avait tout du parfait disciple.

Woods apprécie sans doute cette l’admiration que lui porte Day, et peut-être une forme de proximité culturelle. Jason Day est australien par son père, et philippin par sa mère.

Entre Tiger et Day, il y a une réelle connexion qui ne peut pas se démentir. Si Tiger devait se choisir un successeur, assurément, il choisirati Day plutôt qu’un américain.

Samedi, la veille du dernier tour, Woods a envoyé un texto au leader du tournoi pour lui souhaiter bonne chance.

« Super jeu. Fini le travail ! »

Day a clairement apprécié de recevoir un tel soutien de son mentor.

Woods a été numéro un mondial pendant 683 semaines. Personne n’a fait mieux. La nouvelle génération incarnée par Dustin Johnson, Justin Thomas ou encore Jason Day ne jure que par le fait d’occuper le siège de numéro un.

Phil Mickelson n’a jamais occupé ce poste, et n’échangerait sans doute aucune de ses victoires en majeurs contre ce rang. Pas Jason Day qui ambitionne de le redevenir.

Sur le 18, en mauvaise posture, Day devant une foule immense a sans doute eu en tête le fait qu’un chip-putt pourrait suffire à lui offrir une nouvelle victoire, comme une étape vers son retour au premier plan.

Après une saison 2017 blanche terminée à la 13eme place mondiale sans la moindre victoire, on aurait pu penser que Day n’était plus aussi motivé ou capable de lutter pour la première place.

Avec cette deuxième victoire en 2018, Jason Day annonce avoir revu ses objectifs à la hausse.

Il veut gagner un majeur dès cette année, car cela serait un marchepied évident pour reprendre la première place sur le podium mondial.

Comme Woods, Jason Day ne jure que par cette perspective.

Le tigre s’est même dit impressionné par sa dévotion, et ce même en étant père de famille.

« Il a réussi à être le meilleur dans différentes circonstances, à différents moments de sa vie, et maintenant qu’il y a goûté, il veut tout faire pour redevenir numéro un. C’est beau à voir. »

Woods poursuit « Il veut vraiment avoir les mains sales à nouveau, faire le travail, taper pendant des heures sans compter. Il veut le faire à nouveau. »

Dustin Johnson, numéro un mondial actuellement, et depuis 64 semaines n’a d’ailleurs jamais semblé aussi proche de perdre son trône.

Sur le Wells Fargo Championship, Justin Thomas devait terminer dans les douze premiers pour lui ravir ce titre. Finalement, pour la deuxième fois, JT a laissé passer sa chance.

Au Player’s cette semaine, Dustin Johnson devrait terminer dans les onze premiers pour avoir encore une chance de sauver sa tête, sachant que cinq joueurs seront en mesure de lui ravir sa position si enviée. DJ n'a jamais brillé à Sawgrass...

Day fait tout pour redevenir un prétendant.

Dimanche, il a rendu une carte de 69 sans donner l’impression de très bien jouer. A la différence de Woods, c’est encore son putting qui a fait la différence.

Sur le 18, après avoir maîtrisé une approche à plus de 30 mètres, et derrière un bunker, il a rentré son ultime putt pour confirmer sa victoire, et son rang de numéro un pour le nombre de coups gagnés au putting cette saison.

Day a jusqu’à présent rentré 100% de putts à 1,5 mètres, et surtout 93% à 3 mètres !

Son jeu de fers aurait pourtant pu lui coûter la victoire. Cette dernière journée a d’ailleurs ressemblé à un jeu de montagnes russes émotionnelles.

Leader après 54 trous, Day a surtout construit sa victoire sur les…  3 derniers trous !

Son putting mais aussi son petit jeu ont contribué à ce succès. Sur ce week-end, il a réussi 15 sorties de bunkers sur 16 pour sauver le par. Il a terminé premier pour le nombre de coups gagnés autour du green.

Plus que le chèque de 1,3 millions de dollars, Day a donc fait un nouveau pas vers son seul objectif, le titre de numéro un.

Il avait 14 ans quand il a passé la porte du bureau de son futur coach, Colin Swatton, pour lui demander à quel point cela pourrait être difficile de devenir numéro un mondial.

Numéro un pendant 51 semaines en 2016, Day n’est pas rassasié.

« Il veut être le numéro un, car c’est ce qui valide tous les sacrifices qu’il a fait subir à sa famille. »

L’an passé, c’est bien son engagement qui a baissé, et expliqué une année moins réussie.

« Déjà quand j’étais enfant, et même plus que de gagner des majeurs, j’ai toujours voulu être numéro un. Je connais le feeling d’être le premier, ce que cela demande, et ce qu’il faut faire pour le redevenir. »

Sans être dominateur dimanche, il a su se sortir d’un des parcours les plus exigeants de la saison.

Leader avec deux coups d’avances au début de la journée, il a gaspillé son avance avec deux bogeys au 5 et au 6.

Il s’est repris avec un birdie au 7, puis au 8 et au 10.

Il s’est à nouveau retrouvé en difficulté avec deux bogeys au 13 et 14 pour redescendre au même niveau que son principal challenger, Aaron Wise.

Clairement, ce dernier tour n’a pas été de tout repos.

Cette victoire démontre qu’il a justement cette capacité d’un leader à gagner, même quand les vents sont parfois contraires.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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