Plus de 4000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Un contenu unique, utile, et passionnant! Pour l'abonnement 12 mois! 1 boîte de 12 balles Srixon AD 333 Tour offertes et envoyées chez vous!

Vinaora Nivo Slider

Interview exclusive avec Alan Hocknell, directeur recherche et développement Callaway Golf

Interview exclusive avec Alan Hocknell (SVP R&D Callaway)

Dans le domaine des équipements de golf, les ingénieurs et créateurs des clubs de golf sont les véritables stars. Ils ont beaucoup plus d’influence sur votre jeu de golf de tous les jours que les pros du tour. Dans la hiérarchie des ingénieurs, le patron de la recherche et développement de Callaway Golf au niveau mondial, Dr Alan Hocknell, est assurément un des plus grands « cerveaux » pour la conception de clubs de golf. Nous avons eu l’honneur et le privilège de le rencontrer pour une interview exclusive dans son bureau au siège de Callaway Golf sur Rutherford Avenue à Carlsbad.

Découvrez nos formules d'abonnements

Dans le bureau d’Alan Hocknell…

En matière de journalisme en partie spécialisé sur le matériel de golf, rencontrer Alan Hocknell s’apparente à gravir l’Everest pour un Alpiniste.

Arriver jusqu’à lui, en particulier pour un journaliste français n’a pas été une chose aisée, surtout en cette période de lancement de la gamme EPIC.

Callaway a intentionnellement ou pas entretenu le mystère sur cette rencontre, tant et si bien que nous avons su que nous pourrions le rencontrer, seulement quelques minutes avant d’entrer dans son bureau.

C’est d’autant plus appréciable qu’au terme de l’entretien, notre interlocuteur a admis avoir été surpris par notre niveau de préparation, et de connaissance des produits.

L’entretien a d’ailleurs démarré par la France que le britannique connait bien, et en particulier les parcours du nord. Néanmoins, il semble qu’il soit assez rare qu’il ait à répondre à des questions d’un journaliste français sur du matériel…

Après avoir vanté la France comme une très belle destination golfique à notre interlocuteur, accompagné de Scott Goryl, responsable relations presse pour Callaway Golf, nous avons démarré l’entretien par une première question concernant la gamme metalwoods EPIC.

Notre objectif journalistique était non seulement d’amener l’ingénieur à nous parler du présent, mais aussi de l’avenir, des contraintes régaliennes sur le matériel, et la récente étude du Royal & Ancient sur la non-progression des distances mesurées depuis 10 ans au niveau des professionnels sur le tour, un pavé dans la mare pour l’industrie…

Il semble que vous ayez de grandes attentes au sujet du lancement de la nouvelle gamme de clubs EPIC ? (Le jour même au siège de Callaway Golf, les équipes commerciales recevaient des pros en provenance de tous les Etats-Unis pour une importante présentation produit).

Effectivement, nos attentes sont très importantes, aussi bien pour les résultats sur le tour qu’au niveau des ventes. Si les choses continuent comme elles ont commencé depuis quelques semaines, définitivement, nous risquons de connaître une année différente des précédentes ! (rires).

lab-callaway.JPG

Pouvez-vous nous parler de la technologie que vous avez développé sur ces nouveaux drivers EPIC, et en particulier, la technologie Jailbreak ?

Notre but était de pouvoir créer une grosse différence s’agissant de la vitesse de balle à l’impact.

Cela faisait très longtemps que nous cherchions à atteindre un tel objectif, surtout du fait que la législation sur les drivers est devenue très quantitative depuis quelques années.

A partir du moment où nous avons défini que nous pouvions augmenter cette vitesse de balle, nous étions convaincus que cela aurait un très large effet sur les golfeurs, et leurs progressions.

Nous sommes à une époque où les revendeurs sont de plus en plus équipés avec des launch monitors, ce qui permet aux amateurs de mesurer de plus en plus souvent cette notion de vitesse de balle.

