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Jason Day marche-t-il dans les pas de Tiger Woods?

Jason Day marche-t-il dans les pas de Tiger Woods? Crédit Photo : Mark Newcombe

L’australien Jason Day, 28 ans, vient de remporter le Arnold Palmer Invitational 2016, son premier succès de l’année pour reprendre la deuxième place du classement mondial des meilleurs golfeurs (OGWR). Vainqueur de son huitième titre sur le PGA Tour, Day fait partie des favoris pour le Masters d’Augusta 2016, et il compte sur un soutien de poids…celui de Tiger Woods !

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Le tournoi de Bay Hill du nom d’Arnold Palmer est assurément un des gros rendez-vous de la saison sur le circuit professionnel nord-américain.

D’ailleurs le vainqueur ne s’y trompe pas ! « C’est un de ces tournois que les tous meilleurs gars, les plus forts, peuvent gagner. »

En pleine saison du Florida Swing, partie du calendrier qui concentre la majorité des épreuves disputées en Floride du fait de la clémence de la météo de février à Mars, Orlando a plutôt réussi à Jason Day, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau d’ailleurs.

En dehors des considérations météos, l’australien avait dans sa manche un atout que peu d’autres golfeurs pros peuvent sortir : le soutien de Tiger Woods.

Le tigre se reconnait-il dans le parcours de son jeune rival ?

Jason Day est née en Australie d’un père irlandais-australien et d’une mère philippine. C’est son père qui l’a initié au golf à l’âge de six ans.

Son père décédera d’un cancer six ans plus tard, et Jason trouvera une forme de refuge dans le livre d’un certain…Tiger Woods.

Ce livre fut plus que son livre de chevet. Il s’en servit de repère pour auto-évaluer sa progression, et adopter les mêmes méthodes d’entraînements que son modèle.

Tout comme Woods, née d’une maman thaïlandaise, les deux hommes se sont sans doute trouver beaucoup de points communs.

Le dimanche matin, à quelques minutes de démarrer son dernier tour, Day a reçu un texto du tigre « Sois juste toi-même et reste dans ton monde. »

Des quatre nouvelles stars du golf mondial, Jason Day est sans doute le seul à pouvoir prétendre recevoir ce type de message de Tiger.

L’actuel numéro un mondial, Jordan Spieth n’est pas aussi familier avec Woods, ni-même McIlroy qui pourtant ne cache pas son admiration, et fait partie du même team, Nike Golf.

Enfin, Rickie Fowler n’est pas non plus un disciple connu de Woods.

En fait, Jason Day est avec McIlroy, celui qui hésite le moins à afficher sa filiation technique.

Tiger a remporté son premier Arnold Palmer en 2000 pour le gagner quatre fois consécutivement par la suite, et huit fois au total entre 2000 et 2013.

Le rendez-vous de Bay Hill a toujours été un rendez-vous spécial dans la carrière de Woods.

Jason Day n’a guère que trois ans de plus que Woods lorsque celui-ci a posé avec le trophée en compagnie de la légende des années 60/70.

D’autant que ce n’est pas un tournoi anodin, et que le champ de joueurs y est généralement très relevé.

Depuis 1979, les vainqueurs sont souvent très grands noms de notre sport (Tom Kite, Fuzzy Zoeller, Payne Stewart, Paul Azinger, Fred Couples, Phil Mickelson, Ben Crenshaw, Ernie Els, Vijay Singh…)

Cette année, Jason Day s’est employé pour dominer Henrik Stenson, Zach Johnson, Adam Scott, ou Rory McIlroy, ses principaux rivaux au classement mondial, mais c’est plutôt contre des challengers qu’il a dû faire preuve d’autorité ne battant Kevin Chappell et Troy Merritt sur l’ultime 72ème trou du tournoi.

Au matin du dernier tour, nous aurions pu imaginer un scénario plus clément en sa faveur tant il avait pourtant dominé les trois premières journées, enchaînant les scores les sous le par à la faveur de parties sans bogeys ou émaillés d’eagle.

Son 66 du premier jour suivi par un 65 spectaculaire l’avait placé très tôt aux commandes.

