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Jason Day remporte le Farmer’s Insurance Open 2018: Le retour du champion ?

Jason Day remporte le Farmer’s Insurance Open 2018: Le retour du champion ? - Crédit photo : TaylorMade

L’australien Jason Day, 30 ans, n’avait plus remporté de titre important sur le PGA Tour, circuit de golf professionnel américain depuis le Player’s 2016, soit plus d’un an et demi. Une éternité pour un ancien numéro un mondial, et vainqueur de majeurs plus habitué à dominer le champ des joueurs qu’à faire partie de la meute. Lundi 29 janvier, il lui aura fallu un sixième trou de play-off et une journée supplémentaire pour finalement venir à bout du tenace suédois, Alex Noren, et surtout laisser penser qu’il pourrait redevenir le meilleur joueur du monde…

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Début 2016, Jason Day rayonnait sur le golf mondial.

En l’espace d’une dizaine de tournois entre le début et la mi-saison sur le tour américain, il a empoché pas moins de trois victoires dans trois grands rendez-vous : Le Arnold Palmer Invitational, le championnat du monde de match-play DELL,  et le Player’s Championship, considéré comme le cinquième majeur de golf aux USA.

Entre temps, il avait pris la dixième place du Masters.

Pas de victoires en majeurs en 2016, mais de belles places d’honneurs avec une huitième position à l’US Open, et surtout une deuxième position au PGA Championship, dernier majeur de l’année.

Jusque-là, Jason Day était largement le meilleur joueur du monde.

La seule ombre au tableau pouvait être son dos, très fortement sollicité par son driving tout en puissance.

Pourtant, sa force ne résidait pas dans ses statistiques au drive !

Contrairement à l’image que l’on pouvait avoir de lui avec ses drives régulièrement à plus de 300 yards (270 mètres), Jason Day était le numéro un incontesté du putting !

Numéro un pour les coups gagnés au putting en 2016, il était par la même occasion le numéro un pour les coups gagnés quel que soit le compartiment du jeu.

Paradoxe de son driving surpuissant qui posait des questions sur sa forme physique, il n’était que 64eme pour la statistique des coups gagnés depuis le tee de départ.

Une statistique très loin des standards d’un Dustin Johnson, d’un Jon Rahm ou d’un Rory McIlroy.

En réalité, Day était très long, mais très peu précis pour le nombre de fairways pris en régulations avec à peine 50% de réussite.

304 yards de moyenne au drive ne lui donnaient pas un avantage si important sans être sur la piste.

Même son jeu de fers n’était pas suffisant pour expliquer sa domination sur le golf mondial.

A l’image d’un Jordan Spieth, Day excellait dans le petit jeu et sur les greens.

La machine s’est pourtant grippée fin 2016, et notamment au BMW Championship où au cours du dernier tour, il a du abandonner en raisons de douleurs au dos.

Toute la saison, il avait donné des signes inquiétants dans ce registre.

La machine a finalement lâché en toute fin de saison.

Pas de quoi le priver du titre de numéro un mondial malgré une fin de saison tronquée par deux abandons consécutifs sur les deux derniers tournois des play-offs (BMW Championship et TOUR Championship).

En revanche, 2017 n’allait pas ressembler à 2016 pour la qualité du jeu.

Après s’être plus ou moins remis sur pied, l’australien a été confronté au cancer de sa mère, un événement qui l’a marqué et perturbé.

Nouvellement égérie de Nike pour un contrat publicitaire conséquent, Jason Day, nouvelle figure de proue de la marque n’allait bientôt plus être le meilleur joueur du monde, détrôné par l’irrésistible Dustin Johnson, encore bien plus fort…

Le premier compartiment de jeu qui allait lâcher l’australien était le putting !

Le premier compartiment de jeu qui allait lâcher l’australien était le putting !

Rayonnant sur les greens en 2016, Jason Day n’était tout simplement plus dans le même état de grâce sur les putts décisifs.

Il n’était pas forcément nettement moins bon putter comme en attestait ses moyennes de putts par trous entre 2016 et 2017 (28,06 contre 28,26 putts), mais c’est globalement son petit-jeu y compris le putting qui fut moins décisif dans les moments cruciaux.