Avant de parler du résultat, il fallait déjà se préoccuper de savoir comment la balle arrive dans la face, et comment cette dernière va se déformer au même moment.

Nous avons déterminé que la déformation de la face était beaucoup plus importante que celle du corps de la tête qui influe beaucoup moins. Logiquement, la balle est en fait en contact avec la face, et pas avec l’arrière du club.

Dans un premier temps, nous avons effectué des simulations sur ordinateurs, puis dessiné des prototypes pour essayer de construire une base de connaissance sur la relation entre la face et le corps du club, en particulier pour rigidifier le corps pour qu’il n’influe pas trop sur la position de la face à l’impact.

Nous voulions en mesurer l’impact, et effectivement, nous avons constaté que la rigidité du corps avait bien un effet sur la déformation de la face.

A partir de là, nous avons voulu amplifier cet effet autant qu’il était possible de le faire.

Nous avons poussé le corps du club à la limite pour qu’il ne casse pas, en particulier pour des vitesses très élevées, et constatées chez les joueurs professionnels.

Ainsi, en rigidifiant le corps, notre but était de rendre la face plus flexible, tout en ne cassant pas.

C’est cela qui a été difficile, et pris beaucoup de temps à développer. Faire se combiner à la fois une grande rigidité du corps avec une plus grande flexibilité de la face.

Réglage des poids sur le driver EPIC Subzero

Quand nous avons trouvé comment y parvenir, et avons fait survivre nos prototypes à nos tests de résistances, il nous a fallu déterminer comment nous allions pouvoir en fabriquer, non pas quelques-uns mais des milliers.

Jusqu’à présent, aucun autre driver n’avait été réalisé selon ce modèle. Nous avons dû apprendre une nouvelle liste de techniques de fabrication pour y parvenir.

A la fin, je pense que nous avons atteint notre objectif qui consistait à inventer le concept Jailbreak mais aussi à inventer comment faire Jailbreak. Au total, cela nous a pris quatre ans pour y parvenir.

Vous n’avez donc pas eu l’idée l’année dernière ?

Non, cependant, quand nous avons commencé, nous n’avions aucune idée du résultat que nous aurions à la fin.

Entre la première idée, et ce que nous avons finalement produit, il y a eu beaucoup d’itérations.

Nous ne savions pas que nous allions placer deux barres en titane derrière la face. Quel serait l’écartement de ces deux barres, et comment nous devions les placer ?

Cela a été un vrai travail de recherche pour y parvenir.

Que pensez-vous de la limitation du coefficient de restitution (COR) qui vous contraint dans le design d’un driver, et sa performance ?

Pour conformer un club auprès de l’USGA, et aussi le R&A, vous avez deux tests pour déterminer la vitesse de balle. Le premier concerne effectivement le test du COR. Il s’agit du test originel. Et vous avez un second test plus récent appelé C.T. test (characteristic in time).

Pendant plusieurs années, l’USGA a conformé des produits en utilisant les deux tests.

Après avoir testé de nombreux produits de cette façon, ils ont décidé qu’ils n’avaient plus besoin du test du COR, le jugeant trop difficile à organiser, difficile à répéter et coûteux. Seulement quelques personnes ont les équipements nécessaires pour y parvenir.

Ce n’était donc pas un très bon test, et c’est pourquoi, depuis 2016, ils se focalisent sur le test des caractéristiques dans le temps, très confiants dans ce nouveau processus, et considérant que si un club est conforme, il ne peut pas y avoir quelque chose d’inhabituel concernant le COR.

Nous avons voulu vérifier auprès d’eux le fait que si le CT Test était suffisant, le COR n’était plus une question. Et en l’occurrence, ils nous ont répondu par l’affirmative.

Ainsi, la technologie Jailbreak est conforme au test CT, ce qui nous était demandé. Nous avons eu quelques questions, mais pas tant que cela, et pas forcément insurmontables.

