Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf en France

François Illouz sonne de nouveau la charge et cible la FFG

François Illouz sonne de nouveau la charge et cible la FFG

18 octobre – 26 avril 2016…six mois après avoir ouvert le débat sur la performance des golfeurs français au plus haut niveau, François Illouz, avocat brillant et ex-responsable de la fédération française de golf pour justement le haut niveau, golfeur amateur au passé brillant, champion du monde en duo avec Pascal Grizot, remet aujourd’hui sur la table la question des choix stratégiques portés par la fédération, et ses ex-collègues. Sans prendre partie, nous vous décryptons les points relatés par François Illouz, en invitant chacun à la retenue, et au contraire, à poursuivre le débat au moment où seul Alexander Levy est effectivement dans le top-100 mondial.

Découvrez nos formules d'abonnements

Il est temps d’agir : le billet de François Illouz sur Linkedin

Sa première sortie en avril dernier avait créé une vive émotion du côté de la communauté des golfeurs de haut niveau, d’une partie de la FFG et de la presse golfique.

Son nouveau billet intitulé « Il est temps d’agir » devrait à nouveau susciter des réactions.

Si certaines formulations étaient de notre point de vue maladroites, et le billet avait le défaut de vouloir protéger les individus, en ne nommant pas explicitement les golfeurs visés par une forme de suffisance, ce qui pouvait tous les confondre, François Illouz, un homme dont ses amis lui reconnaissent une très grande intelligence, veut à nouveau faire la démonstration que son point de vue méritait non seulement d’être entendu, et qu’en plus, l’histoire a tendance à lui donner raison.

Effectivement, nous-mêmes, avions contesté deux points : D’une part, tous les week-ends, lors du dernier tour, un golfeur perd ses moyens et laisse filer la victoire, français ou pas !

D’autre part, globalement, sur une longue période, il est irréfutable que le golf professionnel français a franchement progressé quantitativement, et qualitativement.

Entre avril et octobre 2016, Alexander Levy, de retour de blessure a justement démontré qu’un français pouvait gagner à haut niveau en remportant l’Open d’Italie.

Grégory Bourdy a mené l’US Open, et réalisé une très belle performance sur le majeur le plus exigeant de la saison. Pas verni, il termina néanmoins à une belle 18eme place.

Cependant, il faut être honnête, François Illouz pointe plusieurs faits exacts : le premier français à l’ordre du mérite mondial est seulement 96 eme, plus de français en Ryder Cup (toutefois ce point mérite un développement spécifique), et enfin, le prochain Masters risque de partir sans un français.

Le constat posé par l’avocat au sujet du haut niveau

Oui, les meilleurs français ne boxent pas actuellement tout en haut de la hiérarchie.

Cette situation passerait pourtant relativement inaperçu si Victor Dubuisson n’avait pas connu une saison aussi peu concluante.

Si la France n’est plus vraiment aux avant-postes, c’est surtout l’arbre qui masque la forêt, car ces dernières saisons, le golf français a trop vécu sous l’angle Dubuisson, et sans imaginer qu’il n’était pas lui-même infaillible.

victor-meilleur-francais.jpg

Concernant la Ryder Cup, en près d’un siècle d’histoire, la France a été très peu représentée dans cette prestigieuse compétition.

Van de Velde, Levet et Dubuisson ont été les seuls à se hisser à un tel niveau, et encore dans les dernières années.

L’absence de français en Ryder Cup n’est donc pas réellement le bon indicateur, même si, par contre, dans deux ans, cela pourrait faire tâche au tableau.

L’inquiétude du pamphlétaire est légitimée par la perspective de la Ryder Cup 2018 qui se déroulera à Paris dans moins de 24 mois. Dans cette perspective, quel sera l’état du haut niveau en France, et surtout quel français sera en mesure d’électriser la foule francilienne ?

Ce n’est bien entendu pas la première fois que la France est aussi décrochée au classement mondial, et cela se reproduira sans doute, à en juger par les constats formulés par l’avocat, et aussi, si on s’en réfère à la théorie des cycles dans le domaine sportif.

Le classement mondial comme baromètre de la santé du golf professionnel français

A ce jour, les Levy, Bourdy, Wattel, Quesne, Hebert, Lorenzo-Vera, Stal, Gros, Espana, Jacquelin, Havret, Sordet et Langasque sont tous des garçons charmants, des bons golfeurs, certains mêmes n’exploitent pas encore tout leur potentiel…

Effectivement, aucun n’a actuellement le niveau d’un top-20, ni même d’un top-50.

Niveau ?

Niveau de jeu certainement !

