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Mais qui est Jamie Donaldson, l’actuel leader de la Race to Dubai ?

Jamie Donaldson, actuel leader de la Race To Dubai 2014

Pro depuis 14 ans sur le tour européen, le gallois, Jamie Donaldson connait une éclosion tardive au plus haut niveau, comme en atteste sa position de numéro un de l’ordre du mérite européen, après quinze tournois disputés en 2014.

Une progression régulière vers le sommet !

Le natif de Pontypridd avait pourtant connu un début de carrière assez fulgurant chez les amateurs, et même lors de son bref passage sur le Challenge tour, circuit sur lequel il  a remporté deux victoires en 2001 sur l’Open de Russie et l’Open de Suède, pour sa seulement deuxième saison chez les pros.

Une vilaine blessure au dos allait ensuite ralentir sa progression au sommet du golf européen.

Ce n’est qu’à partir de 2008 que Donaldson a recommencé à briller, accumulant plusieurs top-10.

L’année suivante, il sanctionnait sa progression par une première participation au tournoi final de l’European Tour à Dubaï, dépassant pour la première fois les 500 000 livres sterlings de gains.

Entre 2010 et 2011, il s’est installé régulièrement dans le top-60 europeén, et à partir de 2012, il a enfin connu sa première grande émotion avec une victoire sur le grand tour…non loin de chez lui en Irlande.

Performance qu’il réédita avec un tournoi d’envergure mondial pour le début de la saison 2013 avec une victoire au Abu Dhabi Golf Championship, devant l’élite du golf mondial.

Cette grande victoire lui permis de se faire un nom auprès du public. En fin de saison, il intégrait même le top-5 européen avec près de 2,4 millions de livres sterlings de gains.

En quatre ans, il a tout simplement quintuplé ses gains en tournois !

A partir de cette année, le gallois entre donc dans une nouvelle étape de sa carrière puisqu’il a obtenu le droit de jouer les plus grands tournois dans le monde, et notamment au même titre que le français, Victor Dubuisson, les tournois du PGA Tour, les championnats du monde, et les majeurs.

Très occupé à suivre l’éclosion de notre champion français, nous aurions pu passer à côté de l’autre grande révélation de ces derniers mois !

Car, oui, bien qu’il ait déjà 38 ans, il semble bel et bien que pour les prochains mois, nous devions compter sur Donaldson pour animer le sommet des leaderboards.

33ème du WGC-Accenture Match-Play dominé par Victor Dubuisson, le gallois a pris sa revanche sur la domination médiatique du frenchy en terminant deuxième du WGC-Cadillac Championship, disputé à Doral sur le terrible Blue Monster.

Une performance encore masquée par la surprenante victoire de l’américain Patrick Reed, mais qui au finale permet à Donaldson de conforter sa place de leader de la Race To Dubai 2014.

Dans le top 30 de l’Official World Golf Ranking, Jamie Donaldson se rêve à vivre une grande année, surtout avec la perspective de la Ryder Cup en fin d’année à Gleneagles, alors que son statut actuel lui garantit pour le moment une place dans l’équipe européenne, dont il pourrait être l’un des grands débutants avec Dubuisson.

A la différence du français, il compte une légère avance en terme d’expériences des matchs par équipes, ayant déjà eu l’occasion de représenter la Grande-Bretagne et l’Irlande, lors des deux précédentes éditions du Seve Trophy (2011 et 2013).

Le secret de sa progression ?

Statistiques de Jamie Donaldson sur l'European tour

Entre 2008 et 2014, la moyenne de score par tour du gallois a baissé de 1,30 coups en moyenne.

Cette infime différence suffit à expliquer comment un golfeur professionnel passe de 60ème européen à premier !

Dérisoire, mais c’est pourtant la réalité du golf de haut niveau qui se joue sur des écarts de plus en plus minimes, plus on s’approche du haut de la pyramide.

Dans ce laps de temps, sur le tableau ci-dessus, nous pouvons constater plusieurs tendances :

La baisse régulière de sa précision au drive (passant de 65% de fairways touchés à 57% en l’espace de sept ans) couplée avec la hausse progressive de sa moyenne de distance au drive (passant de 287 yards à 293 yards).

Soit en mètres, de 262 à 267, pour un gain de seulement 5 mètres en moyenne, qui pourtant semble coûter huit points de précision.

D’autant que cette distance ne le positionne qu’en 44ème position des longs frappeurs de l’European Tour.

Conclusion, le drive n’est pas le point fort qui explique la position soudaine de numéro un européen acquis par le gallois.

En revanche, ce n’est pas non plus un point faible. Nous dirons simplement qu’il n’est pas handicapé par ce compartiment de jeu, et qu’il peut donc faire la différence dans un autre secteur presque plus important : comment terminer le trou ?

Si, sa précision au drive a légèrement fléchi au fil des ans, le gallois a en revanche réussi à maintenir sa capacité à accrocher des greens en régulations, signe que son jeu de fers lui a permis de se sortir de situation plus complexe. (Globalement, son niveau de greens en régulation a toujours oscillé entre 69 et 72%).

Mais là encore, vis-à-vis de ses camarades sur le tour, pas de quoi créer un facteur clé de succès incontournable.

A titre de comparaison, ce taux de réussite pour accrocher des greens ne le place que parmi les 100 premiers du circuit européen.

Donaldson plus solide que spectaculaire !

En réalité, c’est dans le domaine du putting que le numéro un de la Race To Dubaï 2014 a réalisé les progrès les plus sensibles, et les plus payants, passant de 30 putts par tour en moyenne à 28,6 entre 2008 et 2014, ce qui le situe dans le top 30 des meilleurs putters du circuit.

Statistique encore meilleure pour les putts par greens en régulations où il se trouve dans le top-20 européen !

Or, bien souvent, le fait de mieux putter s’accompagne en réalité d’une précision accrue des coups d’approches qui s’arrêtent un peu plus près des drapeaux.

En réalité, quand on dissèque le jeu du gallois, nous ne trouvons pas d’éléments qui laissent supposer que c’est un crack.

Au contraire, il a plutôt des statistiques d’un top-30 plus que d’un numéro un.

En revanche, Donaldson joue bien dans les grands événements qui rapportent de gros points, comme par exemple sa deuxième place au Nedbank Golf Challenge, sa treizième place au Volvo Golf Champions, et surtout sa deuxième place au WGC-Cadillac Championship.

A défaut d’être spectaculaire, Donaldson sait se montrer solide sur quatre tours, notamment sur des parcours où le risque d’exploser sur au moins un tour est important.

Sur le Blue Monster, parcours du championnat du monde Cadillac, Donaldson a été un des seuls golfeurs à ne pas connaître de jours sans (scores de 74, 70, 71, 70).

Leader de la Race en mars 2014, son avance ne permet pas de penser qu’il sera leader en fin de saison.

Ayant disputé six tournois sur quinze possible, il a certes remporté 1 millions d’euros de gains dont la moitié sur le seul WGC-Cadillac, pour autant, il ne compte qu’une poignée d’euros d’avances sur son dauphin actuel, le danois Thomas Bjorn, sachant que Sergio Garcia, Victor Dubuisson ou Louis Oosthuizen ne sont pas très loin.

A quelques jours du Masters qu’il disputera pour la deuxième fois, la question est de savoir s’il sera en mesure de tirer parti de la méforme actuelle des leaders du golf mondial pour s’illustrer, surtout si on tient compte du fait qu’il est plutôt au rendez-vous des grands tournois…

Crédit photo : Jamie Donaldson

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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