Comprenez que nous pouvons désormais proposer plus de vitesse de balle que par le passé, tant que nous sommes conformes au CT. Jailbreak permet cela…

Hier, le Royal and ancient a publié une nouvelle étude sur les distances au drive des golfeurs pros sur le tour, qui en résumé statue sur le fait que depuis 10 ans, il n’y a pas eu de progrès de distance significatif chez les pros, comment réagissez-vous à cette affirmation qui tendrait à remettre en cause le discours de l’industrie ?

Je pense que les statistiques mesurées sur le tour sont difficiles à argumenter. Je ne crois pas qu’ils aient pris en compte et enregistré tous les éléments qui contribuent à la distance.

Il faut clairement comprendre qu’il y a eu des changements sur l’équipement, mais aussi dans le même temps, sur le set up des parcours de l’European Tour ! Cet élément influe aussi très directement sur la distance.

Si vous « réglez » les conditions du parcours sur humide ou sec, cela a aussi une grande influence sur les distances réalisées par les pros. Idem pour la hauteur des roughs…

J’ajoute que l’European Tour ne mesure pas tous les drives, mais seulement deux par tours, sur deux trous déterminés à l’avance.

Ce qui est intéressant n’est pas cette mesure. Il faut plutôt regarder ce que nous avons recueilli sur les distances des amateurs, ce qui pour le coup est beaucoup plus important, car justement, le matériel les a aidé à être beaucoup plus consistant, en particulier sur ces dix dernières années, avec des technologies comme le Jailbreak.

Nos drivers sont beaucoup plus tolérants que par le passé. Ils sont aussi beaucoup plus ajustables. Tout notre enjeu concerne le fait de corriger les erreurs produites par les amateurs, et bien plus que d’augmenter les performances déjà proches de la perfection produites par les pros sur le tour.

Plutôt que les datas de l’European Tour, celles sur les amateurs révèlent des gains de 10 à 15 yards sur cette période, en lien avec les technologies que nous développons pour des golfeurs qui ne tapent pas systématiquement au centre de la face, pour des golfeurs qui n’amènent pas systématiquement la face de club square à l’impact…

Pouvez-nous en dire un peu plus à propos de votre processus de conception et de fabrication d’un club de golf chez Callaway ?

C’est très différent selon le contenu technologique que nous avons à apporter dans un club. S’agissant du driver EPIC, le design du club n’a pas commencé quatre ans auparavant. Le design a certainement pris une grosse année, mais les éléments technologiques que nous avons mis dedans, ont pris quant à eux, beaucoup plus de temps.

Si vous regardiez les graphiques de ce que nous avons imaginé quatre ans en arrière, cela n’aurait pas grand-chose à voir avec le résultat d’aujourd’hui.

De nos jours, nous essayons de produire nos nouveaux clubs le plus rapidement possible.

Le développement du driver EPIC avec toutes ses technologies en seulement un an, c’est plutôt très rapide, mais normal pour nous, car nous voulons être de plus en plus réactif aux tendances du marché, aux demandes des consommateurs, et aux feedbacks des joueurs sur le tour.

Nous nous servons de toutes ces informations pour concevoir la prochaine génération de produits.

conception-callaway.JPG

C’est mon travail et celui de mon équipe que de prendre tous ces feedbacks en considération, de tenir compte des golfeurs, de ce qu’ils sont, de prendre des groupes de personnes comme des individualités, et de fusionner tout cela en technologie qui pourrait aider ces golfeurs.

Ensuite, nous concevons des designs qui pourraient être intéressants pour eux. Heureusement, c’est facile de communiquer avec eux, de visualiser leurs attentes, et d’interagir.

Nous commençons à avoir de bonnes visions de ce qu’attendent les golfeurs.

