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Jason Day: Numéro un mondial de golf et champion de match-play!

Jason Day: Numéro un mondial de golf et champion de match-play! Crédit Photo : Mark Newcombe

Vainqueur 5 à 4 du sud-africain Louis Oosthuizen en finale des championnats du monde de match-play disputé à Austin au Texas sur les terres d’Harvey Penick, Jason Day a de nouveau démontré qu’il était bel et bien le meilleur golfeur du moment, et peut-être de son époque. Six victoires en treize départs sur le tour, des chiffres qui rappellent la domination d’un tigre. Numéro un mondial après la défaite de Jordan Spieth au premier tour contre…Louis Oosthuizen, c’est surtout contre Rory McIlroy, en demi-finale que l’australien d’origine Philippine a fait preuve de solidité, et ce malgré une blessure au dos…

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Une victoire au bout de la douleur !

Ce ne sont pas un, deux ou trois membres de son entourage qui ont vivement conseillé à Jason Day d’abandonner après son premier match contre Graeme McDowell mais bien quatre personnes !

Sur la première journée du WGC-Dell Match-Play 2016, l’australien, numéro deux mondial affronte un spécialiste de ce format de jeu, le nord-irlandais, G-Mac, plusieurs fois vainqueur en Ryder Cup, et vainqueur du Volvo World Match-Play.

Au cours de cette partie d’ouverture, Jason Day ressent une terrible douleur dans le bas du dos.

L’avis de son entourage proche ne manquait pas de bon sens pour éviter à l’australien d’aggraver la blessure, et préserver ses chances de récupération à dix jours du Masters d’Augusta.

D’autant que le championnat du monde de match-play est le tournoi qui consomme le plus d’énergie dans l’année avec plusieurs parties de 18 trous à disputer dans un délai très court.

Le vainqueur jouant jusqu’à sept parties en cinq jours, soit potentiellement 126 trous !

Pourquoi prendre des risques à quelques jours du premier majeur de l’année ?

Surtout quand on sait l’importance du dos pour un golfeur.

Jason Day avait-il quelque chose à se prouver, une semaine après avoir remporté le Arnold Palmer Invitational ?

Déjà vainqueur de quatre tournois en fin d’année 2015, Jason Day avait finalement rapidement démontré à Orlando sur le parcours de Bay Hill qu’une longue interruption n’avait pas eu trop d’effet sur son fighting spirit.

Alors pourquoi prendre le risque de jouer avec une inflammation d’un disque lombaire ?

Ce n’est pas la première fois que Day doit jouer dans de telles circonstances…un point commun avec un certain Tiger !

Au contraire, il a voulu écouter une autre petite voix dans sa tête, celle qui lui faisait miroiter une très accessible place de numéro un mondial.

« Je veux juste gagner » répondit le champion à son entourage.

« Je voulais vraiment continuer à jouer car j’avais le sentiment qu’en jouant de la sorte, je pourrais vraiment tenir le trophée à la fin de la semaine. »

C’est ce sentiment, cette envie, ce désir qui l’a tenu tout au long du tournoi.

Jason Day se frotte le dos avant de démarrer sa partie contre Jaidee

La récompense fut cette victoire 5 à 4 contre Louis Oosthuizen en finale dans un match sans véritable suspense alors que tout avait été un peu joué quelques heures plus tôt, en demi-finale, contre l’autre « monstre » de notre époque, Rory McIlroy, dans un match au sommet du talent golfique, un match de légende, un match qui fera date.

Vainqueur de Rory, le tenant du titre, Jason Day a tout simplement remporté le trophée à deux reprises en trois ans, confirmant au passage qu’il était avec McIlroy, le meilleur golfeur du monde en match-play.

Une satisfaction supplémentaire en plus de celle d’avoir repris à Jordan Spieth le titre de numéro un mondial.

Ceci dit, Jordan Spieth n’est pas un ogre dans cet exercice. Lui, son truc, c’est plutôt le Masters d’Augusta.

Il faudra donc attendre encore quelques jours pour retrouver les trois hommes, McIlroy, Spieth et Day s’affronter pour la suprématie absolue.

Cela n’a pas été aussi facile que le score semble bien vouloir le dire !

