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Jason Day remporte le Player’s Championship 2016 à la manière du tigre

Jason Day remporte le Player’s Championship 2016 à la manière du tigre

L’an passé, le Player’s avait consacré Rickie Fowler dans le rôle du héros qui réussissait à s’emparer du trophée après une bataille épique contre lui-même, le parcours, et Kevin Kisner. Cette année, le numéro un mondial, Jason Day, a dominé de bout en bout, ne laissant place à aucun suspense, aucune forme de tragédie ou de passion liée à un éventuel retournement de situation dramatique. Jason Day a gagné à la manière d’un Tiger Woods ! Jason Day confirme qu’il est le nouveau boss.

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Le récit d’une victoire qui s’est dessinée dès le premier tour

Alors que Jordan Spieth et Rickie Fowler ont manqué le cut, que Rory McIlroy a fait illusion le temps du second tour, Jason Day a avancé vers la victoire tel un métronome, avec une régularité et une ingéniosité d’une rare perfection.

Il y a bien un moment de chaud sur les neuf premiers trous de son aller lors du troisième tour. Ceci dit, pas de quoi le faire réellement trembler.

Sur ce week-end de Player’s, le cinquième majeur qui ne dit pas son nom, Jason Day a été sans rival réellement à sa mesure.

Il a joué seul sur sa planète au « mind game » le plus difficile qui puisse être.

Dimanche, il a maintenu son avance de quatre coups pour remporter son dixième titre sur le PGA Tour, son septième en dix –sept départs. C’est cela qui commence à dessiner une tendance de domination.

Quand McIlroy et Spieth ont occupé le fauteuil de numéro un, ils n’ont jamais affiché une telle statistique.

Sur ces sept dernières victoires, trois ont été construites de bout en bout.

Gagner un tournoi de golf professionnel est quelque chose de difficile. Gagner en menant quatre tours d’affilés, c’est de l’exceptionnel, et seul un golfeur au sommet de son art peut réaliser une telle performance.

Sur le parcours du TPC de Sawgrass qui n’a pas la réputation d’être un des plus simples, Jason Day a joué une partition de virtuose.

Après sa prestation aux championnats du monde de match-play, et ce week-end, il n’est plus possible de douter du fait qu’il est parti pour être le meilleur golfeur du monde pour un petit moment.

D’autant que les conditions de jeux ont varié pendant les quatre jours, demandant justement une certaine dose d’adaptation.

Entre les quatre tours disputés, c’est comme si Jason Day avait joué deux parcours radicalement différents, et ce, avec le même contrôle.

Pendant les deux premiers jours, Jason Day, 28 ans, a attaqué les fairways au drive, et les drapeaux sur les greens souples, pour signer le record de score après 36 trous, soit quatorze coups sous le par, dont un magnifique 63 sur le premier tour.

Pendant les deux jours suivants, il s’est montré comme le champion du « scrambling », à savoir celui qui récupère le mieux derrière un mauvais coup ou un mauvais trou, rentrant des putts déterminant pour sauver des PARs sur des greens plus fermes, et plus rapides.

Aux termes des quatre jours de compétitions, Jason Day a aussi bien dominé la distance au drive avec une moyenne de 311 yards (284 mètres) que le scrambling.

Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’un autre golfeur puisse rivaliser ?

Quand vous êtes à la fois le golfeur le plus long, et celui qui réussit le plus de coups de « récupérations », comment peut-on vous battre ?

En l’espace de neuf mois, personne n’a réussi à répondre à cette question.

Jordan Spieth et Adam Scott sont les deux seuls golfeurs à avoir gagné plus d’un tournoi sur le PGA Tour durant cette période, et pourtant, ils comptent cinq victoires de moins !

De telles statistiques ne manquent pas de lancer les comparaisons avec un certain Tiger Woods au plus fort de sa domination.

Il y a quelque chose de Tiger en Jason Day !

Pour Adam Scott, le compatriote de Day « Ce type de performance, c’est tout bonnement Tigeresque ! » poursuivant « J’essaie d’imaginer ce qu’a pu ressentir Tiger jouant aussi bien pendant cinq ans, remportant près de 50 tournois durant cette période. Imaginez à quel point vous vous sentez en confiance. »

Au sujet de Day, il ajoute « Jason doit sans doute ressentir quelque chose d’assez similaire en ce moment. »

Et Scott peut en témoigner ! Il a justement joué un tour d’entraînement avec Jason Day. Il a été au plus près du phénomène.

« Vous pouvez ressentir le calme intérieur qui se dégage de lui à la façon qu’il a de se déplacer, et à son regard. »

Pour Colin Swatton, le coach et caddie du numéro un mondial, il est évident que l’exemple de Tiger Woods sert.

Les bénéfices de cette inspiration sont difficilement perceptibles ou quantifiables. Cela fait partie des choses qui sont parfois difficiles à définir avec précision, mais vous savez qu’elles sont présentes parmi les ingrédients qui font la recette de la victoire.