Niveau de résultat et de victoires dans les grands tournois types majeurs, championnats du monde, ou compétitions jouées sur le sol britannique (BMW PGA ou British Masters) pas encore ou pas pour le moment…

lorenzo-vera-crans.JPG

Prenons un exemple : Mike Lorenzo-Vera qui avait vivement réagi la première fois aux propos de l’avocat est pour beaucoup d’observateurs, un des meilleurs frappeurs de balle français, si ce n’est européen !

Effectivement, à ce jour, son niveau de résultat sur le tour ne traduit pas son immense talent clubs en mains. Il admet que sur le terrain, il est parfois difficile de tenir le score sous pression.

C’est bien tout le problème du haut niveau. Il ne suffit plus de seulement être doué. Il faut en plus un mental hors norme, et même peut-être surhumain.

Sur ce point, il faudrait ouvrir un autre débat sur le dopage dans le golf, notamment à l’occasion de la défection de beaucoup des meilleurs golfeurs de la planète dans la perspective des jeux…et de contrôles annualisés.

Le problème avec le type de constat posé par Monsieur Illouz, c’est qu’il s’agit d’un instantanée.

Il suffit que dans une semaine, justement un de ses joueurs « claque une victoire », et tout le raisonnement peut tomber à l’eau.

Une histoire d’hommes et de visions

Oui, nous sommes avec nos pros dans un point bas de notre histoire sportive (il faut d’ailleurs plus les soutenir que les blâmer), et Illouz suggère une réflexion bien qu’il ne manque pas d’égratigner certains comportements au plus haut niveau fédéral.

Sans le nommer dans ses différentes sorties, François Illouz vise probablement son ancien partenaire, Pascal Grizot, l’homme de la Ryder Cup en France.

« Il est temps que les responsables le deviennent vraiment et mettent les structures en place au lieu de consacrer des millions d’euros à la satisfaction de leur vanité. »

Tout à fait franchement, six mois plus tôt, nous imaginions que derrière le premier écrit, François Illouz déclenchait en quelque sorte les conditions d’une campagne pré-électorale à la tête de la Fédération Française de Golf.

En effet, dans un avenir proche, s’ouvriront des élections internes qui en toute logique devraient reconduire pour un dernier mandat, Jean-Lou Charon.

Ayant été démissionné de ses fonctions à la FFG, l’avocat n’est plus réellement dans la course pour bouleverser l’échiquier actuel, et le siège de l’actuel président.

pascal-grizot-sur-lepont.JPG

Pourtant, ce dernier apparaît comme la première victime de cette joute verbale à distance entre Illouz et Grizot ou une partie du staff de la fédération.

Rappelons que les deux hommes ont fait équipe par le passé avec succès pour la France…

D’ailleurs, ces deux talents gagneraient plus à travailler ensemble dans la même direction que l’inverse.

C’est sans doute un des sujets de réflexions à développer dans les semaines à venir, et qui commencera par rapprocher les positions, et cesser les invectives, même si ces dernières auront au moins eu le mérite d’attirer l’attention sur le problème.

Cela peut paraître utopique à l’instant, mais de ce débat, ne doit pas naître une nouvelle guerre encore plus fratricide, mais au contraire, un sursaut positif pour réellement développer le golf en France.

Car, c’est bien cela le sujet !

Et nous d’interpeller les différents acteurs fédéraux, et de les mettre devant leurs responsabilités : établir les diagnostics, mettre en place les bonnes solutions, et avancer ensemble.

golf-national.JPG

En revanche, il n’est plus acceptable de mettre les problèmes sous le tapis, et de considérer les golfeurs comme des moutons ou des veaux, qui ne verraient justement pas ce qui se trame, ou plutôt ce qui ne se trame pas, à un moment où les licences ne cessent de reculer, et que le vieillissement de la population golfique n’a jamais été aussi prononcé en France.

Golfeurs, golfeuses, ne croyez pas que ce n’est pas votre problème !

C’est vous qui supporterez la charge de l’augmentation des cotisations ou des green-fees ou pire qui trouverez portes closes sur le parking de vos parcours préférés.

Haut niveau et amateurs face aux mêmes enjeux

Désolé de greffer à ce sujet la question de la léthargie de la filière golf qui se meurt à petit feu, faute de ne pas avoir assez anticipé le besoin de renouvellement des amateurs de golf, au problème du haut niveau, qui est certes ennuyeux, mais pas économiquement dramatique.

Si nos pros ne gagnent pas de tournoi, ce n’est pas l’élément le plus important pour la bonne santé du golf en France, à une heure où 80% des structures golfs de l’hexagone ne sont sans doute pas à l’équilibre budgétaire.