Quelques minutes après que la douleur ne se soit réveillée contre Graeme McDowell, l’entourage de Jason Day s’est réuni en cellule de crise.

Son entraîneur, Cornell Driessen alors en Afrique du Sud, Jason Day fit aussi appel à Brian Smith, le thérapeute de Bubba Watson, en plus de son docteur, James Bradley, le chef de service orthopédique de l’équipe des Pittsburg Steelers, une équipe de football américain pour une réunion téléphonique au sommet.

Une heure après sa première partie, Jason Day a subi un premier traitement. Par la suite, il a suivi un traitement d’une trentaine de minutes entre chaque tour.

En tout et pour tout, Jason Day a subi une dizaine d’heures de thérapies pendant toute la semaine.

De son propre aveu, c’était beaucoup.

La douleur n’a jamais totalement disparue dans ce laps de temps, cependant l’inconfort s’est réduit au fur et à mesure de la semaine.

Au cours de chaque partie, et entre chaque coup, l’australien a pris soin de s’étirer avec application.

Tant qu’il était sous traitement, physiquement, il pouvait continuer à jouer.

Si physiquement, cela représentait un challenge, il en était de même d’un point de vue mental.

Durant tout le tournoi, l’australien n’a jamais cessé de se demander si c’était le bon choix de continuer à jouer dans de telles conditions.

« A chaque échauffement, j’étais à la limite de me demander si je devais continuer ou pas. Mais à chaque fois, je me disais…Ok, le dos va tenir bon. Venant de gagner une semaine plus tôt, personne ne m’en aurait voulu sachant que j’étais blessé. J’aurai pu prendre le reste de la semaine pour me reposer. »

Mais ce n’était vraiment pas dans son tempérament.

« Je n’ai pas voulu renoncer car je savais que je pouvais venir à bout de mes sept adversaires, et que je pouvais soulever le trophée. »

« Je n’ai pas voulu renoncer car je savais que je pouvais venir à bout de mes sept adversaires, et que je pouvais soulever le trophée. »

Affronter des douleurs au dos fait effectivement partie de la vie de beaucoup de golfeurs professionnels.

D’ailleurs, Jason Day a admis avoir parlé de problèmes de disques avec Rory pendant la demi-finale.

« Nous nous mettons en tension et nous essayons de swinguer un club à plus de 190 km/h. Nous le faisons des millions de fois, il n’est pas étonnant qu’à un moment ou à un autre, il se passe quelque chose au niveau du dos… »

A nouveau en finale, Jason Day et Louis Oosthuizen ont discuté de problèmes de dos. Le sud-africain ayant affronté le même type de problème à plusieurs reprises.

Effectivement, aux vitesses de swings et de balles produites par les professionnels, il y a un moment où ils sont susceptibles d’être rattrapés par la réalité du corps humain…et malgré toute la préparation physique qu’ils s’imposent pour tenir le choc.

Pourtant, en finale, après avoir démarré par un bogey offrant la tête du match au sud-africain, Day a été magnifique tout le reste de la partie.

Il a pris la tête du match après son premier birdie de la partie sur le trou numéro quatre, et ne l’a plus jamais lâché.

Au passage, il a envoyé plus d’une dizaine de drives à plus de 270 mètres dont deux à 330 mètres sur les neuf trous du retour, une démonstration de force malgré un dos défaillant.

Il ne faudrait pas réduire sa semaine à son seul driving. C’est au petit jeu que l’australien a été extrêmement impressionnant, le sauvant à plusieurs reprises de la perte d’un trou.

Sur les douze derniers mois, le nouveau numéro un mondial a intensément travaillé avec ses wedges, et notamment pour faire varier les hauteurs de trajectoires.

C’est ce qui fait de lui aujourd’hui un double vainqueur et le favori du prochain Masters

Pour son adversaire en finale, il est clairement quelques marches au-dessus de tout le monde en ce moment.

Prochain épisode pour la suprématie mondiale, le Masters d’Augusta où le trio Spieth, McIlroy, Day devrait nous livrer un nouveau récital golfique, rappelant les plus belles heures du trio Palmer, Nicklaus, Player.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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