C’est dire la performance de Chappell qui a été à un coup de battre l’australien sur le dernier jour, car ce dernier n’a pas franchement flanché.

Tout s’est joué dans un bunker à 30 mètres du 18 !

Day ne devait sans doute penser qu’à une seule chose depuis ce bunker. Comment avaler cette distance en seulement deux coups pour remporter le tournoi ?

Toute la journée, son swing ne lui a pas laissé véritablement de répit. Finalement, c’est au dernier moment qu’il a sorti le meilleur de son jeu.

Day a réalisé le coup parfait au meilleur moment ! Une sortie de bunker qui échoue à 1.2 mètres du drapeau !

Day qui a réellement explosé au plus haut niveau en 2015, remportant cinq de ses huit victoires en carrière sur cette seule saison dont son premier majeur, le PGA Championship, allait pouvoir remporter sa première victoire de l’année 2016, jugée pour l’instant timide.

Alors que la France se souvient de lui comme le bourreau de Victor Dubuisson en finale du championnat du monde de Match-Play de Dove Mountain « entre les cactus », Day avait bien besoin de cette victoire pour rappeler qu’il est en lice dès la semaine prochaine pour reprendre à Jordan Spieth, le titre de numéro un mondial, provisoirement conquis à la fin de l’été 2015, notamment après un superbe enchaînement de trois victoires entre le PGA et BMW Championship.

« J’ai toujours rêvé de me trouver à la place du vainqueur, aux côtés d’Arnold Palmer. Etre aux côtés du King est un moment très spécial. »

Simplement, il n’avait pas imaginé que ce serait aussi difficile.

Bien que leader pendant les trois premiers tours, dimanche, il lui a fallu livrer un duel à quatre dans les deux dernières heures.

Le vainqueur sera finalement celui qui concéda le moins d’erreurs

Et à ce petit jeu, Day a commencé par perdre son avance de deux coups sur les neuf premiers trous de l’aller.

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Un premier coup magique de fer 9 depuis le rough l’a remis en selle en passant au-dessus du bunker pour se poser à quelques centimètres du trou, et assurer le birdie.

Au départ du 18, Day comptait finalement un coup de retard sur Kevin Chappell, en difficulté sur le dernier trou et qui allait commettre son seul bogey du retour.

Néanmoins, Chappell a réussi à rendre une carte de 69 qui lui a permis d’attendre au club-house en position de potentiel vainqueur.

« J’avais une chance de gagner, et c’est tout ce que je pouvais espérer. »

Chappell est lui-même un habitué du podium avec déjà quatre places de second sur le PGA Tour en carrière.

A son tour sur le 18, Day qui a eu un coup depuis le pré-rough avec un lie raisonnable, passa sans encombre l’obstacle d’eau pour atterrir dans le bunker de gauche.

Sa sortie en explosion lui laissa donc moins d’un mètre cinquante pour un birdie donné, et d’un coup de retard, il s’imposa d’un coup sur Chappell.

« Je savais que j’avais tapé un bon coup ! C’est exactement ce que je voulais faire » s’exclama Day à la façon d’un Tiger Woods à l’apogée de son assurance golfique.

Désormais numéro deux mondial, l’australien peut tout à fait ambitionner de reprendre la couronne de numéro un mondial dès la semaine prochaine à la faveur d’une bonne performance au championnat du monde de match-play.

Alors que le Masters se profile en toile de fond, Day se replace comme un potentiel vainqueur tout comme Adam Scott, ou Charl Schwartzel, les derniers vainqueurs sur le PGA Tour qui sont aussi d’anciens vainqueurs de la veste verte.

Ce qui peut rassurer le vainqueur du Arnold Palmer Invitational 2016, c’est qu’il a gagné sans « de son propre aveu » avoir très bien joué, et au contraire, dû batailler avec son propre swing tout au long de la journée.

Suffisamment patient pour attendre sa chance, Day a démontré les qualités nécessaires à un futur vainqueur du Masters.

Et si c’était cela le bon conseil de Tiger à son jeune protégé, et finalement, celui qui lui ressemble le plus de toutes les jeunes pousses du tour à la lutte pour lui succéder.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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