Sans être dominateur dans les autres compartiments du jeu, Jason Day dépendait en fait trop de son putting pour rattraper trop de situations compliquées. Au bout d’un moment, à trop jouer avec le feu, la concentration a un peu flanché.

Mais c’est surtout l’adversité qui a rattrapé l’australien.

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Si sa moyenne au driving est passée de 303 yards à 306 yards en un an, sa moyenne de fairways en régulation a aussi légèrement progressé de 50 à 53% sur la même période.

Cependant, si en 2016, 50% le classait en 150eme position. 53% en 2017 ne le positionnait plus qu’en 172eme position.

Un tout petit peu moins flamboyant dans les approches ou au putting, Jason Day n’a pas franchement baissé de niveau sur l’ensemble de la saison 2017, pourtant, il a lentement reculé jusqu’au 14eme rang mondial.

Ce qui lui a surtout fait défaut jusqu’à présent, c’était un moment haut. Ce que les américains appellent un « Momentum ».

Dans une saison professionnelle, il est très difficile de performer 12 mois sur 12.

Toutefois, les dix meilleurs joueurs du monde ont toujours plus ou moins une période haute dans l’année. Cette période n’est tout simplement pas venu depuis un an et demi dans le cas de Jason Day.

Il n’a pas manqué plus de cuts qu’à l’accoutumée (seulement 3 en 2017) mais n’a pris qu’une seule place de second (Byron Nelson) en 22 tournois disputés (son plus grand nombre de participations depuis 2013).

Après seulement quelques tournois en 2018, il est trop tôt pour analyser les statistiques de Jason Day, et ce, pour expliquer cette nouvelle victoire au Farmer’s Insurance Open sur le parcours de Torrey Pines, un véritable test pour la santé du jeu d’un joueur.

On peut noter que sa moyenne au drive a encore progressé, ce qui constitue une belle publicité pour TaylorMade, et la Twisted face, surtout que la marque revendique une quatrième victoire de rang en quatre semaines.

Avec 319 yards de moyenne, Jason Day pointe au 4eme rang des plus longs drivers sur le tour, et surtout sa moyenne de précision a bondi à 66%.

Avec 319 yards de moyenne, Jason Day pointe au 4eme rang des plus longs drivers sur le tour, et surtout sa moyenne de précision a bondi à 66%.

Il n’en fallait pas plus pour remonter sa moyenne de birdie ! Il est provisoirement le 7eme sur le PGA Tour pour le nombre de birdies rentrés.

Sans être exceptionnel au putting, sa performance depuis le tee lui suffit pour gagner plus de coups.

Pour son premier tournoi en 2018 et donc vainqueur de Noren dans un play-off interminable, Day a mis en jeu le driver M3 10,5 degrés réglé sur 9 degrés avec un poids complètement sur l’avant pour réduire le spin, et un autre un inch plus bas en position neutre.

Day affirme que la Twisted face réduit ses coups décentrés occasionnels, notamment quand il frappe haut en pointe pour un effet de hook indésirable.

Au sujet de sa victoire, Jason Day a pu pousser un ouf de soulagement « Cela a été un long moment sans gagner »

Sa mère a récupéré d’un cancer, et pour certains observateurs, en 2017, il a surtout perdu en concentration, et en discipline, ce qui expliquerait son passage à vide.

Après cette victoire à Torrey Pines, dans le plus long play-off de l’histoire du tournoi (67 ans), organisé le lundi, en raison de la nuit tombante la veille, et sans spectateur, dans la mesure où les organisateurs n’ont pas eu le temps d’organiser la sécurité, Jason Day affirme qu’il veut redevenir le numéro un mondial, tout en remportant la Fedex Cup.

Honnêtement, à la vue de ses qualités (driving et putting), cette hypothèse peut prendre beaucoup de crédit, et nous réserve de beaux affrontements pour une année 2018 passionnante.

McIlroy, Johnson et Rahm semblent aussi prêt à en découdre. Le champion de cette année sera un grand champion !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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