Diriez-vous que le nouveau driver Callaway EPIC est l’opposé de ce qu’était le RAZR Extrem fit de 2012 ? A savoir, un driver très tolérant versus un driver, certes champion de la distance, mais difficile à jouer…

Oui, c’est une façon de voir les choses. L’EPIC correspond à un changement du marché des drivers où même les bons joueurs voient l’avantage de jouer un driver 460 CC, avec un MOI plus élevé…

Quelques années en arrière, les pros sur le tour préféraient jouer des têtes plus petites, plus compactes, et plus difficiles à taper par les amateurs.

Ce débat ne se pose plus en ces termes aujourd’hui. Les mesures de tolérances des nouveaux drivers EPIC et EPIC Subzero sont très proches.  Sur le PGA Tour, nous avons 2/3 des joueurs qui jouent le modèle standard, alors que sur l’European Tour, c’est du 50/50.

Nous avons deux têtes qui pourraient aussi bien être utilisées par des golfeurs moyens comme par des joueurs du tour. C’est effectivement très différent de ce que l’on observait seulement deux ou trois ans en arrière.

Selon vous, dans quelle direction pourrait aller le matériel de golf pour les 5 prochaines années ?

C’est une question qui est assez difficile. Si vous prenez le cas de la technologie Jailbreak, et si vous m’aviez posé la même question cinq ans plus tôt, nous n’avions même pas encore l’idée de cette technologie.

Et même si j’avais pu vous répondre, ne serait-ce que quatre ans en avance, le résultat de ce que nous avons produit n’a rien à voir avec le point initial, pas plus que nous imaginions ce que cela pourrait produire en termes de vitesse de balle.

Je pense que l’avenir est toujours l'affaire d’une découverte à venir.

Maintenant, si vous demandez qu’est-ce que nous chercherons dans les cinq prochaines années…Est-ce que nous chercherons à augmenter la vitesse de balle ? Je vous répondrai oui.

Est-ce que nous chercherons à contrôler backspin, et sidespin ? Je vous répondrai oui…

Est-ce que nous aimerions que les golfeurs qui ne swinguent pas avec précision arrivent tout de même à délivrer de bons coups de golf ? Oui !

Toutes ces choses seront toujours au centre de nos préoccupations, surtout quand nous regardons quelle nouvelle technologie nous pourrons apporter : les matériaux à employer, les processus de fabrications, ou la combinaison de tous ces facteurs.

Je ne sais pas encore sous quelle forme. Je sais que nous allons travailler de la même façon sur les drivers, les fers, les wedges, et les putters, mais je ne sais pas prédire si nous allons franchir de grands ou de petits pas. (rires).

callaway-golf-materiel.JPG

Aujourd’hui, le niveau moyen des golfeurs amateurs est toujours de 28 d’index (score de 100 sur un par-72), et ce malgré les progrès du matériel, comment pourriez-vous aider les joueurs à progresser ?

Effectivement, ce serait une grosse responsabilité pour nous, de dire que notre mission serait de faire mieux jouer les amateurs. L’équipement, le matériel de golf, ce n’est qu’une partie de la problématique.

Vous savez, près de la moitié du jeu est joué sur le green pour un certain nombre de joueurs. Dans ce cas, il convient de travailler son putting intensément pour progresser.

La pénalisation pour un golfeur qui taperait de mauvais drives n’est pas exactement la même que celle pour un golfeur qui ne chiperait pas bien…Vous pouvez trouver un hors limite ou un obstacle d’eau…Dans ce cas, il faut s’entraîner au driving, prendre plus de cours.

Nous ne sommes qu’un des ingrédients pouvant aider les gens à mieux jouer.

Une des raisons qui pourrait expliquer pourquoi le handicap ne s’améliore pas réellement, pourrait déjà venir du fait que l’on n’enregistre pas tous les éléments du jeu.

Vous pouvez très bien taper plus loin, mais si derrière, vous mettez cinq putts pour rentrer la balle dans le trou, le résultat global ne vous dit pas quel compartiment doit progresser par rapport à un autre.

Une autre raison qui pourrait expliquer ce résultat pourrait provenir du fait que seulement une petite partie des golfeurs enregistre des scores ou font des compétitions.

