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Entretien exclusif David Solheim – Vice Président PING Golf USA

A gauche, David Solheim (vp Ping) et à droite, Jean-Pierre Olivier (directeur Général France) 

Nous avons profité de la tenue de l’Alstom Open de France pour rencontrer à Paris, début juillet, Monsieur David Solheim, vice-président de PING Golf, le quatrième fabricant le plus important au monde. Une rencontre marquante avec un des leaders de l’industrie du golf mondial que nous vous proposons de vous faire partager.

Tout d’abord, avant de commencer ce sujet, nous tenons à remercier Monsieur Solheim, le petit-fils du fondateur de Ping, Karsten Solheim, et fils de John Solheim, actuel président de PING pour sa disponibilité, son amabilité, et son professionnalisme.

Monsieur Solheim a mis un point d’honneur à nous répondre en Français, et n’a éludé aucune question sur sa société ou ses produits.

Accompagné par Monsieur Jean-Pierre Olivier, Directeur Général de Ping en France, cet entretien nous a permis d’en apprendre davantage sur l’actualité de la marque, et sur ce qu’elle prépare pour l’avenir.

Dans l’industrie du golf, et même des marques du top-5, Ping est la seule marque à appartenir à une famille. Diriez-vous que c’est une force pour votre société ?

Oui, chez Ping, nous restons une entreprise familiale à 100%, et pas seulement majoritaire. Ce n’est pas simplement une caractéristique, mais bien un grand avantage. Cela nous permet de nous concentrer sur le long-terme, et pas uniquement sur le présent.

Contrairement à la plupart de nos concurrents qui sont détenus par des actionnaires extérieurs, et où les objectifs sont toujours à très courts termes, nous avons toujours fait des calculs à long-termes. C’est quelque chose qui est très appréciée par nos collaborateurs, et qui nous permet de véritablement fabriquer notre marque.

Nous nous positionnons comme un fabriquant haut de gamme avec la capacité de proposer beaucoup d’innovations !

A l'inverse de vos concurrents TaylorMade, Nlke ou Callaway qui changent souvent de PDG, est-ce que vous pensez que la stabilité du board de direction peut garantir une stratégie orientée en faveur du consommateur ?

Nous avons eu beaucoup de chances de n’avoir que deux PDG dans toute l’histoire de la société. En général, quand on change de patron à la tête d’une société, cela concoure souvent à changer la personnalité de l’entreprise. 

La stabilité n’est pas une garantie de réussite, mais c’est une bonne idée !

Avez-vous été surpris par le succès de votre dernier driver Ping G30 ? Avez-vous des chiffres à nous communiquer en termes de part de marché aux USA ? En Europe ? Dans le monde ?

Nous sommes très contents des résultats du G30. Ce n’a pas été facile mais le succès ne m’étonne pas. Nous avons une bonne équipe, et c’est un bon produit. Vive les « turbulettes » !

Chez Ping, on ne donne pas beaucoup de chiffres. C’était déjà la volonté de mon grand-père et encore celle de mon père. En revanche, je peux vous dire que cela fait neuf mois consécutifs que le modèle de driver le plus vendu en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, c’est le G30 !

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Et c’est aussi vrai pour les fers avec la gamme G30, comme pour les bois de parcours.

Ces statistiques sont fournies par des panélistes sérieux qui démarchent les revendeurs pour avoir leurs chiffres de ventes.

Le G30 marche très très bien depuis sa sortie.

Est-ce qu’il y a une raison particulière à ce succès ?

Parce que c’est le meilleur driver au niveau de la performance, au niveau de la longueur ou au niveau de la tolérance.

C’est aussi parce qu’il fait appel à une technologie que les gens peuvent voir, notamment avec les turbulettes sur la couronne du driver.

Enfin, le driver est bien placé en termes de prix, et comme les premiers modèles se sont bien vendus, il y a eu ensuite beaucoup de bouches à oreilles.

Encore au mois de mai, nous sommes étonnés de toujours être les premiers.

Etes-vous en train de travailler sur une nouvelle ligne de clubs appelés G35 ?

Nous sommes toujours à la recherche d’améliorations ! Quand une série sort, nous sommes déjà en train de travailler sur la suivante.

Vont sortir début août, deux séries de fers !

La série i qui va remplacer la i25.

Et puis une autre série pour les joueurs moins confirmés ou les débutants, en tout cas, pour les joueurs qui veulent quelque chose de facile à jouer. Ce sera la remplaçante de la Karsten qui s’appellera  GMAX.