Et non, une victoire d’un français en majeur ne créera pas l’effet escompté par certains membres de la FFG pour faire venir des non-golfeurs !

Il faut une toute autre ambition plus proche de la vie réelle des gens, et prendre en considération la classe d’âge des 30-40 ans qui aimeraient jouer, mais ne sont pas assez approchés.

Par exemple, une idée parmi d’autres…il serait pertinent de proposer des garderies le samedi au sein des clubs-houses pour permettre aux jeunes parents de jouer…Ajoutant le prix de la garderie en option comme la voiturette peut l’être pour le green-fee.

Oui, le golf français va mal !

Et c’est un paradoxe à deux ans de recevoir le monde entier du golf à Paris !

La contestation de l’usage du budget de la FFG au coeur du sujet

François Illouz met en lumière les « millions » consacrés à changer quelques trous du Golf National, quand il considère que plus important… il manque un centre d’entraînement national de haut niveau, une structure qui justement apporterait du soutien aux jeunes, et aux meilleurs pros.

La FFG pourrait lui rétorquer que Terre Blanche sert à cet effet…

Dans les faits, les meilleurs pros s’entraînent tous un peu chacun dans leurs coins, et pas nécessairement à Terre-Blanche, puisque l’élite golfique française se répartit entre les lyonnais, les bordelais, et les sudistes.

Pour avoir suivi de près les meilleurs Français, non pas seulement à l’Open de France, ce que tout le monde peut faire, mais en plus, à Crans-Montana, il faut admettre que si entre eux, il y a du respect et de l’amitié, ils paraissent tout de même bien seuls !

Et pour cause, le golf est avant-tout un sport individuel !

check-bourdy-havret.JPG

Bourdy et Quesne ont beau être français et sympa. Bourdy et Havret ont beau « se checker » au moment de se croiser sur le parcours, ils sont en concurrence.

Cette fois, les pros ne doivent pas prendre le billet de François Illouz comme une agression, mais comme une invitation à la réflexion sur ce qui pourrait les aider à affronter toujours plus d’anglo-saxons et d’asiatiques sur un circuit dont les tournois migrent de plus en plus à l’est !

Car, concernant le haut niveau, c’est bien cela le problème.

Quand un cinquième de la saison se joue en Afrique du Sud, quand près de la moitié des tournois ont lieu hors d’Europe, et dans des pays dont on peut douter de l’ancienneté golfique et de l’intérêt sportif, comment les français peuvent-ils lutter ?

C’est aussi valable pour les espagnols, les italiens, les allemands, et en fait les nations du vieux-continent.

A la FFG, de faire entendre la voix de la France à l’encontre de l’European Tour, qui tricote un circuit de moins en moins européen, et donc de moins en moins suivi et intéressant pour le public justement européen.

Autre point sur lequel François Illouz déplore les promesses non tenues : la base Française aux USA qui aurait pu soutenir les pros tricolores au moment de passer de l’autre côté de l’atlantique, sur le véritable circuit qui fabrique des vainqueurs de majeurs : le PGA Tour.

Illouz pointe ici de son point de vue cinq ans de promesses non tenues, et pour le coup, cette fois, il ne vise pas les joueurs, mais au contraire, cherche à les soutenir.

La suite de cette sortie médiatique ?

Dans son intervention, Illouz a voulu faire court, mais efficace.

De sa sortie, il faut retenir le constat de la situation sportive actuelle, et la passivité supposée de la FFG, parlant même de vanité.

Désormais, les problèmes de la FFG sont sur la place publique. Son président est en difficulté, car s’il n’est pas directement visé. C’est son aura qui est mise en question.

Il lui appartient d’apporter une réponse énergique, professionnelle, optimiste, et non pas guerrière.

A lui de montrer le cap, aussi bien pour les pros que pour les amateurs…Il a la chance d’avoir ce formidable défi à relever, et de démontrer qu’il est l’homme de la situation.

François Illouz illustre dans son écrit que la FFG a des moyens.

La question qu’il pose est l’utilisation de ces moyens pour faire faire un saut en avant à la France du Golf, pros et amateurs, et pas seulement à quelques-uns.

A la fin de son billet, François Illouz lance un appel à réaction envers les responsables de la FFG, se mettant au niveau d'un golfeur parmi les golfeurs. En soi, une volonté d'aller dans un sens : celui de l'intérêt des golfeurs.

Suite à ce sujet, nous ne confisquons pas la parole. Si François Illouz ou la Fédération Française de golf veulent réagir et répondre à cet article, nous leurs ouvrons bien naturellement l'opportunité de répondre.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 4552
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.