Ainsi, vous ne prenez pas l’ensemble de la population golfique en considération quand vous regardez les données liées au handicap.

Je ne crois pas à cette assertion qui laisserait penser que les joueurs n’ont pas progressé parce que l’équipement n’a pas progressé.

Nous pouvons mesurer beaucoup plus de choses sur nos drivers que dix ou quinze ans en arrière. Nous pouvons déterminer à quel point nos drivers sont plus performants que ce qu’ils étaient à cette époque.

Quand un golfeur se fait fitter avec un de nos drivers, nous pouvons voir le gain de vitesse de balle, mais en dernier lieu, c’est la responsabilité du golfeur que de transformer ce potentiel en score sur le parcours. Et j’espère qu’ils le feront.

Est-ce que cela aurait du sens pour vous de séparer le matériel selon deux législations, une pour les pros qui ne jouent finalement pas déjà le même jeu, et une pour les amateurs avec plus d’assistance technologique ?

Je ne vois pas cela arriver d’aucune façon. L’USGA et le R&A ont déjà été interrogées à ce sujet, pas forcément dernièrement, et plutôt quand une bonne partie des règles ont été ajoutées au sujet de la taille des têtes, du coefficient de restitution… Devrions-nous avoir deux carnets de règles ? Et à chaque fois, la réponse a été négative. Il n’y a qu’un seul jeu de règles pour le golf ! Ils pensent que c’est cela qui définit le jeu.

Maintenant, effectivement, nous ne jouons pas le même jeu que les pros. Cependant, nous devrions voir de gros changements dans les semaines à venir avec la publication des nouvelles règles. Ils ont beaucoup réfléchi sur la façon dont nous les amateurs, jouons au golf.

Par exemple, quand nous perdons une balle sur le fairway, nous ne retournons pas si souvent en arrière pour retaper un drive. Nous dropons une balle, et en avant. En revanche, pour Rory McIlroy, il faut qu’il reparte sur le tee de départ.

Il y a pas mal de règles admises mais non écrites, dans les règles que les amateurs s’octroient déjà. Donc, dans les faits, il y a déjà deux types de règles de golf.

De la même façon, vous avez déjà deux types de parcours de golf. 

Si vous allez jouer à Torrey Pines le lendemain du tournoi joué par les pros, dans les mêmes conditions, vous allez voir à quel point c’est terriblement difficile.

Cependant, en-dehors du tournoi, ils coupent les roughs… vous n’avez pas à jouer des backtees… les positions des drapeaux ne sont pas aussi terribles… Alors, c’est le même parcours, mais en fait, cela ne l’est pas !

Donc dans un certain sens, il y a déjà deux types de jeux de golf.

Vous avez des parcours publics sans grands obstacles, sans grandes difficultés… C’est pourtant du golf, bien que cela soit beaucoup plus facile.

Je pense qu’il est déjà possible d’ajuster votre jeu au niveau de golf demandé sans avoir besoin de changer le matériel, et de définir deux types d’équipements.

S’agissant des putters Odyssey, vous avez aussi une actualité importante avec les modèles Oworks, pouvez-vous nous parler de la technologie Microhinge ?

Cette technologie a été mise au point en partant d’une idée que nous avions déjà eu, pour créer du spin immédiatement vers l’avant après l’impact avec la balle.

Toutes les technologies qui ont pour objet d’améliorer le roulement de la balle ont à voir à un moment ou un autre avec la notion de friction de la balle avec la face du putter.

Le roulement de la balle est à son summum quand vous puttez comme un professionnel, à savoir quand le shaft du putter est en avant, et quand la face du putter est en phase ascensionnelle vers la balle. C’est ce qui crée les conditions d’une balle qui part vers l’avant, un peu comme un coup droit au tennis.

Cependant, très peu de golfeurs arrivent à putter comme les pros, et même ces derniers, sous pression pendant un tournoi, peuvent perdre un peu de la qualité du coup idéal.