Pour tout vous dire, nous allons aussi sortir un nouveau wedge Glide qui suite à la demande de pas mal de joueurs va reprendre la semelle de l’ancien Eye2, et également deux nouveaux putters dans la série Cadence et Cadence TR.

Une actualité plutôt riche ?

En fait, depuis quelques années, on fait deux sorties par an.

Une grosse sortie et une moyenne qui dépendent des années sachant que notre cycle de produits est de l’ordre de 18 mois. Une série qui sort début janvier va être remplacée au mois d’août, un an et demi après.

Après les turbulettes sur la couronne du driver, quelle sera la prochaine idée révolutionnaire que vous allez mettre en avant ?

Bien entendu, nous tenons à garder cela secret, mais notre raison d’être, c’est de toujours sortir des produits encore meilleurs.

Ces derniers mois, vous avez perdu plusieurs ingénieurs partis sous d’autres cieux, comment gérez-vous cela, et comment préparez-vous vos futurs développements ?

(Par exemple, Mike Nicolette a quitté l’entreprise en bons termes. Il avait notamment travaillé sur la série S55, et probablement la S56)

Je ne souhaite pas parler de nos anciens employés, mais je peux vous dire que nous avons actuellement une très bonne équipe. La conception d’un club est vraiment le fruit d’un travail d’équipe plus que d’une seule personne.  Nous nous portons mieux que jamais, et le G30 en est la preuve.

Combien d’ingénieurs composent votre équipe R&D ?

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Comment voyez-vous l’industrie du golf dans les cinq prochaines années, et la place de Ping sur ce marché ?

Bonne question ! C’est vrai que la période actuelle n’est pas fastueuse, mais je suis optimiste, et j’espère que le marché mondial va rebondir.

Il ne faut pas ignorer que les trentenaires et moins ne jouent pas beaucoup au golf. 

C’est un défi pour tous les acteurs de la filière que de convaincre cette population de se mettre à jouer au golf.

 

Pour PING, notre but restera toujours le même : Fabriquer le meilleur produit pour que les joueurs puissent profiter de ce sport le plus facilement possible.

Parmi les trois propositions suivantes, que préféreriez-vous que l’on retienne de PING : une marque pour Senior, une marque pour les compétiteurs, ou une marque pour les débutants, et pourquoi ?

Ping, c’est pour tout le monde ! Nous cherchons toujours à améliorer les performances, et rendre le jeu le plus accessible possible.

Qu’espérez-vous du marché français ? Comment voyez-vous la France depuis Phoenix ?

La venue de la Ryder Cup en France en 2018 est une très bonne opportunité. J’espère que ce grand événement permettra de démocratiser encore un peu plus notre sport dans votre pays.

Surtout que nous sommes très forts en France, grâce au travail de Jean-Pierre et ses équipes.

Personnellement, la France est un pays très important pour moi. J’y ai habité pendant un peu plus de deux ans. J’ai appris beaucoup de choses, et cela a vraiment été une très belle période pour moi et ma famille. Je peux vraiment dire que la France habite en moi.

Une de mes filles est née en France.

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Bubba Watson est depuis plusieurs années un des joueurs les plus longs sur le tour. Est-ce que cela vous aide à vendre plus de drivers ?

Les drivers roses sans aucun doute ! Mais oui, c’est évident !

Lee Westwood, Miguel Angel Jimenez ou encore Bubba Watson sont vieillissants. Quel sera votre prochain leader sur le Tour ? Billy Horschel ? Cherchez-vous votre prochain Bubba ? Avez-vous un nom à nous soumettre ?

Bien sûr Billy Horschel est déjà là. Mais si vous voulez que je vous donne le nom de quelqu’un de nouveau, je pense à Brooke Henderson, une golfeuse canadienne de 17 ans qui est très douée, et qui est une grande bosseuse.

Nous investissons tous les ans sur de nouveaux jeunes qui arrivent sur le circuit que cela soit aux Etats-Unis ou en Europe. Mais un joueur, on ne sait jamais à l’avance comment il va être après.

Pour nous, il y a deux choses qui priment sur tout le reste.

D’abord, le joueur doit avoir envie de jouer nos clubs.

Et ensuite, il doit avoir une mentalité formaté Ping. C’est-à-dire qu’il soit sympa, bien élevé, et bon esprit.

Pour nous, c’est très important.

Et même si c’est un bon joueur, et qu’il n’est pas dans cet état d’esprit, généralement, pour cette raison, on ne va pas le prendre.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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