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Inbee Park: Première golfeuse à pouvoir faire le Grand Chelem?

Inbee Park en quête du premier grand chelem pour une golfeuse

A seulement 25 ans, la sud-coréenne Inbee Park, numéro un au Rolex Rankings (classement mondial de golf féminin) revient à Saint-Andrews avec la possibilité de remporter un quatrième majeur cette saison, un exploit qui n’a jamais été réalisé par aucun golfeur, ni aucune golfeuse avant-elle. 

Entretien avec le phénomène du golf mondial…

JeudeGolf.org : Tout d’abord Merci Inbee de nous accorder quelques minutes et félicitations pour votre très belle saison.

Inbee Park : Merci

JdG.org : Comment vous sentez-vous à quelques heures de tenter de remporter un quatrième majeur à Saint-Andrews ?

Inbee Park : J’ai hâte d’y être ! Je suis vraiment impatiente d’être sur le parcours pour jouer une quatrième victoire en majeur cette année. Peu de gens, peu de golfeurs ont ce genre d’opportunité de gagner trois majeurs et de se retrouver à Saint-Andrews, sur un tel parcours, avec tant d’histoires pour jouer un grand chelem.

Je me sens très chanceuse d’avoir cette opportunité.

JdG.org : L’an passé lors du précédent Women’s British Open, vous aviez terminé à la seconde place. Pouvez-vous nous en parler et nous dire en quoi ce tournoi est différent ?

Inbee Park : Je veux dire que j’ai toujours aimé joué le British Open. C’est un tel challenge, sur tout à cause du temps. Vous ne pouvez pas vraiment savoir sur quel type de parcours vous allez jouer tant que vous n’êtes pas le jour J et sur le point de démarrer au tee numéro 1.

Du coup, il peut y avoir beaucoup de hauts et de bas sur le parcours, et vous devez absolument éviter les bunkers.

J’adore jouer sur les links, et comme mon vol de balle est assez bas, j’aime aussi jouer dans le vent.

Je veux dire que j’essaie toujours de tirer avantage de la situation, et de penser de manière positive.

JdG.org : Comment ressentez-vous le très grand sentiment de fierté qu’éprouve le sud-coréens en faveur d’athlètes comme vous qui réussissent si bien à l’International ?

Inbee Park : C’est énorme ! Je veux dire que le golf… le golf féminin est un sport qui est pratiquement regardé par tout le monde en Corée du Sud. Le golf est un sport très populaire en Corée du Sud. Tout le monde aime regarder du golf féminin. Et évidemment, nous les golfeuses sud-coréennes sommes très fières de représenter la Corée du Sud au plus haut niveau.

Etre en mesure de mettre le nom d’une Sud-coréenne sur des trophées autant chargés d’histoires, laisser mon nom dans l’histoire du golf…c’est extraordinaire.

Toute la Corée me regarde, et les gens sont très fiers de moi. Peu de gens ont un jour une telle possibilité, et je suis la Coréenne qui a cette chance.

C’est donc très rare, et beaucoup d’attention va être portée sur moi pendant ce week-end.

JdG.org : Est-ce que cela représente une pression supplémentaire ou au contraire, est-ce que cela vous galvanise de savoir que tous les sud-coréens seront derrière vous ?

Inbee Park : J’essaie de prendre le côté positif. Je veux dire que la pression n’est pas la chose la plus simple à gérer sur un parcours de golf, et pas seulement en Corée du Sud, mais je me sens comme si le monde entier avait les yeux braqués sur moi.  C’est quelque chose que je n’avais jamais ressenti avant.

Pour l’instant, je me sens un peu mal à l’aise. J’essaie de m’habituer à cette pression. Je pense que le dernier US Women’s Open a déjà été un très bon entrainement au fait de jouer sous pression. Au final, je m’en suis bien sorti, ce qui m’a donné pas mal de confiance pour venir sur ce British Open, et à nouveau faire face à toute cette attention.

De toute façon, je devrais toujours faire avec cette pression. Comment dans ma situation, pourrait-il en être autrement ?

Vous savez, j’ai déjà gagné six tournois cette saison, dont trois majeurs, alors si je n’en gagne plus aucun, je serais déjà très heureuse de ma saison.

Vouloir gagner plus de tournois, plus de majeurs, je ne veux pas paraître trop gourmande. 

JeudeGolf.org : Ces dernières semaines, vous laissiez entendre que votre putting était un peu moins bien. Comment arrivez-vous à estimer votre feeling au putting ? 

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Inbee Park : En fait, je veux dire que peut-être ma frappe de balle n’est pas toujours parfaite. J’ai mes mauvais jours et mes bons jours au putting. 

Ces derniers jours quand j’étais sur le putting-green, j’avais le sentiment que mes coups étaient bons. Et puis quand j’ai joué quelques trous, cela allait, et puis d’un coup, je suis retombée dans de mauvaises habitudes. 

Je n’ai pas réellement compris d’où venait le problème jusqu’à ce que je le règle le week-end dernier. Maintenant, je me sens beaucoup plus à l’aise. J’ai le sentiment que mes balles roulent bien plus droites maintenant. 