« J’ai assurément vu un changement chez Jason. Pas nécessairement dans sa façon de jouer, ou comment il se prépare, mais j’ai bien vu un peu plus de confiance en lui. Je peux même dire que je vois beaucoup plus de confiance, et c’est pourtant quelque chose de très difficile à obtenir, surtout si vous obtenez plus de confiance au travers de victoires. Tiger est certainement une très belle personne, et un très bon exemple. Je suis certain de l’influence de Tiger sur Jason. Il peut réellement faire de vous un meilleur golfeur. »

Pourtant dimanche sur les neuf premiers trous de la journée, Jason Day n’a pas semblé si confiant. Au contraire, ses coups dénotaient une légère crispation.

Il n’a touché que trois fairways sur neuf possibles, et seulement trois greens en régulation pour aucun birdie.

Sur le trou numéro neuf, c’était plutôt le mauvais Tiger qui occupait le corps de Jason Day. Il a manqué trois chips consécutifs.

Day a admis plus tard s’être senti dans la peau d’un amateur. Merci de penser à nous !

Derrière ce raté, l’australien rentra un putt d’un mètre quatre-vingt pour bogey qu’il considéra comme son putt le plus important de la journée, car, en cas de raté, il aurait vu son avance se réduire à un seul coup.

« Si j’avais quitté le green avec un double-bogey, j’aurai laissé la porte ouverte pour un retour derrière moi. Au contraire, cela m’a redonné un boost d’énergie. »

Sur le trou suivant, justement le champion du scrambling allait rentrer son premier birdie de la journée, sifflant au passage, la fin de la partie. Personne ne pourra jamais revenir, et sur le retour, joué sans bogey, il donna l’impression de vouloir impressionner le tigre en personne.

« Je ne connais pas le record de Tiger au moment de conclure une domination de près de 54 trous, mais j’imagine que c’est assez élevé. Je ne pense pas qu’il en ait beaucoup perdu. »

Et effectivement, Woods a déjà été dans cette position à 45 reprises pour un total de 43 victoires.

A croire que les échanges de coups de fil et de textos entre les deux hommes ont agi comme un véritable passage de témoin entre le maître et son disciple.

Woods ne cesse de répéter à Day de consolider sa place de numéro un mondial.

Ce week-end, c’est exactement ce que l’australien a fait en creusant encore un peu plus l’écart avec Jordan Spieth pour occuper une huitième semaine consécutive le fauteuil du leader.

« Tiger m’a prévenu qu’il allait revenir pour me chasser donc j’essaie de prendre de l’avance surtout s’il revient dans la peau du tigre que nous avons connu. De la sorte, j’aurai un peu de temps pour le voir revenir. »

Jason Day n’est pas le premier joueur de sa génération à essayer de se connecter à Woods. En revanche, il est le premier à transformer cette connexion en quelque chose d’aussi dominant!

Bien sûr, il a sa propre personnalité. Il joue son propre jeu. Il affiche une certaine candeur rafraîchissante. En tant qu’individu, il est très différent de Woods. Pourtant, Tiger reste le modèle d’excellence qui fait rêver Jason Day.

A croire que même quand Tiger Woods n’est pas là, ce dernier a trouvé un golfeur à qui passer le flambeau, et porter sa propre marque.

Impossible de parler du nouveau numéro un mondial sans faire référence à lui…c’est dire l’aura du tigre sur le golf mondial.

Après avoir vécu sa domination comme quelque chose d’exceptionnelle, c’est comme si nous rentrions dans une phase où nous allons réaliser à quel point le golf ne peut plus être considéré sans son influence.

Pour Jason Day, ce n’est que le début de sa propre histoire. Se retournant sur ses dix victoires en carrière, il ne cesse de se répéter que ce n’est pas assez ! Il en veut plus que dix !

Tiger compte 79 victoires !

Day veut faire partie des légendes du golf, et ne s’en cache pas. Il veut laisser son empreinte sur le jeu. C’est chose faite au Player’s, un tournoi qu’il faut gagner quand on veut rentrer musée des légendes…

Le sac de Jason Day 

  • M1 460 Driver / 10.5* / MRC Kuro Kage TiNi 70X tipped 1"
  • M2 Fairway / 17* / MRC Kuro Kage TiNi 80x tipped 1.5"
  • RSi TP irons / 4-9, PW / True Temper Dynamic Gold X7
  • RSi2 2-iron / True Temper Dynamic Gold X7
  • Tour Preferred EF Satin Chrome Wedges / 47 (Tour Grind), 52 & 58 (ATV grind) Temper DG Tour Issue S400 (wedges bent to 48, 54, 60)
  • Tour Preferred X Golf Ball #87 (date de naissance)
  • Itsy Bitsy Ghost Spider Itsy Bitsy Proto Putter
  • Chaussures adidas Golf TOUR360 BOA BOOST
  • Polo Climachill 3-Stripe
  • adidas Golf 3-Stripes
  • Casquette New Era Tour 39Thirty
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1381
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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