Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Interviews

Benoit Vincent: le français qui conçoit les clubs TaylorMade

Benoit Vincent : le frenchie qui pense et conçoit les clubs TaylorMade

Nous vous proposons un pur moment de passion golfique au travers la lecture de notre entretien avec un des français qui compte le plus dans le monde du golf, et que vous ne connaissez peut-être pas encore ! Il n’est pas joueur professionnel, il joue 18 d’index, mais son parcours dans l’environnement du golf est exceptionnel, et méritait d’être raconté.

Découvrez la première partie de l’interview en trois actes de Benoit Vincent - Chief Technical Officer- pour Adidas-TaylorMade Golf, le numéro un mondial du matériel de golf.

Bonjour Benoit, et merci de nous accorder du temps pour parler de vous, de TaylorMade, et du nouveau driver SLDR.

Pour commencer, pouvez-vous présenter, et nous expliquer votre fonction au sein de TaylorMade ?

Originaire de Strasbourg, je n’ai pas grandi dans le milieu du golf.

Professionnellement, j’ai une formation d’ingénieur en mécanique. Je suis devenu docteur en mécanique en 1987.

 J’ai commencé ma vie professionnelle dans l’univers de la  recherche au CNRS et à la SNECMA, avant de rejoindre l’entreprise Salomon, basée à Annecy, à la fin des années 80.

Mon métier m’a amené à être un spécialiste des études d’impacts, de résistance des matériaux, et de vibrations.

Très rapidement, au sein de Salomon, j’ai été travailler sur les clubs de golf, et en fait pour TaylorMade.

Quand Adidas a racheté l’entreprise à la fin des années 90, nous étions cinq français du pôle R&D à avoir franchi l’Atlantique, pour partir vivre et travailler aux Etats-Unis, où je vis toujours aujourd’hui et depuis plus de 18 ans.

Au tout début, j’ai travaillé sur le Bubble Shaft (1989) que nous avons lancé en 1994, puis j’ai eu la responsabilité de la création de la division Balles de TaylorMade en 1999, et de l’usine RAM Golf.

A partir de 2005, j’ai eu la responsabilité des divisions clubs et balles. Et aujourd’hui, je chapote aussi bien la recherche et développement, que la production des clubs et balles TaylorMade.

Quelle est votre propre pratique et votre rapport avec le golf ? Une anecdote ?

Selon moi, il y a deux choses qui sont extraordinaires à faire quand on joue au golf : d’une part, jouer des parcours nouveaux, et d’autre part, jouer en tournoi sur quatre jours !

J’ai joué au Japon, aux Etats-Unis, et dans différents pays.

J’ai eu la chance de découvrir de très beaux parcours comme Pebble Beach, Saint-Andrews, et je peux vraiment vous affirmer, que l’on ne joue pas de la même façon à Pebble Beach qu’à Saint-Andrews !

C’est vrai que j’ai très peu joué de compétitions dans ma vie de golfeur.

Pourtant, pour moi, le fait de jouer un tournoi sur quatre jours, c’est tout simplement exceptionnel !

Tous les golfeurs devraient un jour faire cette expérience, car c’est assez incroyable, notamment à cause de la fatigue, et des émotions que cela peut apporter.

Alors est-ce que je suis un bon joueur de golf ? Je dirais que je joue toujours aux alentours de 18.

Ici, on dirait que « je shoot bogey-game », ce qui revient à dire que j’alterne bogeys et pars.

Pour moi, ce qui reste toujours aussi difficile, ce n’est pas le petit jeu ou le putting, mais bien le grand jeu, et notamment le drive.

Le drive reste toujours un challenge !

En fonction de là où j’atterris, le deuxième coup est plus ou moins facile.

Le drive reste donc un coup de golf difficile pour moi. Ce n’est pas toujours tout droit, et c’est pourquoi, je suis très content d’avoir participé au développement de produits qui aident à corriger les trajectoires.

Pour vous donner un exemple, le driver que j’ai dans mon sac est à peu près à 44 inches, au lieu de 45/46. Je l’ai coupé pour jouer pratiquement mon driver avec la longueur d’un bois 3.

Je joue avec un loft de 12°, et j’ai des poids qui sont mis du côté du hosel, de façon à ce que ma balle ne parte pas à droite.

En somme, j’ai vraiment adapté mon driver pour rester sur le fairway plutôt que perdre mes balles sur le côté, et notamment à droite du terrain.

En tant que francophone évoluant dans un milieu professionnel à 99% anglo-saxon, cela doit être un peu particulier à vivre ? Que pouvez-vous nous en dire ?

Ce que j’ai vraiment apprécié en vivant aux Etats-Unis, c’est le rythme du business !

La manière dont on prend les décisions qui est souvent très pragmatique, mais aussi très « challenging »

Le processus décisionnel est souvent très court, et on n’hésite pas à essayer, expérimenter, considérant que l’on apprend en essayant.

C’est toujours quelque chose qui m’impressionne.

On essaie, on réagit, alors que de mon temps en France, je me souviens que l’on passait beaucoup de temps à imaginer ce qu’il allait se passer avant d’essayer.

Au final, la méthode de travail que nous avons adoptée, fait que quand on a une nouvelle idée, une nouveauté qui devient opérationnelle, et bien, on la met sur le marché.

On ne perd pas de temps, et on voit comment les joueurs l’apprécient.

Si les joueurs aiment, on continue dans cette voie, ou à l’inverse, on change de voie.

C’est vraiment très dynamique.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 4263
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.