JdG.org : On a beaucoup parlé de la fierté des Coréens à votre égard, et du fait de laisser votre trace dans l’histoire, mais vous, quels ont été les héros ou les sportifs qui vous ont inspiré ?  

Inbee Park : Se Ri, Grace Park, Mi‑Hyun Kim, en fait, la première génération de golfeuses à venir sur le tour. 

Le golf a toujours été le sport qui m’a intéressé, et que j’ai regardé. Donc ceux sont vraiment les golfeuses que j’ai admirées. 

Après j’ajouterai aussi Karrie Webb et Annika Sorenstam qui ont vraiment été des modèles. 

Petite, j’adorai la façon dont Karrie puttait, et à l’école, je me souviens avoir changé de putter pour prendre le même que celui de Karrie, car je trouvais vraiment qu’elle puttait divinement bien avec. 

JdG.org : Pour en revenir à Saint-Andrews et au Old-Course, à quel point pensez-vous que ce parcours est un test par rapport à d’autres links que vous avez pu jouer ? Et est-ce un de vos parcours préférés ?

Inbee Park : Je me souviens du parcours comme si je l’avais joué cette année ! En 2007, nous avions eu vraiment de très mauvaises conditions météos. Beaucoup de vent…Beaucoup de pluie… Donc cette semaine, tout va dépendre du temps. 

Par contre concernant la préparation du parcours, je la trouve parfaite. 

J’aime la façon dont le parcours se mêle au paysage comme nulle part ailleurs. C’est vraiment un parcours, et une expérience unique. 

Par exemple, le 17ème trou où vous jouez vers l’hôtel, c’est quelque chose d’assez unique. 

Tout sur ce parcours est un peu unique ! 

Inbee Park a déjà remporté trois majeurs en 2013

JdG.org : Vous avez évoqué votre vol de balle assez bas, et le fait que vous êtes capable de bien jouer dans le vent. Est-ce que c’est quelque chose de naturel pour vous ou alors avez-vous modifié votre swing, justement pour bien jouer l’Open britannique ? 

Inbee Park : C’est surtout avec les longs clubs. J’ai toujours bien aimé avoir une trajectoire de balle basse. C’est effectivement quelque chose que j’ai travaillé ces dernières années pour rendre mon drive plus consistant quand on joue dans le vent. Auparavant, je perdais beaucoup de distance à jouer contre le vent. J’ai donc toujours essayé de régler ce problème. 

Du coup, je joue bien mieux qu’avant, et c’est effectivement idéal pour le British Open. 

JdG.org : Pouvez-vous préciser comment vous êtes parvenu à changer ce swing ? Votre fiancé qui est aussi votre coach connait parfaitement votre jeu. Quel a été le point majeur que vous avez changé pour y parvenir ? 

Inbee Park : Pour être exact, je manquais beaucoup de balles qui partaient à droite. Nous avons donc essayé de ramener cette trajectoire droite-gauche à quelque chose de plus droit. 

Je réalisais mon release beaucoup trop tôt. On a donc travaillé sur le fait de le retarder. Je me suis vraiment concentré sur le follow trough, et naturellement, ma frappe de balle et le vol de la balle s’en sont ressentis. 

Sur certains parcours quand c’est vraiment très humide, c’est un désavantage car je ne porte pas la balle aussi loin que quand je frappais la balle plus haut, mais il y a beaucoup de parcours où, au contraire, c’est un avantage de jouer des balles basses. 

Inbee Park, la reine du putting

JdG.org : Vous nous avez expliqué que vous aviez changé de putter pour imiter Karrie Webb quand vous étiez plus jeune. A l’époque, elle était à son meilleur niveau au putting, et probablement la meilleure au monde. Est-ce que c’est en la regardant putter que cela vous a aidé à être encore meilleure dans ce domaine ? 

Inbee Park : A l’époque, j’étais vraiment petite et son putter avait vraiment l’air d’être super. Elle utilisait un Scotty Cameron, et c’était juste le putter que je voulais avoir. 

Je ne crois pas avoir vraiment analysé son swing ou autre chose. Mais tout paraissait si facile, et c’est bien ce que je voulais faire. 

JdG.org : Est-ce qu’il y a quelqu’un en particulier que vous avez étudié ? On sait que vous avez une façon bien à vous de putter, notamment avec votre main gauche assez basse sur le grip, mais est-ce que vous avez toujours putté de cette manière ? 

Inbee Park : J’aime la façon dont Ai Miyazato putte. Son rythme est si bon que parfois quand je n’ai pas moi-même un bon rythme, je la regarde jouer pour m’inspirer. 

 JdG.org : Pour finir, que signifierai pour vous une victoire à Saint-Andrews ? 

Inbee Park : Je n’ai jamais vraiment pensé à faire un grand chelem dans ma carrière de golfeuse. Ce n’est pas quelque chose auquel je rêvais car je pensais que c’était tout simplement impossible, pourtant je suis très prêt de pouvoir le faire.

 Même si je ne gagne pas dimanche, je serais très heureuse d’avoir pu jouer aussi bien cette année pour avoir une telle opportunité. 

Remerciements à Dana Gordon pour cet interview. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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