Avec le système microhinge, l’idée consiste à apporter le même bénéfice de roulement sans avoir à putter comme un pro.

odyssey-putting-lab.JPG

Si le putter arrive sur la balle sans un shaft en avant de la balle, et seulement square à la balle, cela pourra tout de même générer du roulement vers l’avant.

Un bon test pour comprendre ce principe consiste à lancer une balle sur le sol, vous verrez qu’elle va rebondir sans générer de spin.

Avec notre nouvel insert, si vous lancez une balle sur une surface plate, elle va rebondir avec du spin ! C’est un bon test, et cela permet de réellement se rendre compte du bénéfice qui consiste à créer du spin sans la friction.

Nous y parvenons du fait de la forme des microhinges sur l’insert qui permettent à la face de dévier d’une certaine façon.

En fait, toutes les faces de clubs de golf dévient d’une certaine façon à l’impact. Les règles sont ok avec cela tant que cette déviation reste limitée.

Avec le microhinge, nous contrôlons la manière dont la face dévie à l’impact, et c’est ce qui permet de donner à la balle un roulement plus vers l’avant.

C’est une idée plutôt nouvelle, et nous pensons que cela peut nous permettre de nous distinguer du reste de la concurrence.

Le staff Callaway en France nous a présenté une vidéo de deux putters, un avec insert et l’autre sans, pour illustrer le fait qu’avec le système microhinge, la balle part aussi plus longtemps sur la même ligne, alors que sans, la balle peut potentiellement quitter la ligne. Cependant, à tester, c’est très difficile à reproduire, et donc à illustrer aux golfeurs…

C’est effectivement une chose difficile à tester. Nous pouvons néanmoins y parvenir avec des systèmes de type quintic. La théorie veut que beaucoup de putters donnent du backspin à la balle, et qu’il y a un moment où s’opère une transition entre backspin et forward spin. A ce moment précis, la balle est en fait instable, ou plutôt moins stable. Elle peut donc quitter la ligne.

Avec notre technologie, l’idée est justement de limiter cette phase d’instabilité, et de lui donner le meilleur roulement le plus rapidement possible.

Dernière question, comme pour les drivers, qu’est-ce que vous pourriez imaginer comme amélioration s’agissant des putters pour les 5 prochaines années ?

Question toujours aussi difficile ! Comme pour les drivers, quatre ou cinq ans en arrière, nous ne savions pas comment construire un insert microhinge.

La production de cet insert a nécessité des connaissances que nous n’avions pas encore cinq ans en arrière. Nous n’avons certainement pas encore expérimenté tout ce qu’il est possible de faire avec un putter.

Nous allons certainement continuer à travailler sur le resserrement de la transition entre backspin et forward spin, tout en restant aussi concerné par le feeling, la vitesse de balle à l’impact…

Nous chercherons toujours cette idée qui nous permettra de produire quelque chose de différent par rapport aux autres concurrents.

Sur les putters, l’insert requière beaucoup de concentration, tout comme l’aide à l’alignement ou la forme des têtes qui peuvent correspondre à certains golfeurs, mais pas à d’autres… Notre mission sera toujours de les guider sur ce qui pourra les aider, et sera mieux pour leurs strokes.

Je considère qu’aujourd’hui le fitting de putter n’a pas encore reçu la même attention que le fitting de driver chez les revendeurs.

Et cela pourrait bien être un important changement dans les prochaines années.

Le putter est un club que vous utilisez pourtant tellement, et paradoxalement, c’est peut-être le club le moins bien compris dans son principe de fonctionnement, par les amateurs.

C’est certainement un sujet qui mérite d’être développé dans les années à venir…

Posté par le dans Interviews
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 207
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

  • Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter

Commenter cet article

Invité 23/03/2017

A chacun sa balle Srixon !

Découvrez nos formules d'abonnements

Accédez aux offres US Golf !